Le projet de rénovation de la Tour Montparnasse tombe à l’eau

Réunis en assemblée générale le 23 septembre, les copropriétaires du plus haut gratte-ciel de Paris ont rejeté à plus de 76% le lancement des premiers travaux de rénovation. Le projet à 800 millions d’euros, en discussion depuis 2015, ne verra pas le jour.

Paris : IllustrationPlusieurs copropriétaires de la tour Montparnasse ont annoncé, dans un communiqué diffusé mercredi 23 septembre, l’abandon du projet de transformation de l’édifice. (Crédit images : Frédéric Soltan – DR)

Le compte à rebours est terminé. Mercredi 23 septembre, les copropriétaires de la tour Montparnasse ont refusé de signer le marché de désamiantage, de curage et de dépose partielle de façade qui devait ouvrir le chantier. La résolution a recueilli plus de 76 % de votes défavorables. Cette assemblée générale constituait la dernière occasion de démarrer les travaux avant l’expiration du permis de construire, délivré en juillet 2019 et valable jusqu’au 26 novembre. Sans premier coup de pioche d’ici là, l’autorisation devient caduque et l’ensemble de l’opération tombe avec elle.

Dix ans de promesses

L’histoire commence en 2015. L’année suivante, un concours international d’architecture, baptisé « Demain Montparnasse », est lancé pour moderniser le bâtiment inauguré en 1973. En septembre 2017, l’agence Nouvelle AOM est désignée lauréate parmi sept propositions. Son projet prévoit de remplacer la façade sombre par un vitrage clair, d’ajouter des terrasses, de réaménager le parvis et de coiffer l’édifice d’une serre végétalisée. La tour, qui culmine aujourd’hui à 209 mètres, devait accueillir 12 000 personnes, contre 6 000 auparavant, tout en divisant par dix sa consommation d’énergie. Un hôtel, des commerces, un club de sport et la restructuration du centre commercial situé au pied de l’immeuble complétaient le programme.

Paris : Le vaste projet de rénovation de la tour Montparnasse tombe à l'eauLe chanteur Vianney avait acheté le 43ème étage de la tour Montparnasse au printemps 2026 avant de revendre ses parts en juillet de la même année. (Crédits images : Houpline Renard – DR)

Des fractures, des échecs et… le chanteur Vianney !

La rupture intervient en juillet. LFPI, La Financière patrimoniale d’investissement, premier copropriétaire avec 28 % des tantièmes, annonce qu’il ne soutient plus un projet qu’il défendait jusque-là. Deux motifs sont avancés : la dérive des coûts et des désaccords sur des échanges de surfaces, en particulier les étages compris entre le 42e et le 45e, destinés à un hôtel de luxe. Dans le même temps, le chanteur Vianney, qui était récemment devenu propriétaire du 43ème étage, cède son bien. La mairie de Paris intervient et rappelle les copropriétaires à leurs responsabilités. Le 31 juillet, le projet est approuvé à la majorité mais le répit est de courte durée. Au fil de l’été, la mutuelle MGEN et l’assureur Axa (tous deux copropriétaires) rejoignent LFPI dans le camp des opposants. Le vote du 23 septembre entérine donc ce basculement.

 

Un immeuble vide qui se dégrade

Depuis le 31 mars dernier, la tour n’abrite plus aucun occupant. Ses 59 étages sont déserts et le bâtiment souffre : des vitres se sont même détachées de la façade. Le centre commercial, dont la rénovation était liée à celle de la tour, reste lui aussi en suspens malgré une vétusté qui se fait de plus en plus ressentir. L’assemblée générale a par ailleurs installé un nouveau conseil syndical. Les sociétés de l’entrepreneur Xavier Niel et de Frédéric Lemos, ancien président de cette instance, n’en font plus partie. Cette nouvelle gouvernance entend concevoir un projet allégé et déposer un nouveau permis de construire.

Agence France-Presse on X: " Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté, lors d'une assemblée générale, le lancement de la première phase de travaux de rénovation du gratte-ciel, actant ainsi l'abandonLe projet de rénovation dure depuis dix ans. (Crédits images : Joel Saget – AFP – DR)

Vers un chantier réduit ?

Le scénario privilégié écarte l’extension avec la serre végétale et la création de l’hôtel. Il se limiterait à un remplacement de la façade, à une mise en conformité et au désamiantage, sans changement de destination des locaux, dans le cadre du nouveau plan local d’urbanisme de la capitale. Une prochaine assemblée générale doit se prononcer sur le lancement du curage et du désamiantage. Ce premier chantier, d’une durée envisagée de deux ans, laisserait le temps de bâtir, valider et financer une nouvelle version du projet. Xavier Niel, Frédéric Lemos et deux autres copropriétaires refusent pour leur part de considérer la transformation comme enterrée et appellent à une réunion rapide entre copropriétaires, financeurs et pouvoirs publics. La Ville de Paris réclame une solution alternative dans les meilleurs délais afin que le site ne reste pas durablement à l’arrêt. Le maire du XVe arrondissement, Philippe Goujon, a lui aussi fait part de son opposition à l’abandon d’un projet mûri pendant dix ans. Dans l’immédiat, l’issue reste incertaine pour un quartier dont la reconfiguration est promise depuis plus d’une décennie.

Qu’est-ce que le film Primetime raconte sur la traque des pédocriminels aujourd’hui ?

Pedocriminalité © Getty

Cette semaine est sortie en salles Primetime, film sur une émission américaine de chasseurs de pédocriminels. Avec l’avènement de l’IA, des lives sur les réseaux sociaux, comment ont évolué la traque de ces individus entre aujourd’hui et le début des années 2000 ?

Avec Primetime, sorti mercredi 23 septembre 2026, le réalisateur Lance Oppenheim brosse le portrait de Chris Hansen, présentateur américain de l’émission « To Catch a Predator », diffusé sur la NBC entre 2004 et 2007. Le principe du programme ? Hansen et son équipe piégeaient des pédocriminels en ligne avant de révéler leur identité à la télévision. L’émission, qui a réellement existé, s’est arrêtée après le suicide de l’un des hommes qu’elle avait exposés. Mais si sa transmission s’est arrêtée, elle semble aujourd’hui avoir trouvé des héritiers grâce à des créateurs de contenus sur les réseaux sociaux.

Des « peines ridicules » pour les pédocriminels

En mai, l’influenceur Finnyzyy, responsable de l’arrestation du pédocriminel Dominique B, créait la polémique à cause de ses méthodes jugées irresponsables. En effet, certaines associations lui reprochent qu’afficher les victimes dans des lives pouvait saboter les enquêtes de la police. Cedric Teynat, le fondateur des Enfants d’Argus, association qui traque les prédateurs sur les réseaux sociaux au moyen de faux profils d’enfants, estime qu’ils n’ont pas les « meilleures méthodes » mais que ces « coups de buzz sont nécessaires pour mettre en valeur notre combat. »

Il a fondé son association il y a 26 ans, en 2000, révolté par les « peines ridicules » du système judiciaire. « Un braqueur va prendre 12 ans de prison alors qu’un pédocriminel peut n’écoper que d’une peine de 7 ans et en plus ils sont souvent conditionnables. » « Ils sortent du parking en même temps que moi », rajoute-t-il dans un mélange d’ironie et de désabusement.

Un procédé rigoureux pour débusquer les suspects

Contrairement à l’émission de Chris Hansen et certains influenceurs qui sont en quête de sensationnalisme, Enfants d’Argus travaillent dans l’obscurité. Cedric Teynat tient à préciser que ce n’est pas son association qui « chasse les pédocriminels » mais ces derniers qui « chassent des enfants » sur les réseaux sociaux. Pour les attirer à eux, les bénévoles de l’association créent des « enfants virtuels. » « On ne fait rien après la création des comptes, les algorithmes vont tout simplement attirer les potentiels pédophiles à nous », détaille-t-il.

« C’est important que ça ne soit pas nous qui les incite », explique le cinquantenaire. « On essaye que chacun des dossiers que nous constituons et que nous allons après envoyer au procureur soit impeccable. » Contrairement à ce qui est montré dans le film de Lance Oppenheim, les enfants virtuels d’Argus n’envoient pas de messages aguicheurs dans la discussion. « Parfois on me dit que je suis pénible avec mes conversations longues mais nous faisons tout pour ne pas aller à l’encontre de la loi ». Une méthode qui semble porter ses fruits puisque Enfants d’Argus dépose par mois entre 10 et 15 plaintes sur le bureau du procureur.

Des suspects aux profils très variés

« On a pensé à alimenter nos enfants virtuels avec de l’IA plutôt que de mobiliser nos bénévoles mais le problème c’est que les IA n’ont pas suffisamment de vices pour décrocher rapidement les informations dont on a besoin pour interpeller ces ordures », raconte celui qui a également joué le rôle d’enfant virtuels.

Les Enfants d’Argus comptent en plus de leur trentaine de bénévoles, tous anonymes, des collaborateurs externes. « En plus de nos propres enquêteurs, je signe aussi des contrats annuels avec des enquêteurs de l’ONARP afin qu’ils nous aident à identifier certains de nos suspects. » Des suspects qui ont tous des profils très divers : « pompier, instituteur, homme politique, homme de 19 ans ou de 84 ans et de toutes religions » « C’est un combat qui est très dur à tous les niveaux car on a l’impression qu’il n’y a pas une couche de la société qui n’est pas impactée », rajoute-t-il.

Un combat d’autant plus désespérant au vu des statistiques. En France, toutes les 3 minutes un enfant est victime d’agression sexuelle, de viols ou d’inceste rapporte des chiffres de l’UNICEF. « On agit que sur 5% des adultes », explique Cedric Teynat dépité avant de rajouter que « 90% des personnes qu’ils arrêtent sont des récidivistes. » Il regrette qu’il soit aussi « difficile de faire bouger les politiques » sur cette question, ce qui oblige les associations et les actions individuelles à combattre la pédocriminalité.

Pologne : un Ukrainien poignarde mortellement une personne et en blesse quatre autres

Un Ukrainien de 31 ans a été placé en détention pour avoir tué une personne et en avoir blessé quatre autres lors d’une attaque au couteau dans une abbaye dans l’est de la Pologne, a indiqué la police.

Les faits se sont produits à Jaroslaw, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Les victimes sont quatre hommes et une femme, des médias polonais ont affirmé que la personne décédée était un prêtre, mais ni la police ni le parquet n’ont confirmé l’identité de la victime à l’AFP.

Attaque rare en Pologne

La Pologne, proche alliée et voisine de l’Ukraine, a accueilli des centaines de milliers d’Ukrainiens fuyant l’invasion russe. Le pays a par ailleurs connu des tensions sociales ces derniers mois. La Pologne est l’un des pays les plus catholiques d’Europe. Les attaques au couteau dans le pays – notamment dans des lieux religieux – sont extrêmement rares.

Les motivations de l’auteur de l’agression sont inconnues à ce stade.

Xi Jinping accueilli en grandes pompes par Donald Trump

En visite aux Etats-Unis, Xi Jinping a été accueilli personnellement par Donald Trump à son arrivée à Washington, jeudi matin. Une visite officielle marquée par une ambition affichée de coopération, plutôt que de rivalité. 

 

Donald Trump a mis les formes pour accueillir le président chinois : tapis rouge sur le tarmac, gala ce soir, mais surtout déplacement du président étasunien à l’aéroport pour l’arrivée de son homologue, acte rare. Un accueil aux petits oignons avec un objectif net : prolonger la trêve commerciale entre Washington et Pékin. C’est chose faite, puisque les deux chefs d’Etats ont déjà annoncé la prolonger jusqu’au 10 janvier prochain. 

 

Consensus sur une I.A ultra-libérale

L’amitié présumée s’est aussi forgée autour d’un point en début d’après-midi, l’opposition des deux chefs d’Etat à une quelconque régulation de l’intelligence artificielle. Alors que Donald Trump doit recevoir Xi Jinping pour un sommet à la Maison Blanche, le président américain a déclaré en amont, sur sa plateforme Truth Social, que “La superintelligence [nouveau terme employé par Trump pour désigner l’IA ndlr] sera un sujet de discussion majeur, mais je souhaite en rester exactement au stade actuel. C’est aussi la position de la Chine”. 

 

Les petits plats dans les grands

En attendant de parler des sujets qui fâchent, la Maison Blanche organise, ce soir, un gala organisé dans le cadre de la visite de Xi Jinping. Au menu, la présence des grands noms de la tech américaine tels que Sam Altman ou Elon Musk. Si au programme de la visite présidentielle, est attendu un point sur la guerre contre l’Iran, allié de la Chine, Trump se dit confiant. Pour cette première visite de Xi Jinping à la Maison Blanche en dix ans, les festivités continueront demain, avec au programme visites des Archives Nationales, et tea time.