La drépa… quoi ? C’est quoi au juste la drépanocytose ?

La drépanocytose est une maladie génétique héréditaire qui touche l’hémoglobine, la protéine des globules rouges responsable du transport de l’oxygène. Une mutation unique, apparue il y a plus de sept mille ans , provoque la déformation des globules rouges, qui prennent la forme d’une faucille  d’où son autre nom, anémie falciforme. 

La maladie se transmet quand les deux parents sont porteurs, avec une probabilité d’un enfant malade sur quatre. En France, elle touche principalement des personnes d’origine afro-caribéenne, méditerranéenne ou du sous-continent indien. Trente mille personnes en sont atteintes, ce qui en fait la maladie génétique la plus fréquente dans le pays. Plus de la moitié habitent en Île-de-France, où un bébé sur 510 naît avec la maladie. Dans le monde, entre 8 et 10 millions de malades, un chiffre probablement sous-évalué faute de dépistage systématique en Afrique subsaharienne, où 250 à 300 000 enfants drépanocytaires naissent chaque année.

Ces globules rouges rigides circulent mal et se bloquent dans les petits vaisseaux, privant les tissus d’oxygène. L’autre danger majeur est infectieux : la rate, mal fonctionnelle, expose les patients à un risque d’infection à pneumocoque multiplié par 600. Dans les pays sans dépistage néonatal, la moitié des enfants meurent avant cinq ans — faute d’un antibiotique qui coûte cinq euros. En France, l’hydroxyurée, remboursée à 100 %, réduit la fréquence des crises sans guérir. La greffe de cellules souches reste le seul traitement curatif établi, efficace dans 90 % des cas, mais réservée à ceux qui trouvent un donneur compatible. L’espérance de vie, autrefois estimée autour de 55 ans, est en hausse grâce aux progrès de prise en charge. Depuis novembre 2024, le dépistage est universel pour tous les nouveau-nés français.

Mucoviscidose et drépanocytose : deux maladies génétiques, deux histoires

Un enfant sur 1 730 naissances pour la drépanocytose. Un sur 5 989 pour la mucoviscidose. Trente mille patients contre sept mille. Sur le papier, la drépanocytose est largement la première maladie génétique en France. Pourtant, leurs histoires institutionnelles n’ont rien à voir.

La mucoviscidose a bénéficié, dès les années 1960, d’une mobilisation associative intense. Vaincre la Mucoviscidose, créée en 1965, a construit un réseau de donateurs, pesé sur les décisions de recherche et de remboursement, dans un contexte favorable : une maladie touchant principalement des familles d’Europe du Nord, avec des ressources et des relais médiatiques pour se faire entendre.

La drépanocytose, elle, touche en priorité des populations souvent précaires, issues de l’immigration récente, historiquement moins familiarisées avec la culture du lobbying associatif et dont les souffrances ont parfois été minimisées dans le système de soins.

Ce n’est pas la seule maladie dans ce cas. La trypanosomiase africaine (maladie du sommeil), la leishmaniose, ou la dengue partagent un destin similaire : elles touchent majoritairement des populations dans des pays à faible pouvoir d’achat pharmaceutique, ce qui les rend peu attractives pour l’industrie. La logique est économique avant d’être médicale, un traitement n’est rentable que s’il existe une clientèle solvable.

Pour la drépanocytose, la tendance commence à s’inverser. Les naissances d’enfants drépanocytaires augmentent en France depuis quinze ans, tandis que celles d’enfants atteints de mucoviscidose baissent. Les associations montent en puissance. Le dépistage universel de 2024 en est la preuve.

 

Présidentielle 2027: à un an du scrutin, la multiplication des micropartis

Le nombre de petits partis lancés par des personnalités politiques a connu une forte hausse ces vingt dernières années. Au risque d’éclipser les partis traditionnels ?
Le palais de l’Elysée, à Paris. Libre de droit

À un an de l’élection présidentielle, les prétendants à l’Élysée se multiplient… et les partis aussi. Dernier en date : Bâtissons ensemble, micro-parti créé par l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, qui a annoncé démissionner de la direction de Renaissance, jeudi 6 mai, au micro de France Inter. Si cette dernière a précisé ne pas être candidate à la succession d’Emmanuel Macron, d’autres aspirants ont, eux aussi, lancé leur propre structure. Une pratique devenue monnaie courante au point de provoquer une véritable explosion du nombre de partis politiques en France. 

Selon les chiffres de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), cités par Libération, le paysage politique recensait 652 partis en juin 2025. Parmi les candidats déclarés ou potentiels au scrutin élyséen, six ont créé leur micro-parti. Le premier d’entre eux est François Ruffin, qui a lancé, dès 2017, son parti local Picardie debout !, avant de le rebaptiser Debout ! l’année dernière, signe que les ambitions du député de la Somme s’étendent désormais à l’échelle nationale. Chez les socialistes, les désaccords entre Bernard Cazeneuve et Olivier Faure sur l’épineuse question des alliances avec La France insoumise, ont motivé l’ancien Premier ministre à claquer la porte du parti à la rose pour fonder La Convention.

Derrière les partis, l’enjeu financier

Mais la gauche n’a pas l’apanage de la récente poussée des micro-structures politiques. À droite, où les candidatures sont également multiples, et où l’alliance avec le centre reste très incertaine, David Lisnard (Nouvelle Energie) et Xavier Bertrand (Nous France) ont longtemps cumulé leur adhésion aux Républicains à celle de leurs micro-structures respectives. L’un a fini par quitter LR en avril dernier, l’autre a réadhéré en 2021 en vue de la primaire, après quatre ans passés en dehors du parti de droite historique. Dominique de Villepin rassemble ses soutiens derrière la nouvelle bannière de La France humaniste. Du côté du bloc central, Gérald Darmanin a mis en sommeil son parti Populaires ! pour se concentrer sur son activité de ministre. Mais la campagne approche à grands pas…

Faut-il y voir le signe d’une érosion des partis traditionnels ? « Certains élus créent leur propre micro-parti pour collecter des fonds indépendamment des grandes structures politiques, tempère Christophe Fonteneau, professeur associé à l’IAE Paris-Sorbonne et expert en comptabilité, sur le réseau social LinkedIn. Cela leur permet d’avoir un contrôle plus direct sur leur financement et leurs dépenses. » Il faut dire que faire campagne sans les ressources d’un grand parti n’est pas chose aisée. Diriger sa propre structure peut donc permettre de récolter de précieux fonds en vue d’une candidature à la présidentielle. Et de faire rimer petit parti et grandes ambitions.

Rayan Saibi