Une médaille et puis s’en va : le break à l’épreuve de l’après-JO

Une médaille et puis s’en va : le break à l’épreuve de l’après-JO

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont été les premiers à représenter le breakdance, offrant à la discipline l’occasion de se structurer et de gagner en reconnaissance. Si cette exposition fut brève, le breaking n’étant pas reconduit pour les Jeux de Los Angeles, elle a durablement changé la manière dont le grand public perçoit ce sport.

Sur le sol cimenté, Daniel s’aide de ses mains pour faire tournoyer ses pieds en une ronde incessante, de plus en plus rapide. Ce mouvement fait partie de ce que les breakdancers nomment footworks, ensemble de figures mobilisant des jeux de jambes au sol. Autour de lui, dans le hall du Cent-quatre à Paris, établissement culturel et scène ouverte prisée par les breakdancer, de nombreux autres sportifs s’emploient à la maîtrise de tels mouvements techniques.

Un changement de statut ?

Un art d’improvisation devenu sport Olympique : depuis l’annonce officielle en 2019 que le breakdance serait mis à l’honneur durant les Jeux de 2024, la discipline, directement liée au mouvement hip-hop, a été rattachée à la très académique Fédération Française de Danse (FFD). Elle est alors devenue un sport professionnel aux yeux du grand public. Déjà en 2018, lors des Jeux olympiques de la jeunesse à Buenos Aires, la première apparition du breaking marque le début de sa médiatisation internationale : un changement progressif de statut qui a pu diviser dans la communauté.
Pour Daniel, pas de doutes : « C’est un art, mais aussi une pratique extrêmement sportive, qui mobilise tous les muscles ». Et c’est cet aspect sportif qui a été mis à l’honneur à l’écran : « Les breakdancers étaient montrés comme de grands athlètes. Autour de moi, certains se réjouissaient que le breaking devienne un sport reconnu à l’international, d’autres trouvaient que c’était dénaturer cet art un peu « rebelle », né dans la rue », soutient le jeune homme dans son survêtement bleu. Car le breakdance trouve son origine dans le Bronx, à New York, où il s’est développé dans les années 1970 : les battles de danse étaient pour beaucoup de jeunes une possibilité de s’épanouir dans ces milieux défavorisés.
Pour le breakdancer, ou « B-boy », une chose est sûre : « le hip hop est né d’un désir de changements dans la société, donc c’est logique de le voir évoluer avec son temps. Je ne pense pas que ça le dénature pour autant, ça n’empêche pas cette solidarité qui caractérise la communauté hip-hop. La preuve, je viens d’arriver en France, mais grâce au breakdance j’ai l’occasion de rencontrer beaucoup d’autres danseurs ici », s’enthousiasme le jeune italien.
Parmi ces nouvelles rencontres, Ambrose, 27 ans, commence tout juste son échauffement. En août 2024, il était scotché à son téléviseur pour suivre les épreuves : « énergie, fougue artistique… j’ai retrouvé les valeurs du breakdance. J’ai trouvé que c’était les épreuves les plus palpitantes, même avant le 1000m ! » sourit-il. La professionnalisation de ce sport ? « C’est une bonne chose, ça permet aux athlètes d’en vivre ».

« Le CIO a dû codifier un peu plus la discipline pour les Jeux Olympiques, ce qui a fait débat au sein de la communauté, mais les règles étaient bien expliquées et assez accessible au grand public » note Julia, qui pratique à Roubaix et a assisté aux épreuves en tant que bénévole.
« Les spectateurs ne connaissaient pas ont quand même pu s’y retrouver », se remémore l’étudiante. Point plus négatif, que d’autres férus de cet art ne manquent pas de souligner également :

« Par contre, j’ai été un peu déçue que ce soit le buzz de cette athlète australienne, qu’on ridiculisait même des mois plus tard, qui aie attiré l’attention alors que notre équipe nationale a livré de belles performances (Dany Dann, de l’équipe de France, a été médaillé d’argent). Malgré tout, les épreuves ont permis de faire découvrir le breakdance au monde ».

« 2024 aura été un « one shot » qui aura suffit à atteindre le coeur des gens » approuve Ambrose : autour de moi, beaucoup de nouvelles personnes ont même commencé à apprendre. Ce qui est assez difficile : ce gars là-bas, il est en train d’intégrer les bases », remarque t-il en pointant en toute bienveillance un jeune homme au survêtement blanc tentant encore et encore de faire tournoyer ses jambes autour de son buste, pour réaliser la figure du « kick out ».

L’apprenti danseur en question, Kevin, esquisse un sourire, essoufflé : « j’ai commencé ce sport suite aux Jeux Olympiques, j’ai trouvé les épreuves impressionnantes. Depuis, je découvre toute la culture qui va avec et tous les mouvements. Ça demande beaucoup d’entraînement, pour l’instant je galère un peu ».

Le breaking gagne de nouveaux adeptes

Comme Kevin, nombreux sont ceux à s’initier à cette pratique depuis sa valorisation en tant que sport Olympique. Le nombre de licenciés est de 3971 pour la saison 2024-2025, selon les chiffres de la fédération Française de danse. Ce chiffre reste modeste par rapport à d’autres sports car le breaking se pratique largement en dehors des structures officielles, mais un déplacement vers ces structures est tout de même visible : le nombre de licenciés a augmenté de 80% depuis les Jeux Olympiques, et de 900% depuis l’annonce de l’entrée aux JO en 2020, où ils n’étaient que 397.

« Là où je pratique, j’ai clairement vu un boom dans le nombre de gens inscrits aux cours en septembre 2024 », relève Julia, s’entraînant dans l’école « Dans la rue la danse » de Roubaix.
Jamson, entraîneur dans un centre Paris Anim, l’observe également : « je donne des cours depuis 4 ans, et depuis l’engouement des Jeux, j’ai pu constater une hausse d’environ 40% dans mes cours ».

Ce phénomène semble cependant se limiter aux structures proposant spécifiquement du breakdance ou situées dans de grandes villes. « Dans notre école, nos cours sont très demandés car nous sommes spécialisés et que les Jeux Olympiques ont amené une émulsion supplémentaire, mais une autre école de la ville qui ne le proposait pas avant a essayé de se lancer et ça n’a pas fonctionné » nous explique-t-on à l’école PAME de Cormeilles, dans le Val d’Oise. « Nous sommes dans une zone pavillonnaire où des personnes ne vont pas forcément se tourner vers ce sport ».

Même son de cloche à l’Open dance academy de Chelles, en Seine-et-Marne : « nous n’avons pas eu d’impact particulier sur les inscriptions en Breaking, peut-être parce que ce n’est pas notre discipline principale et que la culture hip hop ne correspond pas forcément à l’ambiance d’une école de danse plus classique ».

« L’école, l’académie, ça reste assez éloigné de notre façon de voir les choses dans le breaking », ajoute Jamson. « Pas mal de gens apprennent à l’extérieur, grâce à des battles, des connaissances ».

Le revers de la médaille

Si la discipline a atteint le coeur du grand public comme de nouveaux initiés avec les Jeux Olympiques de Paris, son absence aux Jeux de Los Angeles en 2028 a logiquement entraîné quelques coups de frein. Certains financements ont été coupés, et le pôle France ouvert à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance, acteur incontournable de la politique sportive du haut niveau en France) en septembre 2022 a fermé ses portes.

Un revers de la médaille constaté par Nicolas, danseur membre de SNT Crew, proposant des cours mais aussi des prestations. « Du côté des cours, on est plutôt impactés positivement. Par contre, suite à l’annonce que le breakdance ne serait pas aux JO 2028, les financements publics qui avaient été créés pour faire connaître ce sport ont été enlevés et on l’a ressenti dans nos pratiques. Ceux d’entre nous qui gagnent leur vie grâce au statut d’artiste sont inquiets : pour le revalider, un minimum de représentations sur scène sont nécessaires mais moins d’évènements où nous pouvons danser sont organisés, avec la baisse des subventions ».

Mais tout est encore possible pour les Jeux Olympiques de Brisbane, qui se tiendront en 2032 : la discipline pourrait y faire son retour. C’est en tout cas ce sur quoi compte la Fédération et l’agence nationale du sport (ANS), qui affirment oeuvrer dans ce sens.

Un retour que la communauté espère, tout en restant prudente face à d’éventuelles déceptions. « On ne peut pas dire que l’Australie ait brillé par ses performances en breakdance à Paris, donc je ne sais pas s’ils voudront retenter l’expérience », se questionne Nicolas.

 

Margot Mac Elhone

La Fête de l’Humanité sous le feu des critiques pour avoir maintenu des artistes accusés de violences sexuelles

La fête de l’Humanité, se tenant du 12 au 14 septembre et affichant complet pour sa 90ème édition, a été visée pour avoir programmé des artistes accusés de violences sexistes et sexuelles. Compte tenu de la portée politique de l’évènement, et tandis que les festivals sont incités à lutter contre les violences notamment via des “safe place” (stands consacrés aux minorités, notamment aux femmes), cette publication a mis le feu au poudre.

 

« Fête de l’Humanité, Fête des agresseurs » : c’est ainsi que le compte Instagram @militanthémis, tenu par l’étudiante en droit Sirine Sehil, a pointé le festival se tenant du 12 au 14 septembre. Pour sa 90ème édition, l’événement organisé par le journal l’Humanité affiche complet et accueille jusqu’à 110 000 visiteurs par jour.

Le 10 septembre, la publication a pris la forme d’un appel conjoint entre le compte @militanthemis de l’étudiante en droit Sirine Sehil et quatre autres comptes féministes suivis par plusieurs milliers de personnes ( @metoomedia_ , @stopfisha, @mavoixmonchoixorg, surviv_hante). Il vise quatre rappeurs : Zamdane, TIF, Kalash et Vicelow, mis en cause par des témoignages et dans le cadre d’affaires judiciaires. Un avertissement mettant le feu au poudre, notamment par la portée politique de l’évènement.

Le collectif « NousToutes » a à son tour relayé l’information le lendemain. En charge d’une safe place sur le festival (stands consacrés aux minorités, notamment aux femmes), l’organisation affirme : « Notre présence n’est pas un signe de caution. #NousToutes sera sur place pour dénoncer et offrir un soutien aux victimes dans l’Espace Safe ».

Vicelow, Kalash, TIF et Zamdane mis en cause

 

Comptant à ce jour plus de 27000 « j’aime », le post le @militanthemis affirme que Vicelow a été condamné par la justice pour violences conjugales envers son ex-femme, et qu’il aurait également « fait l’objet de plusieurs dénonciations de danseuses pour harcèlement et agression sexuelle ».

Concernant Kalash, les militantes reviennnent sur le livre de son ex-compagne et mère de ses enfants Ingrid Littré – Sa vérité, relatant des violences conjugales. Le rappeur avait, en réaction, porté plainte pour diffamation.

Quant à TIF , il aurait été accusé pour viol et agression sexuelle dans des Tweets supprimés depuis, les militantes déclarant qu’il « aurait apparemment fait pression sur ses victimes ».

Zamdane, pour sa part, est pointé pour banalisation du viol dans plusieurs Tweets supprimés depuis des dénonciations pour violences sexuelles à son encontre, notamment : « c’est pas du viol si elle dort ».

En commentaires, la publication fait débat : de nombreux internautes soutiennent et s’indignent, d’autres s’interrogent sur le fait que les artistes mis en cause soient uniquement des rappeurs et personnes racisées, ce à quoi les comptes à son initiative répondent être des « femmes racisées queer » également engagées sur ce sujet.
« Déjà l’année dernière, nous avons bataillé pour faire retirer le concert de Heuss l’Enfoiré », déclarent-elles, ajoutant que le festival « les ignorait ».

« Silence radio » du côté de la direction de l’organisation du festival

Cette année encore, « silence radio » du côté de la fête de l’Humanité, relève @stopfisha : « Nous avons tout essayé pour discuter avec la directrice, sans résultat ». Les autrices de la publication déclarent avoir contacté l’un des organisateurs à propos de Vicelow dès le 10 juin, ce dernier disant « se renseigner », mais n’étant jamais revenu vers elles : « 3 mois après, il ne l’a pas fait ».

Néanmoins « la rédaction du journal l’Humanité a été avec nous », indique Hajar, co-gérante du compte @stopfisha.  » Ils nous ont accordé du temps, on leur a apporté les preuves et ils en ont été horrifié. Cela fait six mois que des personnes du festival essaient de faire déprogrammer des artistes, mais la direction ne donne pas suite ». « C’est pratique d’avoir des associations féministes sur place lorsqu’elles paient les stands, mais pas lorsqu’il s’agit de mettre la main au portefeuille et d’agir” dénonce-t-elle.

Sur place, « plusieurs militantes féministes ont décidé de mener des actions », notamment « concernant le concert de Kalash, qui n’a pas été déprogrammé », indique encore la militante.
Contactée concernant la publication, l’organisation du festival n’a pas donné suite.

«  On sait pertinemment que c’est des agresseurs » : la déception des festivaliers

Au-delà des réseaux, cette alerte interpelle les festivaliers se rendant actuellement sur le site de Brétigny-sur-Orge et du Plessis-Pâté pour assister à l’évènement. Nombreux sont ceux l’ayant découvert tardivement . Pour Inès, 25 ans, le déclencheur a été la raillerie d’un ami : « je n’ai pas compris pourquoi il nous disait qu’on faisait partie de la gauche « deux poids, deux mesures » car je n’en avais pas pris connaissance, c’est là qu’il nous a montré le post ».

Maintenant qu’elle a sa place, Inès s’y rend mais ne cache pas son exaspération quant à la scission entre les « valeurs de gauche » représentées par cet évènement, et le fait que le festival « invite des mecs dont on sait pertinemment que c’est des agresseurs ». La jeune femme pointe particulièrement Kalash, ne connaissant pas les autres artistes mais soulignant qu’elle avait « eu des échos » concernant les affaires impliquant cet artiste.

« Il est hors de question que je mette les pieds à leurs concerts », souligne t-elle tout en regrettant que ce problème concerne de nombreux festivals : « on entend parler de plus en plus de festivals qui programment des agresseurs, mais habituellement c’est fait un peu en amont et le festival est exposé et contraint de régler ce problème ».

« Ce n’est pas la première fois qu’un festival est accusé de programmer des artistes qui font l’objet de ce genre d’accusations. J’ai l’impression que c’est un peu banal de les programmer malgré tout », la rejoint Anna, 23 ans. La jeune femme se rend à cet évènement pour la première fois, découvrant que sa portée dépassant le simple festival de musique : « j’ai réalisé à quelle point sa dimension politique était forte, notamment avec tous les stands des sections du PCF », « c’est vrai qu’un festival avec une dimension politique aussi forte devrait être exemplaire sur la programmation des artistes » conclue-t-elle.

« J’ai été surpris et j’ai ressenti une certaine déception », explique quant à lui Lucas, 25 ans, dont cet évènement « ne change pas l’idée globale du festival » mais qui regrette un « manque de rigueur » dans l’organisation : « beaucoup d’autres artistes auraient pu être choisis, pour les faire monter, plutôt que des agresseurs ».

Quelles répercussions sur le festival ?

Le concert de TIF a été annulé et remplacé par un concert « en solidarité avec le peuple Palestinien », l’artiste ayant annoncé le 8 septembre « qu’il ne serait finalement pas présent à la fête de l’Humanité », comme l’explique une publication du festival, sans en avancer les raisons. Les trois autres rappeurs n’ont pour leur part pas été déprogrammés.

Sur place, Zamdane s’est exprimé sur ses accusation au début de son concert, déclarant qu’il regrettait ses tweets et exprimant « force et soutien pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles ». Le rappeur a également annoncé porter plainte pour diffamation sur Instagram le vendredi 12 septembre.

En parallèle, des internautes continuent à interpeller le festival sous chacune de ses publications Instagram :  « Kalash est un mec qui a battu son ex, […] vicelow a été condamné par la justice », « Pourquoi autant d’agresseurs en tête d’affiche »?

Guadeloupe : comment expliquer le déclin des oiseaux ?

Depuis des mois, plusieurs données mettent en évidence une diminution inquiétante des espèces d’oiseaux en Guadeloupe, qu’elles soient menacées ou non. Parmi les plus concernés : le pélican brun, chassé par les habitants.

De l’imposant pélican brun au discret colibri, la Guadeloupe dispose d’une grande variété d’oiseaux sur son territoire. 295 espèces y sont recensées. Pourtant, leur nombre pourrait diminuer ces prochaines années, conséquence de la nette réduction des populations ces dernières décennies.

Parmi les plus espèces les plus concernées : le pélican brun, emblématique oiseau de l’île, qui a même donné son nom à la commune littorale du Gosier (l’oiseau s’appelle « Gwan Gosyé » en créole). Si jusqu’en 2020 les individus peuplaient encore la Guadeloupe, ils n’y nichent désormais plus, à l’exception d’une petite colonie qui s’est installée dans l’archipel des Saintes.

Victimes de la chasse

La population de pélicans bruns au Gosier a atteint son apogée dans les années 2010  mais, très vite, les habitants se sont permis de les chasser, gênés par leur nombre et leurs déjections. « Ils ont coupé les arbres où nichaient les oiseaux, ils les chassaient à coup de cailloux, on en a même retrouvés pendus », raconte Béatrice Ibéné, présidente de l’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles.

Les bécasseaux maubèches, très prisées par les chasseurs, ont elles aussi vu leur population chuter. En 50 ans, leur nombre a diminué de 95%. L’espèce est désormais complètement protégée.

En 2024, l’autorisation de la chasse de certains oiseaux accordée par la préfecture avait été au coeur d’un débat, avant d’être finalement autorisée par le ministère de la Transition écologique. Et ce malgré l’inscription de certaines espèces sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature et les données qui mettaient clairement en évidence les diminutions des effectifs.

Le changement climatique aussi mis en cause

Au-delà de la chasse, les scientifiques considèrent que l’une des principales raisons de la diminution des oiseaux est le changement climatique, qui modifie leur environnement. Un phénomène est particulièrement observé dans les régions tropicales comme la Guadeloupe. Deux espèces de colibris souffrent par exemple du changement des régimes de pluie et de la disparition des insectes.

Cet été, une étude parue dans la revue scientifique Nature Ecology & Evolution expliquait que les chaleurs extrêmes liées au changement climatique avaient provoqué le déclin de 25 à 38% des effectifs d’oiseaux dans les régions tropicales entre 1950 et 2020.

Si la population des oiseaux en Guadeloupe continue d’inquiéter, il faut tout de même noter quelques avancées sur le sujet en 2025. Au mois de mars, trois arrêtés publiés par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture ont mis à jour la liste des oiseaux protégés et les modalités de leur protection. 93 espèces supplémentaires ont été ajoutées, comme la colombe rouviolette et le chevalier solitaire, jusque-là autorisés à la chasse.

Toutefois, malgré la protection de davantage d’espèces, le changement climatique continuera de faire des dégâts.

 

Isaure Gillet

 

 

Découvrez les trois librairies-cafés parisiennes classées parmi les plus belles au monde

Le Used Book Café. Photo : Domitille Lefebvre.

L’association australienne 1000 Libraries a publié un classement des 10 plus belles librairies-cafés du monde. Parmi elles, trois sont situées en France, à Paris. Un coup de projecteur largement apprécié par les restaurateurs récompensés.

À midi, c’est déjà salle comble. Au Used Book Café, établissement du 3ᵉ arrondissement de Paris en apparence classique, les clients sont nombreux à vouloir profiter des boissons, des plaisirs sucrés et de livres.

« C’est très joli », commentent deux amies assises à une table en regardant les murs recouverts d’ouvrages. Tellement « joli » que l’association australienne 1000 Libraries l’a classé à la deuxième place de son « top 10 des librairies-cafés les plus belles du monde ». Soutenue par l’Institut français de recherche pour le développement et l’État, cette organisation vise à promouvoir la lecture et le lien social.

Tout s’est passé sur internet. 200.000 personnes à travers le monde ont pu voter pendant une période de 60 jours pour leur librairie-café préféré, choisi au préalable par l’association. « On m’avait informé qu’on était sélectionné », se souvient Cyrille Bruneau, propriétaire de la péniche L’Eau et les Rêves, arrivée quatrième de la compétition.

Les votants avaient le choix entre 16 établissements. Mais la beauté n’a pas été le seul critère de sélection, leur « inventivité » a aussi été prise en compte. Selon 1000 Libraries, ces librairies-cafés « ont résolu un des problèmes majeurs de la société contemporaine : la disparition de ce ‘troisième lieu’, ces espaces sociaux cruciaux entre la maison et le travail où les communautés naissent, les idées fleurissent et les relations s’épanouissent ».

Une question d’image et de réputation

À l’intérieur du Used Book Café, les livres sont à la disposition des clients. « Les gens peuvent soit emprunter ou acheter », indique Amine, responsable du café. Ce dernier a été créé par la marque de prêt-à-porter française Merci, dont la boutique se trouve d’ailleurs dans le prolongement du café.

Dans la salle, le public est aussi hétéroclite que la littérature rangée sur les murs. « On a des livres en français et en anglais », précise le responsable, qui ne peut se départir de la joie que lui procure une telle récompense.

« On est presque habitué à la beauté dans les cafés parisiens, mais celui-ci est en effet vraiment joli », remarque Helena, serveuse pour le Used Book Café depuis deux semaines. Pour elle, ce classement est avant tout une question de réputation : « Les Français sont en général des gens cultivés et avec ce concept et les livres disposés sur les murs, ça renforce cette idée qui plait aux touristes. »

Certains, téléphones en main, ne se gênent d’ailleurs pas pour prendre quelques photos dignes des réseaux sociaux tandis que d’autres dévorent leurs livres tranquillement. Dans un autre arrondissement parisien, l’ambiance est toute autre.

La librairie-café L’Eau et les Rêves flotte sur le canal de l’Ourcq dans le 19ᵉ arrondissement de Paris depuis 2018. Ici, le classement est accueilli comme un « vrai plaisir » par Cyrille Bruneau et Ila, la manageuse.

Publié il y a un mois, il n’a été relayé sur les réseaux sociaux qu’à partir d’hier. « Je ne savais pas qu’autant de monde connaissait », s’étonne Ila, qui apprécie particulièrement que la péniche ne soit pas un « lieu TikTok », où la clientèle vient autant pour le café que pour prendre des photos.

Des effets mitigés sur la fréquentation

Ce concept de librairie-café n’est pas nouveau. Il est né dans les années 1990 en Bretagne avec l’intention de redynamiser le marché du livre. Aujourd’hui, 110 librairies-cafés ont été recensées dans toute la France par l’Agence régionale du livre Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« Depuis les articles parus hier [sur le classement], on a vu plus de monde venir », constate Amine, « il y a à la fois des gens du quartier qui ne connaissaient pas le concept et des étrangers ».

Un constat que ne partage pas Cyrille Bruneau : « La fréquentation est très variable en fonction de la fréquentation générale à Paris et on est très tributaire de la météo quand on est sur une péniche, donc on n’a pas de régularité assez suffisante pour dire si un évènement va nous impacter ou pas. »

Ce classement récompense également une troisième librairie-café parisienne, les Halles Saint-Pierre dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. Contactés, ils n’ont pas souhaité nous rencontrer.

Les sept autres lauréats sont dispersés aux quatre coins du monde, allant de la Tunisie à l’Australie en passant par le Brésil ou encore les États-Unis.

Domitille Lefebvre