Cyclisme : le Tour d’Italie 2026 a-t-il un intérêt cette année ?

Le Tour d’Italie s’élance vendredi de Bulgarie et ouvre la saison des grands tours cyclistes. Promis au double vainqueur du Tour de France Jonas Vingegaard, le mythique Giro, créé il y a 109 ans, vaut il la peine d’être regardé ? On a pesé le pour et le contre.

La voiture de direction de course du Giro. ©Mosh EdarLe Tour d’Italie, premier des grands tours cyclistes, débute vendredi de Bulgarie pour trois semaines. En l’absence de Tadej Pogačar, il semble promis à Jonas Vingegaard. Que faut-il attendre de cette édition ?

Le Tour des sprinteurs

Une fois n’est pas coutume, les étapes de plaine, promises aux sprinteurs, pourraient offrir davantage de suspense que les étapes de montagne. Car les meilleurs sprinteurs du monde sont alignés. L’Italien Jonathan Milan, sans doute le meilleur d’entre eux, va participer pour la troisième fois à sa course de cœur, tentera de s’y imposer pour la cinquième fois, après ses quatre succès en 2024 et 2023.

Mais, il trouvera sur sa route l’un des prodiges du cyclisme français, le coureur de l’équipe Soudal Quick Step, Paul Magnier, 21 ans. Il n’a remporté qu’une seule course en ce début de saison, mais aura une équipe entièrement articulée autour de lui et dédiée à la construction de ses sprints. Il faudra également compter sur la révélation de ce début d’année, le Danois Tobias Lund Andresen. Avec 3 victoires à son actif cette année, il devrait être en mesure de jouer un rôle dans la bataille.

D’autres sprinteurs aimeraient lever les bras : Dylan Groenewegen, qui conduira l’équipe Unibet Rockets, ou le belge Arnaud de Lie. Pour tous ces coureurs, la première étape sera primordiale. Entièrement plate, elle devrait leur offrir une première occasion de s’exprimer… et surtout de revêtir le premier maillot de leader de ce Giro.

De nombreuses arrivées groupées sont à prévoir. ©Adege Vanerp

Une forte présence de jeunes coureurs

Les équipes aiment envoyer de jeunes coureurs sur le Giro, pour leur permettre d’avoir une première expérience dans les grands tours, des courses d’une intensité exceptionnelle.

Si le plus talentueux d’entre eux, le Français Paul Seixas, a décidé de participer au Tour de France, la génération Z sera largement représentée sur les routes italiennes. Mathys Rondel sera l’une des principales attractions. Le Français de la formation Tudor, qui ne s’est pas encore imposé chez les professionnels, s’est glissé dans le top 10 de Paris-Nice en mars. Grimpeur, âgé de 22 ans, il devrait briller en troisième semaine, quand la haute montagne se dressera sur la route des coureurs.

Un autre cycliste intéressant à suivre : l’Italien Alessandro Pinarello. Nouveau venu dans la formation NSN, il a terminé 3ème de la course espagnole O Gran Camino le mois dernier, après avoir remporté une étape. Il devrait être à la lutte pour un top 10, voire un top 5.

Mais celui dont on devrait le plus parler est un autre Italien, Giulio Pellizzari. Révélé la saison dernière sur les routes de la Vuelta, où il a terminé 6ème et remporté une étape. Annoncé comme l’un des favoris pour le podium, il devrait être porté par la foule italienne au bord des routes, avec une équipe construite autour de lui.

Le Giro en 2020. ©nomadsoul

Un départ inédit de Bulgarie

Fidèle à sa tradition de partir chaque année de l’étranger, le Tour d’Italie s’élancera de Bulgarie. Un fait inédit pour le pays, qui n’avait jamais accueilli de départ de grands tours. Les Bulgares célébreront les champions pendant trois jours.

La première étape, plate, longera la mer Noire entre Nessebar et Burgas, à l’est du pays. Pour le deuxième jour, la montagne sera à l’honneur avec la montée du Vratnik Pass, une montée de 9 kilomètres à 4% de moyenne. Et pour la troisième étape, les coureurs rejoindront la capitale, Sofia, dans une étape promise aux sprinteurs.

Une manière pour les téléspectateurs de découvrir la Bulgarie et pour les coureurs de rouler sur des routes où ils n’ont pas l’habitude d’aller.

Mais, malheureusement, il y a aussi des raisons de rester loin de ce Giro.

Jonas Vingegaard est l’unique favori

En l’absence de Tadej Pogačar, le Danois est l’immense favori de la course. Pour sa première participation au Giro, le double vainqueur du Tour de France ne trouvera aucun coureur de sa trempe sur sa route.

Seul le portugais Joao Almeida, initialement annoncé aurait pu le titiller, mais il a dû déclarer forfait, blessé. Le Britannique Adam Yates, l’Australien Ben O’Connor ou l’Autrichien Félix Gall se battront pour le podium mais semblent évoluer à un niveau inférieur au Danois. Il devrait donc y avoir peu de suspense pour le classement général, même si, il n’est pas à l’abri de chutes ou d’un incident mécanique.

Un parcours sans saveur

Malheureusement, les organisateurs proposent un tracé assez classique. Des étapes de montagne qui se résument à des ascensions uniques, sans possibilité d’attaquer à l’avance. Un seul contre la montre, de 42 kilomètres…mais sans un kilomètre de montée et donc à l’intérêt contestable. On se consolera avec la 7ème étape, qui arrive au sommet du terrible col du Blockhaus (13 km à 8%) ou avec la dernière étape qui arrive dans les rues de Rome, au pied du Colisée.

Rodolphe Daumas-Raoux

 

Antoine Griezmann a disputé son dernier match européen

Le joueur français de 35 ans a disputé mardi soir sa dernière rencontre de Ligue des champions sous les couleurs de l’Atlético de Madrid, éliminé en demi-finale par Arsenal (0-1). Une page se tourne pour le champion du monde 2018, qui s’envolera cet été pour Orlando City.
Antoine Griezmann lors d’un match avec l’Atletico de Madrid. Libre de droit

Antoine Griezmann a disputé son dernier match de Ligue des champions sur la pelouse de l’Emirates Stadium. Battu 1-0 par Arsenal en demi-finale retour, l’Atlético de Madrid est éliminé de la compétition. Pour l’attaquant de 35 ans, qui rejoindra Orlando City en juillet, il s’agissait de sa dernière apparition sur la scène européenne, après dix-sept saisons passées en Espagne.

« Il termine comme une légende vivante de l’Atlético »

À l’issue du match, le joueur français s’est avancé vers le parcage des supporters colchoneros. Pendant de longues secondes, les fans ont scandé son nom et l’ont chaleureusement applaudi. Visage fermé, « Grizou » leur a rendu leurs ovations, conscient que la Ligue des champions, l’un de ses grands objectifs, lui échappera désormais.

Cet hommage londonien fait écho à celui reçu à Madrid lors du match aller. « On a vu des supporters avec des pancartes pour lui adresser des messages d’admiration ou lui demander son maillot. Malgré la défaite, il a fait exactement ce qu’on attendait de lui. Je pense qu’il termine comme une légende vivante de l’Atlético », résume Ian Holyman, journaliste sportif depuis plus de vingt ans.

Une dernière sortie sans trophée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 212 buts et près de 500 matchs disputés sous les couleurs madrilènes. Entraîné depuis 2014 par Diego Simeone, Griezmann s’est approprié au fil des saisons le « cholismo », ce mélange d’exigence technique et de combativité forcenée prôné par l’entraîneur argentin. « Il incarne vraiment la philosophie de Simeone : la grinta des équipes sud-américaines, ce goût pour la bataille, cette détermination à ne jamais lâcher », souligne Ian Holyman.

Son palmarès en club reflète imparfaitement la trace laissée par le numéro 7. La Ligue Europa remportée en 2018 face à Marseille reste son unique trophée européen. « Souvent, les joueurs sont jugés en fonction des trophées remportés, pas de ce qu’ils ont frôlé. Mais il ne faut pas oublier qu’au-delà de cette victoire, l’Atlético a atteint une finale de Ligue des champions et terminé deux fois vice-champion d’Espagne, à une époque dominée par le Real Madrid et le Barça », tempère le journaliste, qui s’apprête à couvrir la Coupe du monde 2026 pour la FIFA.

Cap sur la Floride !

À 35 ans, Griezmann affiche une fraîcheur remarquable. Auteur de 13 buts en 43 matchs cette saison, il doit sans doute cette longévité à une discipline construite au fil des années. « Il a très bien joué cette saison alors qu’il a 35 ans, ce qui est déjà avancé dans le football. Sans doute grâce à une hygiène de vie irréprochable », observe Ian Holyman, qui rappelle toutefois quelques écarts de jeunesse. « Je me souviens d’une virée nocturne que j’avais couverte en 2012 », sourit-il. En plein rassemblement de l’équipe de France Espoirs, l’attaquant et quatre coéquipiers avaient quitté Le Havre pour faire la fête sur les Champs-Élysées.

Reste à savoir si « Grizou » reviendra un jour en France, en tant que dirigeant, entraîneur ou consultant. Ian Holyman en doute : « Je ne le pense pas. C’est un joueur qui n’a pas été formé en France, il est parti très jeune à la Real Sociedad. Il a pleinement adopté la culture espagnole. S’il devait occuper un poste après sa carrière, ce serait plutôt là-bas. Il pourrait aussi être tenté par une expérience dans le football américain. Une chose est sûre : il ne sera pas dépaysé en Floride, où la culture hispanique est très présente. »

Avant ce nouveau chapitre, Griezmann disputera encore quatre rencontres de Liga, qui devraient lui permettre de franchir la barre symbolique des 500 matchs avec son club de cœur.

Elouan Brulé

NBA : Un dernier défi pour LeBron James ?

Le premier duel générationnel du 2e tour des play-offs entre les Lakers de LeBron James et le Thunder de Shai Gilgeous-Alexander a tourné à l’avantage du second, de 14 ans son cadet, dans la nuit du 05 au 06 mai. Vainqueur à domicile, le Thunder apparaît comme ultra-favori pour la suite d’une série qui pourrait être l’une des dernières du « King ».
Lebron James et Shaï Gilgious-Alexander lors du Match 1 des demi-finales de la conférence ouest

L’écart était trop grand. Après trois premiers quart-temps disputés, le Thunder d’Oklahoma City est finalement venu largement à bout (108-90) des Lakers de Los Angeles, dans la nuit du 5 au 6 mai. Si le score laissait présager un match serré, la supériorité collective du Thunder a fini par éteindre les velléités californiennes. Porté par sa jeunesse, OKC a dicté le rythme pour s’offrir ce Game 1 des demi-finales de conférence Ouest.

Les Lakers n’ont trouvé de solutions que par l’intermédiaire de leur superstar LeBron James, meilleur marqueur du match avec 27 points. À 41 ans, le « King » continue de repousser les standards de longévité, portant sur ses épaules l’attaque californienne en l’absence de Luka Dončić. « D’où vient notre manque d’efficacité offensive ? Il nous manque le gars qui marque 37 points par match », a-t-il déclaré en conférence de presse d’après-match.

En face, Shai Gilgeous-Alexander a rendu une copie plus discrète que ses standards habituels. Le MVP en titre, toujours en lice pour sa réélection, a inscrit moins de 20 points pour la première fois de la saison (18 points). Plus inhabituel encore, le meneur s’est montré maladroit dans la distribution du jeu, cumulant plus de ballons perdus (7) que de passes décisives (6).

Premier affrontement en play-offs

À cette occasion, les deux joueurs se sont affrontés en play-offs pour la première fois. Avec le Français Victor Wembanyama (22 ans), Shai Gilgeous-Alexander (27 ans) est appelé à devenir l’une des têtes d’affiche du basket mondial pour les années à venir.

LeBron James, lui, l’est depuis son arrivée en NBA il y a 22 ans. Mais, aussi légendaire soit-il, il doit faire face aux signes du temps. Pour la première fois depuis 2005, il n’a pas été sélectionné comme titulaire au All-Star Game, et sa moyenne de points, bien qu’encore remarquable pour son âge, est au plus bas depuis sa saison rookie.

Les spéculations autour d’une possible retraite à l’issue de ces play-offs vont bon train. L’intéressé reste volontairement flou, laissant entendre qu’il s’interroge davantage sur le « comment » que sur le « quand » de la fin de sa carrière.

En marge de la rencontre, « SGA » a déclaré à propos de son aîné : « Jouer contre une légende comme lui, c’est ce qui vous donne envie de vous lever le matin. […] C’est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Évidemment, il n’est plus dans son prime, mais il reste extrêmement performant. »

Alors qu’il a déjà tout gagné, ce duel représente peut-être l’ultime défi de LeBron James. Pour espérer battre le Thunder dans cette série, les Lakers auront toutefois besoin d’un sursaut collectif. Le Match 2 aura lieu jeudi soir, toujours sur le parquet d’Oklahoma City.

Nathan Carneiro

Des stars du tennis menacent de boycotter Roland-Garros

Dans une lettre publiée lundi, Jannik Sinner, Carlos Alcaraz ou encore Aryna Sabalenka dénoncent une répartition injuste des profits des tournois du Grand Chelem.
Photo libre de droit, Aryna Sabalenka

Lundi, un collectif composé notamment de Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Aryna Sabalenka et Iga Świątek a fait part, dans une lettre envoyée aux médias, de « sa profonde déception » face à la hausse jugée trop faible de la dotation financière accordée aux joueurs de Roland-Garros.

Ils réclament que 22 % des revenus des tournois leur soient reversés, contre 15 % actuellement, alors que le tournoi de la porte d’Auteuil enregistre des recettes records (400 millions d’euros l’an dernier). Les signataires demandent également la création d’un fonds de prévoyance destiné à financer leurs retraites, leur couverture santé et les congés maternité, des droits jusqu’ici inexistants.

La menace du boycott

Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, s’est même dite prête à boycotter le tournoi, qui débute le 18 mai prochain, estimant qu’il s’agit désormais du seul levier de pression efficace pour faire évoluer la situation. Sa rivale Iga Świątek a, elle, jugé cette idée « extrême » lors d’une conférence de presse, hier, au tournoi de Rome.

La direction de Roland-Garros a réagi en expliquant avoir déjà augmenté la dotation globale de 5,4 %. Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, met en avant un effort particulier sur les premiers tours, avec 87 000 euros garantis pour une défaite d’entrée. Ces ajustements restent toutefois jugés insuffisants par les joueurs, qui pointent dans leur lettre un problème structurel persistant.

Costa Carrel Koutoulidis