Quels impacts géopolitiques pour les entreprises françaises ?

Jeudi dernier, une société russe s’est vu transférer les actifs de plusieurs groupes français présents en Russie par un décret de Vladimir Poutine. Une décision contestée par Paris et qui montre la vulnérabilité des entreprises face à une crise diplomatique. 

Les autorités russes ont placé la semaine dernière sous « administration temporaire » les actifs en Russie de la filiale russe d’Auchan et de l’ex-entité de Leroy Merlin, mais aussi ceux du suisse Nestlé, en invoquant leur appartenance à des pays « inamicaux » soutenant l’Ukraine. Le ministre de l’Economie Roland Lescure a dénoncé cette mesure en la qualifiant d’acte « hostile » envers la France. Il souhaite que ces prises de contrôle soient « annulées ». Les actifs concernés ont été confiés à la société russe « L.E.V. Management », qui d’après le média d’investigation russe Novaïa Gazeta Europa a été fondée fin 2025 et est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général du ministère russe de l’Intérieur.

Des risques géopolitiques inévitables

Cet exemple démontre bien la fragilité des entreprises françaises et européennes face à des sanctions économiques. La géopolitique est désormais indissociable de la vie d’une grande entreprise, des sanctions économiques sont donc inhérentes au déclenchement d’un conflit. Selon une étude du cabinet d’audit et de conseil Deloitte réalisée en septembre 2026, 63% des directeurs financiers français considèrent désormais les risques géopolitiques comme un facteur déterminant dans la gestion opérationnelle et l’élaboration des orientations stratégiques de leur entreprise. L’exemple le plus parlant reste la guerre en Ukraine, “c’est arrivé à plusieurs entreprises, on en compte une petite trentaine quand même, en fait, depuis l’invasion de l’Ukraine” confirme Syrine Ismaïli-Bastien, professeure de Droit et de Géopolitique à l’IESEG.

Au-delà de l’exposition directe, comme la mise en place d’embargos ou l’imposition d’une réglementation plus contraignante, l’instabilité géopolitique provoque un effet en chaîne. L’exposition indirecte va impacter les chaînes d’approvisionnement et donc les entreprises : “Un exemple très récent de la rupture d’approvisionnement suite à des blocages ou à des conflits, c’est le blocage du Détroit d’Ormuz. C’est nécessaire à l’économie mondiale, qui repose, malgré tout, encore beaucoup sur les énergies fossiles. Et on en voit directement les conséquences” explique Syrine Ismaïli-Bastien. De manière plus directe, de nouvelles formes d’ingérence font leur apparition avec les nouvelles technologies : “Les cyberattaques et l’espionnage économique mettent évidemment en danger des données sensibles, les données de ses clients” continue-t-elle.

Quels moyens d’adaptation ?

Est-il alors possible pour une entreprise de s’isoler de ces considérations géopolitiques et diplomatiques ? “La réponse facile serait oui, mais c’est vraiment au cas par cas. Il faudrait d’abord voir quelle est l’intensité de ce conflit” répond la consultante chez CCM Consulting. Comment s’adapter à ce monde de plus en plus conflictuel ? Syrine Ismaïli-Bastien préconise la création d’une “stratégie de risque géopolitique, adaptée à ses besoins et à son échelle”. La chercheuse reste néanmoins sceptique par rapport aux entreprises françaises qui manqueraient de prévoyance,  : “ces perturbations géopolitiques ne sont pas des événements exceptionnels, en fait, mais c’est une caractéristique durable, finalement, de notre économie. Ce que je remarque, c’est que ces entreprises agissent assez souvent d’une manière, en fait, réactive.” Elle invoque notamment les entreprises du secteur du vin qui ont été “pris de court” avec les droits de douanes américains, pays considéré “comme client principal”.

Samuel Fitoussi, l’investisseur en IA derrière « Balance ton Claude »

À 29 ans, le chroniqueur du Figaro a reconnu être l’un des artisans de « Balance ton Claude », le compte X à l’origine des accusations contre Thélyson Orélien. 

Il aura suffi d’une seule publication sur un compte X presque anonyme pour provoquer un séisme dans l’édition. Derrière « Balance ton Claude », moins de 100 abonnés avant le début de la polémique, se cache notamment Samuel Fitoussi. Ce vendredi, l’essayiste de 29 ans a fini par reconnaître son implication : « Je n’étais pas seul ; il s’agissait d’un projet collectif. Les autres révéleront leur identité en temps voulu s’ils le souhaitent. » Quelques jours auparavant, le compte avait accusé C’était ça ou mourir, premier roman du Canado-Haïtien Thélyson Orélien et phénomène de cette rentrée littéraire, d’avoir été largement généré par l’intelligence artificielle (IA). Pour étayer ses soupçons, le collectif s’est notamment appuyé sur Pangram, un logiciel de détection de textes produits par IA. Samuel Fitoussi est lui-même l’un des premiers à relayer les accusations auprès de ses abonnés, offrant une caisse de résonance à ce compte confidentiel. Depuis, « Balance ton Claude » a dépassé les 10.000 abonnés et son initiateur est, lui aussi, sorti de l’ombre.

Passé par HEC et Cambridge, Samuel Fitoussi signe des chroniques dans Le Figaro depuis 2021, où il s’est attaqué au « wokisme » et à la gauche radicale. Il publie en 2023 Woke Fiction, consacré à l’influence des idéologies identitaires sur les films et séries. Depuis plusieurs mois, l’intelligence artificielle est devenue l’un de ses principaux objets de réflexion.

Son inquiétude est qu’à mesure que les textes artificiels deviennent indiscernables des productions humaines, les écrivains perdent l’envie d’écrire et les lecteurs celle de lire. « Qui voudra prendre la peine d’écrire […] s’il sait […] qu’on le soupçonnera dans tous les cas d’avoir fait générer son travail par une IA ? », interrogeait-il. Une crainte qu’il reprend aujourd’hui pour justifier « Balance ton Claude ». « Il est important de dénoncer les auteurs qui proposent un copié-collé de Chat GPT en prétendant qu’il s’agit de leur plume », écrit-il après avoir révélé son implication. Selon lui, ceux-ci « érodent la présomption d’humanité » dont bénéficie encore un texte.

Investir dans l’IA et en redouter les effets

Samuel Fitoussi n’est pourtant pas hostile à l’intelligence artificielle. Il en a même fait son métier. Depuis 2025, il travaille chez Frst, un fonds qui investit notamment dans des start-up spécialisées dans l’IA.

« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient », assure-t-il. Le collectif aurait testé « beaucoup d’autres livres », sans retrouver de tels scores. À ceux qui lui reprochent d’avoir nui à l’écrivain, l’essayiste oppose les auteurs humains : « Pensez plutôt à l’auteur qui a passé des centaines d’heures sur son manuscrit […] et qui ne l’aurait pas eu », écrit-il en évoquant le Goncourt. Il ajoute néanmoins avoir « de la compassion » pour Thélyson Orélien et dément tout investissement personnel dans Pangram.

Une alerte arrivée jusqu’au Goncourt

L’offensive a désormais largement dépassé X. Ce vendredi, l’Académie Goncourt a annoncé retirer C’était ça ou mourir de sa première sélection. Elle invoque à la fois les plagiats attribués à son auteur et « le résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi », estimant que l’ouvrage est « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ». L’institution dit vouloir « préserver l’intégrité du prix Goncourt » et affirme ne cautionner « d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA ».

Visite du pape en France : pourquoi Léon XIV a choisi Metz ? 

Pour la dernière étape de son voyage en France, lundi 28 septembre, le pape a retenu la préfecture de la Moselle. Un choix lié à l’histoire franco-allemande et à la figure de Robert Schuman, alors que l’Europe traverse une période de tensions. 

Après Lourdes et Paris, Léon XIV achève sa visite en France à Metz, lundi 28 septembre. Plus de 60 000 personnes sont attendues dans la ville, où le pape doit arriver vers 9h30. Rencontre entre religions, discours sur l’Europe en présence d’Emmanuel Macron, messe à la cathédrale Saint-Étienne : chaque rendez-vous convoque l’histoire de la Lorraine et celle de la construction européenne.

Une déclaration commune des cultes

La matinée se tiendra au centre des congrès Robert-Schuman. Le pape y réunira les représentants nationaux des six principaux cultes présents en France, dont les responsables protestants, juifs et musulmans, avant la signature d’une déclaration commune. Suivra la rencontre intitulée « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Emmanuel Macron interviendra en premier pour présenter la construction européenne comme un modèle de paix. Léon XIV lui succédera à la tribune devant ceux des 26 autres chefs d’État de l’Union qui auront accepté l’invitation. Ni la liste des participants ni le texte du discours n’ont été dévoilés. Le nom du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a circulé.

Le pape Léon XIV lors d’une rencontre avec Emmanuel Macron au Palais de l’Élysée, à Paris le 25 septembre 2026. (Photo par Teresa SUAREZ / POOL / AFP)

La mémoire des guerres

Metz a connu deux guerres et deux annexions avant de devenir un lieu de la réconciliation franco-allemande. La Moselle vit toujours sous le régime du Concordat. À quelques kilomètres, Gravelotte rappelle les combats d’août 1870 : des dizaines de milliers d’hommes y sont morts en quelques jours pendant la guerre franco-prussienne.

Ce passé se retrouve jusque dans la cathédrale. Le pape y célébrera la messe sur un autel conçu par un artiste avec le bronze de canons ennemis, rendus par l’Allemagne au titre des dommages de guerre puis fondus. Ce sera la seule messe du voyage dans une cathédrale, le programme de Notre-Dame de Paris se limitant à des vêpres.

L’héritage de Robert Schuman

Le centre des congrès honore Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe. Né allemand en 1886, devenu français en 1919, fils d’un Lorrain qui avait fui l’annexion de 1870, il a été député de la Moselle pendant trente-neuf ans, président du Conseil de 1947 à 1948, puis président de l’Assemblée parlementaire européenne de 1958 à 1960. Sa déclaration du 9 mai 1950 a fondé la Communauté européenne du charbon et de l’acier. À Metz, une avenue, un lycée et un hôpital portent son nom. Deux plaques signalent son ancien cabinet d’avocat et le lieu de sa rencontre avec Winston Churchill, en juin 1946.

Catholique fervent, il a été déclaré vénérable par le pape François en 2021 et sa cause en béatification reste ouverte. Le Vatican a un temps envisagé d’organiser l’étape à Scy-Chazelles, le village situé à 6 kilomètres de Metz où il repose depuis 1963. L’option a été abandonnée pour des raisons de sécurité et par souci de ne pas interférer dans la procédure. Lundi soir, après le départ de Léon XIV, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, organisera une rencontre dans la maison de Schuman.

Emmanuel Macron et le pape Léon XIV arrivent pour une cérémonie suivant leur rencontre au Palais de l’Élysée, à Paris le 25 septembre 2026 au début de la visite de quatre jours du pape en France. (Photo par Benoît Tessier / POOL / AFP)

Loin de Strasbourg

En préférant Metz à Strasbourg, siège du Parlement européen, le pape évite d’apparaître comme le soutien des institutions de l’Union. Il s’exprimera dans un centre des congrès, pas dans un hémicycle. Le Vatican veut écarter tout faux pas diplomatique. En 2024, le pape François avait appelé l’Ukraine à négocier en évoquant le drapeau blanc, ce qui lui avait valu les critiques de Kiev, de l’Otan, de l’Union européenne, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Américain, Léon XIV s’adresse aux Européens sans en être un. Il prolonge une ligne ancienne : le Saint-Siège soutient l’idée européenne depuis Pie XII.

Un continent sous tension

Cette prise de parole intervient dans une période de réarmement généralisé. La guerre entre la Russie et l’Ukraine dure depuis plus longtemps que la Première Guerre mondiale. En Allemagne, l’AfD, parti d’extrême droite eurosceptique, vient de remporter l’élection régionale en Saxe-Anhalt. L’année à venir sera marquée par des scrutins en France, en Italie, en Espagne et en Pologne. Défenseur du multilatéralisme et du désarmement, Léon XIV sera attendu sur deux points : la place accordée au conflit ukrainien et le sens donné aux racines de l’Europe.

Un panneau d’affichage accueillant le pape Léon XIV avant sa visite à Metz, le 22 septembre 2026. (Photo par Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP)

Papamobile et écrans géants

Entre ces rendez-vous, la papamobile parcourra plus de deux kilomètres dans la ville. Quatre « pape zones » ont été ouvertes sur réservation gratuite. Trois d’entre elles permettront à 10 000 personnes de suivre sur écrans géants la messe de 16 heures, célébrée devant 2 000 fidèles dans la cathédrale surnommée « la Lanterne du Bon Dieu ». Emmanuel Macron raccompagnera le pape à son avion vers 19 heures, au terme de quatre jours de visite.

Teddy Riner, Adèle Exarchopoulos, Paul Mirabel… Chez les célébrités, une opposition à l’extrême droite de plus en plus polémique

Plusieurs personnalités publiques essuient un flot de critiques pour avoir pris position contre l’extrême droite. Une posture pourtant jusqu’ici habituelle dans le monde de la culture et du sport.

Un édito au vitriol de Pascal Praud sur CNews, une vague d’insultes sur les réseaux sociaux, puis une enquête ouverte par le parquet de Paris, mercredi 23 septembre, pour injures publiques racistes et cyberharcèlement. C’est l’engrenage infernal qui s’est mis en branle après que le judoka Teddy Riner a fait part de son « angoisse » de « la montée de l’extrême droite » dans l’émission « Stade 2 », le 16 septembre dernier. Cette semaine, Adèle Exarchopoulos et Paul Mirabel ont eu aussi eu droit à un flot d’insultes sur les réseaux sociaux après avoir pris position contre le Rassemblement national. Des positions hier banales dans le monde de la culture et du sport. Aujourd’hui explosives.

Est-ce le signe d’un RN qui a finalisé sa phase de normalisation ? « Dans le monde de la culture, c’est beaucoup plus compliqué de s’énoncer contre un parti qui est possiblement un parti de gouvernement, à ce stade », avance Nelly Quemener, professeure de sciences de l’information et de la communication au CELSA. Il faut dire que Marine Le Pen, candidate du parti à la flamme à l’élection présidentielle, est donnée entre 30 et 31 % d’intentions de vote, selon un sondage Cluster 17 réalisé pour Politico, publié ce jeudi. Face à un nombre de Français de plus en plus nombreux à être séduits par le RN, difficile de s’opposer au parti fondé par Jean-Marie Le Pen sans fâcher quiconque.

Crainte de froisser le public

Dans l’industrie du cinéma, où nombre de personnalités ont manifesté leur hostilité à l’égard de l’extrême droite, une frilosité à parler politique semble s’installer peu à peu. « Il y a vingt ans, il y avait un consensus : tous les artistes nous disaient qu’il fallait faire barrage au Front national. Ce n’était même pas une question ! », se remémore Catherine Balle, journaliste cinéma au Parisien depuis une vingtaine d’années. C’est elle qui a interviewé Adèle Exarchopoulos, dimanche 20 septembre, et qui l’a questionnée sur son futur vote en 2027. Celle-ci a affirmé qu’elle ferait « tout pour faire barrage au RN ». Des propos aussitôt salués par les uns et vilipendés par les autres sur les réseaux sociaux.

Dernier épisode en date : l’humoriste Paul Mirabel, qui, à son tour, a affirmé vouloir faire barrage au RN, lundi 21 septembre sur le plateau de « Quotidien ». De quoi s’attirer les foudres de Pascal Praud le lendemain matin dans « l’Heure des pros » sur CNews. Peut-on aller jusqu’à affirmer qu’artistes et sportifs ont désormais plus à perdre qu’à gagner, à s’engager contre l’extrême droite ? « S’ils sont très puissants comme Adèle Exarchopoulos, non, je ne pense pas », tempère Catherine Balle.

De son côté, le RN a fustigé de longue date les appels à faire barrage contre lui lancés par des célébrités qu’il juge privilégiées et hors sol. Selon un sondage CSA pour Europe 1, CNews et le Journal du dimanche publié en juin 2024, en pleine campagne des législatives anticipées, 48 % des Français se disaient « choqués » par les prises de positions politiques de certaines personnalités.

Des stars faiseuses d’opinion, vraiment ?

Mais les célébrités ont-elles réellement la capacité d’influer le vote des Français ? « Ça n’a probablement aucun impact », tranche Mathieu Gallard, directeur d’études à l’institut de sondages Ipsos. « Lorsqu’il y avait un poids social qui pesait sur le Front national, lorsqu’il était traité comme un pestiféré par les autres partis et les médias, les prises de position des personnalités pouvaient renforcer cet effet-là. »

Reste que le temps du cordon sanitaire et de la marginalisation du parti d’extrême droite semble révolu. « Le RN a gagné une forme de respectabilité politique médiatique », analyse Nelly Quemener. Dès lors, difficile de le critiquer publiquement sans essuyer des critiques. Peu nombreux sont ceux qui s’autorisent à exprimer publiquement des griefs à l’égard de Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, principal financeur du cinéma français. La dernière édition du Festival de Cannes, en mai dernier, a été marquée par la publication de la tribune « Zapper Bolloré », dans le journal Libération, signée par plus de 4 500 professionnels, dont Juliette Binoche et Anna Mouglalis. La journaliste spécialiste du cinéma Catherine Balle garde le souvenir d’un tabou en interview : « Pour tous les acteurs français, avant de les interviewer, on me disait : ‘surtout, tu ne lui parles pas de la tribune Bolloré.' »

Dans ce contexte de polarisation des opinions, et alors les prises de position politiques exprimées par des célébrités sont devenues des objets de controverse, certains artistes choisissent de s’opposer à l’extrême droite de manière plus subtile, explique Pauline Escande-Gauquié, sémiologue : « À un an de la présidentielle, Fabrice Éboué se moque du Puy du Fou de Philippe de Villiers à travers ‘Gérald le Conquérant’ [sorti en décembre 2025, NDLR]. Pour lui, c’est plus important de faire ce film que de prendre la parole dans la presse. » L’art et la politique, l’éternel retour d’un vieux débat que même la présidentielle de mai prochain ne permettra pas de trancher.

Rayan Saibi