Les puciers ou la tentation de la magouille

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Le marché aux Puces ne fait pas vivre que les antiquaires. Autour, c’est toute une économie, parfois souterraine, qui gravite. Les tours opérateurs, les entreprises de FRET mais aussi des petits intermédiaires chargés de guider les touristes fortunés vers certaines échoppes. « Quand j’étais guide pour les visiteurs russes, les marchands m’ont proposé, au noir, 10% de commission sur les ventes si j’emmenais les touristes dans leurs boutique , confie Vladimir T., guide retraité, personne ne dit rien mais tout le monde le sait. C’est une pratique courante », rajoute-t-il. Une entreprise lucrative pour ce Russe qui a pu, par exemple, toucher en une après-midi 5 000 euros sur une vente. Une position privilégiée qui lui permet d’observer les tours de passe-passe de certaines antiquaires. « Une fois, un antiquaire a vendu à mes touristes deux vases du XVIIe XVIIIe qu’il présentait comme unique. Six mois plus tard quand je suis revenu avec un autre groupe, il vendait de nouveau ces deux même vases », sourit-il. Si la contre-façon est chassée sur le marché de la porte de Clignancourt, elle l’est plus difficilement chez les antiquaires. « Ce n’est pas comme pour un sac de marque, les antiquaires ne sont pas contrôlés par les pouvoirs publics », se désole-t-il.

Dorine Goth et Anaïs Robert

Décryptage : la mode des web radios Hip-Hop

OKLM Radio est la plus connue mais pas la première des web radios. Elles pullulent sur internet, se déclinent sous plusieurs formes, se multiplient comme des cailloux dans la chaussure de Skyrock, Générations, ou du Mouv’, les radios FM qui ont le monopole du Hip-Hop en France. No Fun, Zone 26, Radio RapTz ou Piiaf, les web radio Hip-Hop, séduisent et rassemblent de plus en plus d’audience. Comment expliquer ce phénomène ? D’abord, un point commun est essentiel pour toutes ces radios : la liberté de ton. On ne s’interdit rien. La seule règle est la pertinence et la qualité du son diffusé. Mehdi Maizi, animateur de l’émission « La Sauce » sur OKLM Radio et du podcast No fun résume : « On veut donner la parole à tous ceux que l’on trouve bons, qu’ils soient en train d’éclore ou non. »

Ces nouvelles radios profitent également du peu de contraintes dont elles sont sujettes. « On est obligé de diffuser 40% de morceaux en français, de respecter un cahier des charges et de rendre des comptes au CSA » précise Fred Musa, tête d’affiche de Skyrock. Elle peut aussi se targuer d’être écoutée par 4 millions d’auditeurs par jour, pendant qu’OKLM, la plus connue des WebRadios a été téléchargée environ 1 million de fois. Dj Diemone, membre du collectif Scred Connexion explique cela par « un vide médiatique». « Générations ou Skyrock ne passent que du rap commercial et ne font plus découvrir d’artistes. Aux Etats-Unis, il y a des radios qui passent du rap en continue et pas forcément connu. ». Désormais, en France, les web radios font la même chose.

 

Clément Dubrul et Ryad Maouche

Les millionnaires du rap américain

Jay-Z
Chemise blanche et cravate noir, le rappeur Jay-Z porte la tenue du parfait chef d’entreprise.

Si la pratique du rappeur-businessman n’est encore qu’à ses débuts en France, aux Etats-Unis elle est monnaie courante. Absent de la scène rap depuis 2015, Sean Combs surnommé Puff Daddy, s’impose comme l’artiste hip-hop le mieux payé du monde en 2016 selon le classement du magazine Forbes. Il a engrangé 62 millions de dollars rien que sur l’année précédente, lui permettant d’atteindre une fortune totale estimée à plus de 800 millions de dollars. Mais d’où vient tout cet argent ? Création d’une marque de vêtements, d’une chaîne de restaurants, d’un parfum et plus récemment, un partenariat avec la marque de vodka Cîroc, « P. Diddy » est sur tous les fronts.

Deuxième du classement avec 53 millions de dollars en 2016, le rappeur Jay-Z n’est pas à plaindre. Lui qui affirme dans sa chanson Diamonds From Sierra Leone : « I’m not a businessman, I’m the business, man ! », a bâti un véritable empire commercial. En vendant sa marque de vêtements Rocawear en 2007 il a empoché la modique somme de 204 millions de dollars. Grâce à cela, il a racheté la marque de champagne Armand de Brignac, a lancé sa plate-forme de streaming Tidal et s’est même permis d’être actionnaire minoritaire d’une équipe de NBA. Enfin, comment ne pas citer le rappeur Dr.Dre. En 2014, il est devenu le premier rappeur milliardaire grâce à la vente de sa société de casques audio Beats à Apple pour 620 millions de dollars (!). Le rap français a donc encore de longues années devant lui avant d’espérer se rapprocher des sommes générées Outre-Atlantique.

 

Clément Dubrul et Ryad Maouche