Quand la musique est bonne… pour les couples

Sonos, entreprise partenaire d’Apple Music, dévoile ce jeudi 11 février une étude sur la musique dans les foyers français. Force est de constater qu’une simple mélodie peut jouer un rôle important dans le couple. Quand les notes de musique envahissent la maison, Eros est souvent au rendez-vous. Un bon tuyau à l’approche de la Saint-Valentin…

crédits Wade Langley/flickr
crédits Wade Langley/flickr

Écouter de la musique au moment d’avouer sa flamme encouragerait 24% des Français interrogés à dire « Je t’aime ». C’est ce que révèle l’étude publiée par Sonos*, entreprise américaine d’électronique, ce jeudi 11 février. Parmi les autres chiffres « choc », on apprend qu’un tiers des Français serait près à renoncer au sexe pour la musique et que les rapports sexuels sont au nombre de 2,8 en moyenne par semaine si le couple écoute régulièrement de la musique, quand celui d’un couple « sans musique » n’atteint que 1,6 rapport. À croire, donc, que la musique adoucit les moeurs, mais qu’elle adoucit aussi les coeurs. Si bien que les intérêts musicaux de l’autre sont importants pour la plupart des Français questionnés : 37% d’entre eux n’envisagent pas avoir un rendez-vous galant si la personne en face ne partage pas les mêmes goûts en matière de musique.

Infographie: Margaux Malinge 

La conclusion de Sonos est donc la suivante : la musique influence considérablement notre façon de nous conduire à la maison, et change encore plus notre rapport à l’autre. Attention, l’étude insiste bien sur l’importance de diffuser la musique et non de l’écouter en solitaire dans un casque.  L’entreprise vient d’ailleurs de lancer ses nouvelles enceintes sans fil, connectées aux Iphones…

Mais que ce soit en cuisinant, en rangeant ou simplement en flânant dans le canapé, la musique quand elle est là semble malgré tout jouer sur l’interaction entre individus. Pour Marc Perrotin, musicothérapeute à Paris, la musique est « un vrai moyen de communier et de communiquer. » Contacté par le CelsaLab, il ajoute que « quand on ne peut pas mettre des mots sur une émotion, la musique vient remplacer la parole. Par les vibrations, les harmonies, les silences aussi. » D’autant plus qu’à partir du moment où une chanson est diffusée dans la pièce, « cela veut dire que le partenaire a déjà fait la démarche d’accepter l’univers de l’autre, c’est un premier pas vers le rétablissement de la communication. »

À lire aussi : Mais qu’en disent les couples ?

Et ça joue sur la famille !

Autre chiffre révélateur: les Français écoutent en moyenne 5h15 de musique par semaine. C’est moins que les Néerlandais qui en sont à 6h15, mais plus que les Anglais qui n’en écoutent que 3h45. Et cette écoute prolongée influe sur le foyer : le temps passé en famille serait plus important grâce à l’écoute partagée dans la maison. L’étude annonce que l’on passe 2h30 de plus avec ses proches quand on écoute un morceau ou une chanson diffusée dans les pièces communes.

Si, selon l’étude, la musique intéresse principalement les jeunes – 64% ont entre 18 et 30 ans – elle reste malgré tout importante pour les personnages âgées. Selon Marc Perrotin, elle fait partie du quotidien, au même titre que « la gestuelle, les regards, le langage. » Pour le musicothérapeute, il en va de même quand on s’adresse à un enfant : le ton et la musicalité des mots utilisés, doux ou violents, joueront sur l’affect. « Si je dis à un enfant ‘là ce que tu as fait, ce n’est pas bien’, ce n’est quand même pas la même chose que ‘mais pourquoi t’as fait ça ?!’ Tout est dans le ton. Là aussi, c’est de la musique. » À méditer lors de la prochaine dispute à la maison…

Retrouvez ici son interview :

Margaux Malinge

*L’étude en question a été menée du 29 décembre au 8 janvier, soit pendant 10 jours au total. 4007 personnes exactement ont été interrogées un peu partout en France mais à l’échelle de la planète, ce sont 30.000 personnes au total, réparties sur huit pays différents, qui ont été interrogées.

« Les innocentes », la tragédie secrète de nonnes polonaises

Le dernier film d’Anne Fontaine, « Les innocentes », raconte le viol d’un couvent au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Dans une atmosphère pesante et austère, ce drame historique questionne la foi et rappelle que le viol est aussi une arme de guerre. Critique.

Pologne, 1945. Dans un couvent reculé au cœur de terres enneigées, des nonnes vivent sous le poids du secret et de la honte. Pour elles, la fin de la guerre a marqué le début des atrocités. Enceintes et sur le point d’accoucher, une dizaine de ces sœurs portent en elles le fruit de viols collectifs et répétés, commis par des soldats russes en route pour Berlin. Mathilde Beaulieu, une jeune aide-soignante française ayant arrêté ses études pour s’engager dans la Croix-Rouge, va leur venir en aide, jusqu’à ce que la vie renaisse.

Comment ne pas perdre sa foi face à la violence de l’homme ? C’est la question que pose ce film basé sur des faits réels. D’une esthétique travaillée à la beauté froide et austère, il dénonce ces crimes de guerres oubliés. Pour préserver l’honneur de son couvent, la Mère ira jusqu’à mettre en danger la vie des sœurs et de leurs enfants.

Lou de Laâge, magistrale

Dans son dernier long-métrage, la réalisatrice Anne Fontaine met en scène la rencontre de deux univers que tout oppose, celui de l’aide-soignante, non croyante, farouche et indépendante, et celui du couvent. Mathilde Beaulieu, cette jeune femme de 25 ans, va progressivement gagner la confiance des sœurs au quotidien rythmé par les prières et le silence. Peu à peu, une relation va s’établir, une complicité apparaître. Déjà saluée dans « Respire » de Mélanie Laurent, Lou de Laâge livre ici une performance magistrale, pleine de justesse et de retenue, confirmant ainsi son statut de jeune espoir du cinéma français.

« Les innocentes » nous confronte à la barbarie de l’homme. Il est pourtant empli d’humanité. « On dénonce plus quand on fait ressentir les choses de l’intérieur », confiait récemment la réalisatrice Anne Fontaine à Allociné. L’effet est réussi. Le spectateur est confronté à une violence indicible, presque exclusivement suggérée, ce qui accentue encore sa brutalité.

Laura Daniel

A l’Opéra, une bataille entre pro-classiques et pro-contemporains

Mercredi 10 février, Stéphane Lissner, le directeur de l’Opéra national de Paris dévoilait le programme de la saison 2016-2017. Les choix de Benjamin Millepied, l’ancien directeur de la danse, sont loin de faire l’unanimité. 

« Trop américain », « pas assez de classique », « pas de nouveautés ». Les habitués du Palais Garnier sont démunis devant la nouvelle programmation de Benjamin Millepied. « Je suis très étonnée de la programmation. Et pas dans le bon sens » s’exclame Catherine N’Guyen, jeune danseuse de 18 ans abonnée à l’Opéra de Paris. « Il y a beaucoup trop de créations ! Et à l’inverse, les ballets du répertoire sont vus et revus » se plaint-elle.

Pour beaucoup, les choix sont trop américains. Et pour cause, Benjamin Millepied est issu du New York City Ballet fondé par le chorégraphe Georges Balanchine. Comme en 2015, il a puisé dans ses influences et est resté fidèle à sa vision de la danse. Alors évidemment, les mêmes chorégraphes tiennent le haut de l’affiche : Balanchine, Forsythe, Peck. Pourtant, le public de l’Opéra de Paris reste attaché à ses grands ballets classiques en trois actes, souvent chorégraphiés à Paris, comme Le Lac des Cygnes.

Mais pour certains c’est aussi l’occasion rêvée de découvrir un répertoire encore peu connu du public français. Joëlle Bonnet enchaîne les spectacles de danse. Elle n’hésite pas aller voir trois fois le même pour comparer les danseurs. « Il y a beaucoup de choses que je ne connais pas. Mais j’ai l’impression que beaucoup de choses seront très intéressantes. Comme l’American Ballet Theater qui ouvrira la saison » explique t-elle. 

Des rendez-vous à ne pas manquer

Certaines œuvres font déjà l’unanimité. Alors que les abonnements s’ouvrent tout juste à la vente, les passionnés se ruent vers les grands classiques, La Sylphide et Le Lac des Cygnes, mais aussi vers le spectacle de l’école de danse et Impressing the Czar de William Forsythe. 

« C’est génial d’avoir refait le gala des écoles de danse pour fêter les 40 ans de l’école. Ça permet de découvrir des talents ! » ajoute Catherine. Aujourd’hui, elle s’est ruée pour acheter son abonnement. Premier billet dans son panier : une place pour le gala des écoles de danse où les grandes écoles internationales se rejoindront sur scène le temps d’une soirée. Mais impossible aussi de rater les démonstrations où les petits rats présentent un cours de danse sur scène. Joëlle, elle, a privilégié les classiques. Elle a même déjà prévu d’aller voir deux fois la Sylphide. « Mais je compte bien tout découvrir ! » admet-elle.

Ce sera à Aurélie Dupont de faire le lien entre les curieux qui ont soif d’influence américaine et un public qui a encore très à cœur la tradition française de la danse classique vieille de 300 ans.

Cyrielle Cabot

A l’Opéra, une dernière danse à l’américaine

Mercredi 10 février, Stéphane Lissner, le directeur de l’Opéra de Paris a présenté, aux côtés de Benjamin Millepied, le programme de la saison 2016-2017. Côté danse, beaucoup de similitudes avec la saison précédente, avec la danse contemporaine en tête d’affiche.

« L’Opéra n’attend que vous ». Nouveau slogan pour une nouvelle saison à l’Opéra national de Paris. Stéphane Lissner, le directeur de l’institution dévoilait mercredi 10 février le programme de la saison 2016-2017. La semaine précédente, le directeur de la danse, Benjamin Millepied provoquait l’étonnement en annonçant sa démission. Les treize spectacles à l’affiche seront la dernière contribution de l’Américain en tant que directeur de la danse.

Cette année, c’est le néo-classique qui est mis à l’honneur. Sur scène, ce sera des danseurs, toujours pointes aux pieds, mais exécutant une chorégraphie contemporaine. La nouvelle saison se veut être celle de la nouveauté. Le public va pouvoir découvrir quinze oeuvres inédites : neuf créations et six oeuvres jamais dansées jusqu’alors à l’opéra. Ormis celle de Millepied lui-même, ces nouvelles créations seront signées quatre jeunes talents prometteurs : Sébastien Bertaud, Bruno Bouché, Nicolas Paul et Simon Valastro.

Les chorégraphes américains à l’honneur

Mais en parallèle, la saison a un goût de déjà-vu. On retrouve les chorégraphes fétiches de Benjamin Millepied, comme Georges Balanchine ou William Forsythe, déjà mis en avant en 2015-2016, en donnant à la programmation un air très américain. « L’année dernière, Millepied avait promis un ballet de Ratmansky racontant une histoire. Finalement, il n’y est pas mais on a cinq Balanchine » explique Amélie Bertrand, chroniqueuse du site Danse avec la plume, dédié à la danse. « On a l’impression qu’il fait ce qu’il veut sans se soucier de la compagnie qu’il a entre les mains. Il avait fait la même chose pour la saison précédente, mais on l’excusait en disant qu’il ne connaissait pas encore bien l’institution ! » reprend-elle.

« Cette saison est un portrait de Millepied. On a ses maîtres, Balanchine, la compagnie qu’il préfère, l’American ballet theater et les chorégraphes qu’il aime », résume Laura Darrieussecq, membre de l’AROP, l’association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris. « Très peu d’audace finalement. On retrouve tout ce qui passe dans les théâtres anglo-saxons mais il n’ose intégrer aucun chorégraphe européen » ajoute t-elle.

L’un des moments phares de la saison : Le Songe d’une nuit d’été de Georges Balanchine, avec des décors signés Christian Lacroix. Mais la compagnie invitée du Semperoper Ballette Dresden sera aussi très attendue avec sa reprise d’une célèbre chorégraphie de William Forsythe, Impressing the Czar. « Ce ne sont pas des nouvelles créations, mais elles promettent d’être très intéressantes. Ils font sans aucun doute partie des incontournables » reprend Amélie.

 

Peu de grands classiques

Les passionnés qui veulent voir leurs étoiles préférées briller dans les grands ballets du répertoire seront décus. Pour les fêtes de fin d’années, ils pourront, certes, admirer le célèbre Lac des Cygnes, avec la chorégraphie de Rudolf Noureev mais le ballet était déjà au programme en 2014. « Benjamin Millepied n’aime pas Noureev, il ne comprend pas sa musicalité. Donc il décide de n’en mettre qu’un. Cela faisait bien longtemps que ce n’était pas arrivé ! » reprend Laura Darrieussecq. Et le second ballet sera aussi pour les fans de tutus blancs. C’est en effet la Syphide de Pierre Lacotte qui investira la scène. Encore une histoire d’amour donc : James s’éprend de la sylphide, une créature magique de la forêt. Mais son mariage est déjà prévue avec une autre, une femme en chair et en os…

Benjamin Millepied impose ainsi à l’Opéra sa vision américaine de la danse classique. Pour le public français, un ballet classique est en trois actes avec tutus comme Le Lac des Cygnes ou Giselle. « Pour un Américain, il suffit que les danseurs est des pointes aux pieds ! Le classique c’est aussi le néo-classique » explique Amélie. Autre habitude américaine : le « three bills », autrement dit, ces soirées où on présente trois courtes oeuvres plutôt qu’une longue. La prochaine saison compte six programmes de ce genre où plusieurs artistes se partagent les mêmes soirées. « Finalement, ce qu’il se produit c’est que les néophytes connaissent peu les chorégraphes proposés. Et les habitués aimeront beaucoup d’oeuvres mais ont un sentiment de déséquilibre globalement. » conclue Amélie.

Aurélie Dupont, ancienne danseuse étoile, remplacera Benjamin Millepied pour gérer ce nouveau programme. Lors de sa nomination, elle avait promis davantage de grands ballets pour permettre aux quelques 150 danseurs de la compagnie de se produire. Pas de doute, la saison qu’elle signera en 2017-2018, verra les grands ballets, à la française, remonter sur les planches de l’Opéra de Paris.

Cyrielle Cabot