Le sénateur Laurent Duplomb visé par une enquête préliminaire

Le sénateur Les Républicains de Haute-Loire, Laurent Duplomb, est visé par une enquête préliminaire suite à un signalement portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, a indiqué mercredi à l’AFP une source proche du dossier.

Le sénateur de Haute-Loire, ancienne figure de la FNSEA, est l’auteur de la controversée loi Duplomb promulguée le 11 août 2025, qui prévoit notamment une simplification de certaines règles concernant les produits phytosanitaires. Une enquête préliminaire a été ouverte suite à un signalement portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, d’après une source proche du dossier par le parquet de Clermont-Ferrand, confirmant une information de Médiacités. En effet en mai 2025, le média numérique avait relater qu’une collaboratrice parlementaire du sénateur travaillait auprès d’élus afin de recruter des militants LR favorable à l’élection de Laurent Wauquiez face à Bruno Retailleau pour prendre la tête des Républicains.

A la suite de cette enquête, un conseiller régional écologiste avait déposé un signalement au tribunal du Puy-en Velay : « Utiliser une collaboratrice parlementaire qui bénéficie de fonds publics pour une mission interne à son parti sur son temps de travail s’apparente à un détournement de fonds publics », a expliqué à l’AFP ce conseiller. Sollicité, Laurent Duplomb n’a pas répondu dans l’immédiat. Dans le quotidien régional La Montagne, ce proche de Laurent Wauquiez avait assuré que « sa collaboratrice s’était engagée sur son temps personnel, avec ses moyens personnels ». Le parquet de Clermont-Ferrand de son côté n’a « ni infirmé ni confirmé » l’ouverture d’une enquête.

Un Français emprisonné en Azerbaïdjan gracié après la levée de sanctions européennes contre un oligarque

Le président azerbaïdjanais a gracié le ressortissant français Martin Ryan, ce mercredi. Il avait été condamné à Bakou pour espionnage, sur fond de soupçons d’accord diplomatique lié à la levée concomitante des sanctions européennes contre un oligarque russe. Une concession française qui suscite l’incompréhension à Bruxelles et la colère de Kiev.

L'Azerbaïdjan gracie le Français emprisonné Martin Ryan, selon un décret présidentiel

Martin Ryan sur le banc des accusés au tribunal à Bakou, le 6 janvier 2025. (Reuters – DR)

 

L’Azerbaïdjan a gracié mercredi Martin Ryan, un Français emprisonné dans ce pays du Caucase depuis fin 2023 pour « espionnage », une décision intervenant peu après la levée des sanctions européennes visant l’oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov que demandait la France.

Martin Ryan, né en 1988, figure sur une liste de 20 personnes graciées et est le seul ressortissant français à en bénéficier. Le président Ilham Aliev a notamment pris en compte « leurs personnalités, état de santé, et situation familiale », selon le décret publié sur son site internet.

Selon un diplomate à Bruxelles, Paris a fait pression auprès des pays membres de l’UE pour lever les sanctions visant Alicher Ousmanov dans le cadre d’un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français détenus en Azerbaïdjan.

Suivant la brèche ouverte par la France, le Luxembourg a également demandé et obtenu l’annulation des sanctions visant un autre oligarque, le russo-israélien Mikhaïl Fridman, qui réclamait du Grand-Duché, devant la justice, 15 milliards d’euros de réparations à la suite des sanctions de l’UE.

La levée des sanctions mardi visant ces deux milliardaires, réputés proches du Kremlin et accusés de soutenir l’effort de guerre russe contre l’Ukraine, a suscité de vives protestations à Kiev.

« Au moment où la Russie mène des attaques brutales contre notre population,(…) envoyer des signaux sur la levée des sanctions contre des oligarques russes est une démarche autodestructrice », a ainsi réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

L’exigence portée par la France de rayer de la liste M. Ousmanov a surpris à Bruxelles. Paris a invoqué des « raisons de sécurité nationale » devant ses partenaires, sans plus d’explication.

Condamné à dix ans de prison pour espionnage

Paris réclame depuis des mois la libération de l’homme d’affaires Martin Ryan, condamné en Azerbaïdjan, en mars 2026, à 10 ans de prison pour « espionnage ».

Installé à Bakou depuis plusieurs années, M. Ryan avait été arrêté le 4 décembre 2023 par les autorités azerbaïdjanaises, l’accusant de travailler pour les services secrets français.

Le ministère français des Affaires étrangères a toujours rejeté « catégoriquement » ces accusations, qualifiant cette détention d' »arbitraire ».

Selon l’accusation, Martin Ryan aurait collecté des informations concernant les relations de l’Azerbaïdjan avec la Turquie, l’Iran et le Pakistan, concernant des entreprises liées à la Russie et à la Chine et sur des questions liées au Karabakh, une enclave longtemps au coeur d’un conflit armé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Selon le décret présidentiel azerbaïdjanais publié mercredi, outre M. Ryan, quatre autres ressortissants étrangers figurent parmi les personnes libérées : un Russe, un Pakistanais et deux Turcs.

Un autre citoyen français est emprisonné en Azerbaïdjan, l’homme d’affaires Anass Derraz. Il a été condamné à 12 ans de prison en novembre 2025 à Bakou dans une affaire où il est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin d’un oligarque russe.

Les relations bilatérales entre la France et l’Azerbaïdjan se sont fortement dégradées après la reprise par Bakou, en septembre 2023, du contrôle du territoire du Karabakh, alors à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100.000 habitants.

Bakou reprochait le soutien de Paris à l’Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l’Azerbaïdjan d’une ingérence concernant ses territoires d’outre-mer, ce que Bakou nie.

En mai, le président français Emmanuel Macron avait discuté par téléphone avec Ilham Aliev des moyens de « développer » la relation entre leurs deux pays au sortir de ces vives tensions.

CELSALAB avec AFP.

“On a menti à la justice” : accusé de violences, Philippe Brun dénonce un « coup monté » au PS

Le député de l’Eure, Philippe Brun, a pris la parole ce mercredi matin, après avoir appris que la justice rejetait sa demande de réintégration au Parti socialiste (PS). Il avait été écarté de la primaire à venir en raison “d’accusations de violence” de la part d’une ancienne collaboratrice et fustige aujourd’hui une injustice.

Diversifier les profils en politique, c'est l'ambition de l'Ecole de  l'Engagement du Lovérien Philippe Brun - ICIPhilippe Brun, alors candidat à la mairie de Louviers, mars 2020. (Crédits images : Radio France – Noémie Lair – DR)

La justice a rejeté, ce mercredi matin, la demande de réintégration au PS de Philippe Brun, aspirant candidat à la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle. Il avait été écarté de la primaire en raison “d’accusations de violence” de la part d’une ancienne collaboratrice. Des accusations niées en bloc depuis le début de l’affaire. 

Serein et déterminé selon ses mots, Philippe Brun assure s’appuyer sur de nouveaux éléments publiés ce matin par Le Canard enchaîné qui contredit la version des cadres du PS. Selon l’hebdomadaire, l’appel passé à la secrétaire générale du PS par intérim, dix minutes avant la clôture du dépôt des candidatures pour la primaire socialiste, n’aurait pas été effectué par la victime présumée mais par la directrice du cabinet d’Olivier Faure. 

“Il n’y a pas d’affaire Brun mais une affaire Faure”

Philippe Brun s’est défendu de toute responsabilité dans le cadre d’une affaire dont il considère qu’elle n’a jamais existé. “C’est un coup monté”, dénonce-t-il. Le député de l’Eure s’en prend même directement à l’un des cadres du PS en la personne d’Olivier Faure : “Il n’y a pas d’affaire Brun mais une affaire Faure”, estime-t-il.

Le premier débat télévisé entre socialistes, début officieux de la primaire, aura lieu ce mercredi soir à 20h40 sur LCI. Elle réunira les cinq candidats : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal. Philippe Brun, dont la demande de réintégration a été rejetée par la justice ne sera pas présent.

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, n’a pas encore réagi à ces accusations.

Tom Keller et Elouan Brulé

L’OCDE revoit sa prévision de croissance mondiale en 2026 en légère hausse

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a légèrement relevé sa prévision de croissance mondiale en 2026, à 2,9%. Les aides publiques et les investissements dans le secteur de l’intelligence artificielle ont permis de résister face aux turbulences liées à la guerre au Moyen-Orient. 

L’OCDE a légèrement relevé mercredi, à 2,9%, sa prévision de croissance mondiale en 2026, l’impact de la guerre au Moyen-Orient ayant été contrebalancé par les aides publiques destinées à amortir l’envolée des prix de l’énergie ou des investissements dynamiques dans l’intelligence artificielle.

« La croissance économique mondiale a ralenti mais est restée résiliente », constate l’institution basée à Paris, dans son rapport trimestriel sur l’économie mondiale.

Les subventions gouvernementales et l’IA porteurs pour l’économie mondiale

Comme facteurs de résistance, elle mentionne « les mesures de soutien gouvernemental discrétionnaires, le recours partiel à des matières premières de substitution, l’augmentation de l’offre ne provenant pas des économies du Golfe et les prélèvements dans les stocks de pétrole », ainsi que « le dynamisme persistant des activités liées à l’intelligence artificielle (IA) ».

La croissance commencerait à se redresser, à 3% en 2027 (-0,1 point), grâce à une détente progressive des prix de l’énergie et un reflux de l’inflation, sous l’effet notamment d’un relèvement des taux directeurs par plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE) en zone euro et la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed).

L’OCDE se montre toutefois prudente, car les perspectives mondiales restent tributaires de l’évolution du conflit lancé par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran fin février, qui affecte la distribution du pétrole et du gaz.

La France particulièrement à risque

L’envolée des taux souverains de plusieurs Etats, dont la France, ajoute à l’incertitude et fragilise leur situation budgétaire.

Cela conduit l’OCDE à plaider une nouvelle fois pour des mesures de soutien gouvernementales ciblées et limitées dans le temps face aux prix de l’énergie et pour une maîtrise accrue de la dépense publique.

Avec des finances publiques moribondes et une élection présidentielle lourde d’incertitudes au printemps, la France, deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne, est particulièrement à risque, en pleine quête d’un nouveau budget.

Sa prévision de croissance a été abaissée par l’OCDE à 0,4% en 2026 (-0,3 point), dans une zone euro résistante (1%, soit +0,2 point), soutenue notamment par l’Allemagne (1,1%, +0,4 point).

CELSALAB avec AFP.