
Le lundi 21 septembre, les différents secteurs de la radio ont adressé une lettre au gouvernement pour demander que l’installation de postes hertziennes deviennent obligatoires dans les voitures neuves.
Si les différents secteurs de la radio craignent la disparition des postes hertziens dans les voitures, de plus en plus concurrencés par les écrans multimédias dans les habitacles, celle-ci possède encore de fervents défenseurs. « Juste je clique sur un bouton et la radio se lance », avance Fabrice, banquier de 54 ans, pour expliquer son amour pour la radio hertzienne. « Et ça ne me fait pas dépenser de batterie de téléphone », rajoute-il. Il fait partie des 4,6 millions d’auditeurs quotidiens qui écoutent la matinale de France Inter selon les chiffres de Médiamétrie de juin 2026.
Ces chiffres et ceux d’autres radios pourraient baisser selon lee groupe public Radio France, l’Alliance de la Radio (qui regroupe les radios privées, dont RTL ou Europe 1) et Les Locales (radios associatives) qui ont adressé une lettre aux pouvoirs publics français et européens le 21 septembre 2026 pour demander que l’installation de postes hertziens soient obligatoires dans les véhicules neufs. Dans leur communiqué, les radios se plaignent des « constructeurs qui commercialisent aujourd’hui des véhicules dépourvus de récepteur FM et DAB+ »
Mes parents et mes grands-parents écoutaient déjà la radio
Victor 23 ans, apprenti boulanger, préfère la FM aux plateformes de streaming dans sa petite citadine blanche. Et même si depuis qu’il a déménagé en île de France, il conduit « moins que lorsque j’habitais dans la banlieue de Tours », il serait triste de ne plus bénéficier des « recommandations et des playlists des stations musicales. » « Contrairement à mes playlists sur Spotify, elles me permettent de découvrir des sons que je n’écouterai pas forcément par moi-même et je trouve ça agréable de se laisser porter par les choix des autres. »
Fabrice est surpris que les constructeurs automobiles souhaitent retirer ce choix. « Si la FM était une nouvelle technologie coûteuse à mettre en place sur les véhicules, je comprendrais qu’ils se dirigent vers d’autres alternatives mais mes parents et mes grands-parents écoutaient déjà la radio dans leur voiture ». Yann Duvert, journaliste spécialisé de l’industrie automobile pour le journal Les Echos explique que les constructeurs sont réticents à appliquer « des réglementations qui augmentent leurs coûts » et de perdre des précieux « millimètres ». Car si les constructeurs sont tentés de se débarrasser de la FM, c’est car elle est moins universelle que le streaming audio. Chaque autoradio hertzien possède des caractéristiques techniques propre à chaque zone géographique. Un logiciel comme Spotify, qu’il soit installé dans une voiture allemande ou américaine, sera le même.
« Je ne comprends pas très bien où est le problème », réagit Joel, commerçant de 45 ans, interrogé sur la disparation potentielle de la radio hertzienne dans sa voiture. « Je peux écouter les mêmes émissions en podcast ou en écoutant la radio donc pour moi ça ne change pas grand-chose », résume-t-il. Pour les différentes radios en revanche, cette question les taraude forcément puisque 90% des automobilistes écoutent la radio en voiture. Se séparer d’un tel bassin de potentiels auditeurs correspondrait à une baisse drastique du nombre de leurs auditeurs. Est-ce que l’appel des radios sera entendu par les pouvoirs publics ? Bruxelles et Paris s’interrogent, respectueusement à l’échelle européenne et nationale, pour décider si l’installation de postes de radio hertzienne vont être obligatoires dans les voitures neuves.



