Législatives 2022 : quelle droite pour la 13 ème circonscription des Hauts-de-Seine ?

Du 12 au 19 juin 2022 auront lieu les élections législatives. Dans la 13ème circonscriptions des Hauts-de-Seine (Antony, Sceaux, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry) le prochain scrutin porte surtout la question de l’identité et du poids de la droite dans la circonscription. Par Zino Tissier et Perla Msika.

« C’était un bon maire, il a permis de garder l’esprit village à Antony  » exprime Isabelle, 57 ans et antonienne depuis 24 ans, au sujet de Patrick Devedjian. Dans ce bastion de droite depuis 1988, c’est l’héritage de ce dernier (1944-2020) qui fait autorité. Maire d’Antony pendant près de 18 ans, il fut aussi député de la treizième circonscription des Hauts-de-Seine (92) de 1986 à 2017, d’abord sous l’étiquette du Rassemblement pour la République (RPR), puis sous les couleurs de l’Union du mouvement populaire (UMP), aujourd’hui Les Républicains ( LR )

En 2017, c’est l’une de ses héritières, Frédérique Dumas, qui récupère la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, mais sous l’étiquette de la majorité La République en Marche – aujourd’hui Ensemble. Un revirement pour la circonscription alors que la député sortante, ancienne des Républicains, a été adjointe au maire sous Devedjian.

Aujourd’hui sous le drapeau Libertés et territoires (LT), Frédérique Dumas fait pourtant, le choix de ne pas se représenter. Une décision, somme toute logique, pour Numa Isnard, candidat LR dans la circonscription : « Le but n’est pas de faire son procès, loin de là. Mais le fait qu’elle ne se représente pas montre bien, d’ailleurs, que c’est pas une fonction qui l’intéressait. Elle n’a pas montré d’intérêt très fort pour le terrain.» Plus qu’une question de compétences, la présente élection doit, non seulement couronner l’hériter de la droite, mais aussi définir l’identité de celle-ci dans la circonscription.

Une droite militante et en quête de renouvellement

Avec comme porte étendard, Numa Isnard, le parti Les Républicains souhaite de nouveau prendre la tête de cette 13ème circonscription. Au cœur de sa stratégie de campagne, la revendication d’une identité militante mêlée à la proximité d’un candidat issu de la société civile : « La politique ce n’est pas mon métier. Je suis avocat, mais également conseiller municipal à la mairie de Sceaux. Et à côté de cela il y a un engagement militant fort, je suis délégué jeune républicain pour la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, je travaille avec Véronique Bergerol qui est d’ailleurs ma suppléante. Ma candidature est dans cette logique là, c’est une candidature militante. »

https://twitter.com/numaisnard/status/1523634049696550912?cxt=HHwWgMDSvY_GhKUqAAAA

Au-delà du militantisme, le candidat LR doit faire face à une rupture de la droite dans cette circonscription. Numa Isnard devra notamment affronter le maire de Sceaux, Philippe Laurent (UDI). Un adversaire qu’il ne semble pas craindre : « Le candidat centriste – car je ne vois pas beaucoup la mention UDI sur ses tracts –  a commencé sa campagne avec la notion de  » majorité utile. »  Il a fait le choix de se rallier à des forces en présence et de la jouer stratégique. Je pense que c’est une façon de faire de la politique que les gens rejettent », faisant référence à la majorité présidentielle portée par Maud Bregeon (Ensemble.) 

Avec Maud Bregeon et Philippe Laurent, Numa Isnard est l’un des trois candidats qui peut potentiellement incarner l’héritage de droite républicaine au sein de la circonscription.  Mais le candidat de 35 ans, a conscience que l’histoire ne fait pas tout : « On ne peut pas arriver avec un héritage gaulliste et arriver en disant « nous sommes les seuls candidats légitimes«  ça serait effectivement un peu osé. Ça ne vaudrait pas grand-chose. La tradition gaulliste de la circonscription est un fait, mais on ne peut pas bâtir une reconquête de celle-ci simplement sur cela. » Surtout après l’échec des Républicains aux dernières élections présidentielles.

À Antony, plus grande ville de la circonscription, plusieurs habitants voient d’ailleurs les législatives comme le strict prolongement de leur vote à la présidentielle. «  Pour moi qui me sens  bien à Antony, les législatives incarnent plutôt le prolongement locale de l’élection présidentielle et nationale » confie Valérie Richard, 50 ans. Une position qui ne présage rien de bon pour LR, où la candidate Valérie Pécresse avait obtenu 8,55 % des voix contre 37,29 % pour Emmanuel Macron.

Maintenir la majorité dans la 13ème circonscription

Si Frédérique Dumas ne se représente pas, ses multiples aller-retours entre le parti de la majorité et ceux de la droite historique, font de la nouvelle candidate d’Ensemble, Maud Brégeon, la possible repreneuse, d’un héritage politique local aujourd’hui troublé. Le premier tour des législatives devrait, en effet, servir de curseur à l’identité politique de la circonscription. Pour plusieurs habitants, l’élection de Frédérique Dumas a témoigné d’une position politique moins ancrée à droite. C’est ce que juge  Janine, 72 ans et habitante d’Antony depuis près de 50 ans : « J’ai l’impression qu’on s’approche surtout du parti de la majorité. Ce n’est plus le fief de la droite républicaine d’autrefois » estime celle qui a voté « écolo » aux législatives de 2017.

Maud Brégeon, ingénieure dans le nucléaire et marcheuse de la première heure, s’est engagée depuis longtemps aux cotés du président Emmanuel Macron, elle a fait plusieurs apparitions lors des dernières élections notamment sur les listes des élections sénatoriales de 2017, mais également aux municipales face à Patrick Balkany à Levallois-Perret (92). Elle est, depuis les dernières présidentielles, porte parole de Renaissance, nouveau nom de la majorité. Un parti qui couve la candidate, avec de multiples soutiens  tels que ceux des ministres Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou encore Eric Dupont-Moretti. Quitte ou double, ces soutiens peuvent desservir Maud Bregeon, qui pour se faire une place dans l’identité politique de la circonscription, doit choisir qui sont ses principaux adversaires : la droite historique ou l’union de la gauche incarnée par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES).

https://twitter.com/MaudBregeon/status/1522941167138136070?cxt=HHwWjICzkYa7yaIqAAAA

La gauche en position d’« outsider » autour de la NUPES

Portée par un projet de cohabitation, la NUPES compte, quant à elle, sur sa position « d’outsider » pour équilibrer la balance politique. Représentée dans la 13ème circonscription par Brice Gaillard, elle souhaite mettre en avant l’unité de la gauche. Issu du Parti socialiste (PS), il porte son projet fondé sur trois enjeux ; « l’urgence démocratique autour de la question de la VIème République et du renforcement des pouvoirs du Parlement, le vent social avec l’augmentation des salaires et la fixation des prix des produits de première nécessité et des logements et enfin l’urgence environnementale avec l’interdiction des pesticides » explique-t-il. Brice Gaillard compte sur le succès du parti La France Insoumise aux dernières présidentielles (21,95%) pour présager de la victoire dans la circonscription.

Si la forte présence de la droite peut déstabiliser cette alliance de la gauche, Brice Gaillard a d’ailleurs rappelé que  « le bloc de gauche réalise toujours de bons score lors des élections » faisant référence aux élections départementales à Bourg-la-Reine (55,83 % pour le binôme Union à gauche). Il suppose que « la balance peut pencher », car « beaucoup de gens viennent de quartiers populaires et sont en souffrance ». En 2019, seul 9,1 % de la population de la circonscription a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté – contre 14,5 % en France métropolitaine ( source INSEE ) Pas sûr que la candidat de la NUPES trouve donc les voix sensibles à son programme.

 

 

Nathalie Loiseau juge François-Xavier Bellamy « très très à droite »

Nathalie Loiseau fustige le rapprochement entre LR et Viktor Orban. / Crédits : Georges Schneider – Flickr

Au lendemain d’un échange avec François-Xavier Bellamy (LR), la tête de liste LREM Nathalie Loiseau a critiqué le positionnement « très très très à droite » du candidat Les Républicains. L’ancienne ministre des Affaires européennes dénonce le rapprochement de la droite française avec Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Nathalie Loiseau estime que ce dernier organise un régime autoritaire contraire aux valeurs de l’Union européenne.

Alexandre Cool

Présidence des Républicains, une élection sans suspense ?

Quatre candidats ont finalement déposé leurs parrainages pour postuler à l’élection de la présidence des Républicains. Mais rien ne semble faire obstacle à la victoire de Laurent Wauquiez.

Laurent Wauquiez. AFP (c) Joel Saget
Laurent Wauquiez. AFP (c) Joel Saget

Il aura de la concurrence. Ce mercredi 10 octobre, Florence Portelli maire de Taverny (Val d’Oise), Maël de Calan (conseiller départemental du Finistère) et Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, sont venus comme Laurent Wauquiez, déposer leurs parrainages à la Haute Autorité du parti. Tous affirment avoir rassemblés les signatures de 2 347 adhérents et de 13 parlementaires nécessaires pour être candidats à la présidence. L’élection aura lieu les 10 et 17 décembre, lors du congrès des Républicains.

La présence de challengers va-t-il compliquer la tâche du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes? Rien n’est moins sûr. Laurent Wauquiez, ancien ministre de Nicolas Sarkozy bénéficie d’une plus grande notoriété que les autres candidats. « Il a aujourd’hui une assise. Il bénéficie du soutien du plus grand nombre de militants« , explique Jean-Daniel Lévy à CelsaLab, président du département politique et opinion de Harris Interactive. »Les électeurs de droite souhaitent voir à la tête du parti une forte personnalité et il incarne cela« , ajoute-t-il.

Une proximité avec les sympathisants de droite qu’il doit notamment à ses idées. Selon Thierry Mariani, soutien de Laurent Wauquiez, l’ambassadeur de la droite dure est proche « de ce que pensent le plus grand nombre d’adhérents Les Républicains (LR). Ils pensent que la droite n’a jamais été assez à droite. Étant le seul sur ce créneau-là, c’est lui qui a le plus de chance de gagner« , juge Thierry Mariani à CelsaLab.

Le seul à avoir l’envergure du chef

Contrairement aux autres candidats, Laurent Wauquiez bénéficie également du soutien de nombreux poids lourds des Républicains. Parmi lesquels Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, Eric Woerth, qui a été ministre de l’Economie, Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et Virginie Calmels, adjointe à la mairie de Bordeaux auprès d’Alain Juppé. « Cela renforce l’idée que c’est gagné d’avance« , estime Jean-Daniel Lévy.

En l’absence de concurrents ou encore d’une participation suffisante au scrutin, l’élection de Laurent Wauquiez pourrait sembler illégitime. Afin de crédibiliser cette élection, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes appelait fin septembre les adhérents et les parlementaires à parrainer d’autres candidats. « On a besoin qu’il y ait plusieurs candidats« , déclarait-il dans son discours lors de la fête de la Violette. Au public, à l’intérieur duquel se trouvait Daniel Fasquelle, il a ajouté : « Daniel mène une campagne respectueuse […] alors n’ayez pas de soucis, vous pouvez aussi parrainer Daniel et vous pouvez aussi me parrainer« .

L’honneur est sauf car Laurent Wauquiez n’est pas seul. Et pour Thierry Mariani, il n’est pas question de faire un procès en illégitimité car les personnes susceptibles de battre l’ancien ministre comme « les Valérie Pécresse, Xavier Bertrand n’ont pas voulu participer. Quand vous refusez de rentrer sur le terrain pour jouer un match vous ne pouvez pas dire que le match n’est pas bon« , martèle-t-il.

Un passage obligé pour Laurent Wauquiez

Cette élection serait donc jouée d’avance. Mais elle reste indispensable aux yeux des observateurs. « Laurent Wauquiez ne pouvait pas faire autrement« , juge Jean-Daniel Lévy. « Cela permet d’institutionnaliser un candidat, de choisir un chef« . Aux yeux de Thierry Mariani, le scrutin sera également le moyen de clarifier la ligne du parti : « Maël de Calan représente la ligne Juppé, à l’issue du vote on verra à mon avis qu’il ne pèse pas lourd au sein des Républicains« .

Elisa Centis

7e circonscription des Hauts de Seine : la bataille fait rage sur le terrain

A deux semaines du premier tour des élections législatives, tous les candidats sont en ordre de marche. Dans la septième circonscription des Hauts de Seine la droite compte sur son ancrage politique pour résister à la vague des marcheurs.

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Les Républicains s’installent sur le marché de Rueil-Malmaison.

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