Inde – Pakistan : Un an après l’opération Sindoor, l’Inde affiche sa fermeté face au Pakistan et prépare un test de missile

Le Premier ministre indien Narendra Modi a affirmé jeudi que l’Inde demeurait « plus déterminée que jamais » à combattre le terrorisme, un an après la confrontation militaire avec le Pakistan déclenchée par l’attentat de Pahalgam. New Delhi se prépare également à tester un nouveau missile balistique Agni de longue portée.

Le 22 avril 2025, un commando armé a tué 26 personnes dans la station touristique de Pahalgam, au Cachemire indien. Les victimes étaient toutes des hommes et, à une exception près, de confession hindoue. L’Inde avait immédiatement accusé le Pakistan d’être impliqué dans l’attaque et lancé, quelques jours plus tard, l’« opération Sindoor », du nom de la poudre rouge portée par les femmes hindoues mariées. Dans la nuit du 6 au 7 mai 2025, New Delhi avait frappé des camps pakistanais du groupe jihadiste qu’elle tenait pour responsable de l’attentat, provoquant la pire escalade militaire entre les deux puissances nucléaires depuis près de vingt ans.

Les affrontements avaient fait plus de 70 morts dans les deux camps avant l’annonce d’un cessez-le-feu, le 10 mai, par le président américain Donald Trump. Jeudi, Narendra Modi a salué « la bravoure » de l’armée indienne et assuré que son pays restait résolu à « détruire l’écosystème » du terrorisme. Dans ce contexte de tensions persistantes, le Times of India a rapporté que New Delhi préparait un tir d’essai du missile balistique Agni-6, capable, selon le BJP, d’atteindre une portée de 10 000 kilomètres et d’emporter plusieurs ogives nucléaires. Un message d’alerte aérienne (NOTAM) a été émis au-dessus du golfe du Bengale en prévision du test.

Salomé Ferté 


Ukraine – Russie : Des drones russes s’écrasent en Lettonie, Moscou évoque une attaque massive ukrainienne

Deux drones venus de Russie ont chuté en Lettonie dans la nuit de mercredi à jeudi, dont l’un sur un site pétrolier. Au même moment, la Russie affirme avoir détruit 347 drones ukrainiens sur son territoire.

La Lettonie a annoncé jeudi que deux drones en provenance de Russie s’étaient écrasés sur son territoire après avoir pénétré son espace aérien. L’un des appareils a touché un site de stockage pétrolier à Rezekne, dans l’est du pays, provoquant un incendie rapidement maîtrisé par les secours. Les autorités ont demandé aux habitants de rester confinés le temps des opérations, avant que l’armée ne déclare la fin de la menace aérienne dans la matinée.

Dans le même temps, la Russie affirme avoir intercepté 347 drones ukrainiens dans une vingtaine de régions, dont celle de Moscou. Selon les autorités russes, une femme a été tuée dans la région frontalière de Belgorod et plusieurs personnes blessées à Briansk. Cette nouvelle escalade intervient alors que Moscou a annoncé un cessez-le-feu unilatéral pour les célébrations de la victoire soviétique de 1945, tandis que Kiev accuse la Russie de poursuivre ses frappes malgré les appels à la trêve.

Salomé Ferté

 

La Norvège monte les taux, pionnière en Europe dans un contexte géopolitique tendu

Jeudi, la Banque de Norvège a relevé son taux directeur à 4,25%, devenant ainsi la première banque centrale européenne à durcir sa politique monétaire depuis l’embrasement du Moyen-Orient. Une décision due à une inflation tenace, malgré la richesse du pays.

En relevant son taux directeur de 0,25 point, la Banque de Norvège franchit un cap que nul autre établissement central européen n’avait osé franchir depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. La gouverneure Ida Wolden Bache a justifié ce choix sans détour : « La hausse des prix est trop élevée et se situe au-dessus de l’objectif depuis plusieurs années. » En mars, l’inflation sous-jacente atteignait encore 3,0%, soit un point au-dessus de la cible officielle de 2%.

La banque centrale ne cache pas les incertitudes qui entourent cette décision. Elle pointe la « grande incertitude » que le conflit régional fait peser sur les marchés, avertissant que la hausse des prix de l’énergie pourrait encore alimenter l’inflation. Depuis les frappes contre l’Iran fin février et le blocage du détroit d’Ormuz, les cours du brut avaient fortement progressé avant de refluer sous les 100 dollars.

Marie Billat

 

Présidentielle 2027: pourquoi l’hypothèse d’une candidature unique de la gauche patine

Face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et aux divisions du Parti socialiste, l’idée d’une primaire de la gauche peine à se concrétiser. Pourtant, ses partisans continuent de défendre le processus unitaire, convaincus qu’il reste le seul chemin possible vers une victoire en 2027.
Manuel Bompard, Marine Tonnelier, Lucie Castets, Olivier Faure et Fabien Roussel à Paris, le 23 août 2024 (de gauche à droite). Libre de droit

L’union de la gauche n’est-elle plus qu’un lointain souvenir ? Les principaux cadres de la gauche favorables à une primaire ont de nouveau plaidé pour une candidature unique lors d’un meeting organisé à La Bellevilloise, à Paris, mardi 5 mai. Sur scène figuraient notamment la patronne des Écologistes Marine Tondelier, Lucie Castets, François Ruffin, Benjamin Lucas et Clémentine Autain.

Cette dernière a dressé un constat sévère : « On ne va pas se raconter d’histoires : la primaire a du plomb dans l’aile », a-t-elle déploré, selon Le Monde. Pourtant, ses défenseurs considèrent que seul le rassemblement peut permettre à la gauche de se qualifier au second tour : « S’il n’y a pas cette dynamique unitaire commune, on n’aura pas la force nécessaire pour battre le Rassemblement national », estime Danielle Simonnet, députée L’Après de Paris, auprès du CelsaLab.

La dynamique unitaire fragilisée

L’idée d’un « front populaire » en vue de la prochaine élection présidentielle apparaît aujourd’hui fragilisée. Dernier épisode en date : la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), dimanche 3 mai sur TF1. « Nous, c’est carré : une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il affirmé, semblant railler la dispersion des candidatures à gauche hors LFI. Moins de 24 heures après cette annonce, l’ancien socialiste a recueilli plus de 150 000 signatures en soutien à sa candidature via une plateforme participative.

À ces tensions s’ajoutent les divisions du Parti socialiste. Le premier secrétaire Olivier Faure fait face à une opposition interne hostile à l’idée d’une primaire, certains préférant que le parti désigne son propre candidat. Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, plaide ainsi pour une candidature issue du PS. Dans l’espace social-démocrate, Raphaël Glucksmann, François Hollande et l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve affichent également leurs ambitions, tandis que le député Jérôme Guedj a déjà annoncé sa candidature en février dernier sur France Inter.

La primaire plébiscitée par une majorité des électeurs

Selon une enquête Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs publiée en avril par Le Monde, 80 % des sympathisants de gauche hors LFI se disent favorables à une primaire sans les insoumis.

Pour l’heure, le scénario d’une gauche divisée au premier tour de la présidentielle se dessine, au risque de la priver d’un second tour pour la troisième fois consécutive. Dans La Dépêche, le politologue Rémi Lefebvre se montre prudent : « Si se profile le risque d’une débâcle de la gauche, la société civile et les intellectuels peuvent se mobiliser pour exiger des partis politiques une primaire. »

Rayan Saibi