Eurovision : les Pays-Bas reprennent leur participation avec un nouveau diffuseur

Les Pays-Bas avaient annoncé ne pas participer à la prochaine édition de l’Eurovision, estimant que le concours ne pouvait « plus être considéré comme neutre » en raison des divisions suscitées par la guerre à Gaza. Un autre diffuseur néerlandais va prendre le relais.

Les Pays-Bas vont reprendre leur participation à l’Eurovision avec un nouveau diffuseur. Crédit photo : MrSilesian

Les Pays-Bas participeront finalement à l’Eurovision l’année prochaine, a annoncé mercredi la chaîne publique qui diffusera le télé-crochet, prenant ainsi le relais du précédent diffuseur qui s’était retiré en août.

« La chaîne publique néerlandaise participera à nouveau au Concours Eurovision de la chanson à partir de 2027 avec un candidat néerlandais. Une équipe indépendante d’experts encadrera avec soin le processus lié à la sélection de l’artiste », a déclaré la chaîne publique nationale NPO. Et cette dernière de poursuivre : « L’UER (Union européenne de radio-télévision, qui organise l’Eurovision) a depuis pris des mesures importantes concernant le règlement du Concours Eurovision de la chanson. »

Des polémiques sur fond de guerre à Gaza

En août, le diffuseur Avotros, qui sélectionnait le candidat néerlandais et diffusait l’émission depuis plusieurs années, avait annoncé son retrait du concours, estimant que l’Eurovision ne pouvait « plus être considéré comme neutre » en raison des divisions suscitées par la situation à Gaza.

Le concours a récemment été secoué par une vague de boycotts liés à la participation d’Israël. Cet été, les organisateurs ont annoncé qu’un pays impliqué dans un conflit ne pourrait désormais plus organiser le concours. La prochaine édition aura lieu le 15 mai à Bourgas, ville bulgare située sur la mer Noire.

Le parcours PMA de Marine Tondelier : entre communication et espoir politique

 

Sur Instagram, Marine Tondelier, candidate Écologiste à la présidentielle a annoncé la naissance de son deuxième enfant, mardi matin. Une grossesse communiquée tout du long, notamment par le prisme des questions d’infertilité et de PMA. En partageant son expérience intime, la Verte permet-elle de donner plus de souffle à ce combat politique ? 

 

Marine Tondelier avait assisté à la réunion des chefs de partis organisée par Emmanuel Macron, le vendredi 17 septembre, jour de son accouchement.

Marine Tondelier, secrétaire générale des Écologistes, a annoncé, sur son compte Instagram, avoir donné naissance à son deuxième fils, Léon. Candidate à la présidentielle, la Verte avait annoncé sa grossesse en mars dernier, dans une interview donnée à Elle. Elle avait ensuite écumé les plateaux pour parler de son parcours : celui de l’infertilité, des complications auxquelles se confrontent les femmes et les couples pour avoir un enfant. 

Il y a de quoi mettre en avant sa grossesse : une femme, candidate à la présidentielle, en campagne avec un nourrisson, c’est du jamais vu dans le paysage français. La Verte a d’ailleurs continué dans sa lancée, en abordant à plusieurs reprises quelques détails de son parcours PMA infructueux, notamment dans le podcast ICI « Gamètes », en juin 2026. Elle y confie s’être rendue en Belgique « dans mon parcours PMA, pour faire un DPI-A », un test de qualité embryonnaire « coûteux » et dont l’accès est limité en France.

Avec ces mots, la figure de proue du parti met en avant la réalité de nombreuses femmes, celle de l’infertilité, qui concerne « un couple sur cinq en France », chiffre-t-elle dans son message de naissance, sur Instagram. Elle y ajoute que l’infertilité et le parcours PMA sont des sujets « politiques et tous les candidats devraient s’en saisir ».

Remettre la PMA sur la table

Pour les concernées, la loi de 2021, dernier grand débat national sur la question, est « une belle avancée », félicite Marion Boucard, fondatrice de l’association Les Joyeuses Mères, destinées à accompagner les femmes seules qui entreprennent un parcours PMA. La loi de bioéthique d’il y a cinq ans avait ouvert le processus aux couples de femmes et aux femmes célibataires, « un changement sociétal super », renchérit la présidente de l’association. Mais depuis, la PMA est repartie au placard dans les rangs de l’Assemblée.

Pourtant, des revendications, il en reste : Marion Boucard insiste, le combat n’est pas fini, et doit passer par le politique. En jeu, les congés parentaux doublés aussi pour les femmes seules ayant recours à la PMA, des choses promises par la loi qui « dans les faits ne suivent pas », ou encore des manques d’accompagnements ressentis par les femmes concernées. Mais la réalité ne suit pas l’enjeu des revendications : « la PMA est un sujet complétement invisibilisé et pourtant éminemment politique », estime Marion Boucard. 

Alors pour cette dernière, quand Marine Tondelier s’empare du sujet, c’est « un véritable espoir de représentation sur la scène politique », qui pourrait notamment aider à la concrétisation d’un combat majeur, celui de la prochaine loi bioéthique, « attendue par énormément de femmes épuisées par leur parcours PMA ». Celle-ci consiste en l’autorisation des DPI-A, le test que la candidate à la présidentielle avait dû effectuer en Belgique. 

L’intime en politique à double-tranchant

Porter un combat politique semble plus percutant quand l’on est concerné. La députée de L’Après, Danielle Simonnet, voit dans la présence de l’intime en politique une « manière géniale de rendre un propos plus compréhensible, concret et cela permet aux gens de se projeter dans des émotions, qui vont permettre d’accéder au message politique ».

Elle l’illustre avec une actualité brûlante, celle de la commission sur la loi intégrale. Son expertise en tant que psychologue scolaire de formation lui a permis de témoigner du manque d’effectifs, des témoignages des élèves. Elle analyse que sa conclusion s’en est trouvée « beaucoup plus percutante parce qu’incarnée par mon engagement professionnel, bien plus efficace que si j’avais froidement évoqué le problème ». 

L’ex-Insoumise insiste : « c’est vrai, l’intime est politique, mais il faut impérativement  le développer en un combat. Si on expose simplement son expérience, ce n’est que du people ». Pour la députée, la candidate à la présidentielle peut se faire figure de proue d’un combat politique, si et seulement si « elle l’aborde en montrant la réalité des délais d’une PMA dans le public, qui souvent sont tellement dingues que beaucoup de femmes ne pourront plus y accéder quand ça sera leur tour, et vont passer par le privé, qui coûte extrêmement cher ». Si la candidate Écologiste ne s’est encore jamais prononcée sur l’ensemble des réalités de la PMA, elle a émis un symbole politique manifestement fort pour les femmes concernées, en partageant son histoire.

Législatives au Maroc : la jeunesse ne votera pas

Près de 16 millions d’électeurs sont appelés à venir voter aujourd’hui, mercredi 23 septembre, pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. Une élection pas vraiment attendue par la jeune génération. Entre le ras-le-bol général et une défiance institutionnelle, la « Gen Z » ne croit plus en ce mode de représentation. 

4%, c’est la part des 18-24 ans au sein du corps électoral marocain alors qu’ils représentent près de 11 % de la population en âge de voter. Les jeunes marocains, avant de parler de vote, ne s’inscrivent tout simplement pas sur les listes électorales. Selon Mohamed Amyn Nfaoui, doctorant en science politique au CNRS et spécialiste des processus électoraux au Maroc, il y a une vrai défiance envers les institutions politiques. « Il y a vraiment une rupture de confiance et une non-participation » confirme le chercheur. Il a notamment remarqué que les appels au boycott se sont multipliés :  » il y a un rejet de la campagne électorale, par exemple ils refusent de prendre les tracts, […] c’est une somme d’actes individuels. » Pour le doctorant, cette faible participation créer un cercle vicieux : « Les partis politiques n’ont aucun intérêt à faire des programmes tournés vers la jeunesse. À partir du moment où ils représentent si peu dans le corps électoral, ce n’est pas du tout la cible. »

38,4 % des 15-24 ans sont sans emploi

Cette lassitude s’explique par plusieurs facteurs, un des plus évidents est la frustration de ne jamais voir de changement. Et ce malgré les fortes mobilisation lié au mouvement Gen Z 212 de septembre et octobre 2025. Selon l’Association marocaine des droits humains, près de 650 personnes sont toujours en prison suite à ces manifestations. Elles demandaient un meilleur accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi. Ces problèmes ne semblent pas résolus. Mohamed Amyn Nfaoui précise que cette nouvelle génération est « plus diplômée que les générations précédentes, elle se retrouve avec des services publics complètement défaillants et donc se retrouve sans emploi« . Le taux de chômage atteint 38,4 % pour les 15-24 ans en 2025 selon un rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Des partis plus exécutants que décideurs

Un autre facteur important est du pouvoir relatif des partis politiques. Pour Mustapha El Mnasfi, politiste et enseignant-chercheur à l’Université Moulay Ismaïl (Maroc), les jeunes « ont conscience que les élus ne disposent pas toujours de prérogatives suffisantes pour agir sur les politiques publiques« . Le Maroc est une monarchie constitutionnelle, la royauté à donc un rôle exécutif important. « Les programmes des partis s’inscrivent dans un cadre politique plus large, marqué par les orientations de l’institution monarchique » continue l’universitaire. Cela à pour effet d’influencer la vision des jeunes de ces institutions politiques, « Cette perception contribue à renforcer la distance entre une partie des jeunes et les institutions représentatives, et notamment leur engagement dans les partis politiques. »

Un engagement d’abord numérique

Ce n’est pas pour autant que la jeunesse marocaine n’est pas politisée, elle utilise d’autres canaux et moyens d’actions. Selon Mohamed Amyn Nfaoui, « le système ne permet pas de répondre à leurs attentes ou de porter leurs contestations, ils vont se tourner vers d’autres modèles« . Pour Mustapha El Mnasfi, ces nouveaux moyens sont surtout numériques : « Les jeunes investissent davantage les réseaux sociaux, où ils expriment leurs opinions, débattent et se mobilisent« . Toujours selon lui, cette nouvelle façon de faire passe aussi beaucoup par « les mobilisations ponctuelles« , à l’image des manifestations du mouvement Gen Z 212.

À 12 H, le ministère de l’Intérieur indiquait que le taux de participation s’élevait à 11.34 %. C’était 12% lors des précédentes élections de 2021. Les résultats provisoires seront connu le jeudi 24 septembre.

Simon Briand

Les Français pessimistes : nouvelles préoccupations électorales

À quelques mois de la présidentielle de 2027, l’avenir s’impose comme une importante préoccupation électorale. Climat, pouvoir d’achat, santé, éducation ou encore insécurité : près de neuf Français sur dix se disent pessimistes pour les générations futures. Mais cette inquiétude massive traverse-t-elle tous les camps politiques de la même manière ?
Près de neuf Français sur dix se disent pessimistes pour l’avenir de leurs enfants, selon une enquête ICI avec Odoxa.©Pixabay

Le chiffre interpelle. Selon une enquête ICI avec Odoxa publiée le 23 septembre, 86 % des Français se disent pessimistes pour l’avenir de leurs enfants. Une inquiétude qui ne semble épargner aucune catégorie de la population : elle concerne aussi bien les employés et ouvriers (89 %) que les cadres (86 %), les moins de 35 ans (87 %) que les plus de 65 ans (82 %). Près de neuf Français sur dix déclarent également que l’avenir de leurs enfants pèsera dans leur choix lors de la prochaine présidentielle.

Face à ce constat, une question se pose : ce pessimisme peut-il être associé à une couleur politique ? Pour Hugo Lasserre, chef de projet à l’Ifop, le phénomène est avant tout transversal. « Quand vous êtes à 80 à 90 % de pessimisme, il est entre 80 et 90 % peu importe la sensibilité politique », explique-t-il. Même si certaines catégories apparaissent légèrement moins pessimistes, « le pessimisme reste massif partout ».

Des inquiétudes communes, des priorités différentes

Derrière le mot « pessimisme » se cachent en réalité des préoccupations très différentes. La santé arrive en tête des inquiétudes mesurées par l’Ifop (août 2026), notamment en raison de la perception d’une dégradation de l’hôpital, des déserts médicaux et de la prise en charge de la dépendance. Ces préoccupations, souligne Hugo Lasserre, « touchent tout le monde », sans véritable clivage politique.

Le pouvoir d’achat, la hausse des prix, l’inflation et le logement constituent également des sources majeures d’inquiétude. Là encore, les sensibilités politiques se retrouvent largement concernées, même si les niveaux diffèrent selon les catégories sociales. L’éducation arrive ensuite parmi les principales préoccupations. Les difficultés du système scolaire inquiètent 54 % des personnes interrogées dans l’enquête ICI-Odoxa.

C’est toutefois sur certains sujets que les différences politiques deviennent plus visibles. Le climat en est un exemple. Le dérèglement climatique constitue la première source d’inquiétude pour l’avenir, cité par 68 % des Français et par 77 % des moins de 35 ans. Pour Hugo Lasserre, cette préoccupation s’est fortement renforcée après les épisodes de canicule et les incendies de l’été. Mais elle est aussi « fortement polarisée » : davantage portée à gauche, elle ne mobilise pas les différents électorats avec la même intensité.

À droite, d’autres inquiétudes prennent davantage de place. L’immigration, par exemple, constitue une préoccupation pour environ un Français sur deux dans les données citées par l’Ifop, avec une importance particulièrement forte chez les électeurs de la droite radicale. La sécurité et la lutte contre le narcotrafic font également partie des thèmes susceptibles de structurer les inquiétudes électorales.

Un pessimisme à tempérer

Pour le politologue Min Reuchamps, il faut toutefois se méfier d’une lecture trop directe entre pessimisme et choix électoral. Il rappelle d’abord une limite méthodologique importante concernant l’enquête ICI-Odoxa : plus de 14 000 Français ont répondu en ligne, mais il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif classique. « On ne sait pas dans quelle mesure cet échantillon est statistiquement représentatif », souligne-t-il.

Surtout, le pessimisme en lui-même reste une variable difficile à mesurer politiquement. « Le pessimisme en tant que tel, c’est pas nécessairement une variable qui était travaillée », explique le politologue. Les chercheurs s’intéressent davantage à la désaffection politique, c’est-à-dire au sentiment d’être éloigné de la décision publique.

Cette désaffection peut avoir plusieurs conséquences. Certains électeurs peuvent se tourner vers des partis qui se présentent comme extérieurs au pouvoir, tandis que d’autres peuvent tout simplement renoncer à voter. « Si on va voter, on aura tendance à voter pour des partis qui sont vus comme anti-système », précise Min Reuchamps. Mais le sentiment inverse existe également : face à des enjeux jugés suffisamment importants, certains électeurs peuvent au contraire décider de participer davantage.

Le lien entre pessimisme et vote serait donc moins mécanique qu’il n’y paraît. « Ce qu’on sait » en sciences politiques, explique le chercheur, c’est notamment l’importance des enjeux. Un électeur préoccupé par le climat, l’éducation ou l’insécurité peut accorder davantage d’importance aux candidats qui placent ces sujets au cœur de leur programme. Mais chaque candidat se positionnant sur de nombreux thèmes, il devient difficile d’isoler une seule motivation.

« L’avenir au cœur de la présidentielle »

À l’approche de 2027, le pessimisme pourrait donc moins constituer un vote en soi qu’un terrain commun sur lequel les candidats chercheront à imposer leurs réponses. L’enquête Odoxa estime déjà que « l’angoisse généralisée fera de l’avenir de nos enfants un enjeu majeur de la présidentielle ».

Près de neuf Français sur dix déclarent que cet avenir comptera dans leur vote, dont 66 % affirment que cela comptera « beaucoup ».

Pour Hugo Lasserre, le véritable enjeu sera ainsi la manière dont chaque camp politique parviendra à répondre aux différentes inquiétudes. « On a plein de pessimistes » et les réponses peuvent varier selon les sensibilités, résume-t-il.

Le pessimisme français n’a donc pas une couleur politique unique. Il traverse les électorats, mais se décline différemment selon les préoccupations et les milieux sociaux. À l’approche de 2027, le débat pourrait ainsi moins porter sur l’existence du pessimisme que sur une question plus concrète : quelle réponse politique apporter à la peur de l’avenir ?

 

Salomé Ferté