Hommage national aux deux militaires morts au Burkina Faso

Un hommage national a été rendu ce mardi matin aux deux militaires Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello dans la Cour d’Honneur des Invalides. Les deux hommes, membres du commando Hubert, ont été tués lors d’une opération qui a permis la libération de quatre otages, dont deux Français, au nord du Burkina Faso.
Les trois corps de l’armées étaient présents pour rendre hommage aux deux militaires. / Crédits : Ecole Polytechnique

Avant l’entrée du cortège dans l’enceinte des Invalides, entre applaudissements et fredonnements de la Marseillaise, des centaines d’anonymes se sont retrouvés ce matin pour rendre hommage aux deux « héros » sur le Pont Alexandre III lors du passage des cercueils de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

 

Dans la Cour d’Honneur des Invalides, des milliers d’invités étaient réunis dans un silence solennel. Tous les membres du gouvernement ainsi que des représentants de toutes les classes politiques étaient rassemblés pour soutenir les familles des deux militaires morts au combat.

Avant de faire son allocution, Emmanuel Macron qui présidait la cérémonie également en tant que chef des armées, s’est entretenu longuement avec les familles, en larmes, des deux militaires.

 

Les membres,  au visage couvert pour conserver leur anonymat, du commando marine Hubert dont faisaient partis les deux militaires, ont unis les cercueils par une corde. La « sangle de vie », utilisée par les commandos marins relie les nageurs de combat et leur permet de mieux résister face aux courants contraires.

 « Ils sont morts en héros »

Dans son discours, Emmanuel Macron est revenu sur les conditions de l’opération qui a mené à la mort de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, une mission « difficile » mais « nécessaire« . Il a ensuite rappelé que la lutte « contre le terrorisme, au Sahel, au Levant et sur notre territoire » n’était pas terminée en évoquant Sophie Pétronin, une travailleuse humanitaire française, retenue au Mali depuis trois ans.

Emmanuel Macron a salué la « bravoure inouïe » dont avaient fait preuve les deux soldats « morts parce que pour eux, rien n’était plus important que la vie des otages« .

 

En s’adressant directement à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, le Président a souhaité revenir sur ce qu’un engagement envers la France pouvait représenter pour les militaires. « La mort ne vous faisait pas peur parce que vous aviez ancré en vous, dans le mystère insondable de vos âmes, la volonté de servir les autres au prix de votre propre vie« .

A la fin de son discours et avant une minute de silence et le retentissement de la Marseillaise, Emmanuel Macron a élevé Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello au rang de Chevalier de la Légion d’honneur.

Les membres du commando Hubert sont revenus pour emporter leurs frères d’armes suivis par les familles des deux militaires. Au passage des cercueils, tous les corps d’armées présents se sont unis pour chanter la chanson militaire « Loin de chez nous en Afrique ».

 

Les obsèques privées de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello se dérouleront dans la semaine dans le Morbihan et en Haute-Savoie.

Poutchie Gonzales

Le fossé se creuse entre les enseignants et leur ministre de l’Éducation

« Un réel effet de rupture de la confiance » entre les enseignants et le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blancher / Crédit : cyberien 94, Flickr

« Une rupture de la confiance » accordée au ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, c’est ce que montre le baromètre annuel de la fédération Unsa-Education publié mardi. Publié pour la 7e année consécutive, le questionnaire auquel 25 830 personnels de l’éducation ont répondu montre une chute inédite du taux de satisfaction, notamment des enseignants.

Réalisé en mars 2019, alors que commençait à monter la grogne dans les établissements scolaires sur la loi « pour une école de la confiance » actuellement discutée au Sénat et la réforme du lycée, le baromètre et ses résultats « marquent un véritable changement » selon le secrétaire général Frédéric Marchand.

Une rupture particulièrement prononcée chez les enseignants

A peine plus de 10% du personnel de l’éducation se dit « en accord avec les choix politiques », deux fois moins que lors de l’enquête de 2018. Ils ne sont que 35% à « ressentir de la reconnaissance et du respect dans leur pratique professionnelle », dix points de moins qu’il y a un an.

Même s’ils sont encore beaucoup à « aimer » leur métier (92,7%) et « heureux de l’exercer » (78,7%), les personnels ont « l’impression de ne pas être consultés, écoutés, accompagnés » selon le représentant du syndicat. La rupture est particulièrement prononcée chez les enseignants, dont seulement 6,5% se disent en accord avec les choix politiques dans leur secteur d’activité. Une des causes principales de ce mécontentement ? « Le rythme élevé des réformes », « il faut aussi à un moment arrêter de vouloir tout bouger tout le temps ».

Marine Ritchie avec l’AFP

Vatican : un colloque sur la biodiversité mobilise scientifiques et directeurs de muséums d’histoire naturelle

Les lundi 13 et mardi 14 mai, des experts scientifiques se réunissent en colloque au Vatican pour parler de la préservation de la biodiversité.
« Nous avons besoin d’un argument solide pour convaincre les gens de l’importance de la biodiversité ». / Crédits : Brad Smith Creative Commons

Entre espoir et défaitisme après un rapport choc de l’ONU, des experts étaient réunis pour un colloque sur la préservation de la biodiversité intitulé « Arche de Noé pour le XXIe siècle », organisé par l’Académie pontificale des sciences. La grand messe des scientifiques intervient une semaine après la publication d’un rapport choc de l’ONU dénonçant le déclin de la nature et de ses espèces vivantes. Environ un million d’espèces animales et végétales sont déjà menacées d’extinction, et beaucoup pourraient disparaître « dans les prochaines décennies » rapporte la publication.  Les directeurs de muséums d’histoire naturelle se sont mobilisés, bien que pessimistes.

Besoin d’un argument solide

« Nous avons besoin d’un argument solide pour convaincre les gens de l’importance de la biodiversité« , relève Peter Raven, professeur de botanique à l’université de Saint-Louis aux Etats-Unis. « Or, si on évoque par exemple l’importance cruciale des micro-organismes pour la vie sur terre, y compris humaine, les gens « perdent tout intérêt« , déplore l’expert.

« Pourtant, sans les bactéries nous ne serions rien » affirme de son côté le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Paris, Bruno David, en rappelant qu’elles sont dix fois plus nombreuses dans notre corps que les cellules humaines et qu’elles jouent un rôle indispensable, en particulier dans la digestion.

« La biodiversité c’est comme les rivets de la tour Eiffel : si vous en enlevez un, rien ne se passe, deux non plus, et ainsi de suite jusqu’à ce que la tour s’effondre, et vous ne saurez jamais lequel était le plus important« , observe M. David.

Anne-Cécile Kirry avec AFP

La e-santé pour lutter contre les addictions

La majorité des patients souffrant d’addictions ne sont pas traités et la e-santé pourrait être une solution, comme le souligne un rapport dévoilé mardi.
13 millions de fumeurs quotidiens de tabac et 700.000 de cannabis, un million d’alcoolodépendants et trois millions de buveurs problématiques en France. / Crédit : Raul Lieberwirth, Flickr

« Dans le monde entier, on considère que 20% au mieux des patients souffrant d’addictions sont traités », explique Michel Reynaud, co-auteur du rapport pour la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), à l’AFP. La e-santé et le développement de ses nouveaux outils (applis, réseaux sociaux d’entraide, téléconsultations) pourraient aider à réduire « le fossé majeur entre le nombre de personnes atteintes d’addictions et le nombre de patients traités ».

En France, les chiffres – 13 millions de fumeurs quotidiens de tabac et 700 000 de cannabis, 1 million d’alcoolodépendants et 3 millions de buveurs problématiques – sont « préoccupants » pour le spécialiste et « les recours aux soins sont trop tardifs ». D’un côté, on est dans une société qui considère souvent, pour les substances licites, « qu’il est normal de consommer, même de surconsommer ». De l’autre, le « dispositif de soins est totalement insuffisant au regard des besoins ».

Favoriser l’échange

Michel Reynaud explique que la e-santé des addictions « permet de faciliter le contact avec quelqu’un qui vous aide à y voir clair ». Dans leur rapport, les auteurs proposent un « plan » en quatre niveaux de déploiement : l’échange entre usagers et patients, puis si nécessaire, le repérage, l’orientation et la prise en charge brève pour les usagers à risque avec du « télé-conseil » voire du « télé-soin » par des professionnels ou des « patients-experts » formés. Le rapport préconise de financer des associations de patients pour accéder à la formation pour devenir patients-experts, susceptibles d’intervenir dans les prises en charge et d’accorder une « tarification incitative » pour développer les téléconsultations.

La prise en charge médicalisée se fait grâce à ces nouveaux outils et s’appuie aussi sur des services et sites déjà existants comme le « Mois sans tabac » ou « Écoute Cannabis ». Le développement de la e-santé doit nécessairement garantir la sécurité et la protection des données des patients.

Marine Ritchie avec l’AFP