Le numérique : portrait d’un usager moderne

Vivre à l'heure des nouvelles technologies ( campus de l'Ecole polytechnique)
Le 12 août 1981, le géant américain IBM lançait son premier ordinateur personnel. Dix ans plus tard, le premier site web était créé dans un laboratoire. Aujourd’hui, les trois quarts de la population française se connectent quotidiennement à Internet. Comment fonctionne l’internaute moderne ? Tour d’horizon.

Le numérique change nos modes de consommation, nos interactions avec les autres et peut même provoquer des addictions. 73% des Français sont équipés d’un Smartphone, 59% sont utilisateurs des réseaux sociaux. Les géants du web GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) pèsent aujourd’hui des milliards de dollars. La vie dans l’ère du numérique n’a rien à voir avec celle d’avant.


Source : CREDOC, Enquêtes sur les “Conditions de vie et les Aspirations”

Il participe à l’économie collaborative

L’avènement du numérique a permis, depuis quelques années, le développement d’un tout nouveau secteur de l’économie : l’économie collaborative. Il s’agit des plateformes d’échange de biens et de services entre particuliers. L’usager du numérique moderne peut aujourd’hui réserver un appartement pour ses vacances via une application, trouver un covoiturage sur un site web ou réaliser un projet grâce aux fonds récoltés sur les plateformes de financement participatif. L’application collaborative ayant connu le plus grand succès jusqu’ici : Airbnb. Fondée en 2008, elle met en relation les propriétaires de biens immobiliers et les particuliers pour des locations à court terme. Mais la belle idée de « séjourner chez l’habitant » a vite dégénéré. Dans la capitale française par exemple, nombreux propriétaires louent leurs appartements uniquement via la plateforme et, en quête de profits plus importants, refusent des contrats à long terme, contribuant à la hausse de prix de location des biens. La ville de Paris essaie de lutter contre ces pratiques. Lundi dernier, elle a mis en demeure cinq sites, dont Airbnb, proposant des locations de meublés touristiques. Ces plateformes sont obligées de retirer les annonces ne possédant pas de numéro d’enregistrement, désormais requis par la ville de Paris.

Il fait son shopping et ses démarches administratives chez soi

Le numérique a chamboulé nos modes de consommation. Le commerce en ligne permet aujourd’hui aux internautes de faire tous leurs achats à partir de chez eux. De la réservation des billets de train ou d’avion, en passant par l’achat des vêtements et en terminant par l’alimentation, tout peut s’acquérir en deux clics via les sites web spécialisés. La Fédération du e-commerce et de la vente à distance estime qu’en 2017, les Français auront dépensé 80 milliards d’euros pour leurs achats en ligne.

Source : CREDOC, Enquêtes sur les “Conditions de vie et les Aspirations”

En plus des courses, l’internaute moderne fait ses démarches administratives sur le web. Déclarer ses revenus, payer une amende, s’inscrire à l’université ou demander son acte de naissance… Les services en ligne permettent aujourd’hui de remplir toutes ces tâches administratives contraignantes sans sortir de chez soi et 67% des Français en ont déjà profité. Depuis le 6 novembre, les cartes grises, par exemple, ne s’obtiennent plus qu’en ligne. Mais ce glissement vers le numérique peut être pénalisant pour certains, notamment pour les seniors, peu à l’aise dans ces nouveaux modes de fonctionnement et ceux qui vivent en “zones blanches”: les endroits où Internet à haut débit ne passe pas.

Il est actif sur les réseaux sociaux…

Avec les réseaux sociaux les relations humaines évoluent. Aujourd’hui, rester en contact avec des personnes vivant à l’autre bout du monde est devenu une évidence. En juin dernier, l’un des grands GAFA, Facebook, a passé la barre des deux milliards d’utilisateurs actifs par mois. La plateforme est aujourd’hui un outil indispensable dans le quotidien de 33 millions de Français. Désormais, ils se tournent vers Facebook pour prendre des nouvelles de leurs proches, organiser des événements, exprimer leurs opinions politiques et même se signaler en sécurité lors des catastrophes naturelles ou des attentats.

graph internet graph internet2Mais Facebook inquiète aussi. En encourageant la communication, le site web facilite également des nouvelles formes de violence: 40% des élèves français disent avoir déjà subi le cyber-harcèlement.

La plateforme est gratuite car elle produit chaque jour des données personnelles: les mentions “j’aime”, les photos… Elle les collecte et analyse afin de vendre de la publicité et se monétiser. Les réseaux sociaux sont aussi accusés de créer chez ses utilisateurs une dépendance. Les “likes” et les commentaires que reçoivent les internautes “créent des boucles fonctionnant sur la dopamine”, a constaté lors d’un débat à la Stanford Graduate School of Business Chamath Palihapitiya, ancien vice-président en charge de la croissance de l’audience de Facebook.

…et il profite d’un droit à l’oubli qui n’est pas encore clair.

Grâce à Google, il est possible de trouver toutes sortes d’informations, même celles qui pourraient être sensibles pour certains. Le droit à l’oubli, appelé autrement “déréférencement” (la suppression de certains résultats) se trouve actuellement au coeur des débats entre la Commission nationale de l’informatique et des libertés et Google. Aujourd’hui, dans l’Union Européenne, les internautes peuvent exiger la suppression des informations nominatives s’ils sont en mesure de démontrer qu’elle sont inadéquates, excessives ou inexactes. Mais le droit à l’oubli, tel qu’il existe aujourd’hui en France, pose un problème: comment appliquer le déréférencement sur Google au niveau mondial, alors qu’il s’agit d’une mesure européenne ? Aujourd’hui, si le moteur de recherche a été forcé par une décision de justice de supprimer des liens URL concernant une personne, c’est seulement sur l’extension française de Google.fr qu’ils ne sont plus trouvables. Sur Google.com ou sur d’autres extensions, le contenu sera toujours référencé.

L’usager moderne du numérique est hyper-connecté. C’est sur les réseaux sociaux qu’il échange avec ses proches, c’est par mail qu’il communique avec son travail, c’est en ligne qu’il fait son shopping. Le numérique, l’utilisateur moderne l’a adopté totalement, en oubliant parfois ses côtés obscurs.

Malgo Nieziolek


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Levothyrox : Les effets indésirables proviennent d’un « dosage mal adapté »

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) met hors de cause la nouvelle formule du Levothyrox. Selon un rapport de l’ANSM, publié ce jeudi, les effets indésirables liés au médicament seraient liés à un « déséquilibre thyroïdien » causé par le changement de traitement, et non à la nouvelle formule elle-même.

Crédit photo : Wikimedia
Crédit photo : Wikimedia

Cette affaire ne devrait pas améliorer la confiance des Français envers l’industrie pharmaceutique. Depuis le changement de formule du Levothyrox, médicament prescrit à 3 millions de Français pour compenser le manque d’hormones thyroïdiennes, ils étaient nombreux, dès le mois de mars, période à laquelle la nouvelle version du Levothyrox a été mise en vente, à se plaindre des effets secondaires. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé plus de 14.000 signalements d’effets indésirables chez les patients. Mais aucun organisme ne les croyait. Jusqu’à la médiatisation du phénomène, en septembre dernier.

Nouvelle formule : Le mannitol et l’acide citrique ont remplacé le lactose

La polémique sur le Levothyrox a attiré l’attention sur un composant incontournable des médicaments : les excipients. Ce sont ces substances qui ont été modifiées pour la nouvelle formule commercialisée par le laboratoire Merck Serono. Le mannitol a alors remplacé le lactose, présent dans l’ancienne formule, et connu pour être mal toléré par un certain nombre de personnes. L’acide citrique anhydre a également été ajouté dans la composition de la nouvelle version du médicament. Selon l’Ansm, « l’acide citrique permet de contre-carrer les effets secondaires de la lévothyroxine ». Une formule « plus stable dans le temps », en déduit alors l’un de ses membres.

La molécule, quant à elle, n’a pas été modifiée. « La lévothyroxine, c’est une hormone de substitution. Certes, elle créée un déséquilibre hormonal, soit en hausse, soit en baisse, chez certains patients, mais elle n’est pas considérée comme néfaste », explique Ambre, docteure en pharmacie à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. « L’objectif pour le patient, comme après toute prise de médicament, c’est de réeffectuer un contrôle, un ou deux mois après la première prise, pour réajuster le dosage.  Mais en tout cas, le mannitol est censé stabiliser la molécule », poursuit-elle.

Le problème lié à la pénurie du médicament est inhérent à de nombreuses pharmacies : « Les médias ont annoncé le lundi 2 octobre que l’on allait voir le retour de l’ancien Levothyrox. Le souci, c’est que toutes les pharmacies n’en sont pas approvisionnées. Par chance, la nôtre l’est, mais nous sommes approvisionnées au compte-goutte et nous ne pouvons pas répondre à la demande des patients ». 

« Les patients avaient raison »

La nouvelle formule du Levothyrox a été créée à la demande de l’Agence nationale de la sécurité du médicament. « Nous avions reçu des signaux comme quoi il y avait des fluctuations assez importantes, chez certains patients, après la prise du médicament », explique un membre de l’Ansm, qui ne souhaite pas communiquer son nom. « Nous avons alors commandé des analyses auprès des laboratoires. Le constat est tombé : les patients avaient bel et bien raison », explique-t-il. 

Toutefois, l’agence du médicament a pris soin de mettre en place un numéro vert (0 800 97 16 53) pour informer les patients. Ce mercredi, plus de 300 000 personnes ont signé une pétition pour un retour à l’ancienne formule, considérant la nouvelle comme « dangereuse » pour eux.

Marie Lecoq

Astéroïdes qui frappent la Terre : un risque faible

Ce jeudi 12 octobre, à 7h40, l’astéroïde 2012 TC4 a frôlé la Terre. Enfin… Il est passé à 42.000 km de notre planète, ce qui, à l’échelle de l’espace, ne représente presque pas de danger. Mais existe-t-il un risque qu’un jour, une météorite atteigne la surface de la Terre ? Sommes-nous préparés ?

Crédits photo : Pixabay
Crédits photo : Pixabay

 

Vous vaquiez sûrement à vos occupations, entre petit-déjeuner et brossage de dents, quand ce jeudi 12 octobre, à 7h40, un astéroïde a frôlé la Terre. 2012 TC4, de son petit nom, qui a été découvert en 2012, n’est passé « qu’à » 42.000 km de la planète bleue. Donc, aucun risque de collision, ni avec la Terre, ni avec les satellites, mais c’est une distance suffisante pour avoir permis aux scientifiques de mener un exercice de « défense planétaire », comme l’explique Sylvain Bouley, planétologue au laboratoire GéoSciences de l’Université Paris Sud, au micro de France Culture.

Un risque faible, mais permanent

Même si le risque qu’un astéroïde s’écrase sur la surface de la Terre est très faible, il est permanent. Philippe Henarejos, rédacteur en chef du magazine Ciel et Espace, nous indique « qu’une myriade d’objets, et environ 40 tonnes de poussières cosmiques par jour se déposent sur la planète. On ne s’en rend pas compte, car à l’échelle de la Terre, c’est ridicule ». 

Lorsque la taille est supérieure, comme celle de l’astéroïde de ce jeudi 12 octobre (10 à 30 mètres de diamètres), c’est plus dangereux, si jamais il s’écrase sur la planète. « Cela arrive une fois tous les siècles… Par exemple, en 1908, en Sibérie : 2000 km2 ont été aplatis, des arbres ont été brûlés », rappelle le rédacteur en chef. En 2013, une météorite a explosé au-dessus de la ville de Tcheliabinsk en Russie. L’explosion, sous l’effet des frottements avec l’atmosphère, a créé une onde de choc, qui a fait éclater les vitres des habitants. Les gens, en apercevant le « bolide » lumineux, s’étaient précipités aux fenêtres : 1.300 personnes ont été blessées. Les images de la météorite à Tcheliabinsk, en Russie : 

 

2012 TC4 n’est pas le seul astéroïde à frôler la Terre (même si c’est celui qui est passé le plus près). Rien que pour ce début du mois d’octobre, 31 astéroïdes sont déjà passés près de la Terre. Selon Philippe Henarejos, la plupart passent très loin de notre planète. « Les agences spatiales les surveillent et connaissent les distances entre ces objets et la Terre. Cependant, il y a toujours un risque ».

Sommes-nous préparés ?

Et si jamais cela arrivait ? Si jamais, une météorite s’écrasait sur la Terre, sur une de nos régions ? « Nous ne sommes pas assez préparés », répond Philippe Henarejos. »Les agences spatiales simulent des évacuations de régions, mais ils se rendent compte que ce n’est pas facile ». Il existe une autre solution : la déviation de l’astéroïde. « On peut se dire que c’est simple, mais avec la masse et la vitesse, ça l’est moins. Des déviations pourraient donc être envisagées, il faut juste être sûrs de les détecter des mois à l’avance ». L’Agence spatiale européenne et la Nasa envisagent de dévier en 2022 la trajectoire d’un astéroïde pour éviter ce genre de catastrophe. Selon Philippe Henarejos, les scientifiques n’ont pas encore trouvé de solution pour dévier un astéroïde, mais c’est ce qui a rendu spécial l’événement de ce matin. Grâce au passage assez proche de 2012 TC4, les chercheurs ont pu observer l’objet, pour pouvoir travailler sur une future déviation. Selon Detlef Koschny, codirecteur du segment Objets géocroiseurs de l’Agence spatiale européenne, cet exercice a été un « grand succès« . 

La meilleure solution reste donc d’évacuer, le plus rapidement possible, la zone qui pourrait être touchée. « Et même si le risque est très faible par rapport à l’échelle du temps, il pourrait y avoir quelque chose qui nous arrive demain sur la tête, juste pour me faire mentir ! », plaisante Philippe Henarejos. Et dans ce cas-là, sommes-nous préparés ? « Ah non, la seule chose, à faire, c’est de paniquer ».

 

Léa Broquerie

Des écouteurs pour traduire en simultané plus de 40 langues étrangères

Ce mardi, lors de la conférence de rentrée de Google, la société californienne a annoncé la commercialisation, dès novembre, aux Etats-Unis, des écouteurs sans-fil capables de traduire plus de 40 langues étrangères. Leur nom ? Les Pixel Buds.

 

« Aide-moi à parler Italien, anglais, espagnol… ». Il suffit d’appuyer sur un bouton de l’oreillette pour demander à traduire. Les Pixel Buds sont ces nouveaux écouteurs sans-fil présentés ce mardi lors de la conférence de rentrée de Google. Le principe est simple : connectée en Bluetooth via son smartphone, la personne qui porte les écouteurs demande à Google Translate, l’outil de traduction de Google, quelle langue elle souhaite traduire. Le logiciel analyse alors le discours de son interlocuteur et propose une traduction dans l’oreille de son utilisateur. Pour répondre, il suffit de reprendre la parole dans sa langue natale. Le logiciel propose ensuite une traduction orale, diffusée sur le haut-parleur du smartphone, à l’interlocuteur étranger.

 

pixel buds

Les écouteurs pourront fonctionner cinq heures avant d’être rechargés. Ils seront disponibles en blanc, noir et bleu.

Ils devraient être vendus dès novembre au Canada, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, mais aussi en Australie, à Singapour et en Allemagne. Google n’a pas encore prévu de les proposer en France, pour l’instant. Le prix de départ ? 159 dollars, outre-Atlantique.

Toutefois, Google n’est pas la première société à commercialiser ce genre de produit. En mai dernier, l’entreprise Bragi sortait ses Dash Pro, les premiers écouteurs sans-fil capables de traduire simultanément 40 langues.

Waverly Labs avait la même ambition de briser la frontière entre les langues, avec la gamme d’oreillettes « Pilot ». Comme quoi, l’innovation donne des idées…

Marie Lecoq