La carte des 20 premières librairies françaises

Chaque année, Livres Hebdo publie le classement des 400 librairies françaises. Les critères sont ceux du chiffre d’affaire, de l’effectif, de la surface et du nombre de titres proposés. L’édition 2014 laisse apparaitre un retour en force des librairies indépendantes. Parmi les 20 premières, six détiennent le label LIR (en jaune), destiné à « reconnaître, valoriser et soutenir les engagements et le travail qualitatifs des libraires indépendants ».

La Belle Hortense, une cave à vin-librairie

La diversification des librairies a un nouveau visage à La Belle Hortense. Dans ce bar à vin on peut aussi acheter des livres. Un mélange d’univers qui fonctionne plutôt bien même si l’activité principale reste la vente de boissons.

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Du vin et des livres. Voilà une alliance qui attire l’oeil des passants au 31 rue vieille du temple dans le quatrième arrondissement de Paris. La Belle Hortense revêt tous les atours du bar à vin mais aussi les éléments principaux de la librairie. De prime abord, on se croit dans un bar classique, mais très vite, on remarque les grandes étagères avec un large choix de livres à acheter ou simplement feuilleter.
Fondé en 1997 par Xavier Denamur et une ancienne attachée de presse des éditions Actes sud, cet endroit propose également de la restauration, une cave et une galerie. « C’est un espace où tout s’articule. Le concept repose sur les livres et le vin, qui sont deux éléments importants de la culture française. Les gens viennent boire un verre, ils peuvent rester des heures, acheter des livres, les lire sur place », raconte la dynamique Brigitte Le Guern, gérante de l’établissement depuis quinze ans et véritable maîtresse des lieux. C’est cet esprit de partage et de temps suspendu qui charme les clients.
Derrière la devanture bleue, se cache un univers convivial, où se mêlent les bonnes choses et la culture. « J’aime venir ici car j’ai l’impression d’être dans un appartement, il y a beaucoup de gens du quartier ou d’ailleurs et tout le monde se parle. Et quand on est tout seul, c’est très agréable de s’installer avec un bon livre, c’est un excellent compagnon », confie Antonio Cacciatore, client depuis déjà cinq ans.

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Installée au comptoir, Vivien Cahn, jeune étudiante Erasmus venue d’Allemagne, savoure sa boisson, absorbée dans sa lecture des Fleurs du mal de Baudelaire, qu’elle vient tout juste d’acheter. « Je suis passée devant la Belle Hortense plusieurs fois en allant à l’université et à chaque fois j’ai eu envie de rentrer. J’aime beaucoup les livres et les cafés qui proposent quelque chose de différent », sourit la jeune femme.

« Le vin reste le nerf de la guerre ici »

Dans la douceur d’une soirée printanière, les clients sont fidèles au rendez-vous. Installés au bar, en pleine conversation, à la recherche d’un livre dans les étagères ou dans la salle du fonds, pour discuter tout en profitant de l’exposition du mois, ils sont venus pour passer un bon moment. La Belle Hortense accueille ces gourmands de vin et de lecture tous les jours de 17h à 2h du matin. Une manière pour l’équipe de renouveler le modèle classique de la librairie. « L’avenir de la librairie est terriblement menacé, il faut assurer la pérennité en proposant quelque chose de culturel mêlé à autre chose. Le vin c’est le nerf de la guerre ici », conclut Brigitte Le Guern. Pour elle, la diversification est bien une solution pour son établissement.

Manifestations à New York suite à la nouvelle relaxe d’un policier

Après Ferguson, New York. Pour la deuxième fois en moins de deux semaines, un jury populaire a décidé de ne pas poursuivre un policier blanc impliqué dans la mort d’un homme noir. De nombreux manifestants se sont réunis à New York pour exprimer leur indignation.

@l'obs
« I might be next » (« je suis peut être le prochain ») : un manifestant s’indigne dans les rues de New York suite à la relaxe du policier responsable de la mort d’Eric Holder, un afro-américain.

Depuis deux soirs, la colère gronde dans les rues de New York. La décision du grand jury de Staten Island de ne pas inculper Daniel Pantaleo, le policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, un père de famille noir, a remué le couteau dans la plaie. Le 24 novembre, un autre grand jury prenait une décision similaire à Ferguson, dans le Missouri. En ne retenant aucune charge contre le policier qui avait abattu Michael Brown, un adolescent noir, de violentes manifestations avaient éclaté à Ferguson et dans tout le pays.

Eric Garner était soupçonné de vendre illégalement des cigarettes sur le terminal de Staten Island, à New York. Lors de son interpellation, l’homme, qui n’était pas armé, a été plaqué au sol. Daniel Pantaleo a placé son bras autour de son cou pour le maintenir. Eric Garner s’est plaint plusieurs fois de ne plus pouvoir respirer avant de perdre connaissance. Il est décédé quelques instants après son transport à l’hôpital. La scène de son arrestation a été filmée par des amateurs.

« Ferguson est partout »

Jeudi soir, les manifestants étaient plusieurs milliers à s’être rassemblés. Ils ont notamment pris d’assaut le pont de Brooklyn. Dans le cortège, on pouvait lire sur les pancartes « Le racisme tue », « Ferguson est partout » ou encore « La vie des noirs compte ».

Si les manifestations ont été beaucoup plus pacifiques que celles de Ferguson, les forces de l’ordre ont toutefois procédé, selon le New York Times, à plusieurs dizaines d’arrestations. Le maire de la ville, Bill de Blasio, a appelé au calme : « la frustration est compréhensible, a-t-il déclaré. Des siècles de racisme nous précèdent, mais en travaillant ensemble, nous pouvons nous détourner de cette histoire ». Sur Twitter, le maire new yorkais a reconnu son émotion suite à la décision du grand jury.

Réformer les méthodes policières

Jeudi soir, en parallèle des manifestations, un autre homme noir a été abattu par un policier à Phoenix, en Arizona. Lui non plus n’était pas armé. Une énième bavure qui vient s’ajouter à une longue liste de violences policières. Un article des Décodeurs du journal Le Monde explique que la police américaine, poussée par une puissante industrie de la défense, est de plus en plus militarisée.

En réaction à ces bavures policières, la démocrate Hilary Clinton a demandé une réforme du système pénal et des méthodes policières, déplorant que les Noirs aient « plus de chances d’être interpellés et fouillés par la police, inculpés et condamnés à des peines plus longues » que les Blancs. Suite au scandale de Ferguson, le président Barack Obama a quant à lui proposé d’équiper les policiers de caméras embarquées. Le ministre noir de la Justice, Eric Holder, a promis en début de semaine de « nouvelles règles rigoureuses –et des garde-fous solides– pour aider à mettre fin au délit de faciès, une bonne fois pour toutes ».

Fanny Zarifi