Soudan : les paramilitaires se disent prêts à une guerre « de 40 ans »

Mohamed Hamdane Daglo affirme que les FSR restent positionnées autour de Khartoum malgré la reprise de la capitale par l’armée, tandis que le conflit soudanais continue d’alimenter une grave crise humanitaire.

Le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo, a assuré que ses combattants étaient prêts à poursuivre la guerre contre l’armée soudanaise « pendant 40 ans » si nécessaire. Dans une vidéo diffusée par des médias locaux, il affirme que certaines unités paramilitaires sont toujours déployées à la périphérie d’Omdourman, face à Khartoum, reprise par les forces régulières en mars 2025. Malgré un retour au calme dans la capitale, plusieurs attaques de drones ont récemment visé la zone, faisant des victimes civiles et endommageant des infrastructures.

Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement soudanais accuse l’Éthiopie et les Émirats arabes unis d’avoir soutenu des frappes de drones depuis le territoire éthiopien, des accusations rejetées par les deux pays. Entrée dans sa quatrième année, la guerre entre l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhane et les FSR a provoqué des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Selon l’ONU, près de 700 civils ont été tués depuis janvier dans des attaques de drones menées par les deux camps, tandis que les tentatives de cessez-le-feu restent sans issue.

Salomé Ferté

Parkinson : l’agence du médicament tire la sonnette d’alarme sur les dérives comportementales des traitements

Des addictions aux jeux d’argent, une hypersexualité ou encore des achats compulsifs : l’ANSM alerte sur les effets indésirables méconnus des médicaments dopaminergiques prescrits contre la maladie de Parkinson et appelle à une meilleure information des patients.

Prescrits pour compenser le déficit en dopamine à l’origine des tremblements et de la rigidité musculaire caractéristiques de la maladie, ces traitements peuvent provoquer chez certains patients des comportements compulsifs aux conséquences parfois graves sur leur vie personnelle, familiale ou professionnelle. L’agence sanitaire souligne que ces effets peuvent apparaître progressivement, sans que le patient en ait conscience, y compris à faible dose ou après plusieurs années de traitement. Pour certaines molécules, comme le pramipexole, ces troubles du contrôle des impulsions peuvent toucher jusqu’à une personne sur dix.

L’ANSM appelle les professionnels de santé à informer « systématiquement » leurs patients et à impliquer les proches dans la surveillance des signes d’alerte. Un appel qui fait écho aux inquiétudes de France Parkinson, qui estimait encore le mois dernier que l’information délivrée lors des prescriptions restait insuffisante.

Marie Billat

Nouvelle-Calédonie : pas de consensus à l’horizon mais les élections provinciales sont fixées pour le 28 juin

Après avoir repoussé le scrutin à trois reprises, Sébastien Lecornu a tranché : les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie auront lieu le 28 juin, avec un corps électoral partiellement élargi. Si le vote du Parlement confirme cette décision, elles s’inscriront dans un contexte tendu, aucun accord n’ayant été trouvé entre le FLNKS et les non-indépendantistes.

Les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie se tiendront le 28 juin prochain, a annoncé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, lors d’une visioconférence avec les élus calédoniens. Le scrutin, déjà repoussé à trois reprises depuis sa date initiale de mai 2024, devra se tenir avant fin juin, l’État étant tenu d’organiser ce vote en l’absence de réforme constitutionnelle.

Le ministre a proposé d’ouvrir le corps électoral aux natifs de Nouvelle-Calédonie, soit environ 11 000 personnes nées sur l’archipel mais ne remplissant pas les conditions actuelles pour voter, ainsi qu’aux conjoints de Calédoniens. Une annonce qui n’a satisfait aucun camp : le FLNKS a réaffirmé son opposition à toute ouverture en dehors d’un accord global, tandis que les non-indépendantistes ont jugé la mesure insuffisante. Ces propositions devront être confirmées par une loi organique soumise au Parlement. En cas de rejet, le scrutin du 28 juin se tiendrait avec le corps électoral actuel, gelé depuis 1998.

La question du droit de vote reste au cœur des tensions en Nouvelle-Calédonie : en 2024, une tentative d’élargissement similaire avait déclenché plusieurs mois de violences, faisant 14 morts et causant plusieurs milliards d’euros de dégâts.

Madeleine Meunier

Inde – Pakistan : Un an après l’opération Sindoor, l’Inde affiche sa fermeté face au Pakistan et prépare un test de missile

Le Premier ministre indien Narendra Modi a affirmé jeudi que l’Inde demeurait « plus déterminée que jamais » à combattre le terrorisme, un an après la confrontation militaire avec le Pakistan déclenchée par l’attentat de Pahalgam. New Delhi se prépare également à tester un nouveau missile balistique Agni de longue portée.

Le 22 avril 2025, un commando armé a tué 26 personnes dans la station touristique de Pahalgam, au Cachemire indien. Les victimes étaient toutes des hommes et, à une exception près, de confession hindoue. L’Inde avait immédiatement accusé le Pakistan d’être impliqué dans l’attaque et lancé, quelques jours plus tard, l’« opération Sindoor », du nom de la poudre rouge portée par les femmes hindoues mariées. Dans la nuit du 6 au 7 mai 2025, New Delhi avait frappé des camps pakistanais du groupe jihadiste qu’elle tenait pour responsable de l’attentat, provoquant la pire escalade militaire entre les deux puissances nucléaires depuis près de vingt ans.

Les affrontements avaient fait plus de 70 morts dans les deux camps avant l’annonce d’un cessez-le-feu, le 10 mai, par le président américain Donald Trump. Jeudi, Narendra Modi a salué « la bravoure » de l’armée indienne et assuré que son pays restait résolu à « détruire l’écosystème » du terrorisme. Dans ce contexte de tensions persistantes, le Times of India a rapporté que New Delhi préparait un tir d’essai du missile balistique Agni-6, capable, selon le BJP, d’atteindre une portée de 10 000 kilomètres et d’emporter plusieurs ogives nucléaires. Un message d’alerte aérienne (NOTAM) a été émis au-dessus du golfe du Bengale en prévision du test.

Salomé Ferté