Deux drones venus de Russie ont chuté en Lettonie dans la nuit de mercredi à jeudi, dont l’un sur un site pétrolier. Au même moment, la Russie affirme avoir détruit 347 drones ukrainiens sur son territoire.
La Lettonie a annoncé jeudi que deux drones en provenance de Russie s’étaient écrasés sur son territoire après avoir pénétré son espace aérien. L’un des appareils a touché un site de stockage pétrolier à Rezekne, dans l’est du pays, provoquant un incendie rapidement maîtrisé par les secours. Les autorités ont demandé aux habitants de rester confinés le temps des opérations, avant que l’armée ne déclare la fin de la menace aérienne dans la matinée.
Dans le même temps, la Russie affirme avoir intercepté 347 drones ukrainiens dans une vingtaine de régions, dont celle de Moscou. Selon les autorités russes, une femme a été tuée dans la région frontalière de Belgorod et plusieurs personnes blessées à Briansk. Cette nouvelle escalade intervient alors que Moscou a annoncé un cessez-le-feu unilatéral pour les célébrations de la victoire soviétique de 1945, tandis que Kiev accuse la Russie de poursuivre ses frappes malgré les appels à la trêve.
Jeudi, la Banque de Norvège a relevé son taux directeur à 4,25%, devenant ainsi la première banque centrale européenne à durcir sa politique monétaire depuis l’embrasement du Moyen-Orient. Une décision due à une inflation tenace, malgré la richesse du pays.
En relevant son taux directeur de 0,25 point, la Banque de Norvège franchit un cap que nul autre établissement central européen n’avait osé franchir depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. La gouverneure Ida Wolden Bache a justifié ce choix sans détour : « La hausse des prix est trop élevée et se situe au-dessus de l’objectif depuis plusieurs années. » En mars, l’inflation sous-jacente atteignait encore 3,0%, soit un point au-dessus de la cible officielle de 2%.
La banque centrale ne cache pas les incertitudes qui entourent cette décision. Elle pointe la « grande incertitude » que le conflit régional fait peser sur les marchés, avertissant que la hausse des prix de l’énergie pourrait encore alimenter l’inflation. Depuis les frappes contre l’Iran fin février et le blocage du détroit d’Ormuz, les cours du brut avaient fortement progressé avant de refluer sous les 100 dollars.
Face à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et aux divisions du Parti socialiste, l’idée d’une primaire de la gauche peine à se concrétiser. Pourtant, ses partisans continuent de défendre le processus unitaire, convaincus qu’il reste le seul chemin possible vers une victoire en 2027.
Manuel Bompard, Marine Tonnelier, Lucie Castets, Olivier Faure et Fabien Roussel à Paris, le 23 août 2024 (de gauche à droite). Libre de droit
L’union de la gauche n’est-elle plus qu’un lointain souvenir ? Les principaux cadres de la gauche favorables à une primaire ont de nouveau plaidé pour une candidature unique lors d’un meeting organisé à La Bellevilloise, à Paris, mardi 5 mai. Sur scène figuraient notamment la patronne des Écologistes Marine Tondelier, Lucie Castets, François Ruffin, Benjamin Lucas et Clémentine Autain.
Cette dernière a dressé un constat sévère : « On ne va pas se raconter d’histoires : la primaire a du plomb dans l’aile », a-t-elle déploré, selon Le Monde. Pourtant, ses défenseurs considèrent que seul le rassemblement peut permettre à la gauche de se qualifier au second tour : « S’il n’y a pas cette dynamique unitaire commune, on n’aura pas la force nécessaire pour battre le Rassemblement national », estime Danielle Simonnet, députée L’Après de Paris, auprès du CelsaLab.
La dynamique unitaire fragilisée
L’idée d’un « front populaire » en vue de la prochaine élection présidentielle apparaît aujourd’hui fragilisée. Dernier épisode en date : la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), dimanche 3 mai sur TF1. « Nous, c’est carré : une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il affirmé, semblant railler la dispersion des candidatures à gauche hors LFI. Moins de 24 heures après cette annonce, l’ancien socialiste a recueilli plus de 150 000 signatures en soutien à sa candidature via une plateforme participative.
À ces tensions s’ajoutent les divisions du Parti socialiste. Le premier secrétaire Olivier Faure fait face à une opposition interne hostile à l’idée d’une primaire, certains préférant que le parti désigne son propre candidat. Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, plaide ainsi pour une candidature issue du PS. Dans l’espace social-démocrate, Raphaël Glucksmann, François Hollande et l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve affichent également leurs ambitions, tandis que le député Jérôme Guedj a déjà annoncé sa candidature en février dernier sur France Inter.
La primaire plébiscitée par une majorité des électeurs
Selon une enquête Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs publiée en avril par Le Monde, 80 % des sympathisants de gauche hors LFI se disent favorables à une primaire sans les insoumis.
Pour l’heure, le scénario d’une gauche divisée au premier tour de la présidentielle se dessine, au risque de la priver d’un second tour pour la troisième fois consécutive. Dans La Dépêche, le politologue Rémi Lefebvre se montre prudent : « Si se profile le risque d’une débâcle de la gauche, la société civile et les intellectuels peuvent se mobiliser pour exiger des partis politiques une primaire. »
La fermeture du détroit d’Ormuz le 8 avril dernier a bouleversé l’économie indienne. Une part majeure du gaz naturel liquéfié transitant par cette voie maritime stratégique, les tensions sur l’approvisionnement se sont rapidement fait sentir. Face à la pénurie, une partie de la population se tourne vers une alternative locale : la production de biogaz à partir d’excréments de vaches, perçue comme un modèle d’adaptabilité et de transition énergétique.
Photo d’une vache en Inde
« La boue, c’est de l’or noir », affirme Pritam Singh, responsable agricole indien. Depuis la fermeture du détroit, l’Inde peine à se procurer des bonbonnes de gaz. Dans les zones rurales, les agriculteurs, qui représentent une part importante de la population active, mélangent des seaux de bouse de vache avec de l’eau pour produire du méthane via des méthaniseurs artisanaux.
Le pays est actuellement confronté à des tensions sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le GNL alimente principalement l’industrie et les centrales énergétiques, tandis que le GPL est utilisé pour les besoins domestiques, notamment la cuisson et le chauffage. L’Inde consomme plus de 30 millions de tonnes de GNL par an et en importe plus de la moitié. Malgré les déclarations officielles du gouvernement assurant qu’il n’y a pas de pénurie, de nombreux habitants font état de files d’attente et de difficultés d’approvisionnement.
Une alternative aux énergies fossiles
Le développement du biogaz répond d’abord à une contrainte économique et énergétique plutôt qu’à un choix écologique. Depuis les années 1980, le gouvernement indien encourage la production de biogaz dans les zones rurales et a subventionné plusieurs millions d’installations permettant de transformer les déchets agricoles en énergie domestique.
Ces pratiques, déjà bien implantées, s’inscrivent aujourd’hui dans les objectifs de transition énergétique du pays. L’Inde s’est fixé pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2070 et de porter à 50 % la part des énergies non fossiles dans sa capacité électrique installée d’ici 2030.
Un gaz moins polluant mais encore contraint
« La combustion du biogaz produit nettement moins de CO₂ que le gaz naturel fossile », souligne une experte du secteur énergétique. Par ailleurs, les résidus issus de la méthanisation sont utilisés comme engrais agricoles, ce qui en fait une ressource complémentaire pour les exploitations rurales.
Dans un contexte international tendu, ces engrais deviennent d’autant plus stratégiques que les chaînes d’approvisionnement mondiales sont perturbées.
L’adoption du biogaz est facilitée par des facteurs culturels : les vaches occupent une place centrale dans la société indienne et leurs excréments sont déjà utilisés traditionnellement comme combustible ou dans certains rituels.
Cependant, malgré les subventions publiques, le coût des installations reste élevé pour de nombreux agriculteurs, limitant encore leur diffusion à grande échelle.