Après avoir repoussé le scrutin à trois reprises, Sébastien Lecornu a tranché : les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie auront lieu le 28 juin, avec un corps électoral partiellement élargi. Si le vote du Parlement confirme cette décision, elles s’inscriront dans un contexte tendu, aucun accord n’ayant été trouvé entre le FLNKS et les non-indépendantistes.
Les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie se tiendront le 28 juin prochain, a annoncé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, lors d’une visioconférence avec les élus calédoniens. Le scrutin, déjà repoussé à trois reprises depuis sa date initiale de mai 2024, devra se tenir avant fin juin, l’État étant tenu d’organiser ce vote en l’absence de réforme constitutionnelle.
Le ministre a proposé d’ouvrir le corps électoral aux natifs de Nouvelle-Calédonie, soit environ 11 000 personnes nées sur l’archipel mais ne remplissant pas les conditions actuelles pour voter, ainsi qu’aux conjoints de Calédoniens. Une annonce qui n’a satisfait aucun camp : le FLNKS a réaffirmé son opposition à toute ouverture en dehors d’un accord global, tandis que les non-indépendantistes ont jugé la mesure insuffisante. Ces propositions devront être confirmées par une loi organique soumise au Parlement. En cas de rejet, le scrutin du 28 juin se tiendrait avec le corps électoral actuel, gelé depuis 1998.
La question du droit de vote reste au cœur des tensions en Nouvelle-Calédonie : en 2024, une tentative d’élargissement similaire avait déclenché plusieurs mois de violences, faisant 14 morts et causant plusieurs milliards d’euros de dégâts.
Madeleine Meunier
