Désinformation : la France veut contre-attaquer et valoriser ses atouts sur les réseaux sociaux

Face aux adversaires réactionnaires qui dégradent l’image de la France et de l’Europe, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé jeudi une intensification de la riposte informationnelle française, notamment sur TikTok.

Réuni devant des acteurs de la lutte contre la désinformation à Paris, Jean-Noël Barrot a reconnu que la France était « restée trop longtemps en retrait de la bataille des récits ». Pour y remédier, le ministre entend promouvoir des contenus valorisant les aspects positifs des sociétés française et européenne, comme l’espérance de vie ou des inégalités plus faibles, afin de contrecarrer les narratifs adverses qui, selon lui, finissent par « contaminer le débat public ».

Dans ce cadre, le ministre a annoncé le lancement d’un compte TikTok « French Response », extension du compte X éponyme créé en septembre 2025, qui compte plus de 200 000 abonnés et a adopté le ton ironique des réseaux sociaux pour répondre directement à la désinformation. Le ministère a par ailleurs défini 30 « zones de guerre informationnelle », révisées tous les six mois, dans lesquelles les diplomates français font face à des campagnes de décrédibilisation et bénéficieront désormais de services d’assistance renforcés.

Madeleine Meunier

Narcotrafic : le Sénat enterre la proposition de loi visant à protéger les lanceurs d’alerte

Née après l’assassinat du frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, la proposition de loi visant à mieux protéger les lanceurs d’alerte face aux réseaux criminels a été rejetée jeudi par le Sénat, compromettant sérieusement son avenir parlementaire.

Adoptée à l’Assemblée nationale le 13 février, la proposition de loi de la députée Sandra Regol prévoyait d’imposer aux services locaux de police et de gendarmerie la mise en place de mécanismes de protection pour les personnes ciblées par les réseaux criminels, ainsi que leurs proches. Ce dispositif pouvait aller jusqu’à l’usage d’une identité d’emprunt. Le texte faisait directement écho au cas d’Amine Kessaci, militant écologiste et anti-drogue dont le frère Mehdi a été assassiné en novembre dans un probable « crime d’intimidation ».

Le Sénat a rejeté le texte par 208 voix contre 114, la droite, les centristes et le gouvernement jugeant la proposition contreproductive. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé qu’elle ferait peser sur des services locaux une mission qui n’est pas la leur, risquant de les saturer et d’ouvrir la voie à des détournements par les narcotrafiquants eux-mêmes. Les écologistes ont dénoncé un « refus d’étudier toute proposition alternative ».

Madeleine Meunier

Présidentielles 2027 : une alliance Philippe-Attal se dessine pour empêcher un second tour LFI-RN

Gabriel Attal a laissé entendre jeudi qu’un accord pourrait exister avec Édouard Philippe afin que le moins bien placé des deux se retire début 2027. Cette alliance ne prendrait effet que si un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national semblait inévitable.

Sur franceinfo, l’ancien Premier ministre a affirmé partager avec Édouard Philippe la volonté d’empêcher un second tour entre LFI et le RN. Celui qui devrait annoncer prochainement sa candidature à l’élection présidentielle a évoqué un éventuel rassemblement des deux candidats. Il n’interviendrait que « début 2027 » et uniquement si ce risque devenait réel. D’ici là, chacun mènera « une vraie campagne » pour convaincre les Français.

En marge de ces déclarations, Gabriel Attal a minimisé le départ d’Élisabeth Borne du bureau exécutif de Renaissance, cette dernière lui reprochant une ligne trop droitière. L’ancienne Première ministre a fondé sa propre structure, « Bâtissons ensemble », rejointe, selon Le Parisien, par plusieurs ex-ministres macronistes. Une hémorragie que le patron de Renaissance a relativisée, affirmant que « pour la plupart d’entre eux, ils ne sont pas membres de Renaissance ».

Madeleine Meunier

Les Algériens en situation irrégulière seront de nouveau expulsés, confirme Laurent Nunez

Après plus d’un an d’interruption liée à la crise entre Paris et Alger, les expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière ont repris. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé, jeudi 7 mai, le chiffre de 140 reconduites à la frontière depuis le début de l’année, résultat d’une diplomatie apaisée avec l’Algérie.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé ce jeudi la reprise des expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière, avec 140 reconduites à la frontière effectuées depuis le début de l’année et 120 laissez-passer délivrés par Alger. Ce mouvement s’est relancé après sa visite en Algérie à la mi-février, alors qu’aucun laissez-passer n’avait été accordé depuis plusieurs mois. « Les choses se sont réamorcées », a-t-il déclaré sur CNews et Europe 1, tout en reconnaissant qu’il faudrait « faire mieux » et « faire plus ».

Prochaine étape selon le ministre : l’organisation de vols groupés, permettant d’expulser plusieurs ressortissants dans un même avion, un dossier sur lequel il souhaite « aboutir assez vite ». 700 Algériens occupent actuellement des places en centres de rétention administrative, soit 30 à 40 % des 2 000 places disponibles en France. Ces avancées interviennent après une grave crise diplomatique déclenchée à l’été 2024, lorsque Paris a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Depuis son arrivée au ministère, Laurent Nuñez a privilégié l’apaisement avec Alger, tranchant avec la ligne plus dure de son prédécesseur Bruno Retailleau.

Madeleine Meunier