Mercredi 23 septembre, la CGT Spectacle manifeste contre les coupures budgétaires massives qui fragilisent le secteur de la culture depuis deux ans, et qui n’ira pas mieux à l’approche du vote du Budget 2027.
C’est la coupe de trop, et le Budget 2027 ne promet rien. Mercredi 23 septembre, la CGT Spectacle appelle à se rassembler contre les coupures budgétaires massives en défaveur de la culture sur la place André Malraux, à quelques rues du Ministère de la Culture. La veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, 28 structures culturelles apprenaient que 10% à 13% de leurs subventions de l’Etat pour l’année 2026 avait été “gelée” et soumise à négociation. Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres.
Inspirée par la mobilisation de la rédaction de France Inter contre l’arrivée de Charles Sapin en tant qu’ éditorialiste, directeur adjoint du magazine ultraconservateur Valeurs Actuelles, la CGT Spectacle entend aussi bien défendre l’emploi, les salaires et la création que le droit à une information de qualité. “Non à l’austérité, oui au service public !”, revendique l’union des syndicats, motivée par l’approche de l’élection présidentielle.
Une forme d’élitisme
Aujourd’hui, une grande partie des intermittents ne parviennent plus à réunir « les 507 heures nécessaires à l’ouverture de leurs droits à l’assurance chômage et, fait inédit, des plans de licenciement surviennent dans des structures subventionnées du spectacle vivant », alerte encore la CGT Spectacle dans son communiqué. Le risque le plus redouté, conséquence de la dégradation des conditions de travail pour les professionnels du secteur, étant que l’accès à la culture ne devienne une forme d’élitisme.
Dans le cadre de la politique de généralisation de l’éducation artistique et culturelle (EAC), initiée par le Ministère de la culture, 150 millions d’euros ont été déployés en direction des jeunes, pour l’année 2025, en particuliers issus des territoires prioritaires de la ruralité et des territoires ruraux. Sans cet effort, les zones urbaines concentreront la majorité des musées, bibliothèques municipales, musées et autres événements ponctuels, sans compter la mise à l’écart des familles et jeunes les plus défavorisées.
Beaucoup de baisses les années précédentes
L’Observatoire des politiques culturelles (OPC) anticipe pourtant le phénomène depuis 2023. L’année dernière, leur “cartocrise” recensait les baisses de soutien public aux structures du secteur culturel entre 2024 et 2025. Au total, une baisse de 30 millions d’euros sur 748 déclarants. “2025 a été relativement stable mais cache en réalité beaucoup de baisses les années précédentes”, souligne le responsable du baromètre à l’OPC. Présenté à Avignon en juillet dernier, l’édition 2026 confirme la tendance : près de la moitié (45%) des collectivités et des intercommunalités a maintenu ses budgets culturels globaux (fonctionnement et investissement) entre 2025 et 2026, sans pour autant assurer la survie du secteur.
S’ajoute au déficit économique une vulnérabilité au dérèglement climatique, comme l’a confirmé l’été 2026 et les nombreux festivals annulés pour risques liés aux fortes chaleurs. Aujourd’hui, seulement 0,7% du budget est consacré à la culture. Les syndicats militeront toute la semaine, à coups de pétitions et de prises de parole, pour revendiquer 1%.
Louise Baucry
