Le Tour d’Italie 2026 a t’il un intérêt ?

Le tour d’Italie s’élance demain de Bulgarie et ouvre la saison des grands tours cyclistes. Promis au double vainqueur du tour de France Jonas Vingegaard, le mythique Giro, créé il y a 109 ans, vaut il la peine d’être regardé ? On a pesé le pour et le contre.

Voyons d’abord trois raisons de jeter un coup d’œil à la course, qui aura lieu du 8 au 31 mai.

La voiture de direction de course du Giro. ©Mosh Edar

Une fois n’est pas coutume, les étapes de plaine, promises aux sprinteurs, pourraient offrir davantage de suspense que les étapes de montagne. Car les meilleurs sprinteurs du monde sont alignés.

L’Italien Jonathan Milan, sans doute le meilleur d’entre eux, va participer pour la troisième fois à sa course de cœur, tentera de s’y imposer pour la cinquième fois, après ses quatre succès en 2024 et 2023.

Mais, il trouvera sur sa route l’un des prodiges du cyclisme français, le coureur de l’équipe Soudal Quick Step, Paul Magnier, 21 ans. Il n’a remporté qu’une seule course en ce début de saison, mais aura une équipe entièrement articulée autour de lui et dédiée à la construction de ses sprints. Il faudra également compter sur la révélation de ce début d’année, le Danois Tobias Lund Andresen. Avec 3 victoires à son actif cette année, il devrait être en mesure de jouer un rôle dans la bataille.

D’autres sprinteurs aimeraient lever les bras : Dylan Groenewegen, qui conduira l’équipe Unibet Rockets, ou le belge Arnaud de Lie. Pour tous ces coureurs, la première étape sera primordiale. Entièrement plate, elle devrait leur offrir une première occasion de s’exprimer… et surtout de revêtir le premier maillot de leader de ce Giro.

De nombreuses arrivées groupées sont à prévoir. ©Adege Vanerp

Une forte présence de jeunes coureurs

Les équipes aiment envoyer de jeunes coureurs sur le Giro, pour leur permettre d’avoir une première expérience dans les grands tours, des courses d’une intensité exceptionnelle.

Si le plus talentueux d’entre eux, le Français Paul Seixas, a décidé de participer au tour de France, la génération Z sera largement représentée sur les routes italiennes. Mathys Rondel sera l’une des principales attractions. Le Français de la formation Tudor, qui ne s’est pas encore imposé chez les professionnels, s’est glissé dans le top 10 de Paris-Nice en mars. Grimpeur, âgé de 22 ans, il devrait briller en troisième semaine, quand la haute montagne se dressera sur la route des coureurs.

Un autre cycliste intéressant à suivre : l’Italien Alessandro Pinarello. Nouveau venu dans la formation NSN, il a terminé 3ème de la course espagnole O Gran Camino le mois dernier, après avoir remporté une étape. Il devrait être à la lutte pour un top 10, voire un top 5.

Mais celui dont on devrait le plus parler est un autre Italien, Giulio Pellizzari. Révélé la saison dernière sur les routes de la Vuelta, où il a terminé 6ème et remporté une étape. Annoncé comme l’un des favoris pour le podium, il devrait être porté par la foule italienne au bord des routes, avec une équipe construite autour de lui.

Le Giro en 2020. ©nomadsoul

Un départ inédit de Bulgarie

Fidèle à sa tradition de partir chaque année de l’étranger, le tour d’Italie s’élancera de Bulgarie. Un fait inédit pour le pays, qui n’avait jamais accueilli de départ de grands tours. Les Bulgares célébreront les champions pendant trois jours.

La première étape, plate, longera la mer Noire entre Nessebar et Burgas, à l’est du pays. Pour le deuxième jour, la montagne sera à l’honneur avec la montée du Vratnik Pass, une montée de 9 kilomètres à 4% de moyenne. Et pour la troisième étape, les coureurs rejoindront la capitale, Sofia, dans une étape promise aux sprinteurs.

Une manière pour les téléspectateurs de découvrir la Bulgarie et pour les coureurs de rouler sur des routes où ils n’ont pas l’habitude d’aller.

Mais, malheureusement, il y a aussi des raisons de rester loin de ce Giro.

Jonas Vingegaard est l’unique favori

En l’absence de Tadej Pogacar, le Danois est l’immense favori de la course. Pour sa première participation au Giro, le double vainqueur du Tour de France ne trouvera aucun coureur de sa trempe sur sa route.

Seul le portugais Joao Almeida, initialement annoncé aurait pu le titiller, mais il a dû déclarer forfait, blessé. Le  ritannique Adam Yates, l’Australien Ben O’Connor ou l’Autrichien Félix Gall se battront pour le podium mais semblent évoluer à un niveau inférieur au Danois. Il devrait donc y avoir peu de suspense pour le classement général, même si, il n’est pas à l’abri de chutes ou d’un incident mécanique.

Un parcours sans saveur

Malheureusement, les organisateurs proposent un tracé assez classique. Des étapes de montagne qui se résument à des ascensions uniques, sans possibilité d’attaquer à l’avance. Un seul contre la montre, de 42 kilomètres…mais sans un kilomètre de montée et donc à l’intérêt contestable. On se consolera avec la 7ème étape, qui arrive au sommet du terrible col du Blockhaus (13 km à 8%) ou avec la dernière étape qui arrive dans les rues de Rome, au pied du Colisée.

Rodolphe Daumas-Raoux

 

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