Les dons aux associations en recul, victimes des inquiétudes économiques et politiques

Moins de la moitié des Français ont fait un don à une association en 2025, selon un baromètre Ipsos publié jeudi. Un plus bas depuis 2019, sur fond d’anxiété face au contexte national et international.

Selon cette étude annuelle commandée par la Fondation Apprentis d’Auteuil, 47 % des Français déclarent avoir fait un don financier à une association ou une fondation en 2025, soit cinq points de moins qu’un an plus tôt. Le don moyen recule lui aussi, à 336 euros, en baisse de 8 %. La tendance ne devrait pas s’inverser : pour 2026, la part des personnes déclarant avoir fait un don ou en prévoir un est également en retrait de quatre points.

Les auteurs de l’étude pointent plusieurs facteurs explicatifs. Les Français disent s’inquiéter du contexte international (92 %), de l’instabilité politique nationale (90 %) et du niveau d’endettement du pays (88 %), ce qui pèse sur leur sentiment de pouvoir d’achat. La fondation évoque aussi les débats autour d’une possible remise en cause des crédits d’impôt sur les dons lors des discussions budgétaires de 2025, qui auraient pu freiner certains donateurs. « La stabilité des mesures fiscales est essentielle, car elle permet aux donateurs de réaliser leur don sans craindre une évolution de la législation », a souligné Vanessa de Lauzainghein, directrice de la communication et des ressources de la fondation.

Marie Billat

Narcotrafic : le Sénat enterre la proposition de loi visant à protéger les lanceurs d’alerte

Née après l’assassinat du frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, la proposition de loi visant à mieux protéger les lanceurs d’alerte face aux réseaux criminels a été rejetée jeudi par le Sénat, compromettant sérieusement son avenir parlementaire.

Adoptée à l’Assemblée nationale le 13 février, la proposition de loi de la députée Sandra Regol prévoyait d’imposer aux services locaux de police et de gendarmerie la mise en place de mécanismes de protection pour les personnes ciblées par les réseaux criminels, ainsi que leurs proches. Ce dispositif pouvait aller jusqu’à l’usage d’une identité d’emprunt. Le texte faisait directement écho au cas d’Amine Kessaci, militant écologiste et anti-drogue dont le frère Mehdi a été assassiné en novembre dans un probable « crime d’intimidation ».

Le Sénat a rejeté le texte par 208 voix contre 114, la droite, les centristes et le gouvernement jugeant la proposition contreproductive. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé qu’elle ferait peser sur des services locaux une mission qui n’est pas la leur, risquant de les saturer et d’ouvrir la voie à des détournements par les narcotrafiquants eux-mêmes. Les écologistes ont dénoncé un « refus d’étudier toute proposition alternative ».

Madeleine Meunier

Présidentielles 2027 : une alliance Philippe-Attal se dessine pour empêcher un second tour LFI-RN

Gabriel Attal a laissé entendre jeudi qu’un accord pourrait exister avec Édouard Philippe afin que le moins bien placé des deux se retire début 2027. Cette alliance ne prendrait effet que si un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national semblait inévitable.

Sur franceinfo, l’ancien Premier ministre a affirmé partager avec Édouard Philippe la volonté d’empêcher un second tour entre LFI et le RN. Celui qui devrait annoncer prochainement sa candidature à l’élection présidentielle a évoqué un éventuel rassemblement des deux candidats. Il n’interviendrait que « début 2027 » et uniquement si ce risque devenait réel. D’ici là, chacun mènera « une vraie campagne » pour convaincre les Français.

En marge de ces déclarations, Gabriel Attal a minimisé le départ d’Élisabeth Borne du bureau exécutif de Renaissance, cette dernière lui reprochant une ligne trop droitière. L’ancienne Première ministre a fondé sa propre structure, « Bâtissons ensemble », rejointe, selon Le Parisien, par plusieurs ex-ministres macronistes. Une hémorragie que le patron de Renaissance a relativisée, affirmant que « pour la plupart d’entre eux, ils ne sont pas membres de Renaissance ».

Madeleine Meunier

Hantavirus sur le navire MV « Hondius » : plusieurs passagers identifiés après une escale à Sainte-Hélène

L’épidémie d’hantavirus détectée à bord du navire de croisière MV « Hondius » continue de susciter l’inquiétude des autorités sanitaires internationales. Alors que trois décès ont déjà été enregistrés, l’exploitant Oceanwide Expeditions a indiqué que trente passagers avaient quitté le bateau lors d’une escale sur l’île de Sainte-Hélène, au cœur de l’Atlantique Sud, le 24 avril.

Dans un communiqué publié aujourd’hui, la compagnie néerlandaise a précisé que les 30 personnes débarquées incluaient le corps d’un passager décédé à bord le 11 avril. Oceanwide Expeditions affirme désormais travailler à identifier l’ensemble des passagers et membres d’équipage ayant embarqué ou quitté le navire depuis le 20 mars, afin de retracer les éventuels contacts liés au foyer de contamination. Le bateau est touché par une flambée d’hantavirus Andes, une forme rare et potentiellement mortelle de maladie respiratoire.

Face aux inquiétudes grandissantes, la Commission européenne a toutefois cherché à rassurer. « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter », a déclaré aujourd’hui la porte-parole Eva Hrncirova, estimant que le risque sanitaire pour les Européens demeurait « faible ». Cette réaction intervient alors qu’une hôtesse de l’air de la compagnie néerlandaise KLM fait actuellement l’objet d’un dépistage après avoir été en contact avec une passagère décédée.

À Singapour, deux résidents présents à bord du MV Hondius ont été placés à l’isolement dans l’attente des résultats de leurs tests, selon le Centre national des maladies infectieuses. Les autorités ont indiqué que l’un des deux patients présentait un simple écoulement nasal tandis que l’autre ne montrait aucun symptôme. Le pays estime pour l’heure que le risque de propagation au sein de la population reste limité.

Salomé Ferté