« J’ai découvert la foi sur TikTok » : ces jeunes catholiques que les réseaux sociaux ont ramenés vers l’Église

PORTRAITS – Ils avaient parfois grandi loin de la pratique religieuse, voire sans culture catholique. Puis une vidéo, un témoignage ou le compte d’un prêtre a éveillé leur curiosité. À l’approche de la venue de Léon XIV en France, CelsaLab est allé à la rencontre de ces fidèles qui racontent comment les réseaux sociaux ont transformé leur rapport à la foi, jusqu’à les conduire parfois au baptême.
Jeudi 24 septembre, une dizaine de « missionnaires numériques catholiques » participeront, à l’église Saint-Sulpice (Paris 6e), à une grande veillée. ©ZeusUpsistos

« J’ai eu l’impression d’une certaine ouverture et d’un non-jugement. » Pour Chloé, c’est peut-être là que tout s’est joué. Rien, dans son histoire familiale, ne la poussait particulièrement vers l’Église : elle ne vient pas d’une famille catholique. Pourtant, il y a six mois, à Lyon, elle a été baptisée. Entre les deux, il y a eu un téléphone, quelques vidéos et une curiosité qui, progressivement, s’est transformée en foi.

Au départ, Chloé (étudiante de 23 ans) tombe sur les publications d’Amen Média. Elle les trouve « très pédagogiques ». Alors elle cherche. Elle clique, regarde, compare. Puis l’algorithme la conduit jusqu’aux vidéos du frère Paul-Adrien. « J’ai découvert la foi sur TikTok », explique-t-elle. Le dominicain de 45 ans, l’un des visages les plus suivis du catholicisme français en ligne, a fait des réseaux sociaux son terrain d’évangélisation. Ses vidéos passent de questions religieuses à des formats humoristiques, avec les codes propres à TikTok. Chloé se souvient notamment d’une vidéo où il joue le rôle d’un « pote chrétien creepy », mais aussi d’un contenu beaucoup plus léger sur une question presque triviale : pourquoi le pape ne porte-t-il pas de baskets ?

@fr.pauladrien Parce qu’on n’a pas le droit d’utiliser Dieu de cette façon… La Bible dit : « amour et vérité se rencontre, justice et paix s’embrasse » En espérant que vous ne vous fassiez pas avoir. Ces phrases je les ai toutes entendus. L’amour vaincra ! #bible #chrétien #spiritualité #humour #creepy ♬ son original – Frère Paul-Adrien

C’est précisément ce mélange qui la surprend. L’Église qu’elle imaginait fermée lui apparaît soudain accessible, capable de parler d’elle-même sans abandonner ses codes religieux. La vidéo n’est plus seulement une information : elle devient une première rencontre avec une institution que Chloé ne connaissait pas vraiment. « Le côté “jeunes” des contenus m’a montré que l’Église n’était pas si fermée que cela », résume-t-elle. Puis elle cherche encore, jusqu’à franchir le pas du baptême.

Les réseaux sociaux, nouveau chemin de croix

Le parcours de Chloé permet de comprendre ce que les réseaux sociaux changent dans la transmission de la foi. Pendant longtemps, entrer dans l’Église supposait déjà une proximité avec elle : une famille pratiquante, une paroisse, un proche croyant. Désormais, la première porte peut être une vidéo de moins d’une minute.

Les catholiques l’ont compris. Sœur Albertine montre les coulisses de sa vie religieuse et déconstruit les clichés associés aux religieuses. Le père Benoît Pouzin publie des prières et répond à des questions sur la messe ou la foi. Lui assume cette logique de déplacement : « Il fallait aller vers les gens là où ils se trouvent. » Mais il fixe aussi une limite à son propre travail numérique : selon lui, les internautes doivent ensuite « poser leur téléphone » et rencontrer un prêtre. « Rien ne remplacera jamais le contact humain », insiste-t-il auprès de France 24.

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Alexandre, jeune cadre de 29 ans, illustre cette autre fonction des réseaux : non plus seulement transmettre une croyance, mais corriger l’image que certains s’en sont construite. Lui aussi ne vient pas d’une famille catholique. Pendant longtemps, il a associé la religion à une institution vieillissante et aux scandales qui ont marqué l’Église. Puis, dans une période de désespoir personnel, il découvre les vidéos du père Matthieu Jasseron (il a depuis quitté la prêtrise, dénonçant les dysfonctionnements de l’Église). Il commence à se renseigner et se dit progressivement « amoureux » du catholicisme. 

Sa propre identité rend cette découverte particulièrement importante : Alexandre est gay et pensait que l’Église le rejetterait. « Quand j’ai vu sa vidéo (Père Mathieu), ça m’a apaisé, toute l’Eglise n’est pas si fermée d’esprit finalement … », glisse-t-il rassuré.  

@1000raisonsdecroire Répondre à @jnr933 #gay #péché❓ ♬ Lofi nostalgic old music box(833007) – NARU

L’ouverture qu’il perçoit dans certains contenus contribue à faire tomber cette barrière, envisageant même de se baptiser dans l’année. 

« J’avais besoin de repères, et ces vidéos me les ont donnés »

« Le Pape est là, j’ai hâte… Vous avez des places, vous ? », s’empresse de demander Gabriel, étudiant de 26 ans, à peine les salutations échangées dans un café de Neuilly-sur-Seine  (Hauts-de-Seine) aussi bruyant que son excitation à nous livrer son avis sur le Pape. 

Gabriel, raconte une trajectoire différente. Baptisé et issu d’une famille catholique, il avait pourtant cessé de pratiquer. La Covid, la guerre en Ukraine et les inquiétudes liées à la situation économique et politique française nourrissent alors chez lui un sentiment de désorientation. « C’est dans ce contexte que j’ai découvert ses contenus sur Internet », explique-t-il.

Croix autour du cou et regard malicieux, il revient sur ces premiers pas vers la foi. La première vidéo dont il se souvient est celle du père Benoît Pouzin : « Dieu est avec vous ». Le message, « Ne crains pas, Dieu t’aime tel que tu es », lui « a réchauffé le cœur ».

@perebenoitpouzin Ne crains pas Dieu t’aime tel que tu es Il est avec toi et il ne t’abandonnera jamais #catholic #necrainspas  #jesus #chretien #pourtoi ♬ son original – perebenoitpouzin

Quelques minutes passent au fil de notre échange. Puis, nous lui montrons sur son téléphone une vidéo de l’abbé Matthieu Raffray consacrée à l’état spirituel de la France. Gabriel réagit presque aussitôt.

« C’est exactement ça », lance-t-il. La vidéo semble faire écho à ce qu’il cherchait alors : des réponses, mais surtout des repères. « C’est ce qui explique mon cheminement vers Dieu. J’avais besoin de repères, et ces vidéos me les ont donnés », explique-t-il.

Salomé Ferté



Pologne : un Ukrainien poignarde mortellement une personne et en blesse quatre autres

Un Ukrainien de 31 ans a été placé en détention pour avoir tué une personne et en avoir blessé quatre autres lors d’une attaque au couteau dans une abbaye dans l’est de la Pologne, a indiqué la police.

Les faits se sont produits à Jaroslaw, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Les victimes sont quatre hommes et une femme, des médias polonais ont affirmé que la personne décédée était un prêtre, mais ni la police ni le parquet n’ont confirmé l’identité de la victime à l’AFP.

Attaque rare en Pologne

La Pologne, proche alliée et voisine de l’Ukraine, a accueilli des centaines de milliers d’Ukrainiens fuyant l’invasion russe. Le pays a par ailleurs connu des tensions sociales ces derniers mois. La Pologne est l’un des pays les plus catholiques d’Europe. Les attaques au couteau dans le pays – notamment dans des lieux religieux – sont extrêmement rares.

Les motivations de l’auteur de l’agression sont inconnues à ce stade.

Xi Jinping accueilli en grandes pompes par Donald Trump

En visite aux Etats-Unis, Xi Jinping a été accueilli personnellement par Donald Trump à son arrivée à Washington, jeudi matin. Une visite officielle marquée par une ambition affichée de coopération, plutôt que de rivalité. 

 

Donald Trump a mis les formes pour accueillir le président chinois : tapis rouge sur le tarmac, gala ce soir, mais surtout déplacement du président étasunien à l’aéroport pour l’arrivée de son homologue, acte rare. Un accueil aux petits oignons avec un objectif net : prolonger la trêve commerciale entre Washington et Pékin. C’est chose faite, puisque les deux chefs d’Etats ont déjà annoncé la prolonger jusqu’au 10 janvier prochain. 

 

Consensus sur une I.A ultra-libérale

L’amitié présumée s’est aussi forgée autour d’un point en début d’après-midi, l’opposition des deux chefs d’Etat à une quelconque régulation de l’intelligence artificielle. Alors que Donald Trump doit recevoir Xi Jinping pour un sommet à la Maison Blanche, le président américain a déclaré en amont, sur sa plateforme Truth Social, que “La superintelligence [nouveau terme employé par Trump pour désigner l’IA ndlr] sera un sujet de discussion majeur, mais je souhaite en rester exactement au stade actuel. C’est aussi la position de la Chine”. 

 

Les petits plats dans les grands

En attendant de parler des sujets qui fâchent, la Maison Blanche organise, ce soir, un gala organisé dans le cadre de la visite de Xi Jinping. Au menu, la présence des grands noms de la tech américaine tels que Sam Altman ou Elon Musk. Si au programme de la visite présidentielle, est attendu un point sur la guerre contre l’Iran, allié de la Chine, Trump se dit confiant. Pour cette première visite de Xi Jinping à la Maison Blanche en dix ans, les festivités continueront demain, avec au programme visites des Archives Nationales, et tea time. 

Combats dans le nord de l’Ethiopie: 272 rebelles tués, selon l’armée fédérale

Un total de 272 rebelles ont été tués dans des combats dans le nord de l’Ethiopie dans l’état du Tigré, a annoncé l’armée fédérale éthiopienne. Elle y affronte, depuis mardi, plusieurs groupes armés opposés au gouvernement fédéral et récemment alliés.

L’offensive lancée par les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti interdit par Addis Abeba mais qui dirige de fait l’Etat régional du Tigré, aux côtés de groupes alliés, auraient été repoussée selon l’armée, dans un communiqué publié sur Facebook. 260 combattants rebelles ont également été blessés

Une alliance entre groupes armés

Dimanche dernier, le TPLF avait annoncé s’allier à six autres mouvements rebelles, formant la Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie. Composée du Mouvement national amhara des Fano, de l’Armée de libération oromo (OLA), du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), du Front révolutionnaire d’unité nationale afar, du Mouvement de libération du peuple benishangul et du Mouvement démocratique du peuple gumuz, son objectif est ambitieux, puisqu’il s’agit de « destituer le gouvernement » et d’« établir un gouvernement de transition inclusif ».

Un conflit larvé

Une guerre meurtrière et destructrice a opposé entre 2020 et 2022 le gouvernement fédéral et le TPLF, qui a dirigé l’Ethiopie durant 30 ans jusqu’à la nomination en 2018 de l’actuel Premier ministre Abiy Ahmed. Les deux camps s’accusaient mutuellement ces derniers mois de vouloir déclencher un nouveau conflit.

Le conflit s’est étendu en dehors du Tigré, où les autorités fédérales ont procédé à des dizaines de frappes de drones ces dernières semaines. Le TPLF a notamment progressé dans l’Etat régional voisin de l’Afar et des combats opposent l’armée fédérale aux milices amhara Fano en Amhara.