8ème circonscription des Hauts-de-Seine : les nouveaux à l’assaut de la droite

Un habitant du canton de Chaville prépare son choix. Crédits : Julien Percheron
Un habitant du canton de Chaville prépare son choix / Crédits : Julien Percheron

La 8e circonscription des Hauts-de-Seine est de celles qui, depuis plus de vingt ans, restent acquise à la droite. À moins de deux semaines du premier tour des élections législatives, cette routine politique pourrait bien prendre fin. L’arrivée de nouveaux partis, forts des résultats de l’élection présidentielle, entendent battre le successeur du député sortant Jean-Jacques Guillet.

Le scrutin qui s’annonce dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine est inédit. Jean-Jacques Guillet, député Les Républicains (LR) depuis plus de vingt ans, fort de cinq victoires législatives, ne se représente pas cette année. Si la gauche a toujours talonné la droite, l’irruption des candidats de la liste La République En Marche, la percée du Front national et l’arrivée des « Insoumis » laissent planer l’incertitude sur l’issue du scrutin. Au total, quatorze candidats se présentent dans cette circonscription qui regroupe les cantons de Chaville, Meudon et Sèvres.

Une circonscription ancrée à droite

Lors des deux dernières élections législatives, c’est toujours la droite qui s’est imposée comme la grande championne. En 2007, Jean-Jacques Guillet est élu dès le premier tour avec 50% des suffrages exprimés, affrontant la radicale de gauche Caroline Roy (21% des voix). Aux dernières législatives de 2012, Jean-Jacques Guillet se place, avec 37% des voix, devant la candidate socialiste Catherine Lime-Biffe (32%). Le député UMP remporte le second tour avec 54% des voix. En regardant de plus près, la gauche arrive tout de même en tête face à Jean-Jacques Guillet à Meudon et à Sèvres. Une conséquence de l’élection du candidat socialiste François Hollande à la présidence de la République. Dans toutes les autres villes de la circonscription, à Chaville, Marnes-la-Coquette, Ville d’Avray et Vaucresson, c’est le candidat UMP qui tient la première place cette année-là.

Ces résultats soulignent, d’une part, que la 8e circonscription des Hauts-de-Seine se démarque par un fort ancrage à droite. D’autre part, que le clivage droite-gauche a persisté pendant plus de vingt ans. A chaque second tour, le duel législatif a opposé Jean- Jacques Guillet à une candidature de gauche. Cette année, la situation n’est plus la même. Jean- Jacques Guillet, député sortant, laisse la place à Gilles Boyer, proche d’Alain Juppé et de l’actuel Premier ministre Edouard Philippe… Face à lui, treize autres candidats dont Jacques Maire de La République En Marche. Pour limiter les divisions à gauche, le Parti socialiste s’est allié à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), représenté par Renaud Dubois.

Jacques Maire : « Nous sommes les seuls à avoir un programme »

Investi par La République En Marche pour les législatives, le candidat Jacques Maire connaît bien les enjeux de la 8e circonscription. « Il y a un gros travail à faire pour montrer que je  suis capable de travailler avec des municipalités plus conservatrices, où les gens sont plus à droite », commente Jacques Maire. La nouvelle candidature LR ne changera pas grand chose selon le candidat macroniste. « La question est de savoir si les électeurs souhaitent donner au Président une majorité fonctionnelle à l’Assemblée ». Quels enjeux dans la 8e circonscription ? « La question du logement, des travailleurs indépendants qui sont nombreux dans le secteur, la pollution urbaine, et la question de la sécurité font partie de nos priorités », détaille-t-il. « Je pense que nous ne sommes pas dans un contexte habituel, le Président élu a su dépasser les clivages. Ce n’est pas tant une élection qu’un référendum, pour savoir si oui ou non, les électeurs veulent donner sa chance à Macron », admet le candidat Jacques Maire.

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« Je ne sais toujours pas pour qui je vais voter! »

Sur le marché de Meudon-La-Forêt, quartier moins riche que ses voisins dans la circonscription, les passants acceptent les tracts sans grande conviction. « J’ai voté blanc à l’élection présidentielle, je ne sais pas encore pour qui je voterai aux législatives. Mais j’irai voter! », lance Françoise au stand prêt-à-porter. « Il y a d’énormes différences entres les quartiers de la circonscription. Meudon c’est la ville des artistes et des acteurs, ici à Meudon-La-Forêt, c’est la ville des travailleurs », détaille Françoise. Pourquoi pas la France insoumise ? « Je ne suis pas convaincue… », lâche-t-elle en faisant la grimace. Krimat, retraité et habitant du quartier, se laisserait bien séduire par le parti de Jean-Luc Mélenchon. « Il soutient les ouvriers contre les patrons, moi je suis pour l’égalité », commente-t-il. Sur le marché, les militants du parti de jeunes Allons Enfants aborde les passants. Krimat admire cette démarche. « Moi je suis pour la jeunesse, la politique c’est ouvert à tout le monde », ajoute-t-il.

Paul Boyer, du parti Allons Enfants, tente de convaincre à Meudon-La-Forêt. Crédits : Julien Percheron
Paul Boyer, du parti Allons Enfants, tente de convaincre à Meudon-La-Forêt / Crédits : Julien Percheron

L’élection des petits nouveaux

L’arrivée de La République En Marche et la faiblesse du PS ne sont pas les seuls enjeux des élections législatives dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine. L’Union Populaire Républicaine, Allons Enfants, La France Insoumise : ces nouvelles têtes pourraient bien remettre en jeu le clivage droite – gauche de ces vingt dernières années.

Par Léa Duperrin, Julien Percheron et Aline Bottin

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Clichy-Levallois : les deux visages d’une même circonscription

 Malgré leur histoire commune et le fait que Levallois-Perret était un quartier de Clichy jusqu’en 1867, les deux villes ont connu des évolutions différentes ces dernières années. Tandis que Levallois-Perret est devenue une ville aisée aux infrastructures publiques très développées, Clichy peine à rattraper sa fausse jumelle.

Mairie de Levallois-Perret (Crédits photos : Alice Pattyn, Clotilde Bru, Anaëlle De Araujo)
Mairie de Levallois-Perret (Crédits photos : Alice Pattyn, Clothilde Bru, Anaëlle De Araujo)

« La 5ème circonscription est clivée. Levallois a besoin de plus d’autonomie et Clichy de plus de protection », considère la candidate de La République en Marche ! (LREM), Céline Calvez. Le clivage entre les revenus médians de la population des deux communes est assez évocateur. Alors qu’il est d’environ 38 000 euros par an pour les Levalloisiens, celui des Clichois atteint seulement 26 000 euros.

La fracture se ressent également au niveau politique : Levallois-Perret plutôt à droite et Clichy à gauche. La vie quotidienne des habitants de Levallois a été rythmée depuis 1983 par la succession quasi ininterrompue des mandats de maire et de député de Patrick Balkany (Les Républicains). Lors du premier tour de la présidentielle, François Fillon a obtenu 40,69 % à Levallois, contre 14,64 % à Clichy, alors que Jean-Luc Mélenchon a obtenu près de 30 % de suffrages. Au premier tour de 2012, Nicolas Sarkozy récoltait près de 48 % et 20 % à Clichy. Néanmoins, cet ancrage à gauche de la ville de Clichy a été interrompu par l’élection de Rémi Muzeau (LR) aux élections municipales partielles de juin 2015.

Au niveau géographique, la séparation entre les deux villes est symbolisée par la gare de Clichy-Levallois et le passage se fait en empruntant un tunnel qui passe sous les rails. Cette frontière marque aussi une rupture dans l’aménagement urbain. Les bâtiments abandonnés que l’on peut trouver au nord-est de Clichy sont inexistants à Levallois. Le centre commercial So Ouest, les banques et les entreprises comme LVMH ou L’Oréal participent de manière importante à la vitalité économique du fief de Patrick Balkany. 

Un clivage qui n’est pas toujours pris en compte

Bâtiment du nord-est de Clichy (crédits photos : Alice Pattyn, Clothilde Bru, Anaëlle De Araujo)
Bâtiment du nord-est de Clichy
(crédits photos : Alice Pattyn, Clothilde Bru, Anaëlle De Araujo)

François-Xavier Bieuville, proche de Patrick Balkany et candidat de droite non-investi par le parti Les Républicains tente de tempérer ces différences : « Il y a une histoire commune entre Clichy et Levallois. Le découpage de cette circonscription est légitime. D’ailleurs, je suis le seul candidat à parler aux maires des deux communes à la fois. » En même temps, il n’est pas sûr que le maire de Levallois, Patrick Balkany, accepte de parler à des candidats qui n’appartiennent pas à sa famille politique.

Céline Calvez prend en compte cette fracture : « Je ne remets pas en cause la qualité de vie des Levalloisiens. Levallois est une vie qui rayonne à l’intérieur mais pas à l’extérieur. C‘est une circonscription clivée mais, étrangement, quand il y a des magouilles, les élus parviennent à s’entendre. »

Alice Pattyn, Clothilde Bru et Anaëlle De Araujo

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Crédits : Wikipédia
Crédits : CC – Grenouille verte

Comment s’organise le tri dans un restaurant ?

Tout ce qui est carton est trié. D’un point de vue hygiène, les cartons ne sont pas autorisés à rentrer dans la cuisine donc il faut les jeter en amont. C’est pour cela qu’ils sont triés. Pareil pour le verre. Par contre dans les cuisines le tri n’est pas respecté. Les emballages plastique, les cartons et les déchets organiques sont jetés dans une seule poubelle.

Et pourquoi le tri n’est-il pas respecté en cuisine ?

C’est impossible de trier pendant le service parce que ça prend trop de temps. Trier, c’est rajouter beaucoup de contraintes dans un milieu où il y en a déjà beaucoup. T’imagines, t’ouvres un pot de crème fraiche, tu le jette dans une poubelle, t’épluches un oignon, tu mets les épluchures dans une autre poubelle, c’est pas possible de faire le tri tout en travaillant rapidement. Et puis, il y a une désinformation par rapport à ce qui se met dans quelle poubelle. La viande, c’est un déchet organique ou pas ? Je la mets dans la nouvelle poubelle ou dans la poubelle verte ? Tout est chronométré, donc c’est vraiment un problème de temps, et si t’arrives à en dégager un peu tu donnes une pause à tes employés parce que leur bien-être passe avant. Il faudrait qu’il y ait également quelque chose à gagner pour le restaurateur qui fait le tri.

Que faudrait-il faire pour pallier ce problème ?

Peut-être faudrait-il développer des aides de l’Etat, en tout cas il faut quelque chose qui motive. Ou sinon mettre une amende aux personnes qui ne respectent pas le tri, comme en Californie, mais là les restaurateurs ne seraient pas contents. Les palaces essayent de mettre en oeuvre des démarches de tri mais c’est pour faire bonne figure mais c’est impossible à respecter en soi par manque de temps. Sur Paris, ce sont des grossistes qui livrent les restaurants, et les palaces par exemple utilisent des bacs en plastique réutilisables pour le transport de produits. Mais ça ne marche que parce que c’est des produits frais. En brasserie, avec les produits surgelés, ils doivent jeter beaucoup plus d’emballages et de déchets que les restaurants gastronomiques. Quand tu gères une entreprise, la première question c’est combien ça coûte, et combien ça va me rapporter, c’est tout. Les autres questions passent après.

Propos recueillis par Catherine Saliceti et Aline Bottin

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Le tri sélectif est-il à jeter à la poubelle?

Le tri n'est pas souvent respecté dans les poubelles franciliennes
Le tri n’est pas souvent respecté dans les poubelles franciliennes. 

Chaque année, 39% des déchets produits pas les Français sont recyclés. En Île-de-France, ce taux chute à 28%. Mais la capitale reste le plus mauvais élève, seuls 17,4% des déchets produits par les Parisiens étant valorisés. Comment expliquer un tel échec et quelles mesures peuvent être prises en amont ?

Bricardo se laisse doucement porter par le tapis roulant. Seulement, il voit au loin ce qui l’attend. Il est sur le point de se faire compresser avec des centaines d’autres bouteilles. L’heure de la renaissance sous une nouvelle forme a bientôt sonné.

Bricardo est une brique de lait. La semaine dernière, il se reposait doucement au frais dans un réfrigérateur du VIe arrondissement de Paris. Mais le lait qu’il comportait a été consommé, il a été jeté. Le matin suivant, un camion poubelle l’embarquait vers une nouvelle destination.

Bricardo fait partie des 417 336 tonnes d’emballages recyclables, hors verre, collectés en Ile-de-France en 2014, selon l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (ORDIF). Il a été chanceux, car chaque jour, certains de ses camarades ne sont pas collectés car ils cohabitent dans la poubelle des déchets recyclables avec d’autres déchets qui ne sont, eux, pas recyclables. Jean-Luc D., éboueur dans le IXe arrondissement de la capitale, refuse chaque jour le ramassage de certaines poubelles jaunes. « On a l’impression que les Parisiens ne comprennent pas le tri sélectif, alors qu’il y a des autocollants rappelant quels sont les objets qui y sont acceptés. Le plus souvent, on y trouve du bois, des vêtements… Une fois, j’ai quand même retrouvé deux colverts morts dans un sac jeté dans la poubelle jaune », raconte l’employé de mairie. Pour Franck L., lui aussi agent municipal à Paris, la faute incombe aussi aux éboueurs. « Il y a des collègues qui refusent une poubelle entière juste parce qu’un petit sac d’ordures ménagères, facilement mis de côté, a été jeté dans la poubelle jaune », déclare-t-il.

À Paris, 17,4% des déchets recyclés

Selon le rapport public annuel 2017 de la Cour des comptes, intitulé « Traitement des déchets en Île-de-France : des objectifs non remplis », seuls 17,4% des déchets produits en 2015 par habitant dans la capitale ont été recyclés. En Ile-de-France, ce taux de recyclage monte à 28%, mais la région est encore loin de l’objectif fixé par la loi de 2009 de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, fixé à 45%. Pourtant, l’Île-de-France produit 15% des déchets ménagers en France. Ce taux est également inférieur à la moyenne nationale, qui est elle de 39%, et bien loin de la moyenne de l’Union européenne, dont le taux de recyclage était de 44,6% en 2015. L’Allemagne est elle considérée comme bon élève en affichant un taux de recyclage de 64% en 2014. Le retard de la région Île-de-France, et surtout de Paris, en matière de recyclage est principalement dû à l’étape du tri, qui n’est pas respectée. Selon la mairie de Paris, plus de la moitié des ordures retrouvées dans la poubelle dédiée aux déchets ménagers est en fait recyclable. De plus, plusieurs immeubles parisiens ne sont pas munis de poubelles de tri. « Dans mon immeuble, il n’y a ni poubelle de verre, ni poubelle de déchets recyclables, je suis obligée de stocker puis de jeter mes déchets, souvent dans les poubelles des autres. À Paris, si l’on veut trier, il faut le vouloir », raconte Estelle C., habitante du quartier de Montmartre (XVIIIe).

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Pour pallier ce taux médiocre, la mairie de Paris a lancé le « Paris du tri » en mars 2016. Cette vaste opération de communication vise à transmettre les bons gestes à adopter face à ses déchets. Un « guide du tri » a d’ailleurs été distribué à large échelle dans les boites aux lettres parisiennes. Plus récemment, la Ville a également misé sur un nouveau bac au couvercle orange, destiné à recevoir les ordures organiques. Le dispositif n’est néanmoins qu’à l’état d’expérimentation, seule une partie du XIIe arrondissement de Paris étant concernée.

Les déchets recyclables ayant passé l’épreuve du tri et donc placés dans le bon bac, à l’instar de Bricardo, sont ensuite transportés dans les centres de tri de déchets d’Ile-de-France. Ayant été jeté dans le VIe arrondissement, Bricardo est emmené au centre de tri du XVe arrondissement de Paris. Appartenant à l’entreprise Syctom, ce centre trie les déchets recyclables en fonction de leur matériau de conception. Ils subissent ensuite l’épreuve traumatisante du compactage, afin d’être acheminés vers des centres de traitement des déchets spécialisés dans chacun des types de matériaux.

Bricardo étant une brique alimentaire, il est composé de carton, de plastique et d’aluminium. Le carton est l’élément recyclable majoritaire d’une brique de lait. Après son passage en centre de recyclage, il commencera une nouvelle vie, sous la forme de papier toilette ou de papier cadeau.

Agir en amont : le vrac

Pour éviter le parcours du recyclage, dont peu de déchets passent finalement toutes les étapes, certains trouvent des solutions en amont, comme l’achat de produits en vrac. Laurent Quentin a ouvert une boutique spécialisé dans ce mode de vente sous la franchise Day by Day, dans le VIIe arrondissement de la capitale. « Il y a quelques années, je me suis rendu compte que chez nous on jetait à peu près 30% de ce qu’on achetait. Ça a provoqué un déclic chez moi, et j’ai commencé à m’intéresser au vrac. Puis j’ai réalisé que je pouvais ouvrir une boutique, franchisée de surcroit, et je n’ai pas hésité à tenter l’expérience », explique-t-il. Lui qui a travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant vingt-trois ans a donc décidé de sauter le pas il y a huit mois, et s’est installé Rue de Sèvres.

Laurent Quentin a ouvert sa boutique rue de Sèvres en septembre dernier.
Laurent Quentin a ouvert sa boutique rue de Sèvres en septembre dernier.

 

À l’intérieur, les tubes remplis de denrées sont nombreux, bien que la superficie de la boutique ne soit pas très grande. « C’est un parti pris d’avoir un magasin de taille restreinte, ça reste un commerce de proximité », explique Laurent Quentin, accompagné ce jour-là de Frédéric Dufour. Ce dernier a pour projet d’ouvrir un magasin Day by Day à Boulogne-Billancourt en septembre. Il vient cette semaine se former dans la boutique du VIIe arrondissement.

Si la taille du magasin est limitée, le choix lui ne l’est pas. Pâtes, riz, quinoa, bouchées de saucisson, céréales, lentilles corail, épices,… Il est possible de trouver n’importe quel produit, tant qu’il n’est pas périssable rapidement. Bricardo, la brique de lait, n’aurait par exemple pas sa place dans ce temple du sac kraft. Pour ce qui est du reste, tout est disponible sans emballage, même des produits de première nécessité comme le dentifrice. Encore faut-il braver l’aspect peu attrayant de ce produit en particulier. Le dentifrice en tube, bien connu de toutes les familles, laisse ici place à une pâte dure, verte, sentant anormalement fort la menthe. « Même si j’essaye d’appliquer le zéro déchet chez moi, mes enfants de 17 et 21 ans n’ont pas réussi à passer le cap du dentifrice, qu’ils trouvent très bizarre », s’amuse Frédéric Dufour.

De nombreuses denrées alimentaires sont disponibles à la vente.
De nombreuses denrées alimentaires sont disponibles à la vente en vrac.

Bien que ça ne soit pas son objectif premier, Day by Day a une dimension sociale. « Chaque jour, il y a une vieille dame qui vient m’acheter vingt centimes de pâtes. La manière de procéder d’un magasin en vrac ressemble à celle des épiceries qu’elle connaissait à l’époque. », raconte Laurent Quentin. Mais la nostalgie d’une époque passée n’est pas la seule raison pour laquelle ils ne prennent des provisions qu’en petite quantité tous les jours. « Elle reste toujours un peu dans la boutique pour discuter, et ce n’est pas la seule. Je pense que les clients sont contents de pouvoir parler avec quelqu’un ne serait-ce que quelques minutes, surtout les plus isolés », poursuit le gérant.

Une solution viable ?

Si le fait de ne prendre que la quantité voulue est un avantage, le prix, lui ne l’est pas. Même si Laurent Quentin affirme que les prix sont « 5 à 30% moins chers qu’en grande surface », une comparaison menée entre les prix d’un Carrefour City et Day by Day prouve le contraire. En supermarché, un kilogramme de pâtes coûte 1,74 € contre 4,25 € dans le magasin de la rue de Sèvres. Pour un litre de liquide vaisselle, il faut débourser 2 € au Carrefour contre 4,25 € à Day by Day. Un bloc de dentifrice, qui équivaut à un tube et demi, vaut lui 9,90 € en vrac, contre 1,74 € au Carrefour pour la même quantité. Reste à savoir si le prix est un gage de qualité. À Day by Day, les produits issus de l’agriculture biologique sont signalés par une étiquette verte, ceux qui ne le sont pas d’une étiquette orange. Mais aucune mention de la provenance des produits.

Ici, pas question d'utiliser des sacs en plastique.
Ici, pas question d’utiliser des sacs en plastique.

La Ville de Paris a fixé comme objectif le « zéro déchet » à terme dans la capitale. Mais un palier à l’horizon 2020 est d’ores et déjà fixé : réduire de 10% le volume de déchets ménagers produits. Si la réaction en amont, en se procurant ses denrées dans des magasins de vrac par exemple, semble être une bonne idée, il ne faut néanmoins pas délaisser le tri en aval. « Le guide du tri est une première étape certes, mais face à l’incivilité, pourquoi ne pas mettre en place des amendes, comme à San Francisco », avance l’employé de mairie Franck L. San Francisco, revalorisant presque 100% de ses déchets, est donc un exemple à suivre dans le domaine.

Catherine Saliceti et Aline Bottin

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