La Rwandaise Mushikiwabo nommée secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie

L’OIF a nommé à sa tête la Rwandaise Louise Mushikiwabo, ce vendredi 12 octobre 2018.

Le 17ème sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), organisé à Erevan en Arménie, s’est clôturé par la nomination de la nouvelle secrétaire générale de l’organisation. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian l’a officialisé lors d’une séance de travail ce vendredi à la mi-journée. La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, 57 ans, est la nouvelle présidente de la Francophonie.

C’est un véritable succès diplomatique pour le pays des mille collines, qui concrétise ses efforts pour accroître son influence en Afrique et dans le monde. Il semble que le Rwanda parvienne à faire oublier son bilan critiqué en matière de défense des droits de l’Homme. Le régime est accusé de bafouer la liberté d’expression et de réprimer son opposition. Deux rapports de Human Rights Watch l’an dernier avaient aussi montré que l’armée recourait aux exécutions sommaires, aux détentions illégales et à la torture.

La désignation a été faite par consensus à l’occasion d’un huis clos entre les chefs d’Etat et de gouvernement membres de plein droit. Mme Mushikiwabo était en concurrence avec la secrétaire générale sortante de l’institution, la Canadienne Michaelle Jean, qui n’aura fait qu’un mandat.

Dans une brève déclaration, elle a dessiné ses objectifs pour l’OIF et avant tout, la volonté que l’organisation « pèse beaucoup plus sur l’échiquier mondial ».

Audrey Abraham

Le Var doit-il se préparer à de plus en plus d’inondations ?

 

Une pelleteuse enlève les débris charriés par les violentes pluies de la nuit du 10 Octobre (Photo Valery HACHE / AFP)
Une pelleteuse enlève les débris charriés par les violentes pluies de la nuit du 10 Octobre, à Fréjus (Var) 
(Photo Valery HACHE / AFP)

 

En quelques heures, il est tombé l’équivalent de 47 jours de pluie sur le département du Var. Au moins deux personnes sont mortes après avoir été emportées vers la mer par la montée de la rivière Garonnette, à Sainte-Maxime. En 8 ans, le Var compte à lui seul près de 40 décès suite à des inondations. Faut-il s’habituer à vivre de plus en plus d’inondations dans le Sud de la France ? 

 

Depuis 2010, cela fait 6 fois que le Var est soumis à de violentes inondations, 6 fois que ces inondations se soldent pas des décès. Au total, ce sont près de 40 morts qui sont à décompter sur cette période de huit ans. Seuls les années 2011 et 2012 n’ont pas connues d’inondations meurtrière. Ces événements semblent de plus en plus fréquents.

Le changement climatique, une facteur déterminant ?

« On ne peut pas le nier, sur les dernières décennies, les épisodes pluvieux sont plus nombreux, surtout, plus intenses confirme Loïc Spadafora, prévisionniste météo chez Agate Météo. Sur les dix dernières années on note la recrudescence de phénomènes ultralocalisés, des orages diluviens qui frappent surtout les littoraux.  » Des phénomènes pluvieux, plus intenses, avec des orages qui se stabilisent sur un territoire, saturant les sols et les rivières. Ce sont les « crues éclaires », et ce sont elles qui sont responsables des récents épisodes en Provence Alpes Cote d’Azur.

Pour autant, ces précipitations amènent-elles forcément plus d’inondations ? « Les couches d’incertitudes demeurent nombreuses » tempère Pierre Javelle, hydrologue à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (ISTREA). Pour l’hydrologue, si l’intensification des précipitations est une certitude, impossible de savoir s’il y a plus d’inondations qu’avant, ou non. » Des événements extrêmes comme celui de cette nuit, il y en a déjà eu. Par contre, il faut arriver à caractériser s’ils reviennent plus souvent ou pas. Il nous manque encore 10 ou 15 ans d’observation pour déterminer si c’est le cas ou non » explique le spécialiste de l’ISTREA.

En analysant le nombre de communes varoises (voir graphique ci-dessous) ayant été reconnues comme victimes de « catastrophe naturelle » suite à une inondation, on voit bien qu’il y a depuis 2008 une tendance à la concentration de tels phénomènes. On remarque cependant entre 1992 et 1996 une séquence similaire dans laquelle de nombreuses communes ont été reconnues catastrophes naturelles.

 

Mais cet état de catastrophe naturelle est notamment décrété afin de permettre le remboursement des personnes touchées par l’inondation. Ici, le principal critère de décision n’est donc pas la hauteur d’eau . Il s’agit des dégâts causés, matériels ou humains.

 

Une vulnérabilité nouvelle face aux inondations

Après la question des précipitations se pose la question de la vulnérabilité face à celles-ci. » Il y a une pression urbaine de plus en plus forte, explique Pierre Javelle. on construit dans des zones ou l’on ne construisait pas avant. Dans ces territoires, on met des choses qui peuvent potentiellement être détruites.  » C’est ce que les spécialistes appellent l’exposition.  » Il y a beaucoup plus d’enjeux exposés en zone inondable qu’avant » poursuit-il.

 

« il y a tout de même beaucoup de choses qu’on peut faire en matière d’aménagement du territoire » explique Pierre Javelle . Réduire les dégâts est aussi une question d’aménagement du territoire. Les bons gestes et bons réflexes, déplorent les spécialistes, sont encore trop peu répandus, que ce soit du côté des particuliers, ou des communes qui peuvent tardent à donner l’alerte.

Plus d’inondations ? Impossible de le dire donc pour l’instant. Mais des phénomènes pluvieux qui ont changé: plus soudains, avec des événements plus concentrés. Et si la nature du risque a changé, la préparation à celui-ci n’a que peu évolué, expliquant peut-être la recrudescence des inondations constatée ces dernières années.

 

Gaël Flaugère 

 

Dans le Var, deux corps retrouvés à l’intérieur d’une voiture dans la mer

Au total, c'est 16 personnes qui ont été secourues dans le Var. Images- AFP
Au total, c’est 16 personnes qui ont été secourues dans le Var. Images- AFP

Le département est touché depuis mercredi par de violents orages qui ont provoqué des inondations. Jeudi matin, le bilan fait état de deux corps retrouvés sans vie à l’intérieur d’un véhicule.

Ce jeudi, le corps d’une personne à bord de sa voiture a été retrouvé dans la mer au large de Sainte-Maxime. Un peu plus tard, c’est une deuxième victime qui est repêchée par les secouristes. Le véhicule en proie aux fortes intempéries qui sévissent depuis mercredi dans le Var était échoué, à moitié immergé dans les vagues et retourné sur le toit. Dans un communiqué publié par la préfecture du Var et la gendarmerie, on apprend que « le véhicule a été retrouvé à l’embouchure de la Garronnette », en crue depuis plusieurs jours.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, cinq véhicules ont été emportés à la mer et englouties par la crue de la Garronnette, la rivière entre Sainte-Maxime et Roquebrune. « Il est certain qu’il y aura un bilan humain, mais qu’on ne peut encore évaluer à cette heure » avait auparavant déclaré le Préfet du Var. En vigilance orange depuis mercredi, le département a été rétrogradé jeudi matin en vigilance jaune.

Des dégâts matériels nombreux

Ce jeudi à 3 heures, près de 140 rappeurs-pompiers étaient déjà intervenu 202 fois dans le Var. La mairie de Sainte-Maxime parle de dégâts matériels importants avec des villas, des caves et des halls d’immeubles inondés. « Il va y avoir une multitude de déclarations de sinistre, et déjà surtout, pompage et nettoyage tout de suite » a confirmé à Franceinfo Vincent Morisse, le maire de la commune. Au total, c’est 16 personnes qui ont été secourues face aux intempéries.

En attendant, les autorités locales ont renouvelé dès l’aube leur appel à la prudence. Le préfet recommande d’éviter les garages et les parkings souterrains. Le réseau routier départemental est quant à lui de nouveau praticable. Aux dernières nouvelles, seule la Corse demeurait en vigilance orange pour les orages ce jeudi.

N.Q

Près de la gare Saint-Lazare, un cheminot meurt percuté par un train

Crédits : Charly TRIBALLEAU / AFP
Crédits : Charly TRIBALLEAU / AFP

L’employé de la SNCF, en service au moment du drame, est décédé mercredi soir à l’âge de 55 ans. Une enquête judiciaire a été ouverte. 

Un cheminot en service a perdu la vie mercredi soir. Cet agent de signalisation et responsable de travaux a été « heurté par un train » près de la gare Saint-Lazare peu après 22h30, a annoncé un porte-parole de la SNCF. Il avait 55 ans.

Les pompiers de Paris qui sont intervenus après le drame ont donné plus de précisions. Le corps de la victime a été retrouvé sur le bord des voies ferrées, à Pont-Cardinet, à la suite d’un choc avec un train Transilien de la ligne J. Une zone « extrêmement dense » où la vitesse des trains est « élevée », selon un aiguilleur de la gare Saint-Lazare. Une enquête judiciaire est déjà en cours et une autre, interne cette fois, a été demandée par le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Pas un évènement isolé

Ce drame survient après le décès dans la nuit de mardi à mercredi de deux ouvriers d’une entreprise privée sous-traitante de la SNCF, qui effectuaient des travaux sur une voie ferrée dans les Hautes-Pyrénées. Deux autres personnes avaient été grièvement blessés dans une collision entre des engins de chantier à Péré, entre Montréjeau et Tarbes.

La réaction des syndicats ne s’est pas faite attendre. En conflit avec avec la direction depuis de nombreux mois, la CGT-Cheminots dénonce, par la voix de son porte-parole Laurent Brun, « les conditions de plus en plus précaires du travail, notamment en région parisienne. » Ce dernier a également déploré que le risque ferroviaire ait été « négligé ces dernières années pour cause de productivité. »

L.M