Athènes exhorte Londres de restituer les frises du Parthénon

Dans une tribune au Guardian publiée jeudi matin, le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a appelé Londres à faire preuve de “courage”, et à restituer les frises du Parthénon. La relance d’une querelle historique. 

 

Alors que les discussions semblaient au point mort, le premier ministre grec a appelé son homologue à franchir “le pas décisif”, celui de la restitution par le Royaume-Uni des frises du Parthénon, exposées au British Museum. Si l’extraction des frises de l’Acropole date de 1801, elle cristallise encore les relations diplomatiques entre les deux Etats. 

 

Un sur-place permanent

Des relations sensibles que la tribune de Kyriakos Mitsotakis attise à nouveau. Dans sa tribune, il insiste sur la “volonté politique” dont doit faire preuve le Royaume-Uni, en réunissant les sculptures, pour “transformer un différend historique en un acte unique d’amitié culturelle”. 

Si les discussions stagnent, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, s’était prononcé en faveur de la restitution, “sans conditions”. Mais arrivé en poste, le dirigeant travailliste est revenu sur cette position, en déclarant en août que l’affaire relevait exclusivement du British Museum. Le porte-parole du musée, contacté par l’AFP, a simplement réaffirmé dans la journée que sa “position et son ouverture à un accord demeuraient inchangées”. 

 

La tapisserie de Bayeux 

C’est dans ce lieu mythique que trône en ce moment la Tapisserie de Bayeux, dans le cadre d’un prêt inédit de la France. Une actualité dont le Premier ministre grec s’empare, déplorant la différence de traitement entre la tapisserie française et les bas-reliefs grecs. Il souligne que “personne n’envisagerait de couper en deux ce qui subsiste de la tapisserie de Bayeux”, accusant que cela soit “exactement ce qui est arrivé aux sculptures du Parthénon”. Un conflit patrimonial qui ne trouve pas d’issue, après deux siècles de revendications bi-partites. 

 

Changement climatique : le pape veut plus de justice sociale

Le pape Léon XIV a pris la parole aujourd’hui au sujet du changement climatique. Il réclame plus de justice sociale, une meilleure prévention ainsi qu’une vigilance accrue envers l’IA

Le pape Léon XIV estime que le réchauffement n’est pas qu’un défi environnemental mais également une question de justice sociale. Les catastrophes naturelles, dont l’intensité croît, « frappent surtout les pauvres, les communautés qui disposent des ressources les plus limitées pour s’adapter, et ceux dont les moyens de subsistance dépendent directement de la terre, des forêts et des océans », a alerté le pontife américain lors d’une audience aux membres de l’Académie pontificale des sciences.

« Passer de la réponse d’urgence à la prévention »

Le souverain pontife veut aussi un changement d’attitude pour plus de prévoyance. « Nous ne pouvons répondre à ces défis uniquement après que la catastrophe s’est déjà produite. Nous devons passer de la réponse d’urgence à la prévention, de la vulnérabilité à la préparation et des mesures à court terme à une vision sage et clairvoyante pour l’humanité ».

Engagé contre l’IA

Le chef des 1,4 milliard de catholiques a aussi souligné la « forte pression sur les ressources naturelles » exercée par les systèmes d’IA actuels, très gourmands en énergie et en eau, et « influençant de manière significative les émissions de dioxyde de carbone ». Dans le même discours, Léon XIV a de nouveau mis en garde contre les risques accompagnant le développement de l’IA.

Robert Prevost s’inscrit dans le sillage de son prédécesseur François et de son encyclique Laudato Si’ (2015), un manifeste historique sur la protection de l’environnement appelant à une action contre le réchauffement climatique d’origine humaine.

Un juge estime contraire à la Constitution le bannissement de trois médias par Trump

Accusés de divulguer des « fake news », Donald Trump a récemment écarté trois médias, CNN, MS NOW et Politico. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un juge a ordonné à la Maison Blanche de rouvrir « immédiatement » son accès à ces médias, estimant ce bannissement potentiellement contraire à la Constitution.

C’est une nouvelle atteinte à la liberté de presse. Selon le juge fédéral Timothy Kelly, la suppression brutale en fin de semaine dernière des accréditations des chaînes CNN et MS NOW et du média en ligne Politico « a probablement violé leurs droits constitutionnels ». Le magistrat dans son ordonnance précise : « La règle générale veut que les individus doivent être préalablement notifiés et avoir la possibilité d’être entendus avant que le gouvernement les prive d’un intérêt protégé par la Constitution ». 

Il a arrêté sur cette base que l’exécutif américain devait « rétablir et restituer immédiatement les badges d’accréditations » de leurs correspondants « jusqu’à nouvel ordre ou expiration de cette ordonnance », rendue pour deux semaines. Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’avocat des trois médias, Theodore Boutrous, s’est félicité d’une « décision majeure qui réaffirme la liberté de la presse, le droit à une procédure régulière et l’état de droit ».

Donald Trump s’attaque aux médias 

Le président Trump a créé la surprise en annonçant le 18 septembre bloquer « avec effet immédiat » les accès à la Maison Blanche de CNN, MS NOW et Politico, les accusant de relayer de « fausses informations ». En retour, ces derniers ont saisi la justice en dénonçant une atteinte « directe au Premier amendement » de la Constitution américaine garantissant la liberté de la presse.

CNN, MS NOW et Politico se voient en particulier reprocher leurs informations des derniers mois sur la pénurie de munitions des forces armées américaines du fait de la guerre contre l’Iran, contestée par Donald Trump mais qu’un rapport du Pentagone a confirmée mi-septembre. CNN se voit aussi accusée d’avoir « révélé des détails top secret » du projet de construction d’un bunker sous la salle de bal en chantier dans l’aile Est de la Maison Blanche. L’éviction de CNN a amené les quatre autres membres du « pool » télévisé de la Maison Blanche – CBS, ABC, NBC et Fox – à décider de cesser leur participation à ce dispositif crucial, dans une manifestation de solidarité inédite. Mercredi, au troisième jour du blocage de ce flux vidéo distribué aux télévisions, ni Fox News, CNN ou MS NOW n’ont retransmis en direct les images de l’accueil par Donald Trump du président chinois Xi Jinping près de Washington.

« L’accès à la Maison Blanche est un privilège, pas un droit » 

Dans un argumentaire versé au dossier, le ministère de la Justice revendique le droit pour le président des Etats-Unis d’interdire aux médias l’accès à certaines zones de la Maison Blanche, à sa seule discrétion.« L’accès à la Maison Blanche est un privilège, pas un droit », affirme le ministère dans ce document.

L’Association des correspondants à la Maison Blanche, ainsi qu’une cinquantaine de médias, ont apporté leur soutien à l’action de CNN, MS NOW et Politico.

Le CELSA avec AFP

JO : La nouvelle maire de Berlin Elif Eralp abandonne la course pour 2036, 2040 ou 2044

Berlin a officiellement retiré jeudi sa candidature à l’organisation des Jeux olympiques de 2036, 2040 ou 2044, laissant les projets de Munich et de Cologne/Rhin-Ruhr seuls en lice avant la décision du Comité olympique allemand (DOSB) samedi.

« Nous n’avons tout simplement pas pu proposer la stabilité politique dont on a besoin », a regretté le patron de la candidature berlinoise Kaweh Niroomand, ancien volleyeur et entraîneur, lors d’une conférence de presse.`

La tête de liste du parti de gauche Die Linke, Elif Eralp, arrivée en tête du scrutin régional dimanche à Berlin avec 25% des suffrages, a annoncé dès lundi qu’elle ne soutiendrait pas une candidature olympique.

« Je ne suis encore jamais venu à une conférence de presse autant à contrecoeur. Aujourd’hui est un jour triste pour Berlin. Car les Jeux olympiques et paralympiques auraient été une immense opportunité. Pour Berlin, pour l’Est de l’Allemagne et pour les générations futures », a souligné le maire sortant de Berlin, Kai Wegner, issu du parti conservateur CDU du chancelier Friedrich Merz.

Duel entre Munich et Cologne

Quatre villes s’étaient initialement porté candidates pour représenter l’Allemagne devant le Comité international olympique (CIO) pour les Jeux de 2036, 2040 ou 2044. Hambourg s’était déjà retiré fin mai après le rejet de son projet par référendum. Berlin, dont le conseil municipal avait approuvé la candidature le 21 mai, n’avait pas organisé de consultation populaire. Le DOSB se réunira samedi à Baden-Baden (sud-ouest) pour choisir entre Munich et Cologne qui ont passé l’obstacle référendaire.

Manon Latour avec AFP