Notre-Dame-des-Landes : quelles portes de sortie ouvre le référendum ?

Lors d’un passage télévisé le 11 février, François Hollande a annoncé le projet d’un référendum local pour régler l’affaire Notre-Dame-des-Landes. Pour le président français, ce serait l’occasion de lancer les travaux du nouvel aéroport du Grand Ouest comme prévu, en octobre. Le CelsaLab fait le point sur les différents scénarios possibles.

François Hollande a annoncé hier qu'un référendum serait organisé sur le projet de Notre-Dame-des-Landes. (Crédit : Jean-Sébastien Evrard/AFP)
François Hollande a annoncé hier qu’un référendum serait organisé sur le projet de Notre-Dame-des-Landes. (Crédit : Jean-Sébastien Evrard/AFP)

Construira, construira pas. C’est la question qui continue de faire polémique dans la région nantaise depuis 50 ans. Un vrai « casse-tête » auquel le président François Hollande pourrait tenter de mettre fin par un référendum local. Référendum qu’il a annoncé dans une interview aux JT de TF1 et France 2 le 11 février. Mais plusieurs questions restent encore en suspens.

  • Quelle question sera posée aux électeurs ?

Il faudra en premier lieu définir la question à poser. Sera-t-il demandé aux électeurs ce qu’ils pensent du transfert de Nantes-Atlantique, l’aéroport actuel ? Devront-ils se décider sur la construction de celui du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes ? Ou encore sur la possibilité d’un simple aménagement ? Tout sera une question de formulation.

  • Qui votera ?

C’est la deuxième grande condition : qui sera concerné par ce référendum ? Noël Mamère, affirmait ce vendredi matin sur France Info qu’il faudra prendre en compte les deux collectivités locales qui injectent de l’argent dans le projet, à savoir la région des Pays-de-la-Loire et celle de Bretagne. Un avis partagé par Geneviève Lebouteux, secrétaire générale adjointe de la CéDpa (collectif d’élu(e)s qui doutent de la pertinence du projet) et contactée par le CelsaLab : « On dit local, mais ça veut dire quoi local ? Pour moi ça ne peut être que les Pays-de-la-Loire et les Bretons mais il faudra définir le périmètre, bien entendu. »

  • Quelles alternatives ?

Si le référendum a lieu, il s’agira alors de savoir quelles solutions peuvent découler du choix des électeurs.

Si c’est le OUI qui l’emporte, plusieurs contraintes apparaissent clairement. D’abord, le fait que la réponse « oui » risque de faire elle-même débat. Selon la tribune publiée par Arnaud Gossement, avocat, dans Médiapart, il s’agirait d’un avis avant tout, « exprimé par un oui ou par un non », mais certainement pas d’une décision de justice. Mais pour le président français, le oui sera à prendre en compte car cela montrera « que la population veut cet aéroport. »

Il peut y avoir une conséquence. Si c’est oui et que la population veut cet aéroport, alors tout le monde devra accepter cette décision. Et si c’est non, c’est un projet porté par l’Etat, et l’Etat en tirera les conséquences. – François Hollande

Mais alors, qu’est-ce qu’un oui impliquerait ? Les travaux pourraient manifestement commencer dès le mois d’octobre, comme le gouvernement l’avait prévu. Cela voudrait aussi dire que les chiffres demandés par les anti-aéroport auprès de la Direction générale de l’Aviation civile devront être dévoilés à la population, dans un souci de clarté. Des chiffres encore discrets, selon la CéDpa.

C’est la raison pour laquelle Ségolène Royal, ministre du Développement durable, a demandé « une mise à plat » du dossier Notre-Dame-des-Landes, afin de peser dans la balance les différents arguments et chiffres avancés par tous les partis.

Pour Bruno Retailleau, président de la région des Pays-de-la-Loire depuis les dernières élections régionales, ce « oui » à l’aéroport du Grand Ouest lui donnerait raison et le pousserait sans aucun doute à persévérer dans la campagne lancée le 5 février, demandant l’évacuation de la ZAD.

Si c’est le NON qui l’emporte, le gouvernement devra alors s’adapter, lui qui veut fixer au plus vite le calendrier des travaux. Si le discours tenu par François Hollande sur le plateau de France 2 jeudi soir reste vague – « l’Etat en tirera les conséquences » – il semble évident que l’avis de la population, si elle ne veut pas d’un transfert de l’aéroport, demandera quelques remaniements, ou du moins imposera de reconsidérer les options alternatives. 

Cela signifiera aussi que le président de la région, encarté aux Républicains et pour qui le projet d’aéroport du Grand Ouest est un projet central, ne sera plus en accord avec la majorité des habitants des Pays-de-la-Loire.

Jean-Sébastien Evrard/AFP
Jean-Sébastien Evrard/AFP

En attendant le résultat, l’annonce du référendum est vue d’un très mauvais œil par les opposants. Le vote en question représente une mobilisation supplémentaire à leurs yeux. « On va devoir faire la promotion du « non » et se mobiliser pendant des mois, ça fait du travail en plus » souligne Geneviève Lebouteux. « Tout ça pour un référendum que nous n’approuvons pas du tout. »

Les trois schémas en vigueur pour l’aéroport de Nantes

De multiples comparaisons ont été faites entre l’aéroport actuel de Nantes Atlantique et le projet de Notre-Dame-des-Landes. Si pour certaines, l’aéroport qui existe à ce jour est suffisant, pour d’autres, un transfert est nécessaire.

Mais il existe une troisième alternative, à savoir l’agrandissement de l’aéroport de Nantes Atlantique, qui serait alors complètement réaménagé. Un projet mené de front par la Direction générale de l’Aviation civile. Quels sont alors les différences en terme de chiffres entre ces trois cas de figure ?

Réalisation Margaux Malinge, selon une étude réalisée par « Oui au bocage », elle-même réalisée en accord avec des révélations du Canard Enchaîné, numéro du 8 octobre 2014.

Quelle que soit la solution envisagée suite à la réponse – oui ou non – des citoyens, le référendum vient s’opposer à tout ce qui avait été combattu jusqu’ici aux yeux des anti-aéroport. « Je trouve qu’il s’agit ni plus ni moins d’un artifice, explique Geneviève Lebouteux. « Intellectuellement et éthiquement, qu’est-ce que ça veut dire ? On a dénoncé depuis des années tous les mensonges de ce projet. Et là, par la magie d’un référendum, on ne parlerait plus de tout ça ? C’est quand même assez scandaleux quand on voit le nombre de casseroles qui traînent derrière ce projet. »

Margaux Malinge

Le remaniement relance le débat sur la légalisation du cannabis

A l’occasion du remaniement ministériel de ce jeudi, François Hollande a fait rentrer parmi les nouveaux ministres Jean-Michel Baylet, patron du PRG. Patron de presse, élu local iconoclaste, le radical a, à plusieurs reprises, pris position en faveur de la dépénalisation du cannabis.

Laurence Rossignol, Ministre du droit des femmes, était l'invitée de Jean-Jacques Bourdin ce matin. (Capture écran BFMTV)
Laurence Rossignol, Ministre du droit des femmes, était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin ce matin. (Capture écran BFMTV)

Voici une entrée au gouvernement qui pourrait faire du bruit. Lors du remaniement, la nomination de Jean-Michel Baylet comme nouveau ministre de l’Aménagement du territoire n’est pas passé inaperçue. L’ancien sénateur est le patron du PRG, mais il est aussi un partisan de la légalisation du cannabis. Son arrivée dans l’exécutif rouvre le débat en France.

Pourtant, cette prise de position reste encore minoritaire parmi la classe politique française. En 2012, François Hollande s’était prononcé contre une dépénalisation lors de sa campagne présidentielle. Mais Manuel Valls a déclaré en 2015 que la discussion était « close » du point de vue du gouvernement. Pour Les Républicains, la légalisation est inenvisageable.

 

Patrick Mennucci, député socialiste des Bouches-du-Rhône – qui partage les positions du nouveau ministre – par contre, a félicité la promotion de son collègue sur Twitter.

Interrogée sur les propos de son collègue par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, la nouvelle Ministre du droit des femmes Laurence Rossignol a affirmé qu’il n’y a « aucun débat interdit surtout quand il concerne la santé publique ». « Comment met-on en place la politique de santé publique la plus efficace pour que des gamins de 13-14 ans ne commencent pas à se retourner la tête en fumant du cannabis et comment l’économie souterraine et le trafic dans les cités peuvent être à terme éteints », a-t-elle ajouté.

Pourtant, cette prise de position reste encore minoritaire parmi la classe politique française. En 2012, François Hollande s’était prononcé contre une dépénalisation lors de sa campagne présidentielle. Mais Manuel Valls a déclaré en 2015 que la discussion était « close » du point de vue du gouvernement. Pour Les Républicains, la légalisation est inenvisageable.

Lors du Congrès de pneumologie de langue française en janvier dernier, le professeur Bertrand Dautzenberg de la Pitié-Salpêtrière s’est positionné en faveur de la dépénalisation de la consommation du cannabis. « Je constate que la consommation de cannabis chez les jeunes augmente, que la France est numéro un en Europe avec 45 % des jeunes qui ont essayé alors que, dans d’autres pays, comme les Pays-Bas où il est légalisé, le taux est de 29 %. Plus c’est interdit, plus il y a de consommateurs », a-t-il déclaré lors de son discours. Pour lui, dépénaliser la consommation de cannabis permettrait de proposer des produits plus sains en encadrant leur vente, mais également de faciliter le dialogue sur les problèmes d’addiction qui peuvent s’en suivre.

Et dans les autres pays?

En ce qui concerne la loi, La France n’est pas l’État le plus laxiste. Le cannabis est prohibé depuis 1970, avec au maximum un an de prison et 3.750 euros d’amende. Mais l’emprisonnement vise principalement les trafiquants et non les petits consommateurs. Par comparaison, chez nos voisins européens, le cannabis est autorisé aux Pays-Bas, dépénalisé pour un usage personnel au Portugal, en Espagne, en Belgique, en Allemagne et en République Tchèque. Dans le reste de l’Europe, c’est l’interdiction qui prédomine.

Attentats du 13 novembre : L’ADN de Salah Abdeslam n’a pas été identifié sur la ceinture d’explosifs de Montrouge

AFP / BERTRAND GUAY
AFP / BERTRAND GUAY

Les analyses révèlent que la ceinture explosive retrouvée à Montrouge, quelques jours après les attaques du 13 novembre, ne porte pas l’ADN de Salah Abdeslam. En revanche, un ADN inconnu déjà présent sur un autre engin explosif a été découvert.

La ceinture explosive de Montrouge n’a peut-être pas été portée par Salah Abdeslam. Dix jours après les attentats du 13 novembre, sa découverte dans un amas d’ordures avait conduit les enquêteurs à supposer que le terroriste présumé l’aurait abandonnée avant de fuir vers la Belgique. Vendredi 12 février, de nouveaux éléments viennent mettre en doute cette hypothèse : selon une information de BFM TV, les analyses révèlent que l’ADN du jeune homme de 27 ans ne figure pas sur l’engin explosif.

Un ADN inconnu retrouvé

Toujours selon BFM TV, un autre ADN aurait été décelé. Le même qui avait déjà été retrouvé sur la ceinture explosive de Brahim Abdeslam, frère de Salah qui s’est fait exploser boulevard Voltaire le soir des attentats. La présence de cet ADN sur deux engins explosifs n’a pour l’instant pas permis d’identifier son propriétaire.

Abdeslam volatilisé

Deux mystères qui s’ajoutent à celui de l’itinéraire de Salah Abdeslam, toujours insaisissable. À la mi-janvier, des images de vidéo-surveillance datées du 14 novembre le montrent dans une station-service du Nord de la France, accompagné de deux amis, Hamza Attou et Mohammed Hamri. Arrêtés par les autorités, ils ont avoué avoir aidé Abdeslam à se rendre en Belgique. Ils l’ont déposé dans une rue de la commune de Schaerbeek, le 14 novembre vers 14 heures. Depuis, l’enquête piétine.

Le terroriste de Saint-Denis identifié

En revanche, l’enquête a permis de déterminer l’identité du terroriste de Saint-Denis, qui avait déclenché sa ceinture explosive le 18 novembre lors du RAID. Chakhib Akrouh, belgo-marocain soupçonné d’avoir effectué deux allers-retours en Syrie, entre 2013 et 2015, serait également l’un des membres du commando des terrasses.

Benjamin Pierret

Ophtalmo : à Levallois, il faut être patient pour avoir un RDV

Le délai d’attente moyen pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmologue a encore augmenté. D’après une étude dévoilée ce jeudi et réalisée par le groupe Point Vision, il faut en moyenne 85 jours, soit 8 jours de plus qu’en 2013. Certaines zones sont moins avantagées que d’autres : à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, la patience est de rigueur.

 

POUR ILLUSTRER LE PAPIER DE JULIE DUCOURAU : "LES PROFESSIONNELS DE LA VISION S'INQUIETENT D'UN DESENGAGEMENT DE LA SECU" - Une patiente subit un examen de la vue chez un ophtalmologue à Paris le 24 avril 2008. Un éventuel désengagement de la Sécu au profit des complémentaires sur l'optique, évoqué par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot le 13 avril 2008, créée un tollé parmi les mutuelles de santé et les professionnels du secteur qui estiment que la "santé visuelle" doit prévaloir sur les considérations financières. AFP PHOTO MEHDI FEDOUACH / AFP / MEHDI FEDOUACH

AFP PHOTO MEHDI FEDOUACH / AFP / MEHDI FEDOUACH

 

Martine, interrogée par le Celsa Lab, a 59 ans, et habite à Levallois-Perret depuis 21 ans. Lunettes carrées et noires sur la tête, café à la main, il ne lui faut que 30 secondes en ce calme début d’après-midi pour s’emporter contre les délais d’attente chez l’ophtalmologue. «  A Levallois, c’est très dur d’avoir un rendez-vous. Je pense que c’est parce qu’il n’y a pas beaucoup d’ophtalmologues, en tout cas moi je n’en connais que trois ou quatre dans ma ville et ils sont tous remplis pour plusieurs mois. » Martine n’a pas tort, même si à Levallois-Perret il y a environ une dizaine d’ophtalmologues. Comme à l’image des 5000 praticiens en France, ils sont trop demandés, et doivent même parfois refuser de prendre en charge de nouveaux patients. Selon l’étude de Point Vision, ils seraient d’ailleurs 11% à le faire.

Même si Paris et sa banlieue sont plutôt bien lotis avec un délai compris entre un mois et moins de trois mois pour avoir un rendez-vous – en Haute-Loire ou la Corrèze il est de 9 mois – le problème reste présent. « Avant j’allais chez le Dr X mais il y a toujours eu beaucoup d’attente, entre deux et trois mois. Du coup, je vais à Neuilly-sur-Seine, où j’attends toujours beaucoup moins. C’est un peu plus cher mais ça vaut le coup car on n’y va pas très souvent de toute façon ! » La dernière fois que Martine est allée chez l’ophtalmologue, c’était à Neuilly-sur-Seine il y a trois mois. Elle a obtenu un rendez-vous trois semaines après.

« C’est incroyable qu’on doive attendre si longtemps »

Sur neuf ophtalmologues contactés basés à Levallois-Perret, cinq nous ont répondu, et la réponse est quasiment toujours la même. Dès que le rendez-vous est souhaité en fin de journée, entre 18 heures et 19 heures, il n’y a pas de places avant le mois d’avril, voire le mois de juin pour un des ophtalmologues. Pour obtenir une place plus tôt, il faut pouvoir s’y rendre en semaine et en plein après-midi. Sur les cinq cabinets contactés le jeudi 11 février, les deux premiers affichaient complet jusqu’à avril pour l’un et jusqu’à juin pour l’autre quels que soient les horaires. Les rendez-vous les plus rapides étaient proposés le mardi 16 février à 15 heures, le 14 mars à 10h20 ou à 16h40, et le lundi 29 février à midi.

Des horaires très compliqués pour les actifs, comme Julien, 33 ans, et cadre commercial à Nanterre, interrogé par le Celsa Lab. Il porte des lunettes depuis tout petit et a « toujours été un vrai binoclard » plaisante-t-il. « Je suis myope et astigmate, l’ophtalmo est presque devenu mon ami. C’est un vrai problème pour les gens comme moi, et même pour la plupart je pense ! Les seuls créneaux disponibles sont en fin de journée, je ne peux pas quitter le boulot pour aller chez l’ophtalmologue en pleine journée. Et dans tous les cas, en général, le délai est extrêmement long. Je sais que l’ophtalmo ce n’est jamais aussi urgent que le médecin par exemple, mais c’est quand même incroyable qu’on doive attendre si longtemps ».

Moins d’ophtalmos il y a, plus d’attente il y aura

Alors que les ophtalmologues peinent à répondre à la demande, de plus en plus partent à la retraite, sans que le nombre de ceux qui les remplacent soit assez conséquent. Le numerus clausus qui détermine chaque année le nombre de places ouvertes après le concours d’internat en ophtalmologie a été petit à petit augmenté pour être fixé autour de 150 places, alors qu’il n’y en avait qu’une quarantaine il y a dix ans. Martine a constaté de ses propres yeux le manque d’ophtalmologues dans sa ville : « Je trouve qu’il n’y en a pas assez ! Même une dizaine pour la ville de Levallois ce n’est pas assez. A Neuilly-sur-Seine, ce n’est pas par hasard qu’on obtient des rendez-vous plus vite. Quand je regarde sur Internet, il y a deux fois plus de résultats pour Neuilly que pour Levallois. »

Pourtant les deux villes ont toutes les deux environ le même nombre d’habitants, autour de 65 000. Et lorsque quatre cabinets au hasard sont contactés par nos soins à Neuilly-sur-Seine le jeudi 11 février, le constat est parlant : chacun des quatre ophtalmologues propose des rendez-vous même en fin de journée à partir de mi-février, fin février et au plus tard début mars. Autre solution que de compenser les départs à la retraite en augmentatn le numerus clausus : multiplier les cabinets disciplinaires, où travaillent ensemble médecins ophtalmologues et orthoptistes. Un gain de temps pour le patient mais aussi le médecin, qui délègue à l’orthoptiste une partie des examens. « Je trouve ça malin. Et pratique » opine Julien, qui espère ne plus attendre deux mois pour pouvoir s’occuper de la santé de ses yeux. 

 

Délai d’attente par département. Source : Point Vision.

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Mathilde Pujol