Le parcours PMA de Marine Tondelier : entre communication et espoir politique

 

Sur Instagram, Marine Tondelier, candidate Écologiste à la présidentielle a annoncé la naissance de son deuxième enfant, mardi matin. Une grossesse communiquée tout du long, notamment par le prisme des questions d’infertilité et de PMA. En partageant son expérience intime, la Verte permet-elle de donner plus de souffle à ce combat politique ? 

 

Marine Tondelier avait assisté à la réunion des chefs de partis organisée par Emmanuel Macron, le vendredi 17 septembre, jour de son accouchement.

Marine Tondelier, secrétaire générale des Écologistes, a annoncé, sur son compte Instagram, avoir donné naissance à son deuxième fils, Léon. Candidate à la présidentielle, la Verte avait annoncé sa grossesse en mars dernier, dans une interview donnée à Elle. Elle avait ensuite écumé les plateaux pour parler de son parcours : celui de l’infertilité, des complications auxquelles se confrontent les femmes et les couples pour avoir un enfant. 

Il y a de quoi mettre en avant sa grossesse : une femme, candidate à la présidentielle, en campagne avec un nourrisson, c’est du jamais vu dans le paysage français. La Verte a d’ailleurs continué dans sa lancée, en abordant à plusieurs reprises quelques détails de son parcours PMA infructueux, notamment dans le podcast ICI « Gamètes », en juin 2026. Elle y confie s’être rendue en Belgique « dans mon parcours PMA, pour faire un DPI-A », un test de qualité embryonnaire « coûteux » et dont l’accès est limité en France.

Avec ces mots, la figure de proue du parti met en avant la réalité de nombreuses femmes, celle de l’infertilité, qui concerne « un couple sur cinq en France », chiffre-t-elle dans son message de naissance, sur Instagram. Elle y ajoute que l’infertilité et le parcours PMA sont des sujets « politiques et tous les candidats devraient s’en saisir ».

Remettre la PMA sur la table

Pour les concernées, la loi de 2021, dernier grand débat national sur la question, est « une belle avancée », félicite Marion Boucard, fondatrice de l’association Les Joyeuses Mères, destinées à accompagner les femmes seules qui entreprennent un parcours PMA. La loi de bioéthique d’il y a cinq ans avait ouvert le processus aux couples de femmes et aux femmes célibataires, « un changement sociétal super », renchérit la présidente de l’association. Mais depuis, la PMA est repartie au placard dans les rangs de l’Assemblée.

Pourtant, des revendications, il en reste : Marion Boucard insiste, le combat n’est pas fini, et doit passer par le politique. En jeu, les congés parentaux doublés aussi pour les femmes seules ayant recours à la PMA, des choses promises par la loi qui « dans les faits ne suivent pas », ou encore des manques d’accompagnements ressentis par les femmes concernées. Mais la réalité ne suit pas l’enjeu des revendications : « la PMA est un sujet complétement invisibilisé et pourtant éminemment politique », estime Marion Boucard. 

Alors pour cette dernière, quand Marine Tondelier s’empare du sujet, c’est « un véritable espoir de représentation sur la scène politique », qui pourrait notamment aider à la concrétisation d’un combat majeur, celui de la prochaine loi bioéthique, « attendue par énormément de femmes épuisées par leur parcours PMA ». Celle-ci consiste en l’autorisation des DPI-A, le test que la candidate à la présidentielle avait dû effectuer en Belgique. 

L’intime en politique à double-tranchant

Porter un combat politique semble plus percutant quand l’on est concerné. La députée de L’Après, Danielle Simonnet, voit dans la présence de l’intime en politique une « manière géniale de rendre un propos plus compréhensible, concret et cela permet aux gens de se projeter dans des émotions, qui vont permettre d’accéder au message politique ».

Elle l’illustre avec une actualité brûlante, celle de la commission sur la loi intégrale. Son expertise en tant que psychologue scolaire de formation lui a permis de témoigner du manque d’effectifs, des témoignages des élèves. Elle analyse que sa conclusion s’en est trouvée « beaucoup plus percutante parce qu’incarnée par mon engagement professionnel, bien plus efficace que si j’avais froidement évoqué le problème ». 

L’ex-Insoumise insiste : « c’est vrai, l’intime est politique, mais il faut impérativement  le développer en un combat. Si on expose simplement son expérience, ce n’est que du people ». Pour la députée, la candidate à la présidentielle peut se faire figure de proue d’un combat politique, si et seulement si « elle l’aborde en montrant la réalité des délais d’une PMA dans le public, qui souvent sont tellement dingues que beaucoup de femmes ne pourront plus y accéder quand ça sera leur tour, et vont passer par le privé, qui coûte extrêmement cher ». Si la candidate Écologiste ne s’est encore jamais prononcée sur l’ensemble des réalités de la PMA, elle a émis un symbole politique manifestement fort pour les femmes concernées, en partageant son histoire.

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