Le parcours PMA de Marine Tondelier : entre communication et espoir politique
Sur Instagram, Marine Tondelier, candidate Écologiste à la présidentielle a annoncé la naissance de son deuxième enfant, mardi matin. Une grossesse communiquée tout du long, notamment par le prisme des questions d’infertilité et de PMA. En partageant son expérience intime, la Verte permet-elle de donner plus de souffle à ce combat politique ?

Marine Tondelier, secrétaire générale des Écologistes, a annoncé, sur son compte Instagram, avoir donné naissance à son deuxième fils, Léon. Candidate à la présidentielle, la Verte avait annoncé sa grossesse en mars dernier, dans une interview donnée à Elle. Elle avait ensuite écumé les plateaux pour parler de son parcours : celui de l’infertilité, des complications auxquelles se confrontent les femmes et les couples pour avoir un enfant.
Il y a de quoi mettre en avant sa grossesse : une femme, candidate à la présidentielle, en campagne avec un nourrisson, c’est du jamais vu dans le paysage français. La Verte a d’ailleurs continué dans sa lancée, en abordant à plusieurs reprises quelques détails de son parcours PMA infructueux, notamment dans le podcast ICI « Gamètes », en juin 2026. Elle y confie s’être rendue en Belgique « dans mon parcours PMA, pour faire un DPI-A », un test de qualité embryonnaire « coûteux » et dont l’accès est limité en France.
Avec ces mots, la figure de proue du parti met en avant la réalité de nombreuses femmes, celle de l’infertilité, qui concerne « un couple sur cinq en France », chiffre-t-elle dans son message de naissance, sur Instagram. Elle y ajoute que l’infertilité et le parcours PMA sont des sujets « politiques et tous les candidats devraient s’en saisir ».
Remettre la PMA sur la table
Pour les concernées, la loi de 2021, dernier grand débat national sur la question, est « une belle avancée », félicite Marion Boucard, fondatrice de l’association Les Joyeuses Mères, destinées à accompagner les femmes seules qui entreprennent un parcours PMA. La loi de bioéthique d’il y a cinq ans avait ouvert le processus aux couples de femmes et aux femmes célibataires, « un changement sociétal super », renchérit la présidente de l’association. Mais depuis, la PMA est repartie au placard dans les rangs de l’Assemblée.
Pourtant, des revendications, il en reste : Marion Boucard insiste, le combat n’est pas fini, et doit passer par le politique. En jeu, les congés parentaux doublés aussi pour les femmes seules ayant recours à la PMA, des choses promises par la loi qui « dans les faits ne suivent pas », ou encore des manques d’accompagnements ressentis par les femmes concernées. Mais la réalité ne suit pas l’enjeu des revendications : « la PMA est un sujet complétement invisibilisé et pourtant éminemment politique », estime Marion Boucard.
Alors pour cette dernière, quand Marine Tondelier s’empare du sujet, c’est « un véritable espoir de représentation sur la scène politique », qui pourrait notamment aider à la concrétisation d’un combat majeur, celui de la prochaine loi bioéthique, « attendue par énormément de femmes épuisées par leur parcours PMA ». Celle-ci consiste en l’autorisation des DPI-A, le test que la candidate à la présidentielle avait dû effectuer en Belgique.
L’intime en politique à double-tranchant
Porter un combat politique semble plus percutant quand l’on est concerné. La députée de L’Après, Danielle Simonnet, voit dans la présence de l’intime en politique une « manière géniale de rendre un propos plus compréhensible, concret et cela permet aux gens de se projeter dans des émotions, qui vont permettre d’accéder au message politique ».
Elle l’illustre avec une actualité brûlante, celle de la commission sur la loi intégrale. Son expertise en tant que psychologue scolaire de formation lui a permis de témoigner du manque d’effectifs, des témoignages des élèves. Elle analyse que sa conclusion s’en est trouvée « beaucoup plus percutante parce qu’incarnée par mon engagement professionnel, bien plus efficace que si j’avais froidement évoqué le problème ».
L’ex-Insoumise insiste : « c’est vrai, l’intime est politique, mais il faut impérativement le développer en un combat. Si on expose simplement son expérience, ce n’est que du people ». Pour la députée, la candidate à la présidentielle peut se faire figure de proue d’un combat politique, si et seulement si « elle l’aborde en montrant la réalité des délais d’une PMA dans le public, qui souvent sont tellement dingues que beaucoup de femmes ne pourront plus y accéder quand ça sera leur tour, et vont passer par le privé, qui coûte extrêmement cher ». Si la candidate Écologiste ne s’est encore jamais prononcée sur l’ensemble des réalités de la PMA, elle a émis un symbole politique manifestement fort pour les femmes concernées, en partageant son histoire.
Ozempic, Mounjaro…quand les réseaux sociaux banalisent des médicaments à haut risque
Sur TikTok, #Ozempic cumule des centaines de millions de vues. Les vidéos « avant/après » de perte de poids se multiplient, incitant de plus en plus de jeunes à détourner ces traitements destinés au diabète ou à l’obésité sévère en produits tendance. Face à la prolifération de ventes illégales en ligne, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a saisi, jeudi 11 septembre la justice et alerte sur les dangers d’un phénomène qui prend de l’ampleur.
L’Ozempic est un antidiabétique dont l’usage a été détourné en produit amaigrissant ©
Sur Instagram et TikTok, impossible d’y échapper. Le #Ozempic s’affiche sous des vidéos cumulant des millions de vues : jeunes femmes exhibant une perte de poids spectaculaire, témoignages enthousiastes, conseils pour se procurer le produit sans passer par un médecin. Certaines vidéos atteignent plusieurs centaines de milliers de partages, donnant l’impression que ce médicament est devenu un simple allié minceur.
Une banalisation qui inquiète les autorités. Car derrière ce succès numérique se cache un usage massif et illégal de traitements à base d’aGLP-1, tels qu’Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, qui ne devraient être prescrits qu’aux patients atteints de diabète de type 2 ou d’obésité sévère. « La vente et la promotion sans autorisation de médicaments aGLP-A sur internet est illégale. Les produits vendus peuvent être contrefaits et mettre en danger la santé des personnes qui les utilisent », rappelle l’ANSM, qui a déjà saisi le procureur de la République et signalé une dizaine de sites au portail Pharos du ministère de l’Intérieur.
« Ce ne sont pas des produits miracles, mais des traitements lourds »
Derrière l’écran des réseaux sociaux, les risques sont bien réels. Le docteur Assad, endocrinologue à Paris, insiste sur la dangerosité de ces détournements. « Ce ne sont pas des produits miracles. Ce sont des traitements lourds, qui modifient l’équilibre hormonal et digestif du patient. Pris sans suivi médical, ils peuvent provoquer des nausées sévères, des pancréatites, voire des troubles cardiaques ».
Sur TikTok, une tendance baptisée « Ozempic Face » illustre déjà certains effets indésirables : visages émaciés et rides creusées par une perte trop rapide de la graisse. « Ce phénomène est le signe que le corps est malmené par une perte de poids brutale. Il ne faut pas sous-estimer les conséquences à long terme, car nous manquons encore de recul sur les effets secondaires », prévient le médecin.
Le parallèle avec le scandale du Médiator, révélé en 2010, s’impose. Ce médicament, initialement prescrit aux diabétiques mais détourné comme coupe-faim, a entraîné entre 500 et 2 000 décès. « L’histoire nous rappelle combien les détournements de médicaments peuvent être tragiques », souligne le docteur Assad.
Une course à la minceur qui inquiète les autorités sanitaires
Si l’attrait pour ces traitements explose, c’est parce qu’ils promettent une perte de poids rapide et sans effort. Mais cette illusion d’efficacité séduit particulièrement les jeunes femmes, vulnérables aux injections sociales relayées par les réseaux. « L’effet de mode autour de ces médicaments est préoccupant. Il banalise un produit qui doit rester un traitement encadré médicalement, et non une solution esthétique », souligne un médecin généraliste et esthétique.
Pour endiguer le phénomène, l’agence nationale de sécurité du médicament multiplie les actions : saisines judiciaires, fermetures de sites, travail avec les plateformes de vente en ligne pour interdire toute publicité. Mais la viralité des réseaux sociaux rend la tâche complexe. « Les jeunes trouvent toujours des moyens de contourner les interdictions », admet ce même médecin toulousain.
Face à cette dérive, médecins et autorités appellent à la vigilance. Le docteur conclut : « Derrière chaque stylo injecteur acheté sur internet, il y a un risque sanitaire majeur. Les patients doivent comprendre qu’on ne joue pas avec ces traitements comme on testerait un régime à la mode ».
Ava Ouaknine
Macron mise sur Lecornu pour tenter de ramener la stabilité politique
Après la chute de François Bayrou, emporté par une motion de censure sur son plan d’économie, Emmanuel Macron a nommé Sébastien Lecornu, 39 ans, comme nouveau Premier ministre. Mais dans un Parlement fragmenté, sans majorité claire et avec une rue mobilisée, la question centrale reste entière : comment sortir de cette instabilité politique ?

Ancien ministre des Armées, Sébastien Lecornu est reconnu pour sa loyauté et sa capacité à gérer des situations complexes. Sa nomination intervient après plusieurs remaniements ministériels en moins de deux ans, signe de l’instabilité persistante. Le nouveau premier ministre doit désormais négocier avec des partis aux positions divergentes et maintenir le dialogue avec une opinion publique mobilisée.
Un gouvernement en quête de stabilité
Dans ce contexte, chaque décision du nouveau Premier ministre sera scrutée comme un test de sa capacité à instaurer un climat de confiance. Pour Benjamin Morel, politologue et constitutionnaliste, la tâche s’annonce délicate : « Sébastien Lecornu est nommé dans un moment où aucun schéma institutionnel ne fonctionne pleinement ». Le politologue souligne également le rôle central du budget 2026, « l’adoption du budget sera déterminante. C’est ce vote qui permettra de mesurer la capacité de Lecornu à gérer à la fois des tensions parlementaires et les attentes de la société ».
Cette analyse rejoint celle de Jean-Yves Camus, politologue et spécialiste de l’extrême droite, qui insiste sur la difficulté de créer une majorité de travail dans ce contexte. « La situation de blocage va perdurer sauf si le nouveau Premier ministre, et par conséquent le Président de la République, fasse un pas vers les oppositions. Je ne vois pas comment le gouvernement peut s’en sortir autrement.»
Depuis la dissolution, l’Assemblée nationale est profondément fragmentée. Trois blocs dominent l’hémicycle : le Nouveau Front populaire (182 sièges), le camp présidentiel et ses alliés (environ 160 sièges) et le Rassemblement national (125 sièges). Aucun ne dispose de la majorité absolue, fixée à 289 députés. Cette fragmentation inédite rend toute coalition instable. Dans ce contexte, Sébastien Lecornu n’a pas de calendrier imposé pour composer son gouvernement, cependant la session parlementaire ordinaire s’ouvre le 1er octobre : il lui faudra alors être en ordre de marche pour affronter une Assemblée quasi ingouvernable.
La rue comme acteur politique
La mobilisation sociale reste un facteur central dans cette période de transition. Le mouvement « Bloquons tout », rappelle au gouvernement que la contestation citoyenne pourrait peser sur les décisions à venir. Jean-Yves Camus estime que cette période risque de durer : « On est parti pour une période de situation politique chaotique jusqu’en 2027, et j’exclus totalement une potentielle démission du Président de la République ».
Pour lui, la composition du gouvernement et les arbitrages ministériels seront essentiels pour mesurer la marge de manœuvre de Lecornu : « La Ve République a été conçue pour éviter les crises répétitives de la IVe République, mais nous assistons depuis quelques années à une accélération du retour à l’instabilité politique ». Il ajoute : « Si le nouveau gouvernement ne change pas profondément de cap, il y a peu de chances que les attitudes des partis évoluent, que ce soit LFI, le PS ou le RN. »
La nomination de Sébastien Lecornu ouvre une nouvelle étape dans la tentative de stabiliser la vie politique française. Reste à voir si le gouvernement à venir parviendra à négocier avec le Parlement et à répondre aux attentes de la société.
Ava Ouaknine

