La prix Nobel iranienne Narges Mohammadi publie ses mémoires

Nargues Mohammadi, journaliste et militante iranienne des droits humains avait reçu le prix Nobel de la paix en 2023. Aujourd’hui, alors âgée de 54 ans, elle sort ses mémoires.

Narges Mohammadi à Téhéran, le 9 février 2025.

« C’est une certitude: la victoire n’est peut-être pas facile, mais elle inéluctable », affirme Narges Mohammadi, en prédisant le succès de son combat pour un Iran démocratique, dans ses mémoires publiées jeudi. Son livre « Une femme ne renonce jamais », publié en France par Robert Laffont, sort alors que la militante est retenue à son domicile de Téhéran, après avoir été libérée sous caution en mai en raison de problèmes de santé.

Et une femme de renonce jamais

« Je n’ai pas peur de ce qui m’attend. Malgré des années de souffrance, je n’éprouve ni regret ni remords pour ce que j’ai sacrifié au nom de la justice. Je suis pleine d’amour, d’un désir de vivre et d’un attachement inébranlable à la liberté. Je suis une femme. Et une femme ne renonce jamais », écrit-elle en concluant son récit.

Narges Mohammadi a commencé à écrire ses mémoires il y a une dizaine d’années en prison. Rédigé en persan, le texte est sorti par morceaux d’Iran pour être assemblé et traduit en anglais par la Fondation Narges, basée à Paris. Dans cet ouvrage, Narges Mohammadi y raconte son enfance à Zanjan (nord de l’Iran) puis sa prise de conscience « de la condition insupportable des femmes » après la Révolution islamique de 1979 : « Nos vies étaient marquées par une anxiété permanente. Nos choix, nos désirs, notre avenir, tout dépendait de la dictature religieuse », raconte-elle.

Un refus de quitter sa terre

La jeune femme s’engage alors contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes, un combat qui lui vaudra « plus de 44 ans de prison, un total de 154 coups de fouet et 161 jours d’isolement au cours de multiples périodes de détention », selon la Fondation. Mais la militante a toujours refusé de quitter son pays natal alors que son mari, l’opposant Taghi Rahmani, et ses enfants jumeaux, sont exilés à Paris depuis 2015. « Quelle vie étrange. A présent, je crains de devoir quitter ce monde sans revoir mes enfants », se désole l’autrice.

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