Des femmes dans les stades en Iran: une première depuis plus de 40 ans

 

Des protestations apres la mort de Sahar Khodayari

A l’occasion du match de qualification de l’Iran pour le Mondial-2022 de football face au Cambodge, près de 3500 iraniennes ont pu acheter des billets pour la rencontre qui se déroulera a Teheran. Pour la première fois depuis plus de quarante ans, les supportrices pourront assister au match sur le stade.

C’est une délégation de la fédération internationale qui a fait pression sur le gouvernement lors d’une visite a Teheran en septembre. La mort tragique de Sahar Khodayari, une jeune femme qui s’est immolée pour avoir cru être condamnée a la prison ferme pour sa tentative d’entrer dans un stade. Beaucoup de pressions internationales ont été faites a l’Iran pour permettre aux femmes d’accéder aux matchs masculins. Beaucoup de militants avaient même pressé la Fifa de Bannir l’Iran des compétitions internationales.

La journaliste sportive Raha Pourbakhsh ne cache pas sa joie, « Je n’arrive toujours pas à croire que cela va arriver. Après toutes ces années […] à regarder tout à la télévision, je vais maintenant pouvoir vivre ça en personne« .

La présence des femmes dans le stade restera tout de même surveillée, elles seront placés dans des sièges spécifiques et surveillées par plus de 150 policières.

Les internautes de twitter trouvent cet avancée insuffisante et lancent le hashtag #wakeUpFifa, soit réveil toi Fifa surtout après la mise en place de barrières pour séparer les femmes des hommes.

Cet internaute écrit:  » Ceci est ridicule et humiliant et je n’arrive pas a y croire. Ils ne vendent pas de tickets aux femmes et maintenant ils installent des cages pour nous?« .

Amnesty International dénonce aussi la vente de ticket comme un coup de pub cynique; « Tout ce qui n’est pas un reversement complet de l’interdiction d’accés des femmes aux stades est un insulte à la mémoire de Saharr Khodayari et un affront aux droits de toutes les femmes d’Iran.« 

Eliminatoires de l’Euro 2020 : « L’équipe de France va affronter deux équipes qui lui sont inférieures »

Kylian Mbappé fait partie des absents de marque côté Bleus pour affronter l’Islande et la Turquie. / Wikipédia

L’Equipe de France s’apprête à affronter les deux adversaires les plus relevés de sa poule de qualification pour l’Euro 2020 : l’Islande vendredi et la Turquie lundi. Elle devra composer sans plusieurs de ses titulaires champions du monde en Russie l’été dernier. Zahir Oussadi, rédacteur en chef du mensuel Onze Mondial, décrypte les deux rencontres à venir.

 

  • Comment analysez-vous le jeu de l’Islande et de la Turquie ?

Pour être honnête et transparent, ce ne sont pas les équipes qu’on observe et qu’on connaît le mieux en France. Mais on a quand même quelques connaissances, on les a déjà vues jouer, notamment l’Islande à l’Euro avec un bloc très regroupé et une combativité de tous les instants. Ce sera une véritable guerre contre cette équipe, surtout chez elle donc il faudra répondre dans le défi physique, l’impact, l’état d’esprit et la mentalité. Ce sont des choses que les groupes de Didier Deschamps savent faire en général. La Turquie est un mélange de cette combativité, de cette rage jusqu’à la 95ème minute et de technique, de jeu en une touche. Les Turcs sont des manieurs de ballon, ils aiment jouer au football. En revanche, ils seront à l’extérieur et ne seront donc pas portés par leur public même si une grosse communauté turque devrait être présente au Stade de France.

  • Après une large victoire à l’aller au Stade de France (4-0), la rencontre en Islande peut-elle se solder de la même manière ?

Je ne pense pas. D’une part, les conditions sont moins favorables à l’extérieur qu’au Stade de France. Le match risque d’être plus difficile, le terrain de moins bonne qualité et il y aura de l’engagement avec un public hostile. Je pense que cela va un peu niveler les valeurs. D’autre part, j’étais présent au Stade de France pour le 4-0 et j’avais trouvé que la victoire était bien payée pour l’Equipe de France. Elle méritait de gagner ce soir-là, peut-être avec deux buts d’écart mais le 4-0 était un peu lourd compte tenu de la prestation de l’Islande qui avait été compliquée à manoeuvrer. Je pense donc que ce sera plus dur à Reykjavik car les Islandais aiment bien aller au duel et transformer le match en guerre.

  • A l’inverse, le match à domicile contre la Turquie sera-t-il forcément moins compliqué que celui à l’extérieur (défaite 2-0) ?

C’est difficile d’envisager un scénario pire que celui en Turquie en juin dernier. Mais il n’y a aucune vérité, aucune assurance dans le football. Il se peut qu’il y ait quelque chose qui tourne mal pour l’Equipe de France comme une mauvaise intervention, un défenseur en retard, un tacle qui anéantit une action de but ou un carton rouge qui va changer le match. Il n’y a donc pas de certitude absolue mais à domicile, avec le soutien de 80 000 spectateurs, j’ose espérer que cela se passera mieux qu’en Turquie.

  • Que pensez-vous de la composition probable pour ces deux matchs (Mandanda – Digne, Lenglet, Varane, Pavard – Kanté, Matuidi, Tolisso – Coman, Griezmann, Giroud) ?

Elle est celle qui se rapproche le plus de ce qu’a fait Didier Deschamps ces derniers mois. Elle est finalement conforme à son style, que ce soit au niveau de la mentalité qu’il aime avoir dans son équipe ou du style de jeu. A sa place, j’aurais peut-être fait deux ou trois changements mais c’est toujours difficile à dire. Il a le groupe, il les entraîne toute la journée et sait ce que les joueurs valent. Olivier Giroud est très débattu en ce moment car il n’a pas de temps de jeu à Chelsea. On se demande donc pourquoi il est dans les 23 et a fortiori dans le onze de départ. Mais Deschamps sait ce qu’il fait, le jeu prôné et pourquoi il compte sur Giroud. La composition m’a l’air donc plutôt cohérente mais je ne l’imagine pas aligner deux formations identiques : je pense qu’il fera deux à quatre changements entre les rencontres.

Ces absences sont clairement un problème. Les Bleus perdent la moitié de l’équipe, du onze titulaire, celui qui a remporté la Coupe du monde et c’était il y a à peine un an et demi. Ce ne sera pas la même chose avec une équipe remaniée car il y aura moins d’automatismes. C’est donc une source d’inquiétudes mais il y a quand même de quoi faire au niveau de l’effectif. Le vivier français est exceptionnel. On a sans doute le meilleur vivier du monde en termes de jeunes formés. On pourrait presque convoquer 100 joueurs et faire une dizaines de onze différents et ils seraient tous compétitifs. Donc des joueurs, il y en a et de la relève aussi. En revanche, le petit point négatif, ce sera le manque de complémentarité et d’habitude à enchaîner les matchs ensemble.

  • Les Bleus parviendront-ils à conserver leur style de jeu offensif renforcé depuis le début de ces qualifications ?

Je pense que Didier Deschamps conservera un style de jeu plutôt offensif car l’adversité sera moindre. L’équipe de France va affronter deux équipes qui lui sont inférieures donc ils vont rester offensif. Deschamps sera capable de changer lorsque l’adversaire sera l’Angleterre ou la Belgique, c’est-à-dire des équipes avec un niveau similaire aux Bleus. Dans ce genre de rencontres, il n’hésitera pas à basculer avec un joueur défensif en plus et un attaquant en moins mais pour les matchs contre l’Islande et la Turquie, l’objectif sera de marquer des buts.

  • Peut-on donc s’attendre à de bonnes prestations des Bleus contre ces deux sélections ?

Oui et pour une raison simple. L’Equipe de France est quand même championne du monde en titre. C’est une sélection d’envergure avec de grands joueurs, une expérience du haut niveau, un sélectionneur aussi rompu aux grands matchs. Elle est donc clairement favorite à ce niveau. Elle est aussi favorite parce qu’elle mène la danse dans sa poule, elle est en confiance et enchaîne les succès. Au classement FIFA, il n’y a pas photo : l’Equipe de France fait partie du top 5 et l’Islande et la Turquie sont beaucoup plus loin.

  • La qualification pour l’Euro 2020 sera-t-elle assurée en cas de double victoire ?

Je ne pense pas que la qualification pour l’Euro 2020 se jouera lors de ces deux matchs. En cas de contre-performance, la France aurait encore quelques cartouches à utiliser et pourrait toujours s’assurer une qualification mais on peut le prendre dans l’autre sens. Si les Bleus enregistrent une double victoire, la qualification sera très bien engagée et on pourra estimer qu’elle sera quasiment actée : la préparation pour les deux derniers matchs se fera alors sereinement.

Le Royaume-Uni dans l’impasse à l’approche du Brexit

Alors que le Royaume-Uni est censé quitter l’Union européenne le 31 octobre, les négociations patinent. Les ministres britannique et européen en charge du Brexit ont rendez-vous jeudi à Bruxelles pour tenter, une nouvelle fois, de trouver un accord de sortie. Pour l’instant, la perspective d’un no-deal est la plus probable.

« Vu le temps qu’il reste, il faudrait une extension du Brexit ». C’est ce qu’a affirmé David Haigron à Celsalab. Mais pour ce maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Rennes 2, le Premier ministre Boris Johnson préfère sortir de l’Union européenne sans accord le jour d’Halloween.

L’universitaire dénonce la stratégie du clash, propre à l’ancien maire de Londres. « Il veut sortir grandi de ce conflit avec l’Europe », analyse-t-il, soulignant le caractère combatif de celui qui « prétend incarner le peuple contre les élites ».

Une méthode qui porte ses fruits selon le professeur, car malgré son côté clivant, Boris Johnson reste le favori des sondages en cas d’élections législatives anticipées. « Les gens en ont marre. Ils veulent quelqu’un haut en couleur » qui mette en œuvre le Brexit. La victoire du UKIP aux dernières élections européennes montre la lassitude des Britanniques, fatigués par le Brexit qui s’éternise depuis plus de trois ans.

Préserver les accords de paix

Selon l’universitaire, l’accord de Theresa May, pourtant rejeté à trois reprises par le Parlement, faisait à peu près consensus. « Avec le backstop, l’accord posait une base de travail ». Ce filet de sécurité, qui permet d’éviter une frontière entre les deux Irlande, est perçu par Londres comme un rapprochement entre l’Ulster au nord et la république d’Irlande au sud.

S’il est indispensable pour les Européens, c’est pour préserver les accords de paix de 1998, qui mirent fin à trente ans de guerre civile entre catholiques et protestants. Selon David Haigron, le retour d’une frontière physique serait « un retour au passé traumatique pour beaucoup de familles ». Puis d’ajouter que l’Armée républicaine irlandaise (IRA) pourrait reprendre ses activités et raviver les tensions.

Les anti-Brexit espèrent toujours un second vote sur la sortie de leur pays de l’UE. « Certains veulent un autre référendum car ils estiment que la situation a changé. Et les jeunes, majoritairement contre le Brexit, ne pouvaient pas voter il y a trois ans », indique le professeur. Pour autant, pas sûr que le résultat serait différent. Pour David Haigron, il pourrait même être confirmé, si un second référendum avait lieu.

Alexandre Cool