Perpignan : une sexagénaire condamnée à 4 mois avec sursis pour l’agression de femmes voilées

Une sexagénaire a été condamnée, lundi 9 avril 2018, par le tribunal correctionnel de Perpignan, à quatre mois de prison avec sursis pour « injures à caractère raciste » et « violences aggravées ». En novembre, elle s’en était pris à sept femmes voilées qui venaient chercher leurs enfants dans une école en centre-ville de Perpignan, près du domicile de la femme âgée. Une croix autour du cou, les bousculant, elle s’était exclamée : « Vous n’avez rien à faire là, voilées », « rentrez chez vous », ou encore « l’Islam est un poison ».

Entendue par la police, la sexagénaire n’a pas nié, bien au contraire. « Je suis islamophobe et je hais cette religion », a-t-elle dit au tribunal. Alors que le parquet avait requis six mois de prison avec sursis, elle a été condamnée à quatre mois, ainsi que deux ans de mise à l’épreuve avec obligation de soins et suivi psychiatrique. Enfin, il lui est interdit de se présenter aux abords de l’école et elle devra 500 euros de dommages et intérêts à chaque plaignante.

Solène Agnès avec AFP

Un média breton d’extrême droite condamné pour provocation au crime

L’administrateur de Breiz Atao, site breton d’extrême droite, a été condamné lundi à 18 mois de prison et 8 000 € d’amende pour provocation au crime, rapporte Ouest-France.

Le site breton Breiz Atao fichait des militants engagés notamment pour les migrants ou contre l'homophobie.
Le site breton Breiz Atao fichait des militants engagés notamment pour les migrants ou contre l’homophobie.

« Le siège de Vienne par les Turcs musulmans (documentaire) », « Angleterre : prière de rue organisée à quelques mètres… de la mosquée de Londres (vidéo) », ou encore, « Belgique : les nouveaux élus du parti « Islam » annoncent vouloir instaurer la charia et un état islamique dans le pays (vidéo) »…, voilà un petit florilège des articles publiés, lundi 9 avril 2018, sur le site Breiz Atao, alors que son procès était en cours. L’administrateur du média, qui se revendique comme « quotidien de l’Etat national breton », Boris Le Lay, était jugé à Rennes pour diffamation et injures publiques, mais aussi provocation au crime ou délit. Il a été condamné à 18 mois de prison et 8 000 euros d’amende.

18 personnes fichées

Le site d’extrême droite organise un fichage de militants rennais, engagés auprès des migrants, des sans-papiers, contre le sexisme, ou encore l’homophobie, rapporte Ouest-France. La première plainte a été déposée il y a deux ans. Dix-huit femmes et hommes victimes de ce fichage étaient présents au procès lundi.

Boris Le Lay, 35 ans, lui, était absent. Natif de Quimper, il serait domicilié au Japon. Ayant déjà fait l’objet de deux mandats d’arrêt, il a déjà été condamné en France pour apologie du crimes et provocation à la haine. Son site, créé en 2010, serait hébergé aux Etats-Unis. Il avait déjà été déréférencé de Google pour qu’il n’apparaisse plus dans les résultats de recherche, mais le site est toujours accessible.

Un euro symbolique aux victimes

Le procureur de la République a requis 18 mois de prison, 5 000 euros d’amende et a demandé à ce qu’un nouveau mandat d’arrêt soit ordonné. Le tribunal l’a suivi, tout en alourdissant le montant de l’amende, fixé à 8 000 euros. Boris Le Lay a également été condamné au versement d’1 euro symbolique, à chacune des parties civiles.

Solène Agnès

14 arrestations en lien avec l’agression de deux policiers le 31 décembre à Champigny-sur-Marne

Les deux policiers avaient été agressés en marge d'une soirée à Champigny-sur-Marne le 31 décembre.
Les deux policiers avaient été agressés en marge d’une soirée à Champigny-sur-Marne le 31 décembre.

Quatorze personnes ont été arrêtées ce mardi matin 10 avril 2018 dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne et l’Eure, en lien avec l’agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) le 31 décembre dernier.

Les suspects, dont deux femmes, sont âgés de 16 à 20 ans. Ils ont été placés en garde à vue pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec une interruption de travail supérieure à huit jours », ce qui peut leur valoir jusqu’à sept ans de prison. Ces arrestations font suite à quatre mois d’enquête de la Sûreté départementale du Val-de-Marne et de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité.

Une scène filmée

Pour rappel, les deux policiers avaient été pris à partie en marge d’une soirée privée. La policière avait été rouée de coups au sol. La scène aurait été filmée. Le policier, quant à lui, a eu le nez fracturé. Les deux policiers ont eu une semaine d’ITT chacun.

Solène Agnès avec AFP

Djihadistes de Lunel : Jawad S reconnaît avoir joué un rôle dans la radicalisation des jeunes

Le procès de cinq Lunellois soupçonnés d’être au coeur d’une filière djihadiste s’est ouvert jeudi dernier à la 16ème chambre correctionnelle de Paris. Ce lundi, Jawad S a reconnu un lien entre son discours et la radicalisation des jeunes partis en Syrie.

Lunel
Le hall du tribunal correctionnel de Paris, où se déroule le 3ème jour du procès de la filiale djihadiste de Lunel.

Cinq hommes décrits dans le dossier d’instruction comme ayant, « créé les conditions d’une émulation djihadiste collective » comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris depuis jeudi pour association de malfaiteurs terroriste : Hamza Mosli, Adil Barki, Ali Abdoumi, Jawad S. et Saad B (les deux derniers comparaissent libres). Âgés de 29 à 47 ans, ils avaient été interpellés fin janvier 2015.

Le procès s’est concentré lundi après-midi sur la personnalité de Jawad S, qui disposait d’une certaine aura auprès des jeunes Lunellois. Le tribunal a tenté de déterminer son rôle dans le départ en Syrie de 20 jeunes entre 2013 et 2014. Son implication au sein de la communauté musulmane de Lunel, ses prises de positions outrancières – qu’il dit derrière lui – font de lui un élément central du dossier.

Radicalisé en 2014

Élevé suivant les préceptes de la religion musulmane, Jawad S déclare s’y être plus particulièrement intéressé à partir de 22 ans. Il se rend alors deux à trois fois par semaine à la mosquée et affirme avoir mené des campagnes de sensibilisation contre la radicalisation. Lors de l’audience, Jawad S admet avoir présidé des assises sur l’Islam en 2013 à Lunel. La présidente du tribunal dévoile certains témoignages de Lunellois affirmant qu’il se positionnait en faveur du Djihad en Syrie. « C’est faux! » a récusé l’intéressé. Avant d’admettre s’être radicalisé en 2014.

Jawad S, ému, explique que son divorce est à l’origine de sa radicalisation. « J’étais perturbé. Je suis passé d’un Islam du juste milieu à un islam littéraliste ». Quand la présidente  poursuit « Je suis navrée d’insister mais comment expliquer vous ce basculement aussi brutal? », Jawad S répond :  « Au contact d’Hamza Mosli et d’Internet« . La présidente lit ensuite de longues conversations entre Jawad et ses interlocuteurs. Antisémitisme, soutien aux ambitions conquérantes et mortifères de l’EI, haine de l’Occident etc… « J’étais dans la radicalité » admet-il.

Après avoir minimisé son implication pendant deux heures, Jawad, bousculé par son conseil, reconnaît avoir joué un rôle dans la radicalisation des jeunes. Il nie cependant les avoir formellement incités à partir en Syrie. « Nous avons besoin de réponses. Est-il possible qu’il y ait un lien entre le discours que vous avez pu tenir et la radicalisation de certains jeunes partis en Syrie? » Jawad S acquiesce timidement : « Oui ». « J’admets avoir tenu des propos obscurs mais je n’ai jamais incité les jeunes au djihad » ajoute-t-il. Il ne nie pas sa radicalité d’alors ni sa propension au prosélytisme mais se défend d’avoir facilité le départ des jeunes Lunellois.

Le procès des cinq hommes doit se poursuivre jusqu’au mercredi 11 avril.

Victor-Isaac Anne et Caroline Baudry