NBA : Un dernier défi pour LeBron James ?

Le premier duel générationnel du 2e tour des play-offs entre les Lakers de LeBron James et le Thunder de Shai Gilgeous-Alexander a tourné à l’avantage du second, de 14 ans son cadet, dans la nuit du 05 au 06 mai. Vainqueur à domicile, le Thunder apparaît comme ultra-favori pour la suite d’une série qui pourrait être l’une des dernières du « King ».
Lebron James et Shaï Gilgious-Alexander lors du Match 1 des demi-finales de la conférence ouest

L’écart était trop grand. Après trois premiers quart-temps disputés, le Thunder d’Oklahoma City est finalement venu largement à bout (108-90) des Lakers de Los Angeles, dans la nuit du 5 au 6 mai. Si le score laissait présager un match serré, la supériorité collective du Thunder a fini par éteindre les velléités californiennes. Porté par sa jeunesse, OKC a dicté le rythme pour s’offrir ce Game 1 des demi-finales de conférence Ouest.

Les Lakers n’ont trouvé de solutions que par l’intermédiaire de leur superstar LeBron James, meilleur marqueur du match avec 27 points. À 41 ans, le « King » continue de repousser les standards de longévité, portant sur ses épaules l’attaque californienne en l’absence de Luka Dončić. « D’où vient notre manque d’efficacité offensive ? Il nous manque le gars qui marque 37 points par match », a-t-il déclaré en conférence de presse d’après-match.

En face, Shai Gilgeous-Alexander a rendu une copie plus discrète que ses standards habituels. Le MVP en titre, toujours en lice pour sa réélection, a inscrit moins de 20 points pour la première fois de la saison (18 points). Plus inhabituel encore, le meneur s’est montré maladroit dans la distribution du jeu, cumulant plus de ballons perdus (7) que de passes décisives (6).

Premier affrontement en play-offs

À cette occasion, les deux joueurs se sont affrontés en play-offs pour la première fois. Avec le Français Victor Wembanyama (22 ans), Shai Gilgeous-Alexander (27 ans) est appelé à devenir l’une des têtes d’affiche du basket mondial pour les années à venir.

LeBron James, lui, l’est depuis son arrivée en NBA il y a 22 ans. Mais, aussi légendaire soit-il, il doit faire face aux signes du temps. Pour la première fois depuis 2005, il n’a pas été sélectionné comme titulaire au All-Star Game, et sa moyenne de points, bien qu’encore remarquable pour son âge, est au plus bas depuis sa saison rookie.

Les spéculations autour d’une possible retraite à l’issue de ces play-offs vont bon train. L’intéressé reste volontairement flou, laissant entendre qu’il s’interroge davantage sur le « comment » que sur le « quand » de la fin de sa carrière.

En marge de la rencontre, « SGA » a déclaré à propos de son aîné : « Jouer contre une légende comme lui, c’est ce qui vous donne envie de vous lever le matin. […] C’est l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. Évidemment, il n’est plus dans son prime, mais il reste extrêmement performant. »

Alors qu’il a déjà tout gagné, ce duel représente peut-être l’ultime défi de LeBron James. Pour espérer battre le Thunder dans cette série, les Lakers auront toutefois besoin d’un sursaut collectif. Le Match 2 aura lieu jeudi soir, toujours sur le parquet d’Oklahoma City.

Nathan Carneiro

NBA : Boston remporte le match 1 des Finales NBA

Les Celtics de Boston ont remporté le premier match des Finales NBA, face aux Mavericks de Dallas (107-89), dans la nuit du jeudi 6 juin au vendredi 7 juin.

Il fallait se lever tôt, 2h30 heure française ce vendredi 7 juin, pour assister au premier match des phases finales NBA. Les Boston Celtics se sont imposés facilement contre les Dallas Mavericks (107-89), profitant du retour de leur pivot Kristaps Porzingis absent lors des dix derniers matches pour cause de blessure au mollet.

Le joueur letton a rendu une copie quasi-parfaite en inscrivant 20 des 107 points inscrits par les Celtics, le tout en moins de 21 minutes. Les Mavs sont passés au-travers de leur premier quart-temps, affichant un retard de 21 points à la mi-temps. Portés par Luka Dončić et ses 30 points, Dallas est revenu à huit points dans le troisième quart-temps. Les Celtics ont répondu par un 14-0 et n’ont plus été inquiétés de la rencontre.

Les Celtics démarrent de la meilleure des manières leur quête pour aller décrocher un 18e titre de NBA. Le deuxième match des Finales NBA aura lieu dans la nuit du dimanche 9 à lundi 10 juin, à 2h00.

Alexandre Delaitre

NBA vs Chine, un match sous tensions

Des rencontres avec les basketteurs annulées à Shanghai , des matchs d’exhibition qui ne seront pas diffusés à la télévision, le gouvernement chinois poursuit ses représailles contre la NBA, après un tweet de soutien à Hong-Kong du directeur général des Houston Rockets, vendredi 4 octobre.

 

Un match de pré-saison doit voir s’affronter, ce jeudi, les Lakers et les Nets. Crédit : GREG BAKER / AFP

Les Chinois pourraient finalement ne pas voir jouer LeBron James et son équipe. Les deux matchs d’exhibition du « NBA Care », prévus à Shanghai dès jeudi entre les Los Angeles Lakers et les Brooklyn Nets, ne seront pas diffusés par les chaînes de télévision chinoises et leur tenue reste incertaine. A l’origine de ces annulations, un tweet de soutien à Hong-Kong qui a fait polémique et déclenché la colère du gouvernement chinois. « Battez-vous pour la liberté. Soutenez Hong Kong « , publiait Daryl Morey, directeur général de l’équipe NBA des Houston Rockets. Le message a été supprimé depuis, mais il continue de faire des remous.

 

Un tweet à rebondissement

Le tweet ne passe pas inaperçu en Chine, où les Rockets bénéficient d’une forte popularité depuis que le pivot Yao Ming y a joué entre 2002 et 2011. La chaîne publique CCTV annonce immédiatement qu’elle ne diffusera plus les matchs des Texans et des sponsors menacent d’arrêter de soutenir le club. Sous les pressions, les excuses commencent à pleuvoir. Le joueur vedette de l’équipe, James Harden, se désolidarise de ces propos en conférence de presse : « Nous nous excusons. Nous aimons la Chine. Nous aimons jouer là-bas. » La ligue présente ses excuses, allant jusqu’à se dire « profondément déçue par les remarques inappropriées », dans un communiqué sur le réseau social chinois Weibo. Daryl  Morey, lui-même, revient sur ses propos dans deux tweets. « Je n’avais pas l’intention d’offenser les fans des Rockets ni mes amis en Chine avec mon tweet », écrit-il.

 

 

Ces excuses ne suffisent pas à apaiser la situation. Mardi dernier, la NBA Chine a annoncé l’annulation d’une rencontre de fans avec des joueurs des Nets, qui doivent jouer un match de gala jeudi. Dans la foulée, la CCTV déclare qu’elle ne diffusera pas les matchs d’exhibition des clubs américains. Elle explique sa prise de position dans un communiqué de presse : « Nous estimons que tout propos qui remet en cause la souveraineté nationale et la stabilité sociale n’entre pas dans le champ de la liberté d’expression », et indique l’ouverture d’une « enquête sur toutes nos coopérations et tous nos échanges avec la NBA ».

 

La ligue américaine change alors de position. Fini les excuses, son dirigeant, Adam Silver prend parti pour la liberté d’expression de ses joueurs et de ses salariés. Il refuse de s’excuser et ajoute : « Nous ne nous attendions pas à cette crise, c’est dommage, mais si c’est là l’effet de notre respect de nos propres valeurs, nous considérons qu’il demeure crucial que nous respections ces valeurs. »  Il se rendra en Chine pour assister aux matchs d’exhibition et devrait en profiter pour s’entretenir avec les responsables chinois.

 

En attendant, ce mercredi, on enlevait les affichages promotionnels pour les matchs de pré-saison, dans les rues de Shanghai. Si ils n’ont, pour l’instant, pas été annulés, leur tenue reste encore incertaine. Et à Pékin, certains habitants ne cachent pas leur déception. « Je ne pense pas pouvoir continuer à regarder les matchs de la NBA, explique à l’AFP Fu Hao. En tant que Chinois, nous devons soutenir notre pays ».

 

A Shanghai, les affiches promouvant les matchs d’exhibition sont retirées des rues.
Crédit : HECTOR RETAMAL / AFP

 

Un feuilleton à enjeux multiples

Si les multiples rebondissements de l’affaire attirent les regards, c’est en grande partie à cause des enjeux économiques importants liés aux ambitions de la ligue de basket américaine en Chine. « La NBA essaye de se développer en Chine depuis 15 ans, explique le journaliste spécialisé Loïc Ralet. Il y ont des contrats très importants. Outre les contrats de diffusion, il y a les ventes de maillot et de produits dérivés. Les marques qui travaillent avec la NBA , comme Nike, profitent aussi de cette mise en avant. »  Il y a donc un intérêt financier réel pour la NBA à rester en bons termes avec le gouvernement chinois. Toutefois, l’impact des sanctions prises par la Chine à l’heure actuelle reste à tempérer. « On parle juste de matchs de pré-saison, rappelle le journaliste. Les répercussions ne sont pas encore très fortes, ce n’est pas comme si la Chine avait complètement banni la NBA du pays. » Pour Pierre Haessig, de Parlons NBA, il faut tout de même s’attendre à des conséquences : « La Chine est le plus gros consommateur de basket après les USA et il y aura un boycott. Cela commence déjà avec les matchs des Rockets qui ne seront pas diffusés. « 

Sportifs, économiques, politiques, les enjeux sont multiples dans cette affaire. Pour Bastien Fontanieu, fondateur du site spécialisé #Trashtalk, il est encore difficile de se prononcer sur les suites concrètes de la polémique. « Pour la NBA, il s’agit de savoir quelle image ils ont envie d’avoir dans cette situation. Courber l’échine ou faire bloc ? », analyse-t-il. Il pense que la situation s’apaisera mais que cela risque de prendre du temps : « Retirer les affiches, suspendre la diffusion, pour la Chine, c’est une façon de faire pression, développe-t-il. Je pense que la NBA est en train de calmer le jeu, pour que tout se passe bien. C’est pour cela qu’ils envoient des joueurs vedettes, comme James Harden, pour dire qu’ils aiment la Chine etc. La NBA voit la Chine comme un gros gâteau à croquer. » Un gâteau très appétissant quand on considère le fait que, l’an dernier, plus de 500 millions de chinois auraient regardé un match de NBA. Autant de clients potentiels donc, pour Tencent, qui diffuse la NBA en Chine, mais aussi pour les différentes marques qui sponsorisent la ligue. « Sur l’année, on estime entre 1,1 et 2 milliards le manque à gagner que représenterait la perte totale du marché chinois pour la NBA », conclut le spécialiste.

Mais le tweet à l’origine de cette affaire qui secoue le monde du basket depuis une semaine n’est pas un cas isolé. Les messages de soutien aux manifestants hong-kongais se multiplient sur les réseaux sociaux et dans des nombreux événements. Ce mardi, un jeune joueur d’e-sport a été banni d’une compétition à Taiwan, pour avoir affirmé en mandarin son soutien aux protestataires. Activision-Blizzard, la société de jeu vidéo américaine organisatrice, a pris la décision de l’exclure de la compétition et de le bannir de toute participation à un tournoi officiel pour une durée d’un an. Deux situations similaires qui ont ainsi suscité deux réactions très différentes de la part de leur direction. Si la NBA réaffirme le droit à la liberté d’expression, le géant du jeu vidéo a, lui, préféré, conserver les bonnes grâces du marché chinois.

 

Blandine Pied

Playoffs NBA : quelles équipes iront en finale ?

Les demi-finales de conférences se sont achevées en apothéose dimanche soir avec le premier panier de la gagne de l’Histoire d’un septième match. Place désormais aux finales de conférences qui opposent à l’est les Milwaukee Bucks aux Toronto Raptors et à l’ouest les Portland Blazers aux tenants du titre, les Golden State Warriors. Petit tour d’horizon des forces en présence pour le trophée final.

 

Les Golden State Warriors pourraient être à nouveau sacrés champions de conférence ouest et ainsi accéder à une cinquième finale de Playoffs de rang. Crédits : Wikipédia

 

Les Playoffs de NBA ont débuté il y a près d’un mois et ont offert très peu de surprises jusqu’ici. Au premier tour, ce sont les favoris, c’est-à-dire les huit équipes les plus performantes durant la saison régulière sur les 16 qualifiées, qui se sont imposées. Au tour suivant, la situation a été plus ou moins similaire lors des demi-finales de conférences, à l’exception de la confrontation entre Portland et les Nuggets de Denver puisque ce sont ces derniers, deuxièmes au classement à l’ouest lors de la saison régulière, qui ont été éliminés par les troisièmes. Cependant, les Blazers feront face à une des meilleures équipes de la décennie en finale de conférence, dans la nuit de mardi à mercredi : les Golden State Warriors, double tenants du titre.

Sur le papier, Portland semble avoir peu de chances d’atteindre la finale bien que l’équipe compte dans ses rangs des joueurs de qualité comme le meneur Damian Lillard ou Christian James McCollum, auteur d’une grosse performance au tour précédent contre Denver. Autre point qui pourrait avantager l’équipe des Blazers : la blessure de Kevin Durant, meilleur joueur de Golden State depuis le début des Playoffs et qui ne pourrait pas refouler les parquets avant une éventuelle finale des Warriors. En revanche, seront bien présents et en pleine forme les excellents shooteurs de l’équipe d’Oakland : Klay Thompson et Stephen Curry qui fera d’ailleurs face à son frère cadet Seth Curry lors de cette finale de conférence ouest.

Les Bucks, premiers de conférence, restent favoris à l’est

Comme prévu, l’équipe de Milwaukee a marché sur la conférence est. L’équipe avec le meilleur ratio de victoires en saison régulière s’est en effet imposée quatre victoires à zéro au premier tour contre les Indiana Pacers puis quatre victoires à une contre les Boston Celtics, une des équipes les plus en vues à l’est et qui avait notamment atteint la finale de conférence l’année dernière. La force de cette équipe réside entre autres dans son « franchise player », son meilleur joueur : le Grec Giannis Antetokounmpo, un colosse de 2 mètres 11 pour 2 mètres 21 d’envergure. Une corpulence qui permet aux Bucks de dominer les débats lors des phases de jeu dans la raquette et sous le panier.

Avant d’envisager une éventuelle deuxième finale de Playoffs dans son histoire, la dernière remontant à 1974, les Milwaukee devront battre Toronto. La seule équipe canadienne de NBA est parvenue à se replacer parmi les meilleures franchises de la conférence est. S’ils ont essuyé le départ l’été dernier de leur meilleur joueur DeMar DeRozan pour les Spurs de San Antonio, les Raptors ont pu le combler par l’arrivée de Kawhi Leonard, un des meilleures défenseurs de la ligue, auteur du panier de la gagne contre Denver lors du tour précédent.

En bref, peu importe les deux équipes qui sortiront gagnantes des finales de conférences, la finale des Playoffs devrait offrir une belle confrontation en perspective avec peut-être en prime une nouvelle franchise pour succéder aux champions sortants, les Golden State Warriors.

Timothée Talbi