À Paris, la gare du Nord a été l’un des principaux foyers de mobilisation ce mardi 10 septembre, dans le cadre de la journée d’action du collectif « Bloquons tout ». Plusieurs milliers de partisans du mouvement ont convergé vers le bâtiment et tenté d’y entrer.
Difficile de rentrer dans la gare du Nord, à Paris, ce matin : faute de pouvoir y accéder, la foule compacte converge devant l’édifice, tandis que des CRS sont postés à chaque entrée. En entendant les exclamations qui s’en dégagent, on comprend rapidement que le lieu est devenu un point de ralliement anti -macroniste pour dénoncer les mesures budgétaires adoptées sous l’égide du président. La jeunesse, représentée en nombre, scande des slogans devenus fameux par leur caractère politique : « siamo tutti antifascisti » (nous sommes tous anti-fascistes), et « Même si Macron ne le veut pas nous on est là ». Dans l’air, des devises telles que « le peuple se soulève », flottent comme des étendards. À contre-courant, les voyageurs souhaitant rejoindre leurs trains sont compressés, l’accès se faisant au compte-gouttes.
La jeunesse en première ligne
L’appel à manifester émanait de la SNCF, mais vers 11h, ce sont en majorité des étudiants ou jeunes travailleurs qui confluent vers la gare, après des tentatives de blocages infructueuses un peu partout dans Paris. « Ce matin, je suis passé à porte de Montreuil, puis à porte de Vincennes, mais ces mouvements ont été bloqués par les CRS », témoigne Stan, jeune intermittent du spectacle s’étant alors tourné vers ce nouveau lieu de rendez-vous. L’édifice devient un point de ralliement pour tous les partisans du mouvement « bloquons tout » lancé cet été sur les réseaux sociaux, tandis que les cheminots tiennent une assemblée générale au Technicentre SNCF de Châtillon avant de le rejoindre. L’incertitude règne quant aux principaux intéressés, comme on peut l’entendre ici ou là : « ils sont où? », « Elle est finie, leur AG? »
En les attendant, une étudiante vêtue de jean face à la foule en noir lance des appels à la « solidarité avec tous les travailleurs » pour « bloquer l’économie » face aux réformes budgétaires : les mesures annoncées par l’ex-Premier Ministre François Bayrou, dont le gouvernement a chuté lundi, est dans tous les esprits. Robin, arborant fièrement sa pancarte « taxez les riches », approuve : « le gouvernement nous somme sans arrêt de faire plus d’efforts, que l’on fait déjà, alors que les inégalités deviennent de plus en plus flagrantes et qu’on manque d’argents dans les hôpitaux, dans les écoles ». « Le passé nous a montré que le peuple peut gagner lorsqu’il se mobilise dans la rue », veut croire l’étudiant en histoire.
Devant la gare du Nord, point de rendez-vous du mouvement « bloquons tout », la jeunesse prend les devants avant l’arrivée des cheminots. Margot Mac Elhone
« On a l’impression que nos votes ne servent à rien » : de la manifestation à la colère sociale
« Il est de plus en plus difficile de s’organiser, d’avoir un vrai lieu de discussion, en raison de tous ces policiers postés partout » tempère Camille, intermittent du spectacle. Sa casquette de cuir vissée sur le crâne, le cinquantenaire se dit néanmoins « fier et optimiste » à la vue de cette jeunesse mobilisée, et se remémore avec nostalgie des manifestations de 2003 contre l’accord sur l’assurance chômage des intermittents du spectacle : « à l’époque, il était encore possible d’obtenir des victoires dans la rue. Aujourd’hui, les décisions se font de plus en plus contre le peuple, venant d’en haut ».
Une conviction regroupe tous ces manifestants : la nomination de Sebastien Lecornu au poste de Premier Ministre ne « changera rien » à la situation. « C’est un fidèle de Macron, qui suivra la même politique. On a l’impression que nos votes ne servent à rien », s’agace Lancelot, brandissant sa pancarte « Stop Pub » aux cotés de son ami Robin.
Lancelot et Robin sont venue depuis l’Aveyron pour prendre part au mouvement « bloquons tout », ce matin devant la gare du Nord. Margot Mac Elhone
Les cheminots rejoignent la foule
Les voix se font de plus en plus fortes et des fumigènes de couleur flottent dans l’air lorsqu’arrivent les cheminots, vers 11h40. Microphone à la main, Anasse Kayib, membre de leur syndicat et du parti Révolution Permanente, martèle au cours d’un débrief express : « Nous espérons qu’aujourd’hui est la première journée d’un grand mouvement ». « S’il n’y a pas un train qui part de gare du Nord, pas un avion qui sort de Roissy, on sera obligé de nous entendre », scande à son tour Marcel, conducteur de tramway. Selon Émile, technicien de maintenance, l’AG de Châtillon a été « une réussite » : « nous étions 150 et avons cherché à mobiliser tous nos collègues. Depuis 2014, nous n’essuyons que des défaites mais nous pensons que ce mouvement peut changer les choses : le taux de grévistes a été estimé à 40%, et nous avons massivement voté pour la reconduire le 18 septembre ». Émile se dit aller dans le sens des revendications portées par la CGT cheminots, portant sur « une augmentation générale des salaires, l’abrogation de la contre-réforme des retraites de 2023, l’arrêt de toutes les réorganisations et suppressions d’emplois », face à une politique « d’austérité », comme l’indique un communiqué posté hier.
Marcel et Emile, conducteur de tram et technicien de maintenance pour la SNCF, se sont rendus à la mobilisation de la gare du Nord suite à l’Assemblée générale des cheminots. Margot Mac Elhone
Annasse Kayib appelle la foule à s’asseoir, et à qui le souhaite de venir prendre la parole. Le parvis de la gare du Nord se transforme alors en Assemblée Générale géante, où les revendications des cheminots se mêlent à celles de lycéens ou professeurs, déplorant l’insalubrité des établissements scolaires et le manque de personnel.
Vers midi, une réunion entre partisans du mouvement « bloquons tout » s’est improvisée sur le parvis de la gare du Nord. Margot Mac Elhone
« On a compris les revendications, il faut maintenant s’organiser pour faire bouger les choses! », s’irrite un homme, la réunion devenant manifestement un peu trop longue à son goût. Comme pour lui répondre, la foule se lève comme un seul homme vers 13h30 pour rejoindre l’ultime rendez-vous du mouvement : Châtelet-les-Halles.
En 2023, 271 000 personnes, dont 85 % de femmes, ont été recensées comme victimes de violences conjugales. « On m’a souvent dit : “Pourquoi tu n’es pas partie plus tôt ?” Partir, ce n’est pas si facile », confie Alizée, elle-même victime. De plus en plus de spécialistes soulignent le rôle central de l’emprise, un mécanisme psychologique insidieux, destructeur et profondément paralysant.
En mai 2006, Morgane, autrice habitant en région parisienne, rencontre Yassine. C’est l’amour fou : cadeaux, petites attentions… Le jeune homme lui en met plein les yeux. Quelques mois plus tard, le couple emménage ensemble. Aux premiers jours de leur vie conjugale, Yassine ne manifeste aucune violence. Lorsqu’ils ont d’anodines disputes, Morgane, qui a un fort caractère, lui tient tête. L’idylle se transforme en cauchemar plus d’un an après le début de la relation, lorsqu’elle tombe enceinte : « À partir du moment où il a su que je gardais le bébé, il a pensé que je lui appartenais, que j’étais sa chose. » La première claque arrive. Morgane est sidérée. Elle sait que ce n’est pas normal : « À ce moment-là, j’étais sur le point de fonder une famille. J’avais honte. Je ne voulais pas montrer à mes parents que j’avais échoué. »
Un début idyllique… Processus systématique dans le cycle des violencesconjugales. « La plupart des femmes disent combien l’homme rencontré est un prince charmant. Il est doux, gentil, attentif, serviable », explique Liliane Daligand,psychiatre en médecine légale et autrice du livre Violences conjugales en guised’amour,dans lequel elle retrace le parcours de neuf femmes victimes et troishommes auteurs de violences conjugales. Mais rapidement, le « conte de fée » setransforme en un cauchemar où le prince se révèle être un bourreau : « Vontapparaître des moments d’agacement et de colère. Peu à peu, il va y avoir unesorte de volonté d’isolement de l’autre qui doit être tout à moi »,note la psychiatre.
Liliane Daligand, psychiatre en médecine légale, a dédié de nombreuses années à étudier les violences conjugales et l’emprise
PODCAST : Interview complète de Liliane Daligand
L’isolement, une emprise silencieuse
Après l’accouchement de Morgane, Yassine l’isole complètement : « Il dénigrait ma famille, mes amis… Mais en le sous-entendant, jamais frontalement. C’était insidieux, vicieux. Petit à petit, je n’allais plus voir mes amis », raconte-t-elle.
Ce mécanisme de l’isolement, Nathalie, 54 ans, l’a vécu avec son ex-compagnon.Elle a 24 ans lorsqu’elle rencontre Charles au cours d’une formation associative, dans lecadre de son travail de fonctionnaire. À l’époque, Charles y est salarié. Elle décritun début de relation sincère avec un homme « bien, cultivé, intéressant,attentionné et ouvert sur ses idées ».Comme pour Morgane, le début de la relation dela quinquagénaire ne laisse présager aucune violence. Pourtant, en silence, la stratégie del’emprise s’installe. « Petit à petit, il a commencé à me dévaloriser dans de longs monologues. Puis il entrait dans un mutisme de plusieurs jours, provoquant uneimmense culpabilité chez moi. Ensuite, il revenait comme si de rien n’était etredevenait l’homme que j’avais rencontré, dans l’écoute et le respect »,explique-t-elle.
Nathalie, 54 ans, est progressivement réduite à l’isolement avec Charles
Puis, « dès qu’il rencontrait quelqu’un, il avait quelque chose de négatif à diresur cette personne.Ce n’était jamais frontal, toujours sous-entendu,se rappelle la fonctionnaire. Je finissais par remettre en question mes relations amicales. » Sortir seule devient de plus enplus difficile pour la jeune femme, accusée d’entretenir des relations avec ses amismasculins. « Il y avait toujours une histoire de relation amoureuse cachée que, selonlui, je ne voyais pas »,explique-t-elle.
« Je ne pouvais pas le quitter, il me faisait trop peur »
Une fois la femme réduite à l’isolement, les violences deviennent regulières. Lorsqu’Alizée, entrepreneuse bordelaise de 28 ans, emménage en Espagne avec Arthur, leur foyer conjugal devient un huis clos et les disputes, de plus en plus violentes. Elle le rencontre en février 2016 sur Facebook. Arthur est le petit ami idéal : leur relation est fusionnelle. Mais très vite, les disputes arrivent et deviennent fréquentes. Des disputes auxquelles il répond toujours par des cadeaux. Quand la jeune femme veut le quitter, la mère de son compagnon lui propose de « soigner sa noirceur ensemble ». Alizée se sent alors investie de la mission de le sauver, ce qui marque un tournant dans leur relation : « Lorsqu’il y avait une dispute, il prenait mon téléphone et m’enfermait dans une pièce jusqu’à ce que je lui dise qu’on reste ensemble. Lorsque ça ne marchait pas, il me faisait croire qu’il faisait une crise d’épilepsie et que je devais rester pour le sauver. Les disputes pouvaient être violentes. Au début, il me poussait. Puis une fois, j’ai fini au sol avec son genou sur ma tête. » Arthur fait culpabiliser sa compagne en lui disant que ses relations conflictuelles avec son père sont la source de leurs problèmes, puis se met régulièrement en position de victime pour justifier son comportement : « Je me dis que je ne peux pas le quitter, l’abandonner. Je suis convaincue qu’il ne peut pas vivre sans moi. »
En Espagne, Alizée, isolée, fait face à des violences de plus en plus régulières
De son côté, Morgane, recluse à son domicile pour s’occuper de son fils, fait face à un déferlement de violences : « Il avait mis en place un compte à rebours. Notre fils se couchant à quatorze heures, il me disait : “Je vais te taper dans cinq heures, dans quatre heures…” » Quelques fois, l’autrice a des moments de repos où Yassine va lui offrir des cadeaux pour se faire pardonner. Des cadeaux toujours à l’échelle des coups qu’il lui portait. « Je ne pouvais pas le quitter, il me faisait trop peur. J’avais peur du jour où il allait me mettre le mauvais coup, le coup de trop. Il disait que s’il me tuait, il jetterait mon corps dans la Seine en faisant croire à un suicide. C’était ma plus grande peur : que mon fils puisse penser que je l’avais abandonné », se rappelle la jeune mère. Nathalie, devenue mère de deux petites filles, évolue, comme Morgane, dans unenvironnement de peur paralysant. « Petit à petit, il installait la peur. C’était diffus, permanent. Et c’est ça qui nous retient »,analyse-t-elle.
Un cycle destructeur difficile à rompre
La peur instaurée par les hommes violents participe à l’emprise, que LilianeDaligand décrit comme « une volonté de dominer l’autre, de le réduire à un objetmanipulable ».L’experte distingue trois dimensions : la possession, qui nie l’autre en tant que sujet ; la domination, qui maintient la victime dans une soumission et unedépendance totale ; l’empreinte, qui vise à marquer la personne physiquement etpsychiquement.
L’emprise s’illustre de manière cyclique. Le cycle de la violence commencepar une montée de tension, puis éclate en actes violents : cris, coups, insultes. Vientensuite la phase de justification, où la victime finit par se blâmer elle-même. Enfin,l’auteur cherche à se faire pardonner et promet de changer. Ce cycle peut durer desmois, des années, car « la victime va croire à ses promesses, c’est pour ça qu’elleva rester »,détaille la psychiatre.
Privée de ses désirs et de son essence, la victime en vient parfois à penser : « Quand il ne me bat pas, je n’existe pas. »Et, malgré les tentatives de fuite, la teneurde l’emprise est telle qu’il faut parfois « de multiples séparations avant uneéventuelle séparation définitive ».D’autant que la possibilité pour les femmes desortir de ce cycle d’emprise grâce à leur famille ou à leurs proches est souventlimitée par le système d’isolement dont elles font l’objet. Parfois, « la famille peut nerien voir, parce qu’il y a des auteurs de violences qui peuvent apparaître en sociétécomme de bons professionnels, de bons amis, de bons copains, presque de bonsmaris, finalement », analyse Liliane Daligand.
« Le plus dur c’est d’avoir compris trop tard »
Lorsque Michel et Martine, les parents de Nathalie, rencontrent le compagnonde leur fille, ils sont conquis par celui qui semble être le gendre idéal. Pourtant,quelques signes les alarment : leur fille, passionnée de chant, se voit interdire defaire de la chorale, elle a de moins en moins d’amis, des remarques dévalorisantessont lancées par son compagnon en repas de famille… Le déclic pour cesinstituteurs à la retraite survient en février 2009. Une altercation éclate entre Martineet son gendre. Les parents de la fonctionnaire quittent le domicile de leur fille avec l’intentionde ne jamais y retourner. Une semaine après leur départ précipité, le téléphonesonne : « Nathalie nous explique pour la première fois ce qu’elle vit vraiment. Elleest prête à partir. Elle me remercie que cette altercation soit arrivée, ça lui donne de laforce », se souvient Michel avec émotion. « Le plus dur, c’est d’avoircompris trop tard »,poursuit le père de famille qui est tombé plusieurs années endépression suite à ce choc émotionnel.
L’emprise de Nathalie a plongé Michel, son père, plusieurs années en dépression suite à ce choc émotionnel
L’altercation entre Charles et Martine vient confirmer les doutes de la quinquagénaire :« Lors d’une formation sur les violences conjugales dans le cadre de mon travail, ondécrivait les critères des violences conjugales et je me suis dit : “Mais en fait, on parle demoi.” »Elle commence à faire des recherches, en silence, et réfléchit à partir.Quelques mois avant le départ, elle refuse de dormir avec Charles. « Il a jeté lematelas, m’a poussée,se souvient-elle. Il n’acceptait pas que je ne sois plus à lui. »La tension franchit un nouveau cap face à ses menaces : « Si tu fais ça, un jour tu teréveilleras avec un couteau dans le corps. Fais attention à tes filles. »
Sortir de l’emprise, une fuite au péril de leur vie
La fuite est donc minutieusement orchestrée avec l’aide de ses parents.Tandis que Charles est convoqué au commissariat pour être auditionné, Nathalieremplit des sacs poubelle avec ses affaires et celles de ses filles. Elle part. Mais laviolence ne s’arrête pas là. « Il m’appelait sans cesse, menaçait de m’enlever mesenfants, de me tuer »,note-t-elle. Elle engage une procédure pour l’expulser dudomicile conjugal, alors à son nom à elle. Deux mois d’errance suivent, avant qu’elle réintègreenfin sa maison. Elle découvre alors un décor glaçant. « “Salope” était tagué partout,mes vêtements déchirés, la prise de terre d’une ampoule retirée. L’électricien m’a dit :“Quelqu’un a essayé de vous tuer.” » Sa plainte pour violences conjugales etmenaces de mort sera classée sans suite.
« C’est le déclic, je suis partie. »
Pour Alizée, le départ est plus long et brutal. Lorsqu’elle rentre en France avec son copain, elle part aussitôt travailler loin de lui, dans une autre région, pour l’été. Elle s’épanouit et réalise que ce qu’elle vit au sein de son couple n’est pas normal. À la rentrée, le couple se sépare mais Arthur n’a pas d’argent et, durant six mois, ils cohabitent : « Un matin, il débarque en furie dans ma chambre. Je me réfugie dans la salle de bains mais il me suit en me criant dessus. Puis, il me tabasse en écrasant ma tête contre la baignoire et casse mon téléphone. Je crois mourir. Il m’enferme ensuite dans le salon et je vais profiter d’un moment de répit pour m’enfuir. Mais, il me rattrape et m’étrangle à la porte d’entrée. J’appelle au secours. Il prend peur et me jette dehors. C’est le déclic, je suis partie. »
Le départ du foyer conjugal est souvent risqué et le résultat d’un long chemin psychologique
La sortie de cette emprise n’a pas non plus été simple pour Morgane. L’élément déclencheur survient en 2011 quand elle invente un subterfuge pour aller voir un ami de longue date. Il voit arriver la jeune femme en pull en plein mois de juillet et comprend tout de suite que quelque chose ne va pas. Sur les conseils de son ami, elle porte plainte le lendemain, avant de la retirer trois jours plus tard. Par peur. Mais le policier qui retire sa plainte oriente Morgane vers l’association Du côté des Femmes avec qui elle va prendre contact : « J’avais rendez-vous une fois par semaine avec la psychologue de l’association et ça m’aidait. Ça plantait des graines. » Des graines qui vont porter leurs fruits cinq mois plus tard, après un énième passage à tabac, où elle appelle la police. Yassine est interpellé.
« En vivant en foyer, je vais retrouver ma vraie personnalité »
Jugé en comparution immédiate, il est condamné pour violences conjugales à dix-huit mois de prison dont douze mois ferme. Morgane pense que c’est la fin de quatre années de violence et de peur. Mais en septembre 2012, au bout de cinq mois de prison, Yassine sort pour « bonne conduite ». Morgane ne dispose que d’une mesure d’éloignement de trois mois. Lorsqu’elle se termine, il entre par la fenêtre et s’installe dans la maison à plusieurs reprises, non pour la frapper mais pour alimenter la peur.
S’ensuivent des mois de fuite et de déménagements de foyer en foyer pour assurer sa sécurité et celle de son fils. « En vivant en foyer, je vais retrouver ma vraie personnalité, ça va me permettre de sortir de l’emprise, de la peur. » Le harcèlement de Morgane s’arrête en 2015, lorsqu’elle sort son livre pour témoigner de son enfer : Il m’a volé ma vie. Yassine est démasqué. Il a honte.
Des structures pour aider à fuir et à se reconstruire
L’association Du côté des Femmes a été un vrai tremplin pour l’autrice dans sa fuite de l’emprise et du foyer conjugal. Depuis son départ en 2011, de nombreuses structures se sont organisées pour aider les femmes à sortir de l’emprise. « Vivez-vous ou avez-vous vécu des violences ? » C’est désormais unequestion systématique, posée à chaque patiente accueillie à l’hôpital Delafontainede Saint-Denis. En cas de réponse positive, le personnel oriente sans délai lapatiente vers la Maison des femmes Restart rattachée à l’hôpital, où une prise encharge spécifique débute. « On essaye de les accompagner vers la sortie del’emprise en les aidant à comprendre ce qu’elles vivent »,détaille Mathilde Gaillard, la chargée de communication de la structure.
À la Maison des femmes Restart, à Saint-Denis, divers ateliers sont proposés pour aider les femmes à libérer la parole et à se reconstruire
Chaque semaine, des groupes de paroles encadrés par une psychologue sont proposés par la structure : « Entendre d’autres récits aide à dénormaliser certaines situations et à se dire : “ce que j’ai vécu, ce n’est pas acceptable” », souligne encore la chargée de communication de la structure. La parole se libère aussi en entretiens individuels. Rosalie, infirmière à la Maison des femmes depuis neuf ans, est souvent la première à recueillir ces confidences. À partir du récit livré, elle évalue les besoins, établit les urgences, et oriente vers les professionnels adéquats. Mais elle le rappelle : « Quand on est dans une emprise pendant plusieurs années, ce n’est pas en un entretien qu’on en sort. Une seule discussion peut prendre des mois à faire son chemin. Certaines femmes nous rappellent un an après. On sait qu’on plante des graines, et qu’en une simple discussion on a commencé à fissurer le cercle de l’emprise et de la violence. »
Les infirmières de la structure montrent le cycle de la violence aux femmes pour qu’elles se rendent compte de ce qu’elles vivent
Une fois le cercle de l’emprise brisé, le travail est à la reconstruction pour ces femmes qui affrontent souvent, seules, l’incompréhension de la société, la lenteur de la justice et leur détresse émotionnelle. Encore aujourd’hui, au domicilede Morgane et son fils, Yassine revient tambouriner environ deux fois par an et la harcèle avec des appels : « Je n’ai plus peur. Je me suis reconstruite grâce aux livres et à mes conférences. Témoigner m’a permis de reprendre le contrôle de mon histoire. Mon livre a aidé d’autres femmes et c’est ma plus grande récompense. N’ayons pas honte d’être victimes ! » conclut la survivante.
Trois femmes, victimes durant des années de violences conjugales au sein de leur foyer ont tué leur mari pour mettre fin à leurs sévices. L’une a était acquitté pour légitime défense, les deux autres déclaré coupable de meurtre. Explication.
« Et si ma seule façon de survivre c’était de tuer ? ». Alexandra Lange, Valérie Bacot, Jacqueline Sauvage : toutes trois ont tué leur compagnon après des années de violences conjugales. Si la première a été acquittée, ayant agi en pleine agression, les deux autres ont été condamnées, leurs actes n’ayant pas eu lieu lors d’un épisode de violences. Ces affaires médiatisées ont soulevé la question des limites de la légitime défense en France, où l’imminence du danger reste un critère clé. Leurs avocates ont plaidé une légitime défense différée, inspirée du droit canadien, qui reconnaît un état de danger permanent. Une notion encore non reconnue en droit français.
Alors que les plateformes numériques se sont immiscées partout dans notre quotidien, beaucoup tentent de s’en déconnecter. Qu’est-ce qui explique le choix radical de ces exilés volontaires, encore minoritaires ?
« Twitter a été la source d’une dépression profonde jusqu’à mes 17-18 ans. » Pour Ariel, 26 ans, loin d’un espace de sociabilisation, les réseaux sociaux se sont révélés être un enfer. Aujourd’hui, cet étudiant en master de Géopolitique de l’art et de la culture à Sorbonne-Nouvelle, installé dans son canapé, respire : « Ça fait quatre ans que je n’ai pas Twitter. J’ai un compte Instagram qui traîne, mais j’ai bien écrit qu’il était inactif. »
Selon une étude réalisée par le think tank Destin commun, en 2024, un Français sur deux préférerait vivre dans un monde où les réseaux sociaux n’auraient jamais existé. Pourtant, selon le Digital Report 2025 de We Are Social, seuls 9,5 % des Français de seize ans et plus qui utilisent internet sont absents des plateformes numériques. Ariel fait partie de la minorité de personnes qui ont pris leurs distances avec ces dernières. Un choix d’autant plus radical qu’il a passé la majeure partie de son adolescence en ligne : « J’ai commencé avec Orkut et Facebook à 11 ans, puis ma vie c’était Twitter de mes 14 à mes 22 ans. » David-Julien, 41 ans, rédacteur en chef adjoint à L’ADN était aussi un « fervent utilisateur de X depuis 2011 », mais l’application n’est plus sur son téléphone « depuis un peu moins d’un an ». Pour d’autres, cette séparation s’est faite sans déchirement. Clara, 21 ans, a quitté les réseaux dès la troisième. « Ça ne m’a jamais vraiment manqué par la suite. Ce que je rate n’est pas important pour moi », avoue la stagiaire en urbanisme. Même chose pour Camille : « Instagram me prenait beaucoup de temps pour rien », un temps précieux pour cette étudiante en médecine de 24 ans.
Un ras-le-bol dû à une ambiance nocive
Si ces exilés volontaires se multiplient, il n’existe pas d’estimations précises de leur nombre. « Il est difficile de dire s’il y a eu un phénomène massif de départ des usagers » d’après Servanne Monjour, chercheuse en humanités numériques. Cela s’explique par l’absence d’études approfondies sur le sujet, le cumul de plusieurs comptes entre les mains des mêmes utilisateurs et la prolifération des faux comptes, ou bots. X serait « l’exemple clé » de ce dernier phénomène : on y trouve « près de 50 % » de faux utilisateurs. Cette prolifération « s’inscrit dans un mouvement plus général d’emmerdification du web ». D’après l’experte, les fils de discussion se retrouvent ainsi pollués par de nombreux contenus non sollicités. Quant aux bots, ils sont devenus des « agents d’influence et de retournement des opinions parfois très agressifs ».
D’où une ambiance délétère sur les réseaux, à l’origine d’un ras-le-bol chez les internautes. « Je me suis rendu compte que Twitter était une course à la popularité », déplore Ariel. Selon lui, les compteurs de likes et de retweets encouragent les utilisateurs à vouloir être les plus sarcastiques et les plus caustiques. Lui-même reconnaît avoir « pu être toxique à des moments », même s’il n’était pas « la personne la plus drôle ». Sur Twitter, Ariel a aussi été témoin de « guerres d’identité » : « Les gens se regroupent entre personnes qui pensent la même chose. » Ce qui, loin de renforcer les liens sociaux, exacerbe les tensions d’après l’étudiant.
Cette idée est renforcée par le mécanisme inhérent aux plateformes : « Il y a aujourd’hui un phénomène de dégradation de la qualité des services des grands réseaux sociaux devenus hégémoniques », pointe Servanne Monjour. Depuis le rachat du réseau X par Elon Musk en 2022, David-Julien a l’impression « d’ouvrir les portes de l’enfer » à chaque fois qu’il s’y rend. Le milliardaire est selon lui responsable d’une « viralité de bas étage » qui entretient la haine sur la plateforme : « Il y a évidemment plus de racisme, plus d’avis catastrophiques que jamais. » Pour Clara, cette toxicité concerne tous les réseaux. Le cyberharcèlement, notamment, y est légion : « On risque d’être impacté par des gens qui ne sont même pas là. » Elle regrette également « l’impunité sur les réseaux sociaux », qui permet d’assumer des comportements aussi problématiques que « l’exhibitionnisme » via l’envoi de photos non sollicitées.
« Parfois, la sidération te fait passer dix secondes devant un contenu »
À cela s’ajoute la surcharge informationnelle, source de frustration et d’énervement à laquelle les utilisateurs ne consentent pas forcément. « Le fait de se rendre toujours disponible devient une vulnérabilité », dénonce la jeune femme, qui assume de ne répondre aux messages que lorsqu’elle le souhaite. Un sentiment d’être « submergée » que dénonce également Camille : « Tomber sur des storiesde mes amis en vacances alors que je suis bloquée à Paris pour mes études aggrave encore mon état », souffle-t-elle. Elle se sent aussi dépassée par l’actualité anxiogène qui circule sur les réseaux sociaux et cite des « vidéos d’enfants palestiniens » qui l’affectent particulièrement. Face à ces contenus, Ariel est catégorique : « Je n’ai pas envie d’y avoir accès, tout comme je n’ai pas envie de constamment donner mon opinion et prendre part à des combats. On n’est pas obligé de réagir à tout. » Mais le jeune homme n’est pas dupe et sait que le fonctionnement des plateformes numériques joue contre leurs utilisateurs : « Parfois, la sidération te fait passer dix secondes devant un contenu, ce qui fait qu’on te le recommande encore plus. »
Les géants du numérique mettent volontairement en place ce genre de mécanismes pour capter l’attention des utilisateurs, dont dépend leur chiffre d’affaires. Par exemple, TikTok possède « un fonctionnement algorithmique fondé sur le principe des “putaclics” », affirme Servanne Monjour. À cette fin, les plateformes privilégient également les contenus courts et dynamiques.
Addicts aux réseaux ?
Ce mécanisme est bien connu des médecins : « Le design des réseaux sociaux est fait pour maintenir l’attention », affirme Victor Leroy, psychiatre addictologue à Clinic Les Alpes en Suisse. Certes, « il n’y a pas encore de consensus » sur l’existence d’une addiction à ces plateformes. Mais des points communs s’observent entre les personnes victimes d’addictions et certains internautes, à savoir « des comportements incontrôlables qui créent de la détresse avec des symptômes de manque ». Le médecin estime ainsi qu’environ 15 % de la population mondiale est touchée par cette dépendance. De plus, elle concerne tous les profils, les réseaux se voulant « les plus inclusifs possible ».
Au niveau du cerveau, les plateformes numériques sécrètent des « hormones du plaisir » et activent « les mêmes circuits » que l’héroïne ou la cocaïne. Leur capacité à capter l’attention repose aussi sur un « système de récompense », fondé notamment sur une « quête du like qui provoque un renforcement positif extrêmement puissant », ajoute le médecin. Camille, qui aspire à devenir psychiatre, en a fait le constat : « Tu scrolles et tu te rends compte que tu as passé trente minutes à scroller pour rien. Je me sens comme devant un paquet de chips vraiment addictives, sauf que le paquet se finit à un moment, alors que tu peux faire défiler les contenus à l’infini. »
Une spirale infernale qui a durement impacté la vie d’Ariel dans son adolescence. « Reclus » dans sa chambre, le jeune homme faisait défiler les contenus de Twitter. D’après Victor Leroy, le fait d’avoir recours à ces « comportements à risque » est « toujours une solution à un problème masqué » auquel il faut d’abord s’attaquer. Par exemple, l’addiction aux réseaux sociaux est souvent une manière de soulager une phobie sociale : « Mes amis étaient exclusivement en ligne », se remémore ainsi Ariel. Ce mode de vie hyperconnecté suscite une vulnérabilité constante à laquelle s’ajoute le risque de cyberharcèlement, dont l’impact sur les jeunes est d’autant plus « terrible » qu’il « commence à l’école et poursuit l’adolescent jusqu’à la chambre à coucher », selon Victor Leroy. Cela exacerbe certaines pathologies mentales et en sortir n’est pas chose aisée : « La majorité des gens vivent d’abord énormément de frustration, d’énervement et d’anxiété. »
Se reconnecter au réel
En guise de solution, le gouvernement français a lancé en mai le défi « Dix jours sans écran » à destination notamment des enfants et des adolescents. Victor Leroy est quant à lui partisan du principe de pause numérique, qui sera instauré dans tous les collèges de France à compter de septembre 2025. Les élèves devront déposer leurs téléphones portables dès leur entrée dans l’établissement et ne les récupéreront qu’à la fin des cours. « Faire une pause et ne pas pouvoir s’y tenir est le signe que l’on a un problème. C’est très bien pour faire du dépistage », affirme le médecin. Multiplier les pauses régulières permettrait ainsi de prendre conscience de ses difficultés et d’exercer son cerveau à pratiquer d’autres activités.
De fait, réussir sa déconnexion se révèle souvent bénéfique. Depuis qu’il est parti, Ariel est de meilleure humeur, se sent moins susceptible et investit mieux son temps et son énergie. Il s’intéresse notamment aux contenus longs qui lui « rendent de la concentration », comme les jeux vidéo hors ligne et les « vidéos de huit heures sur YouTube », où il évite les espaces commentaires. « J’ai l’impression d’être plus humain ; j’ai resitué le réel dans ma tête. » Il a aussi appris à cesser de s’enfermer dans des groupes et à exprimer ses biais avant ses opinions : « Je me suis rendu compte que c’était comme ça que j’avais réussi à développer mon identité d’aujourd’hui. »
De son côté, Clara emploie son temps à lire, à écouter de la musique voire à ne rien faire. « Les gens ne savent plus s’ennuyer », regrette-t-elle. Un constat partagé par Camille, bien que l’étudiante exploite au maximum le temps que lui accorde la désintoxication numérique. « Quand tu enlèves les cinq minutes que tu passes par-ci par-là sur les réseaux, ça fait trois heures en plus dans ta journée. J’en profite pour faire autre chose : je lis, je joue du piano… » Comme Ariel, elle privilégie les formats longs comme les films et les séries plutôt que le scrolling : « De manière générale, un contenu intéressant, tu ne le fais pas en une minute. La plupart des contenus courts sont un peu débiles. »
Vivre avec les réseaux : une fatalité ?
Pourtant, l’étudiante ne quitte les réseaux que ponctuellement, pour une durée de « dix jours à deux semaines », lorsqu’elle a « d’autres choses à penser », examens ou problèmes familiaux. Elle a ainsi trouvé un équilibre : hors périodes de déconnexion, elle utilise Instagram « deux heures et demie par jour en moyenne ». Vivre sans les réseaux n’est donc pas une sinécure. Ariel l’a vécu : il a supprimé Twitter une première fois à l’âge de quinze ans, ce qui coïncidait avec ses premières visites chez le psychiatre. Six mois plus tard, il était de retour sur la plateforme avec un compte en privé cette fois-ci, ce qui ne l’empêchait pas d’être confronté à des contenus toxiques. S’il a mis un terme à son usage non professionnel des réseaux, ses études le retiennent sur Instagram : « Je ne l’utilise que pour contacter des gens dans le cadre de mes recherches. »
Pour David-Julien, la situation est encore plus compliquée. En qualité de spécialiste des usages du numérique, il ne peut pas s’en passer : « Vu que le web est mon terrain d’enquête et de travail, j’ai du mal à me déconnecter complètement. » Le journaliste a donc dû s’adapter : il se rend désormais sur X « uniquement pour le travail » et opte pour des alternatives. Parmi elles, Reddit, une plateforme qu’il décrit comme « un endroit où l’on peut discuter un peu plus en profondeur » et qui serait « mieux modérée que X ».
Il faut dire que les réseaux jouent désormais un rôle prépondérant dans nos sociétés. Les utilisateurs s’en servent pour se maintenir en contact avec leurs proches et en dépendent beaucoup pour se renseigner au quotidien. En témoigne l’émergence de la FOMO (fear of missing out), la peur de passer à côté de quelque chose, que Camille a pu éprouver. Elle évoque certains restaurants qui ne passent plus que par les plateformes, notamment Instagram, pour présenter leur carte. En outre, « il y a beaucoup de lieux de communauté queer que je fréquente et qui postent leurs évènements uniquement sur les réseaux sociaux. » Pour préserver sa vie sociale, la jeune femme est obligée de s’adapter : « Je préviens par une story que je vais partir pour quelques temps et je passe par d’autres moyens de communication comme les SMS. »
La déconnexion est d’autant plus compliquée que certaines communautés en ligne « favorisent l’accès à l’aide » selon Victor Leroy: « Quand on tape “suicide” ou “anorexique” sur Instagram, on met la personne en lien avec des ressources de soutien. » Le médecin souligne aussi l’empathie de la nouvelle génération, plus connectée donc plus ouverte aux problèmes de chacun.
Sans compter le coût social de ce mode de vie : « Les gens qui n’utilisent pas de smartphones doivent se justifier auprès de ceux qui s’en servent », souligne Victor Leroy. Clara en a payé le prix : « Pendant mon stage, ma cheffe passait tout son temps sur TikTok. Elle me disait que j’étais une intellectuelle parce que je n’étais pas sur les réseaux sociaux », relate-t-elle avec amertume. Si certaines personnes réussissent à quitter les plateformes numériques, la majorité les relègue ainsi au rang de marginaux.
Margot Mac Elhone et Eliott Vaissié
DES MOTS SUR DES MAUX
Emmerdification :
Traduction du mot anglais « enshittification », créé en 2022 par le blogueur canado-britannique Cory Doctorow. Dégradation de la qualité des services sur les plateformes numériques.
FOMO :
« Fear of missing out » (peur de rater quelque chose). Sentiment désagréable de passer à côté d’une actualité ou d’un événement important (fête, match, concert) lorsque l’on se distancie des réseaux sociaux.
Infobésité :
Aussi nommée surcharge informationnelle. Excès d’information propre à l’ère du numérique (Le Robert).
Putaclic :
Principe publicitaire visant à rendre un contenu numérique (texte, image, vidéo) particulièrement attirant afin d’inviter un maximum d’utilisateurs à cliquer dessus.
Story :
Contenu publié par un internaute sur un réseau social et visible pendant une durée limitée.
Streameur :
Personne qui diffuse en direct des vidéos sur Internet tout en interagissant avec sa communauté d’internautes. (Larousse)
Vidéo : ces stars des réseaux qui ont choisi la déconnexion
Bien que les réseaux sociaux soient le cœur de leur activité professionnelle, certains influenceurs, sous la pression de la notoriété, ont fait le choix de s’en éloigner. C’est par exemple le cas du streamer Zod ou de l’influenceuse Léna Situation.