Nouvelle-Calédonie: le principal mouvement indépendantiste suspend ses discussions avec l’Etat

L’Union calédonienne, principal mouvement du front indépendantiste calédonien FLNKS, a décidé de suspendre ses discussions avec l’Etat français jusqu’à jusqu’à la tenue du congrès annuel du mouvement, en novembre. Ils s’étaient réunis la semaine précédente avec les non-indépendantistes et le gouvernement s’étaient réunis la semaine précédente, et jugent un accord « irrecevable ».

L’Union calédonienne, composante majoritaire du front indépendantiste FLNKS, suspend ses rencontres prévues avec l’Etat pour préparer l’avenir institutionnel de l’archipel du Pacifique Sud, a-t-elle annoncé jeudi 14 septembre 2023 dans un communiqué publié à l’issue d’une commission exécutive élargie.

Jugeant « irrecevable » le projet d’accord de « cinq pages » proposé à Paris la semaine dernière sous l’égide du ministère de l’Intérieur, l’Union Calédonienne estime qu’il ramènerait « 30 ans en arrière » la population kanake. Elle annonce suspendre « toutes [ses] rencontres avec les représentants de l’Etat, y compris les réunions techniques », pendant deux mois, jusqu’à la tenue du congrès annuel du mouvement, qui se réunira du 9 au 12 novembre.

Des discussions de « modernisation des institutions »

Les délégations indépendantiste et non-indépendantiste ont été reçues la semaine dernière à Matignon, à Beauvau et à l’Élysée. C’est la première fois depuis 2019 que les deux camps étaient réunis autour d’une même table pour évoquer l’avenir de l’archipel.

Dans une interview au Monde publiée samedi, Gérald Darmanin avait détaillé le projet d’accord proposé par l’Etat, qui prévoit « une modernisation des institutions de la Nouvelle-Calédonie », avec notamment « des changements dans la répartition des compétences entre les trois provinces et le gouvernement » et le fait que « le nombre d’élus des provinces au Congrès réponde aux évolutions démographiques ».

Le gouvernement souhaite aboutir sur un accord politique avant les élections provinciales de 2024 qui prévoirait le dégel du corps électoral, pour ne plus limiter ce scrutin aux natifs et aux résidents calédoniens les plus anciens. Cet accord préserverait le droit de la population à l’autodétermination mais ne proposerait pas « de date ou de durée pour l’atteindre ». Une « révolution » selon Gérald Darmanin, pour qui cela retirerait une « épée de Damoclès ».

Un texte jugé « pas sérieux »

Mais l’Union calédonienne estime n’avoir pas participé à des discussions « trilatérales ». Les indépendantistes « n’ont engagé aucun débat avec les non indépendantistes, ni aucune négociation avec les ministres présents », souligne-t-elle dans son communiqué.

A l’issue des rencontres, l’Union calédonienne n’avait pas souhaité réagir. « Le mouvement note avec déception la non prise en compte de tous les sujets qui fondent la revendication du peuple kanak malgré de multiples rappels en direction de l’Etat », explique-t-elle jeudi, qualifiant même le texte proposé de « pas sérieux ».

L’Union calédonienne juge en particulier que le gouvernement français n’a « pas vraiment montré sa volonté de prendre en compte (…) le règlement du contentieux colonial » et « la poursuite du processus de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie ».

Avec AFP

Libye: Des milliers de morts auraient pu être évitées, selon l’ONU

Le patron de l’Organisation météorologique mondiale dépendant de l’ONU a dénoncé la désorganisation liée à l’instabilité politique dans le pays.

La plupart des milliers de morts dans les inondations dans l’est de la Libye « auraient pu être évitées », a estimé jeudi le patron de l’Organisation météorologique mondiale qui dépend de l’ONU.

« La plupart des victimes auraient pu être évitées », a affirmé Petteri Taalas lors d’un point de presse à Genève, pointant du doigt la désorganisation liée à l’instabilité politique dont souffre la Libye depuis des années.

L’aide internationale s’intensifie

D’autre part, l’aide internationale à la Libye s’intensifie jeudi après les inondations dévastatrices qui ont fait des milliers de morts et de disparus dans l’Est du pays, ravageant la ville côtière de Derna.

L’ONU, les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont promis d’envoyer des équipes de secours et de l’aide, notamment de la nourriture, des réservoirs d’eau, des abris d’urgence et des fournitures médicales.

Libération du Français arrêté au Niger

Le Français Stéphane Jullien, conseiller des Français de l’étranger basé au Niger, a été libéré, selon le ministère français des Affaires étrangères. Il avait été arrêté le 8 septembre dernier par les forces de sécurité nigériennes qui dénoncent le soutien de Paris au président renversé Mohamed Bazoum.

La France a annoncé jeudi la libération du Français Stéphane Jullien, conseiller des Français de l’étranger basé au Niger, qui avait été arrêté par les forces de sécurité nigériennes le 8 septembre dernier.

« La France se réjouit de la libération de Stéphane Jullien », a annoncé Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères sans autre précision.

Le Quai d’Orsay avait rendue publique mardi l’arrestation de son ressortissant et appelé à « sa libération immédiate ». Il n’avait toutefois pas précisé les circonstances de son arrestation.

Une source diplomatique a indiqué jeudi à l’AFP que Stéphane Jullien avait été libéré mercredi soir.

Contexte tendu entre Paris et Niamey

Un conseiller des Français de l’étranger représente ses compatriotes expatriés auprès des ambassades et des consulats.

Cette affaire est intervenue dans un contexte extrêmement tendu entre Paris et Niamey, depuis le coup d’Etat militaire du 26 juillet au Niger.

Paris considère toujours le président renversé Mohamed Bazoum, retenu captif par la junte, comme le chef de l’Etat légitime, et refuse jusqu’à présent de répondre aux revendications des putschistes.

Ces derniers réclament le départ de l’ambassadeur à Niamey et ont dénoncé les accords de défense avec la France, qui déploie 1.500 soldats au Niger.

Avant le coup d’Etat, le Niger était un de ses derniers alliés au Sahel et pays clé dans le dispositif français de lutte contre le terrorisme.

Ehpad : le reste à charge encore trop élevé pour les résidents et leur famille

Les trois quarts des séniors en Ehpad n’ont pas les revenus nécessaires pour payer la facture de leur résidence. Face à ce constat, la députée PS Christine Pirès-Beaune propose des solutions dans un rapport qui doit être examiné cet automne.

Le reste à charge reste trop cher. Soixante-seize pourcent des résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) n’ont pas les entrées d’argent suffisantes pour le payer. Même après les aides auxquelles ils peuvent avoir droit. « L’accessibilité financière pour les familles demeure un vrai problème », pointe Christine Pirès-Beaune, députée PS du Puy-de-Dôme. Elle a été mandatée par la Première ministre pour suggérer des solutions censées alléger le reste à charge en Ehpad. A l’occasion des assises nationales des Ehpad ces 12 et 13 septembre, elle revient sur ses propositions.

Le reste à charge pour les résidents ou leur famille s’élève à 1957 euros par mois. Il n’est que de 47 euros mensuels quand le sénior est hébergé à domicile, selon une étude de la Dress sur les données de 2019. Il y a plus d’un an, le journaliste Victor Castanet épinglait hyper profits d’établissements privés dans son livre-enquête Les Fossoyeurs.

« Le niveau de vie des retraités va continuer d’augmenter, mais moins vite que celui des actifs », assure Jean-Philippe Vinquant, président du Haut Conseil de l’Âge (HCFEA). Concrètement, les séniors vont connaître une perte relative de pouvoir d’achat. Aujourd’hui, leur niveau de vie est « trop souvent inférieur au reste à charge », déplore Jean-Philippe Vinquant. Il rappelle que « le niveau de vie des résidents en Ehpad est en-deçà d’une centaine d’euros à celui des non-résidents ».

Aides insuffisantes

Aujourd’hui, les personnes vivant en Ehpad peuvent bénéficier d’aides au logement, de l’aide sociale à l’hébergement (ASH), et de l’aide personnalisée d’autonomie (APA). La loi permet aussi des réductions d’impôts jusqu’à 25 %, quand le retraité intègre un Ehpad. Cette mesure est « insuffisante » pour Christine Pirès-Beaune. « Il n’y a que ceux qui payent des impôts que ça aide », pointe-t-elle. Les résidents les moins aisés se retrouvent lésés.

« Il persiste des disparités territoriales très importantes », souligne Jean-Philippe Vinquant. Pour Christine Pirès-Beaune, il y a « presque autant de règles que de départements pour l’aide sociale à l’hébergement (ASH) ». Des règles « disparates » qui compliquent leur accès. « L’ASH en est le meilleur exemple », rappelle-t-elle. Le taux de recours à cette aide stagne à 28%.

Solutions

Face à ce constat, Christine Pirès-Beaune propose de fusionner les quatre aides auxquelles peuvent avoir droit les résidents. « Cela limiterait les non-recours », explique-t-elle. Place à une allocation universelle et solidaire d’autonomie en établissement (Ausae). Une aide unique « plus juste, car elle varierait en fonction des revenus », selon la députée.

Autre proposition : transformer l’actuelle réduction d’impôts en crédit d’impôt. Christine Pirès-Beaune imagine aussi une fusion des sections soins et dépendances. « Ce serait 150 euros de moins dans le reste à charge pour les familles », déclare-t-elle. Enfin, la députée aimerait que les établissements privés payent une contribution. Son rapport doit être examiné cet automne, à l’occasion du prochain projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS 2024). « Cela fera débat », plaisante-t-elle.

 

Léo Guérin