Crise énergétique : en Inde, de la bouse de vache pour remplacer le gaz

La fermeture du détroit d’Ormuz le 8 avril dernier a bouleversé l’économie indienne. Une part majeure du gaz naturel liquéfié transitant par cette voie maritime stratégique, les tensions sur l’approvisionnement se sont rapidement fait sentir. Face à la pénurie, une partie de la population se tourne vers une alternative locale : la production de biogaz à partir d’excréments de vaches, perçue comme un modèle d’adaptabilité et de transition énergétique.
Photo d’une vache en Inde

« La boue, c’est de l’or noir », affirme Pritam Singh, responsable agricole indien. Depuis la fermeture du détroit, l’Inde peine à se procurer des bonbonnes de gaz. Dans les zones rurales, les agriculteurs, qui représentent une part importante de la population active, mélangent des seaux de bouse de vache avec de l’eau pour produire du méthane via des méthaniseurs artisanaux.

Le pays est actuellement confronté à des tensions sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le GNL alimente principalement l’industrie et les centrales énergétiques, tandis que le GPL est utilisé pour les besoins domestiques, notamment la cuisson et le chauffage. L’Inde consomme plus de 30 millions de tonnes de GNL par an et en importe plus de la moitié. Malgré les déclarations officielles du gouvernement assurant qu’il n’y a pas de pénurie, de nombreux habitants font état de files d’attente et de difficultés d’approvisionnement.

Une alternative aux énergies fossiles

Le développement du biogaz répond d’abord à une contrainte économique et énergétique plutôt qu’à un choix écologique. Depuis les années 1980, le gouvernement indien encourage la production de biogaz dans les zones rurales et a subventionné plusieurs millions d’installations permettant de transformer les déchets agricoles en énergie domestique.

Ces pratiques, déjà bien implantées, s’inscrivent aujourd’hui dans les objectifs de transition énergétique du pays. L’Inde s’est fixé pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2070 et de porter à 50 % la part des énergies non fossiles dans sa capacité électrique installée d’ici 2030.

Un gaz moins polluant mais encore contraint

« La combustion du biogaz produit nettement moins de CO₂ que le gaz naturel fossile », souligne une experte du secteur énergétique. Par ailleurs, les résidus issus de la méthanisation sont utilisés comme engrais agricoles, ce qui en fait une ressource complémentaire pour les exploitations rurales.

Dans un contexte international tendu, ces engrais deviennent d’autant plus stratégiques que les chaînes d’approvisionnement mondiales sont perturbées.

L’adoption du biogaz est facilitée par des facteurs culturels : les vaches occupent une place centrale dans la société indienne et leurs excréments sont déjà utilisés traditionnellement comme combustible ou dans certains rituels.

Cependant, malgré les subventions publiques, le coût des installations reste élevé pour de nombreux agriculteurs, limitant encore leur diffusion à grande échelle.

Roman Carlier Del Rio

Puces IA: Musk prévoit d’investir au moins 55 milliards de dollars dans son projet Terafab

Elon Musk prévoit d’investir au moins 55 milliards de dollars pour Terafab, une future usine de puces dédiée à l’intelligence artificielle, à la robotique et aux centres de données, selon un document publié dans un comté du Texas.

Ce projet pourrait, à terme, représenter jusqu’à 119 milliards de dollars d’investissement si toutes les phases sont réalisées. L’installation doit être construite près d’un réservoir au nord-ouest de Houston et vise une très grande capacité de calcul, destinée notamment aux besoins de Tesla et SpaceX.

Le milliardaire ambitionne de produire une puissance de calcul de l’ordre du térawatt, un niveau comparable à la production électrique d’un pays entier. Le calendrier reste toutefois flou, et le projet dépend encore d’autorisations locales et d’avantages fiscaux.



Mise à jour : L’Indonésie veut interdire l’e-commerce aux moins de 16 ans pour protéger les enfants en ligne

L’Indonésie envisage d’interdire l’accès aux plateformes de commerce en ligne aux mineurs de moins de 16 ans, après avoir déjà restreint l’accès aux réseaux sociaux. Le gouvernement veut mieux protéger les enfants face aux risques d’escroqueries et aux grandes plateformes numériques.

La ministre des Communications et du Numérique Meutya Hafid explique que l’objectif est d’éviter de laisser les enfants seuls face à des acteurs puissants du numérique, sans protection suffisante. Elle compare cette situation à un duel déséquilibré, où les mineurs seraient en position de faiblesse.

Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de régulation des usages numériques des jeunes dans un pays très connecté, où des dizaines de millions d’enfants sont exposés aux contenus en ligne. Le gouvernement envisage d’étendre progressivement ces restrictions à l’ensemble des plateformes numériques.



Matériaux de construction : le Sénat alerte sur les hausses de prix et demande une enquête

La commission des Affaires économiques du Sénat demande à l’Autorité de la concurrence de se pencher sur le marché des matériaux de construction, en raison de hausses de prix qui pèsent sur le secteur du bâtiment et de la relance du logement.

Les sénateurs souhaitent analyser le fonctionnement du marché, notamment dans ses segments les plus concentrés, et mieux comprendre les relations entre acteurs de la filière. Ils demandent aussi la création éventuelle d’un outil de suivi des coûts, estimant que la volatilité des prix complique la visibilité pour les entreprises.

Cette initiative intervient dans un contexte de tensions sur les coûts, déjà signalées par les professionnels du secteur, qui évoquent de nouvelles hausses liées notamment au contexte international et aux prix de l’énergie. Le bâtiment, déjà fragilisé depuis plusieurs années, redoute un impact sur la reprise de la construction.