Réforme du brevet des collèges : entre défi stimulant et pression mentale pour les élèves

Une nouvelle réforme du diplôme national du brevet introduite cette année va changer les modalités d’examen. Changements dans la méthode de notation, différences dans la structuration des épreuves, maîtrise du français évaluée… Les élèves alternent entre acceptation de l’enjeu et surcharge mentale face à l’épreuve.
Des étudiants en train de composer dans une salle de classe. © Mathix

Les stylos gratteront bientôt le papier des prochaines épreuves du diplôme national du brevet 2026. Dans le privé comme dans le public, les élèves feront face à de nouvelles modalités pour passer les épreuves. Ils seront confrontés à de nouvelles méthodes de notation qui favorisent davantage les épreuves écrites que le contrôle continu et distinguent les résultats en histoire-géographie et en enseignement moral et civique.

Pour cette session 2026, Edouard Geffray, ministre de l’Éducation, s’attend à une chute des résultats. Objectif de la réforme : évaluer l’élève “au plus près de son niveau”. “Il faut s’attendre à une chute drastique du taux de réussite au brevet […] peut-être 75% de réussite avec beaucoup moins de mentions”, selon les dires du ministre. Il faut remonter à 1999 pour retrouver un taux de réussite à 75%. Depuis la moitié des années 2000, les résultats se maintiennent au-dessus des 80% de réussite, atteignant même parfois les 90%. 

Un contrôle continu moins important

Si certains élèves pouvaient jusqu’ici se rendre aux épreuves en ayant la quasi-certitude d’obtenir leur diplôme, ce ne sera plus le cas pour cette session. Le contrôle continu ne compte désormais plus qu’à hauteur de 40 %, et les épreuves finales pèsent désormais 60 %, contre 50 % auparavant. De la même manière, les points liés au contrôle continu ne sont plus attribués au moment des conseils de classe, mais tiennent compte des moyennes obtenues dans chaque discipline.

La crainte d’inégalités entre élèves

Lola est en troisième au collège Sainte-Ursule de Riedisheim, en Alsace. Elle vit ces nouvelles modalités « un peu comme une injustice ». Pour elle, la réforme est surtout synonyme de pression mentale : « On est la seule génération qui tombe sur ça, c’est plus compliqué pour les notes, ça me stresse un peu ».

Rose va aussi passer son brevet en juin. L’élève du collège privé de Zillisheim, en voie professionnelle, ne s’inquiète pas de ces nouveautés. “Cette année, on a fait des brevets blancs, c’est à ça que ça sert : pour s’entraîner, je le vois plutôt comme un défi”, explique-t-elle. Pour Rose, des inégalités entre les élèves pourraient néanmoins surgir avec l’arrivée de cette nouvelle réforme : “Tout le monde n’est pas préparé pareil, certains ont plus de facilité que d’autres, il y a des différences de préparation entre privé et public aussi j’imagine”. 

Lucas Gélébart est professeur documentaliste dans un collège public du Haut-Rhin. Pour lui, les enfants “ont dû trouver ça plutôt injuste intimement parce que changer le curseur comme ça d’une année à l’autre, c’est moche pour l’année à laquelle ça arrive”. 

“Un examen doit rester un examen”

Laurence Deyber, enseignante d’anglais et professeure principale d’une classe de troisième, se satisfait plutôt de la nouvelle réforme. « On ne peut pas tout accepter : un examen doit rester un examen, le but n’est pas d’être méchant », estime-t-elle. « Les consignes de correction étaient hallucinantes l’année dernière : on nous demandait de donner les points si un élève orthographiait “ils chantes” au lieu de “ils chantent”, car ils avaient la notion de pluriel », déplore-t-elle.

Pour l’enseignante, cette réforme sera aussi l’occasion d’éviter un relâchement dans certaines matières jugées « moins nécessaires » à l’obtention du brevet, comme les langues vivantes ou l’EPS. Les nouvelles modalités permettraient ainsi de « redonner une légitimité à toutes les matières », conclut-elle.

Tom Keller

Tunisie : l’ONU appelle à mettre fin à la répression contre les médias et la société civile

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a exhorté jeudi les autorités tunisiennes à cesser les restrictions visant la société civile, les journalistes et les opposants politiques. Il dénonce une multiplication des poursuites pénales et des obstacles administratifs contre les voix critiques.

Depuis Genève, le chef des droits de l’homme de l’ONU estime que cette répression porte atteinte aux libertés garanties par la Constitution tunisienne et aux engagements internationaux du pays. Selon lui, les organisations civiles, les défenseurs des droits humains, les magistrats et les militants figurent parmi les principales cibles des autorités.

Volker Türk appelle Tunis à préserver l’espace civique et la liberté de la presse, dans un contexte de vives inquiétudes internationales concernant le recul des libertés publiques dans le pays.

Salomé Ferté

Cyclisme : le Tour d’Italie 2026 a-t-il un intérêt cette année ?

Le Tour d’Italie s’élance vendredi de Bulgarie et ouvre la saison des grands tours cyclistes. Promis au double vainqueur du Tour de France Jonas Vingegaard, le mythique Giro, créé il y a 109 ans, vaut il la peine d’être regardé ? On a pesé le pour et le contre.

La voiture de direction de course du Giro. ©Mosh EdarLe Tour d’Italie, premier des grands tours cyclistes, débute vendredi de Bulgarie pour trois semaines. En l’absence de Tadej Pogačar, il semble promis à Jonas Vingegaard. Que faut-il attendre de cette édition ?

Le Tour des sprinteurs

Une fois n’est pas coutume, les étapes de plaine, promises aux sprinteurs, pourraient offrir davantage de suspense que les étapes de montagne. Car les meilleurs sprinteurs du monde sont alignés. L’Italien Jonathan Milan, sans doute le meilleur d’entre eux, va participer pour la troisième fois à sa course de cœur, tentera de s’y imposer pour la cinquième fois, après ses quatre succès en 2024 et 2023.

Mais, il trouvera sur sa route l’un des prodiges du cyclisme français, le coureur de l’équipe Soudal Quick Step, Paul Magnier, 21 ans. Il n’a remporté qu’une seule course en ce début de saison, mais aura une équipe entièrement articulée autour de lui et dédiée à la construction de ses sprints. Il faudra également compter sur la révélation de ce début d’année, le Danois Tobias Lund Andresen. Avec 3 victoires à son actif cette année, il devrait être en mesure de jouer un rôle dans la bataille.

D’autres sprinteurs aimeraient lever les bras : Dylan Groenewegen, qui conduira l’équipe Unibet Rockets, ou le belge Arnaud de Lie. Pour tous ces coureurs, la première étape sera primordiale. Entièrement plate, elle devrait leur offrir une première occasion de s’exprimer… et surtout de revêtir le premier maillot de leader de ce Giro.

De nombreuses arrivées groupées sont à prévoir. ©Adege Vanerp

Une forte présence de jeunes coureurs

Les équipes aiment envoyer de jeunes coureurs sur le Giro, pour leur permettre d’avoir une première expérience dans les grands tours, des courses d’une intensité exceptionnelle.

Si le plus talentueux d’entre eux, le Français Paul Seixas, a décidé de participer au Tour de France, la génération Z sera largement représentée sur les routes italiennes. Mathys Rondel sera l’une des principales attractions. Le Français de la formation Tudor, qui ne s’est pas encore imposé chez les professionnels, s’est glissé dans le top 10 de Paris-Nice en mars. Grimpeur, âgé de 22 ans, il devrait briller en troisième semaine, quand la haute montagne se dressera sur la route des coureurs.

Un autre cycliste intéressant à suivre : l’Italien Alessandro Pinarello. Nouveau venu dans la formation NSN, il a terminé 3ème de la course espagnole O Gran Camino le mois dernier, après avoir remporté une étape. Il devrait être à la lutte pour un top 10, voire un top 5.

Mais celui dont on devrait le plus parler est un autre Italien, Giulio Pellizzari. Révélé la saison dernière sur les routes de la Vuelta, où il a terminé 6ème et remporté une étape. Annoncé comme l’un des favoris pour le podium, il devrait être porté par la foule italienne au bord des routes, avec une équipe construite autour de lui.

Le Giro en 2020. ©nomadsoul

Un départ inédit de Bulgarie

Fidèle à sa tradition de partir chaque année de l’étranger, le Tour d’Italie s’élancera de Bulgarie. Un fait inédit pour le pays, qui n’avait jamais accueilli de départ de grands tours. Les Bulgares célébreront les champions pendant trois jours.

La première étape, plate, longera la mer Noire entre Nessebar et Burgas, à l’est du pays. Pour le deuxième jour, la montagne sera à l’honneur avec la montée du Vratnik Pass, une montée de 9 kilomètres à 4% de moyenne. Et pour la troisième étape, les coureurs rejoindront la capitale, Sofia, dans une étape promise aux sprinteurs.

Une manière pour les téléspectateurs de découvrir la Bulgarie et pour les coureurs de rouler sur des routes où ils n’ont pas l’habitude d’aller.

Mais, malheureusement, il y a aussi des raisons de rester loin de ce Giro.

Jonas Vingegaard est l’unique favori

En l’absence de Tadej Pogačar, le Danois est l’immense favori de la course. Pour sa première participation au Giro, le double vainqueur du Tour de France ne trouvera aucun coureur de sa trempe sur sa route.

Seul le portugais Joao Almeida, initialement annoncé aurait pu le titiller, mais il a dû déclarer forfait, blessé. Le Britannique Adam Yates, l’Australien Ben O’Connor ou l’Autrichien Félix Gall se battront pour le podium mais semblent évoluer à un niveau inférieur au Danois. Il devrait donc y avoir peu de suspense pour le classement général, même si, il n’est pas à l’abri de chutes ou d’un incident mécanique.

Un parcours sans saveur

Malheureusement, les organisateurs proposent un tracé assez classique. Des étapes de montagne qui se résument à des ascensions uniques, sans possibilité d’attaquer à l’avance. Un seul contre la montre, de 42 kilomètres…mais sans un kilomètre de montée et donc à l’intérêt contestable. On se consolera avec la 7ème étape, qui arrive au sommet du terrible col du Blockhaus (13 km à 8%) ou avec la dernière étape qui arrive dans les rues de Rome, au pied du Colisée.

Rodolphe Daumas-Raoux

 

Désinformation : la France veut contre-attaquer et valoriser ses atouts sur les réseaux sociaux

Face aux adversaires réactionnaires qui dégradent l’image de la France et de l’Europe, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé jeudi une intensification de la riposte informationnelle française, notamment sur TikTok.

Réuni devant des acteurs de la lutte contre la désinformation à Paris, Jean-Noël Barrot a reconnu que la France était « restée trop longtemps en retrait de la bataille des récits ». Pour y remédier, le ministre entend promouvoir des contenus valorisant les aspects positifs des sociétés française et européenne, comme l’espérance de vie ou des inégalités plus faibles, afin de contrecarrer les narratifs adverses qui, selon lui, finissent par « contaminer le débat public ».

Dans ce cadre, le ministre a annoncé le lancement d’un compte TikTok « French Response », extension du compte X éponyme créé en septembre 2025, qui compte plus de 200 000 abonnés et a adopté le ton ironique des réseaux sociaux pour répondre directement à la désinformation. Le ministère a par ailleurs défini 30 « zones de guerre informationnelle », révisées tous les six mois, dans lesquelles les diplomates français font face à des campagnes de décrédibilisation et bénéficieront désormais de services d’assistance renforcés.

Madeleine Meunier