5 questions pour comprendre les enjeux du budget 2022

Le projet de loi finance 2022 entre mercredi au Conseil des ministres. Un passage obligé qui annonce des négociations houleuses : le gouvernement est accusé de toute part de dépenser à tour de bras. En parallèle, les solutions qu’il propose pour compenser le déficit laissent planer le doute dans la sphère politique.

Un avant-goût prononcé de la campagne présidentielle. Le projet de loi de finances publiques (PLF) a fait son entrée mercredi en discussion au Conseil des Ministres. Cette loi détermine comment le gouvernement prévoit de financer ses dépenses en 2022. Elle doit ensuite être approuvée par les parlementaires.

Le gouvernement de Jean Castex est déjà très critiqué sur le sujet. Il prévoit un déficit à hauteur de 4,8 % sur l’année prochaine. Cependant, cette estimation ne comprend pas le revenu d’engagement jeunes, ni le plan d’investissement « France 2030 » promis par le président Emmanuel Macron, qui devrait coûter entre 20 et 30 milliards d’euros. Un panier percé, donc.

Le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire a expliqué de son côté qu’il n’y aurait « pas de hausse d’impôts » pour compenser l’augmentation des dépenses de l’Etat. En attendant cette proposition de loi, la majorité est vertement critiquée à droite comme à gauche. Alors comment l’Etat compte-t-il financer son budget 2022 ?

  • Le PLF, qu’est-ce que c’est ?

Le projet de loi de finances est voté chaque année à l’automne par les parlementaires. Il passe d’abord en Conseil des ministres, puis il est présenté devant l’Assemblée Nationale et le Sénat pour être amendé et approuvé.

Concrètement, il permet au gouvernement d’expliquer point par point les recettes et les dépenses de l’Etat pour l’année suivante. Ces dépenses concernent par exemple les aides aux entreprises, les primes pour différents secteurs, ou encore les dépenses de santé et de justice.

Chacune des dépenses listées doit – en théorie – être compensée par des revenus pour obtenir l’équilibre budgétaire. En pratique, cela fait depuis 1974 que l’Etat français présente un déficit budgétaire. Ce déficit s’est fortement aggravé avec la crise du covid.

  • Pourquoi le budget est-il hautement politique ?

Le PLF 2022 crispe les opinions, à seulement six mois de l’élection présidentielle. Alors que le Président Emmanuel Macron n’est pas en campagne officielle, de nombreuses figures politiques lui reprochent d’utiliser les dépenses publiques pour séduire les électeurs. A l’instar d’Alexis Corbière, député de Seine Saint-Denis et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

A droite, le Président est fustigé pour des dépenses excessives et une hausse de la dette sans précédent. Une critique classique chez cette frange politique. Xavier Bertrand, candidat à droite pour l’élection présidentielle, a publié mercredi une tribune dans les Echos, intitulée « Emmanuel Macron est le Président de la dette », exprimant lui aussi son opposition au prolongement du « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron.

  • Comment l’Etat finance-t-il ses dépenses ?

Il existe de nombreuses manières pour l’Etat de financer ses dépenses. Cela passe notamment par les taxes sur la consommation, comme la TVA, qui s’applique à l’ensemble de la population. Il engrange aussi des revenus par d’autres activités, notamment ses entreprises nationales, ses infrastructures ou encore par les impôts sur le capital et les impôts sur le revenu. Cette dernière catégorie est la plus importance ressource budgétaire en France.

Dans le PLF 2022, le gouvernement expose différents axes de hausse des dépenses. 1,7 milliard d’euros supplémentaires pour la Défense, 1,7 milliard d’euros pour l’Éducation, 1,4 milliard d’euros pour le Ministère de l’Intérieur. Autant de pôles coûteux qui maintiennent un taux de déficit élevé : les oppositions se demandent où l’Etat trouvera l’argent pour financer ces projets.

  • Peut-on financer le budget de l’Etat sans augmenter les impôts ?

Le Ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, a bien insisté sur le fait qu’il ne souhaitait pas une hausse des impôts pour les Français. Il s’est targué d’avoir, depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron en 2017, baissé les impôts de 50 milliards d’euros. En 2017, le taux de prélèvement obligatoire s’élevait à 45,1 % ; il sera en 2022 d’environ 43,5 % d’après le projet de loi.

Lorsque l’Etat ne récolte pas assez de moyens pour financer ses dépenses, ce qui est le cas tous les ans, il doit contracter de la dette. Cependant, la dette de la France a explosé avec la crise sanitaire et le gouvernement a lui-même expliqué vouloir amortir le poids de l’endettement une fois la crise passée.

  • Sans hausse d’impôts, que propose le gouvernement pour financer le budget ?

Mécaniquement, si le taux de prélèvement est plus bas en 2022, le gouvernement doit trouver des ressources pour financer ses dépenses supplémentaires.

Le gouvernement met particulièrement en valeur une solution pour compenser les dépenses en 2022 : la relance. D’après le PLF 2022, l’activité économique, repartie à la hausse grâce au plan de relance, permettra à l’Etat de récolter davantage de recettes fiscales sur l’activité des entreprises cette année et l’année prochaine. L’Insée planche sur une croissance de 6 % sur l’année 2021 et de 4 % en 2022.

Mais le Haut Conseil des finances publiques, chargé d’examiner le projet de finances avant son arrivée au Conseil des Ministres, a noté des manquements. Il reproche au gouvernement un plan auquel il manque des éléments majeurs pour l’évaluer en toute connaissance de cause.

 

Joséphine Boone

Au Printemps Haussmann, grande première pour la seconde main

Le dernier étage du Printemps Haussmann, 1300 m2 dédiés à la seconde main.

Plus écologique, plus économique, mais pas moins branché, le vintage a conquis nos dressings et nos fils d’actualité Instagram. Aujourd’hui, 1300 m2 d’un grand magasin parisien, le Printemps Haussmann, lui sont dédiés. On y trouve un public amateur de belles pièces à prix cassés … mais pas données ! Découvrons ensemble cette friperie de luxe, sobrement appelée “7ème Ciel”.

Première matinée d’ouverture au public pour le nouvel étage du Printemps Haussmann (Paris 9ème), entièrement dédié à la mode de seconde main. Après plusieurs mois de travaux, on peut enfin découvrir les 1300 m2 du projet “7ème ciel”. Situé en haut du bâtiment, cet ancien auditorium a été réaménagé en deux pièces : une grande friperie de luxe, le “Pont d’Argent”, ainsi qu’un espace accueillant une dizaine de stands de marques éco-responsables (la “Coupole Binet »). Prix d’entrée de gamme au « Pont d’Argent » : 250 euros pour un accessoire.

“Ce ne sont que des pièces “coup de coeur””

Entre midi et deux, les premiers clients affluent déjà. Parmi eux, Zineb Drissi, cadre bancaire et déjà adepte de la seconde main, a profité de sa pause déjeuner pour découvrir ce nouvel espace. Une fourrure Chloé sur les épaules, elle semble conquise par le concept … mais repartira les mains vides : “si j’avais 800 euros, je la prendrais”, explique-t-elle. 

Et on la comprend ! Le “7ème Ciel” n’est pas une friperie classique où vous dénicherez un sweat-shirt des Lakers à cinq euros, une jupe en cuir à dix ou une salopette en velours à vingt euros. Le standing du Printemps oblige, le luxe s’allie ici avec l’économie circulaire. Sac Fendi à 580 euros, veste Yves Saint Laurent à 750 euros : “vous ne trouverez que des pièces coups de coeur”, justifie une vendeuse auprès de Zineb Drissi. 

En effet, chaque pièce vendue – “exposée” a-t-on envie d’écrire – au “Pont d’Argent” a été triée sur le volet. Parmi les élus, on trouve par exemple un sac Gucci de 1984 à 590 euros. Une pièce de collection d’après l’un des sélectionneurs, qui en extirpe même un mini-catalogue d’époque. 

Malgré un panier moyen élevé, le client – et la planète – restent gagnants : des prix deux à trois fois moins cher que le neuf, et un impact écologique réduit. Un argument de taille lorsque l’on sait que l’industrie de la mode est la deuxième plus polluante, après celle du pétrole. 

Coup de projecteur sur la mode responsable 

Si les passages en caisse se font rare sous le “Pont d’Argent”, à la « Coupole Binet », plus chaleureuse et plus intimiste, les clients semblent plus facilement tentés. Et pour cause : ici, on trouve des corners de marques exclusivement de seconde main, aux prix nécessairement plus doux. Exemple chez Bonâge, marque pour enfants : on y trouve un blazer Bonpoint à 28 euros, une cape métallisée Petit Bateau à 20 euros.

“Ce sont les prix que je retrouve sur Vinted” confirme la maman d’une petite fille de 5 ans, séduite par le 7 ème Ciel. Cette récente experte de la slow fashion (la “mode lente”, par opposition à la surconsommation) a découvert les applications de seconde main pendant le confinement. Elle se réjouit de voir aujourd’hui ses articles coups de cœur se matérialiser sur des portants. “Je trouve plus facilement ce que je cherche, et je peux attester par moi-même de la qualité”. Plus de risque, en effet, d’être dupé par un “Très bon état” un peu idéaliste, les clients peuvent tâter, lisser, soupeser à souhait avant d’acheter.

Et ce au plus grand bonheur de jeunes marques de seconde main, jusqu’alors exclusivement sur internet ou dans des boutiques éphémères. Sophie Actis, la fondatrice de Bonâge, a déjà réalisé plus de dix ventes depuis ce matin. “Et j’aurais pu en faire plus si je n’avais pas à courir en réserve toutes les deux minutes !” lance-t-elle, presque essoufflée. “C’est un véritable lieu de prestige, un atout pour ma communication” ajoute-elle en balayant la pièce de la main, des étoiles dans les yeux. Face au succès, la fondatrice prévoit de recruter au moins une personne à temps plein. 

Eléana Bonnasse

À l’Atlético, « Grizou » n’est toujours pas dans le coup

Transféré sur le fil d’un mercato rocambolesque, Antoine Griezmann peine à retrouver ses marques après trois rencontres à l’Atlético de Madrid qui l’a révélé aux yeux de l’Europe. Décryptage.

Sorti tête basse à l’heure de jeu du match étriqué face à Getafe de ce mardi soir (victoire 2-1), Antoine Griezmann a encore peiné à marquer les esprits et les supporters pour son retour du côté du Wanda Metropolitano Stadium. Couvé par son entraîneur dont il est très proche, Diego Simeone, Griezmann est toujours « dans un processus d’adaptation » selon son technicien.

« Le plus dur est qu’il revient dans un Atlético entre deux eaux » pour Anne-Elise Carreau, journaliste à Ultimo Diez et RMC Sport, spécialiste du football espagnol. Même si certains joueurs sont toujours là (Oblak, Gimenez, Koke), « l’Atlético est différent de celui qu’il a quitté » ajoute-t-elle. En effet, le Français a évolué entre 2018 et 2021 du côté du FC Barcelone et « l’Atléti » a bien changé entre temps. Habitués à un style de jeu en contre, très porté sur la défense, les Colchoneros ont su se réinventer avec un style plus porté sur l’offensive qui leur a permis de glaner le titre de champion d’Espagne la saison dernière.

Malgré la présence de quelques cadres historiques, l’équipe doit retrouver un nouvel équilibre avec le Français alors que l’Atlético possédait déjà une équipe aux rôles bien définis. Ainsi Griezmann a pris la place d’Angel Correa, décalé sur l’aile droite et l’ailier droit Marcos Llorente a été replacé dans le cœur du jeu. Depuis le retour du tricolore, les deux joueurs affichent d’ailleurs un rendement bien inférieur et obligent Simeone à bricoler de nouvelles compositions d’équipes. A Madrid, tous ses coéquipiers et entraîneurs sont vent debout pour défendre leur star.

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Le risque de devenir « bouc émissaire »

Souvent très proche de ses entraîneurs et de ses supporters, Antoine Griezmann ne peut ignorer les sifflets qui fusent à l’annonce de son nom dans le stade. Il faut dire qu’en partant du côté du FC Barcelone en clamant « vouloir gagner des titres » en 2018, le Français ne pouvait pas s’attendre à un retour sous les acclamations du public. « Griezmann est préparé à cela depuis longtemps » explique Anne-Elise Carreau. « En revanche, le plus grand risque pour lui est que les supporters le désignent en tant que bouc émissaire avec les mauvais résultats de l’équipe ».

Pour Baptiste Desprez, journaliste au Figaro et auteur de Du mondial à l’Euro – L’histoire secrète d’un rendez-vous raté (Hugo Sport), la nature du joueur Griezmann « très sensible à l’affect » est forcément impactée. « L’Atlético est le seul club où il souhaitait revenir dès cet été » mais cela lui prendra du temps « même si je le voyais bien revenir plus rapidement » confie-t-il. Pourtant les maux de l’Atlético ne datent pas exactement du retour de « Grizi » sous les couleurs « Rojiblancos ». En 6 journées de championnat, l’Atlético ne s’est jamais imposé par plus d’un but d’écart et peine à convaincre les observateurs après la démonstration de force de la saison dernière.

L’éclaircie bleue ?

Pour Baptiste Desprez qui suit le Mâconnais depuis 2018 en équipe de France, il est « évident » que le salut de l’attaquant français se fera d’abord par l’Equipe de France. Auteur d’un match exceptionnel face à la Finlande (victoire 2-0) avant ses nouveaux débuts compliqués du côté de Madrid, le Français avait affiché un visage conquérant et extrêmement prometteur. « Cela tient au fait qu’il a été placé derrière deux attaquants dans une zone très définie. Lorsqu’il court un peu partout pour tacler, c’est une manière pour lui de se rassurer ». Alors qu’il évolue sous deux entraîneurs à la mentalité résolument défensive, peut être Diego Simeone pourra-t-il s’inspirer de Deschamps qui semble avoir trouvé une partie de la solution au problème Griezmann. D’ici là, le Français devrait refouler les pelouses samedi face au Deportivo Alavés (14h).

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Rénovation de la Gare du Nord : un « plan B » pour les JO

Après l’abandon de l’ambitieux projet initial de rénovation de la plus grande gare parisienne, le ministre délégué aux Transports a annoncé le lancement d’un chantier plus modeste en vue des Jeux Olympiques 2024. Un « plan C » devrait également voir le jour à l’horizon 2030.

Moins ambitieux et plus abordable. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé ce mercredi le lancement par la SNCF d’un nouveau projet de rénovation de la Gare du Nord en prévision de la Coupe du monde de rugby en 2023 et des Jeux olympiques de 2024.

Ce « plan B » intervient après l’abandon mardi du chantier initialement prévu pour la plus grande gare parisienne : la SNCF avait d’abord choisi la foncière d’Auchan, Ceetrus, en juillet 2018 pour tripler la surface de la Gare du Nord. Face à l’augmentation du coût et l’accumulation du retard pris dans les travaux, la société ferroviaire s’est ravisée.

« Le projet initial était de 600 millions d’euros et a glissé vers 1,5 milliard. Il s’est décalé de deux à trois ans dans le calendrier. C’est la chronique d’un projet qui s’est mal déroulé sur le plan technique », a regretté Jean-Baptiste Djebbari sur RMC/BFMTV. Ceetrus a dénoncé de son côté un manque de « loyauté » de la part de la société ferroviaire, en assurant qu’elle avait « toujours agi dans l’intérêt du projet ».

Après une longue polémique avec la ville de Paris -qui pourtant avait approuvé le dossier à l’origine- car le projet était jugé trop imposant et s’apparentant trop à un centre commercial déconnecté du quartier, une mouture moins ambitieuse du projet avait été adoptée en novembre 2020. Une « phase de participation du public par voie électronique » en vue de la délivrance d’un permis de construire modificatif était d’ailleurs en cours jusqu’à vendredi.

« On démarre tout de suite, on s’y met dès aujourd’hui »

Mais ces ambitions revues à la baisse n’auront pas empêché l’envolée des coûts et l’accumulation du retard. En outre, les travaux tels que StatioNord les envisageait auraient exigé de supprimer le quart des trains en 2023 et 2024, « ce qui (était) juste impossible », selon la SNCF. « C’est une déroute industrielle, et pas du tout un problème politique », affirme-t-on au sein du groupe.

« Le projet est abandonné en l’état. La SNCF a indiqué son intention de prononcer la déchéance du contrat », et elle est « soutenue par le gouvernement », a résumé Jean-Baptiste Djebbari. La mairie de Paris a elle appelé à « ne pas reporter une nouvelle fois la modernisation et la rénovation de la gare ».

« On démarre tout de suite, on s’y met dès aujourd’hui », a affirmé à l’AFP la directrice générale de SNCF Gares & Connexions, Marlène Dolveck. Il s’agit selon elle d’ajouter des escaliers mécaniques, de renforcer la signalétique, de réaménager la gare routière, d’ajouter des places de stationnement pour les vélos, de revoir la zone des taxis et VTC, de pacifier les espaces jouxtant le bâtiment… Le terminal transmanche doit également être réaménagé, avec une amélioration de la salle d’attente et des zones d’embarquement pour Eurostar.

« Plan C » à l’horizon 2030

« Après, il y aura un « Plan C » parce qu’on n’a pas abandonné l’idée d’avoir une gare prête à l’horizon 2030, pour accueillir nos voyageurs, car on anticipe qu’il y aura une importante augmentation des flux », a annoncé la responsable. « Le cahier des charges est à définir » pour cette nouvelle transformation, qui doit être étudiée « en réflexion avec l’ensemble des acteurs publics », selon Marlène Dolveck.

« Nous sommes disponibles et volontaires pour engager un nouveau projet de rénovation de la Gare du Nord qui soit au service des usagers du quotidien, de l’insertion urbaine et de l’intermodalité », a quant à lui déclaré dans un communiqué Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire PS Anne Hidalgo.