Le joueur français de 35 ans a disputé mardi soir sa dernière rencontre de Ligue des champions sous les couleurs de l’Atlético de Madrid, éliminé en demi-finale par Arsenal (0-1). Une page se tourne pour le champion du monde 2018, qui s’envolera cet été pour Orlando City.

« Il termine comme une légende vivante de l’Atlético »
Antoine Griezmann a disputé son dernier match de Ligue des champions sur la pelouse de l’Emirates Stadium. Battu 1-0 par Arsenal en demi-finale retour, l’Atlético de Madrid est éliminé de la compétition. Pour l’attaquant de 35 ans, qui rejoindra Orlando City en juillet, il s’agissait de sa dernière apparition sur la scène européenne, après dix-sept saisons passées en Espagne.
À l’issue du match, le joueur français s’est avancé vers le parcage des supporters colchoneros. Pendant de longues secondes, les fans ont scandé son nom et l’ont chaleureusement applaudi. Visage fermé, « Grizou » leur a rendu leurs ovations, conscient que la Ligue des champions, l’un de ses grands objectifs, lui échappera désormais.
Cet hommage londonien fait écho à celui reçu à Madrid lors du match aller. « On a vu des supporters avec des pancartes pour lui adresser des messages d’admiration ou lui demander son maillot. Malgré la défaite, il a fait exactement ce qu’on attendait de lui. Je pense qu’il termine comme une légende vivante de l’Atlético », résume Ian Holyman, journaliste sportif depuis plus de vingt ans.
Une dernière sortie sans trophée
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 212 buts et près de 500 matchs disputés sous les couleurs madrilènes. Entraîné depuis 2014 par Diego Simeone, Griezmann s’est approprié au fil des saisons le « cholismo », ce mélange d’exigence technique et de combativité forcenée prôné par l’entraîneur argentin. « Il incarne vraiment la philosophie de Simeone : la grinta des équipes sud-américaines, ce goût pour la bataille, cette détermination à ne jamais lâcher », souligne Ian Holyman.
Son palmarès en club reflète imparfaitement la trace laissée par le numéro 7. La Ligue Europa remportée en 2018 face à Marseille reste son unique trophée européen. « Souvent, les joueurs sont jugés en fonction des trophées remportés, pas de ce qu’ils ont frôlé. Mais il ne faut pas oublier qu’au-delà de cette victoire, l’Atlético a atteint une finale de Ligue des champions et terminé deux fois vice-champion d’Espagne, à une époque dominée par le Real Madrid et le Barça », tempère le journaliste, qui s’apprête à couvrir la Coupe du monde 2026 pour la FIFA.
Cap sur la Floride !
À 35 ans, Griezmann affiche une fraîcheur remarquable. Auteur de 13 buts en 43 matchs cette saison, il doit sans doute cette longévité à une discipline construite au fil des années. « Il a très bien joué cette saison alors qu’il a 35 ans, ce qui est déjà avancé dans le football. Sans doute grâce à une hygiène de vie irréprochable », observe Ian Holyman, qui rappelle toutefois quelques écarts de jeunesse. « Je me souviens d’une virée nocturne que j’avais couverte en 2012 », sourit-il. En plein rassemblement de l’équipe de France Espoirs, l’attaquant et quatre coéquipiers avaient quitté Le Havre pour faire la fête sur les Champs-Élysées.
Reste à savoir si « Grizou » reviendra un jour en France, en tant que dirigeant, entraîneur ou consultant. Notre interlocuteur en doute : « Je ne le pense pas. C’est un joueur qui n’a pas été formé en France, il est parti très jeune à la Real Sociedad. Il a pleinement adopté la culture espagnole. S’il devait occuper un poste après sa carrière, ce serait plutôt là-bas. Il pourrait aussi être tenté par une expérience dans le football américain. Une chose est sûre : il ne sera pas dépaysé en Floride, où la culture hispanique est très présente. »
Avant ce nouveau chapitre, Griezmann disputera encore quatre rencontres de Liga, qui devraient lui permettre de franchir la barre symbolique des 500 matchs avec son club de cœur.
