Eddy de Pretto nommé aux Victoires de la musique, ​retour sur son ascension fulgurante (Léa)

Après le succès d’Orelsan lors de la précédente édition, le jeune artiste pourrait, à son tour, rafler plusieurs trophées.  

La 34ème cérémonie se déroulera le 8 février prochain. Les artistes nommés ont été dévoilés ce mercredi 9 janvier. Parmi eux, le rappeur Eddy de Pretto âgé de 25 ans. Après avoir brillé avec son premier album Cure et son titre Kid, il continue d’exploser les records des ventes de disques.

Eddy de Pretto réalisera-t-il l’exploit de surpasser Orelsan, sacré trois fois l’an passé ? Comme son aîné, il a été nommé dans trois catégories aux victoires de la musique : « artiste masculin de l’année », « album de musiques urbaines » et « concert ».

Des origines modestes

Eddy de Pretto est né en 1993 et a grandi à Créteil, dans un quartier mal fréquenté réputé pour être « une plaque tournante du trafic de shit », comme il l’a confié à nos confrères de Libération. Son père exerce la profession de chauffeur de poids lourds fan de football tandis que sa mère est mère au foyer, passionnée de culture. L’artiste évoque son enfance comme une période compliquée.

Très vite, le jeune Eddy se réfugie dans la musique, fuyant un monde où il peine à trouver sa place. Ses principales sources d’inspiration ? Les Spice Girls, High School Musical et Zac Efron sont les personnalités qu’il cite fréquemment dans ses interviews. Grâce à la musique, le jeune artiste parvient, petit à petit, à se libérer des préjugés et prend confiance en lui.

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Un succès immédiat

En 2016, Eddy de Pretto, alors âgé de 24 ans, multiplie les participations aux festivals. Un tremplin vers le succès pour le rappeur qui se fait repérer par des grands noms de la chanson. Alliant avec brio le répertoire français avec une musique plus rap, l’artiste s’impose dès la sortie de son premier album en 2018. Dans ses textes,  il bouscule les codes et s’insurge contre les normes imposées aux garçons. A la fois incisif et sensible, il y décrit aussi la vie de la banlieue et les difficultés rencontrées.

Sur scène, l’interprète de Grave se lâche et devient « un monstre » comme il aime le dire. Dans ces moment-là, il abandonne son apparence juvénile pour être un homme, un vrai. Celui qui n’a peur de rien et surtout pas de lui-même. En début d’année, l’artiste a fait son retour avec un clip saisissant Random dans lequel il apparaît vêtu d’un masque surprenant qui cache son visage. Entre illusions et faux-semblants, Eddy de Pretto est prisonnier de ses apparences et tente par tous les moyens de s’en échapper.

Le 8 février prochain, Eddy de Pretto affrontera des artistes imposants sur la scène des Victoires de la musique. Face à Bigflo & Oli et Etienne Daho dans la catégorie « Artiste masculin » de l’année ou encore Aya Nakamura pour « Album de musiques urbaines« , il devra montrer l’étendue de son talent.

Découvrez la liste complète des nommés aux Victoires de la musique :

  • Artiste masculin de l’année : Bigflo et Oli / Etienne Daho / Eddy de Pretto
  • Artiste féminine : Jeanne Added / Chris (tine and de The Quenns) / Vanessa Paradis
  • Révélation scène : Thérapie Taxi / Clara Luciani / Tim Dup
  • Album révélation : Angèle, brol, Foé, Îl / Roni Alter, Roni Alter
  • Album de Chanson : Chris(tine and the Queens), Chris / Alain Bashung, En Amont / Alain Chamfort, Le Désordre des ChosesAlbum Rock : Feu ! Chatterton, L’Oiseleur / Miossec, Les Rescapés / Jeanne Added, Radiate
  • Album de musiques urbaines : Eddy de Pretto, Cure / Bigflo & Oli, La Vie de Rêve / Aya Nakamura, Nakamura
  • Album rap : Moha La Squale, Bendero / Damso, Lithopédion / Georgio, XXV5
  • Album de musiques du monde : Fatoumata Diawara, Fenfo / Camélia Jordana, LOST / Delgres, Delgres
  • Album de musiques électroniques : The Blaze, Dancehall, Her, Her, Synapson, Super 8
  • Chanson originale : Boulevard des Airs, Je me dis que toi aussi / Louane et Julien Doré, Midi sur Novembre / Aya Nakamura, Djaja / Orelsan et Damso, Rêves Bizarres
  • Concert : Eddy de Pretto / Orelsan / Shaka Ponk
  • Création Audiovisuelle : Jain, Alright / Orelsan et Damso, Rêves Bizarres / Angèle, Tout Oublier

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Aux Etats-Unis, les touristes confrontés au « Shutdown »

Avez vous prévu un petit voyage aux Etats-Unis ? On vous recommande faire marche en arrière pour quelques semaines. Mais si cela ce n’est pas possible, peut-être que vous aurez besoin de petits ajustements dans votre itinéraire.

Il faudra s’en passer de la photo avec le statue de la liberté au fond à New York ou de visiter The Independence Hall à Philadelphie. La promenade dans le parc national Yellowstone ? …pas possible. Le shutdown (fermeture) un blocage administratif et politique qui impact tout le pays depuis le 28 décembre 2018. Donald Trump ne veut pas jeter l’éponge sur sa principale promesse de campagne, la construction du mur à la frontière mexicaine. La faute d’une majorité au Sénat et l’absence d’un consensus au Congrès empêchent l’adoption d’un budget pour financer les administrations fédérales américaines.

Dans un tweet, le milliardaire maintient son cap et blâme les démocrates :

Les démocrates pourraient résoudre le problème de la fermeture en très peu de temps. Tout ce qu’ils ont à faire, c’est d’approuver securitée réelle des frontières (y compris un mur), ce que tout le monde, sauf les trafiquants de drogue, les trafiquants d’êtres humains et les criminels, souhaite ardemment! Ce serait si facile à faire!

Bien que les réseaux ferroviaires, les activités essentielles de contrôle du trafic et de sécurité des zones ne soient pas arrêtés, les touristes qui visitent les parcs nationaux du pays et d’autres attractions touristiques gérées par le gouvernement trouveront leurs portes fermées.

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Aaron Mak, journaliste dans le media Slate a rencontré plusieurs touristes  dont  l’entrée aux musées a été empêchée en conséquence à cette mesure.

 Même si  certains musées aient réussi à rester ouverts pendant les vacances avec des réserves de financement, les 21 installations du Smithsonian ont finalement dû fermer leurs portes la semaine dernière. Les touristes déçus étaient pratiquement les seuls à errer dans le centre commercial lundi

Á Washington, Carry, étudiant de 22 ans habitant l’Ohio :  » le voyage nous a pris du temps et tout est fermé, donc c’est plutôt décevant » déplore-t-il « J’avais complètement oublié que la paralysie de l’administration était encore en cours, tous les sites culturels sont fermés. C’est une perte complète de temps et d’argent pour ceux qui viennent visiter Washington » ajouta-t-il.

Malgré tous les efforts pour rester ouvert au public, le parc The Joshua Tree National Park a décidé de fermer ses portes en réponse de nombreux dégâts : poubelles et toilettes pleines, arbres vandalisés, parmi d’autres. Cette dégradation a été due au chômage forcé de 21.000 employés de National Park Service, responsables de centaines de parcs et monuments historiques.

 Le parc national de Joshua Tree va fermer temporairement à partir de jeudi 10 janvier 8h00 pour permettre aux équipes de remédier aux problèmes d’hygiène, de sécurité et de protection de la nature qui ont émergé durant la fermeture partielle des administrations.

Malgré la fermeture des certains musées (en anglais), comme le National Gallery of Art et le Zoo National, une grande partie de musées privés ne sont pas concernés. Par exemple, à New York, l’Empire State Building, le MET (Metropolitan Museum), le MoMA, le Musée d’Histoire Naturelle, le Guggenheim ou encore les croisières Circle Line, sont accessibles au public.

Evidemment, il n’y a pas que les touristes qui sont touchés comme conséquences du « shutdown ». Plus de huit mille fonctionnaires ont été mis au chômage forcé sur 4 millions qui comptent les Etats-Unis. Même si c’est presque certain qu’ils seront payés rétroactivement, la fin de mois devient plus compliquée à gérer pour beaucoup d’entre eux. Ces histoires personnelles, sont devenues publiques sous le hastage « ShutdownStories » sur twitter.

 Qu’avons-nous fait aujourd’hui pour sortir de la maison / gagner un peu d’argent? Des paniers repas et transporté deux voitures 130 miles pour le beau-frère du fiancé. Au moins nous avons attrapé un beau coucher de soleil!

L’année 2019 n’a pas bien démarré pour les américains. Des solutions à court terme ne sont pas encore envisagées. Le bras de fer entre Donald Trump et l’opposition démocrate pourrait continuer encore quelques semaines. Ce jeudi, un déplacement du président américain est prévu à la frontière mexicaine, ce qui, selon experts, pourrait aggraver la situation  et allonger l’arrêt du pays.

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Le procès de Christophe Dettinger,
boxeur des gilets jaunes, reporté

Mercredi soir, le boxeur professionnel parisien, Christophe Dettinger comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris. Malgré une demande de libération sous contrôle, il a été écroué.

Lundi matin, Christophe Dettinger se présente à la police. Cet homme dont l’identité est alors inconnue est recherché depuis l’agression filmée de deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, samedi à Paris.

Les faits se sont déroulé pendant « l’acte VIII » des gilets jaunes. Sur la vidéo qui circule en boucle notamment sur les réseaux sociaux, on y voit l’ancien champion de France boxer deux gendarmes. Derrière sa silhouette massive, l’ancien champion de France des lourds-légers a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris. Crâne rasé, les yeux cernés,  le père de famille de 37 ans, aujourd’hui fonctionnaire dans une mairie de l’Essonne est entré dans le box à 22 heures. Pendant sa comparution, il a sollicité le report de son procès pour « violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». « Je regrette mes actes. (…) Quand je vois ces images, je ne suis pas fier de moi« , a déclaré l’ancien sportif. Il a expliqué être venu pacifiquement manifester ce samedi en famille comme lors des précédentes mobilisations des gilets jaunes. « j’ai vu des gendarmes matraquer un jeune homme et une femme au sol (…), j’ai perdu mon sang froid« . Placé en détention provisoire, son procès a été renvoyé au 13 février.

Un accès de colère « incontrôlée »

Ses avocats ont évoqué un accès de colère incontrôlée de courte durée en insistant sur le profil exemplaire d’un père de famille inséré professionnellement et n’ayant jusqu’ici eu aucun problème avec la justice. « Il ne veut être ni un héros, ni un symbole, ni un porte-parole des gilets jaunes », a déclaré Maître Laurence Léger. En garde à vue, le prévenu a refusé de s’expliquer sur les raisons de sa fuite. Afin d’éviter une soustraction à la justice »et conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel a ordonné son placement en détention provisoire. Dans le tribunal, cette décision a été accueillie par des cris de protestations allant dans sens des avocats des deux gendarmes blessés dénonçant des violences graves et méthodiques.

 

« J‘ai vu des gendarmes matraquer un jeune homme et une femme au sol et j’ai perdu mon sang froid  »

 

Dans une vidéo postée sur You Tube, l’ancien champion de boxe avait admis avoir mal réagi, cependant il affirme s’être défendu face aux violences policières : « J’ai vu la répression. J’ai vu la police gazer, la police faire mal à des gens avec des flashballs« . Selon une source proche du dossier, par la suite, il s’est excusé auprès des enquêteurs pour son comportement.

 

« Je regrette mes actes.
Quand je vois ces images, je ne suis pas fier de moi « 

Retour sur les faits

Les violences qui lui sont reprochées avaient éclaté samedi lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre sur la passerelle qui relie les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries. Plusieurs vidéos avaient alors circulé avec la captation d’une séquence digne d’un combat de boxe. En effet, on y voit Christophe Dettinger frapper un premier gendarme à terre et asséner une série de coups de poings à un second protégé derrière son bouclier. Les deux agents des forces de l’ordre ont respectivement eu 15 et 2 jours d’incapacité totale de travail (ITT).


Interrogé par les enquêteurs comme au tribunal, l’homme affirme avoir réagi ainsi pour protéger une femme des forces de l’ordre qu’il jugeait trop répressive. Dimanche, lors d’une perquisition à son domicile à proximité de Massy, les enquêteurs avaient par ailleurs retrouvé les vêtements visibles sur les images ainsi qu’un fusil de chasse. La découverte de cette arme de catégorie D1 en acquisition libre a conduit le parquet d’Évry à ouvrir une enquête.

Suite à cette affaire, une cagnotte en soutien à l’ancien boxeur avait été ouverte. Malgré un vif succès, celle-ci a été fermé mardi. En cause : Les critiques du gouvernement et syndicats de police. Depuis, une cagnotte en soutien, cette fois, aux forces de l’ordre a également été ouverte.

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Gabon : autopsie d’un coup d’état raté

Alors que le président gabonais Ali Bongo Ondima est en convalescence au Maroc, un groupe armé s’empare des médias et envisage de prendre le pouvoir.

L’allocution annuelle du président gabonais Ali Bongo n’a pas eu l’effet escompté. Alors qu’il est en convalescence à Rabat suite à un accident vasculaire cérébral, il présente comme à l’accoutumée ses vœux annuels au peuple gabonais. Une tentative de coup d’état vient entacher ce début d’année.

Pendant que ses partisans se réjouissent d’avoir de ses nouvelles, la contestation ne se fait pas attendre dans les rangs de l’opposition. Les nombreux adversaires du Parti démocratique gabonais (PDG), le parti au pouvoir, ne comprennent pas l’exil médical du Président et remettent en cause sa capacité à gouverner depuis son AVC en octobre dernier. Mais la plus forte démonstration de mécontentement se fait entendre dès 4 heures du matin le lundi 7 janvier, lorsque des prétendus militaires s’emparent de la radio nationale.

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Cinq hommes, portant l’uniforme de l’armée s’introduisent dans les locaux de la Radiotélévision Gabonaise, séquestrant les journalistes et autres employés présents sur les lieux. Réquisitionnant l’antenne, ils se présentent comme appartenant au « Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité », une faction méconnue sur le plan politique. Leur porte-parole, Ondo Obiang Kelly, un lieutenant de la Garde Républicaine, annonce à la radio l’instauration d’un « Conseil national de restauration » pour remplacer l’actuel Président Ali Bongo Ondimba et appelle au putsch. Ses déclarations passent en boucle pendant la durée de l’embargo, entrecoupées du chant de campagne de l’opposant Jean Ping.

Libreville au point mort

Peu après cette déclaration le signal radio est interrompu et des coupures d’électricité ont lieu dans plusieurs quartiers de la capitale. De nombreux tirs se font entendre autour de la maison de la radio. Tous les moyens de communication sont coupés : les habitants de Libreville sont chez eux, n’ayant plus la télévision ni l’Internet. Le signal radio revient. L’assaut militaire prend fin au bout de quelques heures avec l’anéantissement des rebelles.

Sur Internet des vidéos authentifiées du coup d’état circulent, présentant trois militaires portant la tenue de la Garde Républicaine et armés de fusils d’assaut. Malgré l’appel au passage à l’acte, ni l’armée ni les foules ne suivent.

Un pays enlisé dans la crise

Le Président Bongo est arrivé au pouvoir en 2009, mais sa présence à la tête du Gabon est contestée. Dans la lignée des quarante années de siège de son père Omar Bongo, il serait à l’origine de la crise économique qui frappe le pays. Sa réélection en 2016 a suscité de nombreuses de critiques dues notamment à l’évincement de certains adversaires. Parmi eux Jean Ping, principal chef de file de l’opposition, qui se proclame « président élu » du Gabon. Peu après les résultats de l’élection de 2016, son quartier général est attaqué par des militaires. Depuis, il est vu comme une figure forte et pacifique de la politique gabonaise. Cependant, en décembre 2018, lors d’un rassemblement à Libreville, il déclare avoir épuisé tous ses moyens contre le pouvoir : « quand la concertation est bloquée, il ne reste plus que la confrontation. Nous y sommes, ça passe, ou ça casse ». Message qu’il réitère dans un Tweet:

Quelques heures après la fin de tentative de putsch, ses partisans se rassemblent dans la capitale économique du pays Port-Gentil, mais la police coupe court à la manifestation et dissipe les opposants.

Sur le plan international, le Tchad et le Burundi condamnent l’action des mutins. Il en est de même pour l’Union Africaine dans un Tweet de son Président :

De son côté, la France « condamne toute tentative de changement de régime extra-constitutionnel ».

Retour sur les faits marquants de cette journée :

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