Accident mortel sur le toit d’un Eurostar

Un migrant est mort électrocuté ce mardi matin sur le toit d’une rame Eurostar en gare du Nord. Il se trouvait à proximité d’un caténaire au moment du drame. L’accident s’est produit à 5 heures 05 du matin.

La circulation des trains a été fortement perturbée entre 5 heures 30 et 8 heures.

« L’électricité a été coupée sur l’ensemble de la gare pour favoriser l’intervention des pompiers entre 5 heures 30 et 6 heures 30 et aucun train n’a circulé pendant une heure », déclare un porte-parole de la SNCF à l’AFP.

Le trafic est revenu à la normale en milieu de matinée dans la plus grande gare d’Europe. Il reste encore quelques difficultés sur les lignes B et D du RER qui sont en train de se résorber.

 

Alice Pattyn

Un détenu est mort de soif dans le Milwaukee

Un jury américain a recommandé des poursuite pénales à l’encontre de sept employés d’une prison dans le Milwaukee. Les employés sont suspectés d’avoir volontairement coupé l’eau durant sept jours à un détenu qui est mort de déshydratation.

Terill Thomas est décédé le 24 avril 2016 à l’âge de 38 ans. Le détenu, souffrant de troubles mentaux, a été privé d’eau car le gardiens souhaitaient le punir pour son comportement. L’homme avait été écroué pour avoir ouvert le feu sur la voie publique et en l’air dans un casino, blessant gravement une personne.

Le détenu ne conservait pas son calme dans la cellule. Les agents pénitenciers ont donc décidé de couper les conduites alimentant son lavabo et ses toilettes. Il aurait imploré les gardiens de lui apporter de l’eau selon les investigations de Milwaukee Journal Sentinel. Il a perdu 16 kilos et a sombré dans une profonde faiblesse avant de mourir sur le sol de sa cellule dépourvue de matelas.

Le médecin en chef du comté de Milwaukee a déclaré que la mort de Terill Thomas était un homicide.

Alice Pattyn

La députée Josette Pons condamnée pour sous-déclaration de patrimoine

jojo-pons

Josette Pons a été condamnée à 45 000 euros d’amende par le Tribunal de grande instance de Paris, vendredi. La députée LR du Var comparaissait pour avoir sous-évalué ses biens dans une déclaration de patrimoine de février 2014. Ces omissions représentent un total évalué à 2,1 millions d’euros, dont 1,3 millions de biens immobiliers. La députée-maire de Brignolles (Var) a reconnu les faits et a plaidé coupable. C’est la plus lourde amende qu’elle risquait, mais elle encourait aussi une peine allant jusqu’à 3 ans de prison et une durée d’inéligibilité.

La députée avait envoyé en juin 2015 une nouvelle déclaration de patrimoine rectifiant ses précédentes omissions. La démarche de comparution après reconnaissance préalable de la culpabilité qu’elle avait choisie d’adopter a aussi joué en sa faveur.

Dans cette affaire, le Parquet de Paris avait été saisi en 2015 après une enquête menée par la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique. Depuis sa création, la HATVP a transmis aux instances judiciaires des dossiers sur une quinzaine d’élus. Le seul dossier ayant donné lieu à une condamnation définitive était celui du sénateur LR Bruno Sido, condamné en avril dernier à six mois de prison et 60 000 euros d’amende pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale (compte en Suisse non déclaré). Josette Pons avait peu de chances de voir un tel verdict tomber, les faits qui lui sont reprochés étant autrement moins graves.

A.D

Affaire Montebourg-Le Pen : les avocats entendus à la Cour d’Appel

Le procès opposant Arnaud Montebourg à Jean-Marie Le Pen a été renvoyé à la Cour d’Appel de Paris. Accusé de diffamation et relaxé en première instance, l’ancien ministre avait déclaré à son propos qu’il faisait « l’éloge de la Gestapo ».

Le jugement final sur l’affaire opposant Jean-Marie Le Pen à Arnaud Montebourg sera connu le 19 janvier. Le jeudi 3 novembre, la Cour d’Appel entendait les avocats des deux hommes politiques, tout deux absents. À 13H30, la juge commence par rappeler les faits. Le 23 février 2014, lors d’un débat face à Marine Le Pen, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, charge Jean-Marie Le Pen : « Moi je n’oublie pas que le président d’honneur du FN a fait il y a quelques années l’éloge de la Gestapo et de l’occupation allemande ». Des propos qui lui vaudront un procès pour diffamation. Mais en avril, le tribunal correctionnel de Paris relaxait l’ancien ministre et condamnait Jean-Marie Le Pen à lui verser 3000 euros pour procédure abusive.

L’interview donnée par le président d’honneur du Front national au journal d’extrême-droite Rivarol en janvier 2005 a joué un grand drôle dans la décision. La juge en relit de longs extraits : « En France du moins, l’Occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés ». L’entretien lui avait valu une condamnation en février 2008, pour complicité d’apologie de crimes de guerre et contestation de crime contre l’humanité.

Pendant toute l’audience, les avocats élaborent sur les nuances de définition entre apologie, éloge et réhabilitation. Pour François Wagner, qui défend Jean-Marie Le Pen, l’interview de 2005 constitue seulement une preuve de réhabilitation, pas d’éloge. L’avocat met aussi en valeur le contexte électoral dans lequel l’ex-ministre a tenu ses propos, avant les élections municipales 2014. Il a agi selon lui dans « un but d’attaque politique » et « d’hostilité ».

« M. Montebourg n’a fait que paraphraser les propos de Jean-Marie Le Pen », répond son avocat, Christian Charrière-Bournazel. Observateur judiciaire pour la Fédération internationale des droits de l’homme, ce dernier parle plus longuement, cite Jean Racine et insiste sur la minimisation des crimes de l’occupation. L’avocat est un habitué du sujet : il a participé aux procès de Klaus Barbie et de Maurice Papon.

La défense rappelle également les précédents procès dans lesquels Jean-Marie Le Pen fut impliqué : « 20 juges ont dit la même chose : une présentation flatteuse de faits qui étaient des crimes ». À la fin de sa plaidoirie, il conclut gravement en regardant son homologue : « M. Le Pen est vivant mais il est mort au Front national, alors qu’il se taise ! »

Les sorties de Jean-Marie Le Pen : éloge, apologie ou réhabilitation ? La Cour d’Appel donnera sa réponse en janvier. Le 17 novembre, autre échéance : le tribunal de grande instance de Nanterre rendra son délibéré dans l’affaire qui oppose le Front national à son président d’honneur concernant son exclusion du parti.

Simon Chodorge