L’Etat condamné suite au viol et à l’assassinat d’une adolescente

L’Etat a été condamné pour « faute lourde » dans l’affaire Agnès Marin, adolescente violée et assassinée en 2011 en Haute-Loire par un de ses camarades, scolarisé au lycée Cévenol après avoir été remis en liberté dans une affaire de viol, a-t-on appris ce mercredi de source judiciaire.

Dans un jugement rendu le 24 avril, le tribunal de grande instance de Paris a estimé que des « fautes » ont été « commises lors de la mise en liberté » du jeune homme. L’Etat a été condamné à verser 185.000 euros de dommages et intérêts à la famille de la victime. Aux assises, le jeune homme, prénommé Matthieu, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en première instance comme en appel. Une peine rarissime pour un accusé mineur au moment des faits.

Le 18 novembre 2011, le corps carbonisé d’Agnès Marin, 13 ans, élève de troisième au collège-lycée Cévenol, établissement privé du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), avait été retrouvé dans une forêt alentour sur les indications de Matthieu, placé en garde à vue la veille. Outre des violences sexuelles, l’autopsie avait révélé 17 coups de couteau. Âgé alors de 17 ans, le jeune homme avait intégré le collège, qui a depuis fermé ses portes, dans le cadre d’un contrôle judiciaire strict, après quatre mois de détention provisoire pour le viol, sous la menace d’une arme, d’une camarade de 15 ans dans le Gard. La famille d’Agnès Marin avait engagé des poursuites contre l’Etat, reprochant au juge d’instruction d’avoir précipitamment ordonné la remise en liberté du jeune homme, sans attendre les conclusions de l’enquête socio-éducative, ni celle de l’expertise psychiatrique.

Alice Pattyn

Disparition de Maddie : dix ans d’enquête et de mystères

3 mai 2017. Dix ans que la petite Maddie a disparu. Dix ans de recherches pour la retrouver, vivante ou non. Retour sur une énigme non résolue.

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Les grands yeux verts de la petite fille hantent encore les médias britanniques. Dix ans après, les parents de Maddie ont accepté de répondre à une interview de la BBC le dimanche 30 avril. L’émotion est palpable pendant l’entretien. Ils ressentent une douleur immense en pensant à leur fille qui devrait être âgée de 13 ans aujourd’hui. « Je continue toujours à lui acheter des cadeaux de Noël et d’anniversaire en pensant à l’âge qu’elle a pour que ça lui corresponde et que ça lui plaise le jour où on a la retrouvera« , confie Kate McCann, la mère de Maddie. Les parents ne perdent pas espoir de retrouver leur fille, même dix ans après la disparition.« Aucun parent n’abandonnerait quand il s’agit de son propre enfant. À moins qu’il soit certain qu’il est mort, et nous n’avons aucune preuve de quoi que ce soit », déclare Gerry McCann, le père de Maddie. Retrouver à tout prix Maddie, qu’elle soit vivante ou morte.

Un enlèvement mystérieux

Le 3 mai 2007, vers 22 heures, Kate McCann découvre le lit de sa fille vide. La famille passe ses vacances dans la station balnéaire de Praia da Luz au Portugal pour une semaine. Les parents partent dîner dans un restaurant de tapas à 120 mètres du bungalow. Chacun leur tour, ils viennent vérifier que leurs trois enfants, Maddie et les jumeaux Sean et Amelie, dorment bien. Le père surveille ses enfants une première fois à 21 heures puis c’est ensuite la mère à 22 heures. Mais cette fois-ci, le lit de Maddie est vide et la fenêtre grande ouverte. Les parents ainsi que le personnel du complexe hôtelier et des habitants partent à la recherche de la petite fille âgée de trois ans. Aucune trace de l’enfant. L’alerte est donnée à 22 heures 41 à la gendarmerie. Les recherches se poursuivent jusque tard dans la nuit. La police des frontières et les aéroports portugais et espagnols sont mis en alerte. La piste de l’enlèvement se précise lorsqu’une famille irlandaise atteste avoir vu un homme tenant dans ses bras une petite fille en pyjama rose peu avant 22 heures. Le 9 mai 2007, Interpol diffuse une alerte enlèvement à tous ses pays membres pour la disparition de Maddie.

Toutes les pistes sont étudiées. Les parents sont suspectés d’avoir masquer un accident domestique. La thèse d’un enlèvement par un réseau pédophile est également étudiée. Mais les enquêtes n’aboutissent pas. La petite fille reste introuvable.

Une médiatisation qui mobilise l’Europe

La disparition de Maddie est très largement couverte par les médias européens. Ils s’intéressent de près à cette disparition mystérieuse. Le visage de Maddie fait la une des tabloïds britanniques. Les parents sont d’abord accusés d’avoir tuer leur enfant puis quelques jours après, les médias se rétractent.

Les médias britanniques se mobilisent.

Les grandes stars de l’époque se mobilisent également à la télévision et lancent des appels : David Beckham ou encore Richard Branson, le patron de Virgin, qui finance pendant des années des détectives et des enquêteurs pour retrouver l’enfant. Les parents rencontrent le Pape à Rome. Années après années, les recherches continuent. Des images de la fillette vieillie par des logiciels sont diffusées régulièrement.

Des logiciels tentent de vieillir le visage de la petite fille.
Des logiciels tentent de vieillir le visage de la petite fille.

Mais le ministère public portugais classe finalement l’affaire en juillet 200 en conservant le droit de rouvrir le dossier. Il y a dix ans, la Metropolitan Police Service de Londres mobilisait pour l’affaire une trentaine d’enquêteurs et ils ne sont désormais plus que quatre. « Aujourd’hui nous avons une équipe d’enquêteurs plus resserrée et qui se concentre sur un petit nombre de pistes cruciales, des pistes que nous croyons prometteuses. Si elles ne l’étaient pas, nous n’aurions pas continué », affirme Mark Rowley, le directeur adjoint de la police.

Alice Pattyn

Haute-Corse : explosion devant une agence immobilière

Une agence immobilière de Furiani, en Haute-Corse, a été attaquée dans la nuit de mardi à mercredi. Vers 2h00 du matin, un dispositif inflammable et une bonbonne de gaz ont endommagé la devanture de la boutique. Les dégâts, peu importants, se limitent à une façade noircie. Aucun blessé n’est à déplorer, selon une source judiciaire. L’attaque n’a fait, pour le moment, l’objet d’aucune revendication. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bastia.

Les attaques de ce type se sont multipliées en Corse au cours des derniers mois. Deux agences bancaires Crédit Agricole ont été visées par des attaques dans la nuit de lundi à mardi en Haute-Corse, à l’explosif à Biguglia et au cocktail Molotov à Corte, sans faire de blessé. Mi-avril à Corte, une agence de la Société générale a été détruite par une attaque similaire, à l’extincteur, en pleine nuit.

Ambre Lepoivre

Paris : « Vous vendez la mort Monsieur », 4 mois de prison ferme pour 19 cailloux de crack

Palais de justice de Paris, Crédits : Julien Percheron
Palais de justice de Paris, Crédits : Julien Percheron

Ce mardi, les juges de la 23ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris statuaient sur des cas de comparution immédiate. Entre vol aggravé, recel et trafic de drogue, le box des prévenus affichait complet. Focus sur une affaire de détention et tentative de vente de crack sanctionnée par quatre mois de prison ferme. 

Détention et tentative de vente de crack. C’est un des dossiers, impliquant un jeune Sénégalais, sur lequel la 23e chambre correctionnelle du TGI de Paris délibère ce mardi après-midi.

« Vous refusez de décliner votre réelle identité et dites vous appeler “Modou“. C’est étonnant lorsqu’on sait que “Modou“ est le surnom donné aux dealers de crack », lâche la procureure au Sénégalais, debout dans le box des prévenus. Intimidé, ce dernier n’ose pas lever les yeux vers les juges. La tête baissée, il murmure à son interprète : « Je n’ai jamais vendu de drogue, je le jure ».

Il recrache 17 cailloux de crack

Isabelle Goanvic, la présidente, ne se laisse pas émouvoir et rappelle mécaniquement les faits. Samedi 29 avril, place Stalingrad, à Paris. Il est 23h40. « Modou » est entouré d’un groupe d’individus, il a deux cailloux de crack en main. Des policiers en patrouille passent devant lui et entendent : « C’est combien ? ». Les officiers suspectent un trafic de drogue et interpellent le Sénégalais. Celui-ci « devient nerveux », selon les procès verbaux, et tente de prendre la fuite. Il est rattrapé quelques mètres plus loin et immobilisé.

« Le policier rapporte que vous sembliez avoir du mal à respirer. Il vous a alors fait un léger massage cardiaque et vous avez recraché 17 cailloux de crack », détaille la présidente en portant un regard accusateur sur « Modou ». Les bras croisés, emmitouflé dans une chemise en jean trop grande pour lui, le jeune homme confie sa réponse à la traductrice : « Je ne savais pas ce que contenaient ces sachets. Les gens qui étaient autour de moi vendaient des cigarettes, moi je ne vendais rien, je faisais la manche. J’ai eu du mal à respirer parce que le policier m’a serré à la gorge, je n’avais pas de drogue dans la bouche ».

« Vous vendez la mort »

Des arguments qui ne semblent pas convaincre Isabelle Goanvic. Elle rebondit sur les 166 euros trouvés sur le prévenu au moment de son interpellation. Perdu, il murmure des mots que son interprète ne parvient pas à traduire. Pour lâcher finalement : « C’est une amie qui me les a donnés ». L’hypothèse est rapidement anéantie par la procureure. D’une voix forte, d’un ton sévère elle énonce : « Monsieur était place Stalingrad pour vendre du crack, cela ne fait aucun doute. D’où la somme d’argent en sa possession ». Elle insiste sur les ravages de cette drogue dure et requiert six mois de prison ferme avec une interdiction de territoire pendant dix ans. « Vous vendez la mort Monsieur », conclut-elle, le regard noir.

Au tour de l’avocate de la défense. Les examens sanguins révèlent que son client ne se drogue pas, l’analyse de son téléphone portable ne laisse pas présumer de l’existence d’un réseau de trafic de stupéfiants auquel il pourrait participer. Elle a beau invoquer le « manque de preuve pour constituer l’infraction », le verdict tombe. La cour a tranché. Quatre mois de prison ferme pour « détention d’une quantité de drogue toxique qui mérite d’être punie ».

Ambre Lepoivre