Nicolas Rohr, des chaussures responsables qui marchent depuis dix ans

Nicolas Rohr a fondé Faguo, une start-up de chaussures responsables. Crédits : Faguo

Nicolas Rohr a fondé Faguo, une start-up de chaussures responsables. Crédits : Faguo

Avec Faguo, il semble avoir trouvé une recette magique. Depuis bientôt 10 ans, la marque de chaussures responsables prend son essor. Aujourd’hui trentenaire,  Nicolas Rohr revient sur son histoire.

Pour des étudiants, était-il difficile de créer une start-up en 2009 ?

“Aujourd’hui les jeunes ont plus d’exemples auxquels se comparer. Pour Frédéric et moi, la première difficulté, ça a été de faire accepter à l’école, notre projet en tant que stage de fin d’année. Mais on a réussi. De juin à fin septembre, on a passé tout notre temps à la création de notre boîte. Le vrai premier déclic, c’était de faire un retroplanning précis, on l’avait pris à la chambre de commerce de Paris. On s’est trouvé un endroit neutre pour travailler. La bibliothèque de l’école. Tous les jours on y allait pour se forcer à travailler sur la boîte. En septembre on lançait un premier modèle. Pendant notre dernière année, on avait une double casquette. Dans la journée on suivait les cours et le soir on travaillait sur Faguo. On appliquait concrètement tout ce qu’on apprenait. On a pris des bureaux, en colocation privée avec d’autres entreprises. On n’a jamais reçu vraiment d’aide, ni financière, ni autre, mis à part un expert comptable que nous avons sollicité. En 2019, on fêtera les dix ans de Faguo. On a plusieurs boutiques dans Paris, et 40 salariés.”

Pensez-vous que les choses ont évolué ?

“Je pense oui, car les jeunes ont plus d’exemples sous les yeux. On en parle. Et puis, aujourd’hui, c’est dur de trouver du boulot, donc ça incite à entreprendre. La crise est le meilleur allié des entrepreneur. Il faut toujours se dire “sur un malentendu ca peut marcher”. Et puis maintenant, si un jeune monte sa boîte et que c’est un échec, il peut quand même aller voir les grands groupes pour chercher du travail. Ils aiment ces profils kamikazes. Ce n’était pas le cas il y a dix ans. Il faut leur prouver que je suis jeune, je suis dynamique je bouge. Avec de la chance et du mérite, ça peut fonctionner.”

L’entrepreneur est actif dans l’incitation des jeunes à créer leur entreprise. Il est l’un des exemples régulièrement mis avant, par exemple au Salon des entrepreneurs en 2014.

Votre âge vous apparaissait-il comme un avantage ?

« Quand tu as 21 ans, tout le monde veut t’aider. Tu représentes un peu le rêve que les plus vieux auraient voulu faire. Au début de Faguo, tout le monde voulait nous donner des conseils et nous soutenir : profs, connaissances, proches… C’était pratique. Oui, il y a des risques et on peut penser au pire, mais il faut surtout penser au meilleur. Sinon ça revient à de la spéculation immobilière. Je n’avais pas fait l’école de commerce dans l’idée de monter ma boîte. C’est venu au fur et à mesure. Avec mon ami Frédéric, en réfléchissant à ce qu’on voudrait faire une fois diplômés, on a réalisé qu’on avait envie de mener un projet de A à Z. Lors d’un voyage en Chine, on a imaginé ces fameuses chaussures et on s’est lancés. Pas de femme, pas d’enfants, pas d’emprunt : on était libres de se déplacer et de faire ce qu’on voulait. On était dans une vie hyper sociale, on savait qu’il fallait le faire à ce moment là. Les jeunes sont plus souples, ils ont moins d’a priori. Tout semble possible. C’est avec l’âge qu’on devient raisonnable. Et aujourd’hui, je ne regrette rien. Mais je crois qu’il ne faut pas se forcer à monter une boîte. C’est pas une mode. Certains sont très heureux dans le salariat. Mais si on a une petite envie, il faut aller jusqu’au bout”

Propos recueillis par Louise Boutard

 

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