L’accord de Paris est entré en vigueur. Et après ?

Moins d’un an après son adoption à Paris par 195 pays, le premier accord mondial pour éviter un emballement des dérèglements climatiques est entré en vigueur vendredi, à trois jours du début de la COP22 de Marrakech, où il sera question de son application.

 

« Cette entrée en vigueur rapide est un signal politique clair confirmant que tous les pays du monde sont engagés en faveur d’une action décisive contre le changement climatique », soulignent dans un communiqué Patricia Espinosa, la responsable climat à l’ONU, et Salaheddine Mezouar, le ministre marocain des Affaires étrangères, qui présidera la COP22. Pour entrer en vigueur, l’accord devait avoir été ratifié par 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui s’est produit plus vite que prévu, ces seuils ayant été franchis dès octobre.

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« Est-ce que cette entrée en vigueur oblige la France ou d’autres pays à prendre de nouveaux engagements? La réponse est non », reconnaît Pascal Canfin, directeur du WWF France. Mais d’un point de vue juridique, l’entrée en vigueur clarifie la situation et consolide l’accord. Et d’un point de vue politique, on est désormais certains de la robustesse du côté universel de l’Accord de Paris.»

195 pays ont ratifié l’accord dont les grands pays émergents tels que la Chine l’Inde et le Brésil, indispensables pour que la dynamique politique perdure. «Il fallait que tout le monde soit à bord, et que ça ne ressemble pas au combat de quelques pays contre les autres», d’après Pascal Canfin. Le précédent accord qui visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le Protocole de Kyoto, ne concernait que les pays du Nord.

Un accord fragile

Déjà, la COP22 est en préparation puisque c’est Marrakech qui l’accueillera du 7 au 18 novembre. Elle pourra ainsi entrer dans le vif du sujet de la mise en œuvre de l’accord (registres, transparence, financement), et non servir d’arène aux pressions diplomatiques pour encourager un pays ou un groupe de pays à entrer dans la danse de la ratification. Pour François Hollande, « la Conférence de Marrakech sur le climat devra être celle des solutions »

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Reste tout de même une inconnue, et pas des moindres: l’issue de l’élection présidentielle américaine, au lendemain du premier jour de la COP22. En effet, si Donald Trump est élu, le pays pourrait sortir de l’Accord. Pour le candidat républicain, l’Accord de Paris va « tuer l’emploi et le commerce. » Hors de question de donner à des « bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d’énergie que nous pouvons consommer dans notre pays », a-t-il déclaré.

Une issue qui pourrait donc anéantir, ou du moins déséquilibrer, l’édifice construit au Bourget.

 

Valentine Leboeuf

 

 

 

 

 

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