Que répondre aux « haters » sur internet ?

Face à la montée des violences verbales sur les réseaux sociaux, les différentes associations s’activent. Respect Zone vient de publier une étude annonçant que plus de deux insultes sont publiées chaque seconde. Alors comment faire pour lutter contre la cyberviolence et les messages de ces « haters » ? Le CelsaLab vous donne quatre solutions.

L’étude de Kantar Media, commandée par l’association Respect Zone, ne laisse planer aucun doute : la cyberviolence continue de monter chez les jeunes. En 24h, plus de 200 000 insultes ont été répertoriées. Quant aux jeunes, plus de 40% disent avoir déjà été victimes d’une agression verbale, par le biais d’internet. Trouver des solutions face au harcèlement en ligne devient chose urgente.

  • « Don’t feed the trolls »

Pour Yannick Chatelain, enseignant-chercheur à Grenoble, spécialiste des nouvelles technologies et auteur d’ouvrages sur la cybercriminalité, le tout est d’ignorer l’agresseur. Même si l’affect est réel chez la victime, le chercheur estime qu’« il ne faut pas répondre. » Ainsi, il reprend le dicton suivant : « Don’t feed the trolls* » (ne nourris pas les trolls, en français). « Dès lors que personne ne les nourrit, ils se retrouvent seuls face à leur stupidité. » Il donne un conseil simple mais utile aux victimes de cyberviolence : « ne répondez pas, ne donnez pas de la valeur à ce qui n’en a pas. »

  • Licornes VS Haters

Le nouveau projet de l’association Respect Zone, qui lutte contre la cyberviolence, s’appelle « Licornes VS Haters ». Le nom peut faire sourire et pourtant il a du panache. Le but ? Tourner les « haters » en dérision grâce à un outil qui permet de remplacer n’importe quelle insulte par une image. Ces émoticônes – des petits dessins remplaçant les caractères lettrés -, prennent la forme de licornes, d’arcs en ciel ou de cœurs.

Philippe Coen est le fondateur du label Respect Zone (voir ci-dessous). « La haine est ridiculisable » explique-t-il au CelsaLab. « Aujourd’hui, ce qu’on cherche, ce sont des partenaires qui pourraient installer le plug-in et rendre le projet concret. »


Licornes VS Haters par respectzone

Pour l’association Respect Zone, tout est dans le comique de situation : au moment où le hater postera son message haineux, l’insulte sera remplacée par ces images volontairement niaiseuses. Sans oublier bien sûr que ce modérateur en ligne est avant tout là pour bloquer la cyberviolence. « Quand on prône l’irrespect, on risque de faire fermer les espaces de commentaires sur les sites » ajoute Philippe Coen. « Ce que nous voulons, nous, c’est que les haters s’auto-modèrent. »

  • « En parler »

Bien sûr, évoquer ces problèmes autour de soi et notamment avec les adultes environnants reste un moyen efficace et sûr de se faire aider. En 2011, la campagne lancée par la région Ile-de-France, intitulée « Jeunes Violences Ecoute », avait permis de publier massivement des affiches avec ce slogan : « La solution, c’est d’en parler. »

crédits iledefrance

crédits iledefrance

  • Un label en signe de respect

L’association Respect Zone a mis en place un label, il y a un peu plus d’un an. L’idée vient de deux adolescents, souhaitant que le respect s’impose à travers chaque publication sur Internet. Philippe Coen, lui, s’est occupé de créer le label. « C’est efficace » explique-t-il. « 200 entreprises portent ce label, ainsi que 800 particuliers. » Le principe est simple, il suffit de télécharger le label Respect Zone, disponible sur le site du même nom. Grâce à cela, chaque individu peut montrer sa résistance face à la cyberviolence, selon l’association, en l’affichant sur son site, son blog ou sur n’importe quelle autre page personnelle. L’image, une fois téléchargée, peut être affichée sur les comptes Facebook ou Twitter des internautes, qui jurent par ce symbole de respecter la charte de l’association. « Si on affiche le label, cela signifie que l’on s’engage à respecter l’autre » précise Philippe Coen.

Crédits respectzone

Crédits respectzone

Le label, s’il n’est qu’une image, vient « faire le ménage », selon lui. « Imaginez qu’internet est une grande ville où on a oublié de mettre des poubelles. Nous on est là pour ça, on installe des poubelles dans cette ville, pour un meilleur climat numérique. Et c’est comme sur la route : tels des panneaux de signalisation, les internautes ont besoin d’avoir régulièrement des rappels sur la charte à suivre. »

Margaux Malinge

*Un troll, en argot informatique : un individu qui génère les polémiques, cherchant volontairement à perturber les fils de discussion en ligne

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