La Chine, une puissance au ralenti

La Chine, qui oscille entre première et deuxième place sur l’échelle des plus grandes économies mondiales, s’inquiète d’une croissance qui baisse peu à peu. Le champion de l’économie veut relancer la consommation de ses habitants.

Sa croissance fait pâlir d’envie les pays européens et pourtant ça ne suffit pas. Cette année, l’Empire du Milieu marque une progression de 7%, lui qui avait été habitué à une croissance de 10% il y a quelques années. C’est son niveau le plus bas depuis 6 ans. L’objectif du gouvernement chinois : relancer la consommation pour faire repartir la machine. La Chine doit trouver les bons outils de sa politique monétaire pour mettre en place sa relance économique et pousser ses habitants à acheter davantage.

Le 10 mai dernier, le gouvernement a annoncé la baisse du taux directeur de la Banque populaire de Chine. Une décision qui intervient dans le champ économique du pays pour la troisième fois. Après deux premières tentatives en novembre et février, la Banque nationale fait passer son taux directeur de 6,6% à 5,1%. Un chiffre gigantesque du point de vue des pays européens dont les taux sont proches de zéro, mais une mesure toute nouvelle pour le gouvernement chinois qui n’avait jamais envisagé d’en arriver là quand elle a lancé cette mesure en novembre dernier. En parallèle, les conditions de crédit ont été largement assouplies. Encourager le crédit pour encourager la consommation, c’est le leitmotiv de Pékin ces derniers mois.

Mais malgré la baisse des taux depuis quelques mois, le PIB continue d’être en chute libre et les mesures mises en place n’ont aucun impact pour le moment. Les experts craignent alors un effet « boule de neige » : une croissance ralentie pour moins de consommation, et donc moins de production. Mais si la production diminue, l’emploi lui aussi risque d’être gravement touché, alors qu’il se portait bien jusqu’ici. En 2014, le pouvoir chinois a créé 13,2 millions de postes, et pour ce qui est de cette année, 10 millions d’emplois devraient être créés en zone urbaine.

Les causes de ce ralentissement économique. Entretien avec Béatrice Gédouin, professeure d’économie.

 Une mesure risquée sur le long terme ?

Selon Charlie Carré, économiste à la Coface, et spécialiste de l’Asie, Pékin doit redresser la barre. Le risque majeur pour l’État chinois, il est là : le niveau d’endettement des collectivités locales a atteint des sommets impressionnants depuis 2009. Le gouvernement souhaite leur permettre de rembourser leur dette sur un plus long terme, d’où la baisse des taux d’intérêt.

L’endettement du pays est donc énorme, il ne faut pas l’oublier. La Chine doit d’un côté favoriser le crédit pour stopper le ralentissement de l’économie, mais elle doit aussi ralentir la croissance de ce crédit pour éviter un plus gros endettement, dans les entreprises comme dans les foyers. C’est là toute la subtilité d’une telle mesure. Mettre en place une relative flexibilité dans la politique monétaire menée, et malgré tout, ne pas engendrer une consommation de masse, risquant de paupériser les Chinois et de renforcer les inégalités présentes sur le territoire entre métropoles et arrière-pays.

 Margaux MALINGE.

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