Soudan : les paramilitaires se disent prêts à une guerre « de 40 ans »

Mohamed Hamdane Daglo affirme que les FSR restent positionnées autour de Khartoum malgré la reprise de la capitale par l’armée, tandis que le conflit soudanais continue d’alimenter une grave crise humanitaire.

Le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo, a assuré que ses combattants étaient prêts à poursuivre la guerre contre l’armée soudanaise « pendant 40 ans » si nécessaire. Dans une vidéo diffusée par des médias locaux, il affirme que certaines unités paramilitaires sont toujours déployées à la périphérie d’Omdourman, face à Khartoum, reprise par les forces régulières en mars 2025. Malgré un retour au calme dans la capitale, plusieurs attaques de drones ont récemment visé la zone, faisant des victimes civiles et endommageant des infrastructures.

Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement soudanais accuse l’Éthiopie et les Émirats arabes unis d’avoir soutenu des frappes de drones depuis le territoire éthiopien, des accusations rejetées par les deux pays. Entrée dans sa quatrième année, la guerre entre l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhane et les FSR a provoqué des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Selon l’ONU, près de 700 civils ont été tués depuis janvier dans des attaques de drones menées par les deux camps, tandis que les tentatives de cessez-le-feu restent sans issue.

Salomé Ferté

Inde – Pakistan : Un an après l’opération Sindoor, l’Inde affiche sa fermeté face au Pakistan et prépare un test de missile

Le Premier ministre indien Narendra Modi a affirmé jeudi que l’Inde demeurait « plus déterminée que jamais » à combattre le terrorisme, un an après la confrontation militaire avec le Pakistan déclenchée par l’attentat de Pahalgam. New Delhi se prépare également à tester un nouveau missile balistique Agni de longue portée.

Le 22 avril 2025, un commando armé a tué 26 personnes dans la station touristique de Pahalgam, au Cachemire indien. Les victimes étaient toutes des hommes et, à une exception près, de confession hindoue. L’Inde avait immédiatement accusé le Pakistan d’être impliqué dans l’attaque et lancé, quelques jours plus tard, l’« opération Sindoor », du nom de la poudre rouge portée par les femmes hindoues mariées. Dans la nuit du 6 au 7 mai 2025, New Delhi avait frappé des camps pakistanais du groupe jihadiste qu’elle tenait pour responsable de l’attentat, provoquant la pire escalade militaire entre les deux puissances nucléaires depuis près de vingt ans.

Les affrontements avaient fait plus de 70 morts dans les deux camps avant l’annonce d’un cessez-le-feu, le 10 mai, par le président américain Donald Trump. Jeudi, Narendra Modi a salué « la bravoure » de l’armée indienne et assuré que son pays restait résolu à « détruire l’écosystème » du terrorisme. Dans ce contexte de tensions persistantes, le Times of India a rapporté que New Delhi préparait un tir d’essai du missile balistique Agni-6, capable, selon le BJP, d’atteindre une portée de 10 000 kilomètres et d’emporter plusieurs ogives nucléaires. Un message d’alerte aérienne (NOTAM) a été émis au-dessus du golfe du Bengale en prévision du test.

Salomé Ferté 


Le documentaire « Russians at war » : liberté d’expression ou défenses des agresseurs ?

Le festival international du film de Toronto (TIFF) a suspendu le 12 septembre la projection du documentaire « Russians at War » suite à de préoccupations croissantes concernant la sécurité publique et les réactions négatives de la communauté ukrainienne. Alors que le film est perçu par certains comme une opportunité d’explorer la perspective russe, d’autres le considèrent comme une tentative de minimiser les souffrances du peuple ukrainien. Cette situation soulève des questions cruciales sur la liberté d’expression, la responsabilité artistique et la représentation des récits de guerre dans le cinéma contemporain.

Le documentaire controversé « Russians at War« , réalisé par Anastasia Trofimova, a suscité un vif débat depuis sa première au Festival de Venise. Alors que la réalisatrice russo-canadienne décrit son œuvre comme une tentative de comprendre son pays d’origine et les soldats russes, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme de la propagande du Kremlin.

Le Festival international du film de Toronto (TIFF) a annoncé le 12 septembre, la suspension des projections de « Russians at War » qui devait être présenté lors de l’événement. Cette décision fait suite à des préoccupations significatives concernant la sécurité publique et les menaces pesant sur les opérations du festival. Alors que le TIFF a initialement défendu le film, il a jugé nécessaire de protéger ses invités et son personnel face aux risques potentiels associés à cette projection. « Cela a été une décision incroyablement difficile », a-t-il déclaré dans le communiqué, en précisant, que lors de la sélection des films, le TIFF se laissent guider par sa mission, ses valeurs et principes. « Nous croyons que ce film mérite une place dans la programmation de notre festival, et nous sommes déterminés à le projeter lorsqu’on pourra assurer un environnement plus sûr« , a-t-il indiqué.

 

Réactions de la communauté ukrainienne

 

Le consulat général d’Ukraine à Toronto a exprimé son indignation et a demandé l’annulation de la projection du film, affirmant que « Russians at War » blanchit les soldats russes responsables de crimes de guerre. Le consul général, Oleh Nikolenko, a critiqué le soutien du gouvernement canadien au documentaire, y compris une subvention de 340 000 dollars du Fonds canadien des médias. Il a insisté sur le fait qu’Anastasia Trofimova, en collaborant avec une unité d’invasion russe pour réaliser son film, « viole gravement la législation ukrainienne« .

Le documentaire a suscité également des réactions négatives de la part du Congrès ukraino-canadien (UCC), qui soutient qu’il porte atteinte à la souveraineté ukrainienne et minimise la gravité de la guerre.« À partir de la description du film proposée sur le site du TIFF, il est clair que le film établit une équivalence entre le coupable et la victime, présentant la guerre d’agression génocidaire de la Russie contre l’Ukraine comme un jeu néfaste », a déclaré l’UCC. 

Le chef de l’Office du président de l’Ukraine, Andriï Ermak, a déclaré sur son canal Telegram qu’il est honteux qu’un film propagandiste ait été présenté au Festival de Venise, tout comme le fait que la réalisatrice Anastasia Trofimova et d’autres acteurs de la culture russe puissent travailler dans un monde civilisé, alors que leur pays tue des Ukrainiens tous les jours.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine a été l’un des premiers à condamner la projection de ce documentaire, le qualifiant de « déformation de la réalité de l’agression russe » et le considérant comme un outil de propagande. Dans une lettre envoyée au président de la Biennale de Venise, Pierpaolo Buttarello, le 7 septembre 2024, l’ambassade d’Ukraine en Italie a souligné l’inadmissibilité de la projection d’un film prorusse alors que la Russie continue de mener une guerre violente contre l’Ukraine.

 

Les voix du cinéma s’élèvent

 

Darya Bassel, productrice de « Songs of Slow Burning Earth« , a également exprimé son indignation sur Facebook. Elle a noté que la réalisatrice commence par exprimer sa surprise face à l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, tout en ignorant les nombreuses guerres et conflits dans lesquels la Russie a été impliquée au cours des dernières décennies. « La réalisatrice (Anastasia Trofimova) déclare que son pays n’a pas participé à des guerres depuis de nombreuses années et qu’elle n’a lu sur les guerres que dans des livres« , a-t-elle écrit. Finalement, Darya Bassel conclut que le film présente les soldats russes comme des victimes manipulées par des jeux politiques, tout en négligeant la souffrance des Ukrainiens.

 

Dans une déclaration sur les réseaux sociaux, Anastasia Trofimova a tenté de justifier sa démarche, expliquant qu’elle avait passé sept mois avec un bataillon russe en Ukraine pour réaliser son film. « Mon espoir est que leurs histoires contribuent à une compréhension plus profonde de cette guerre insensée et traumatisante« , a-t-elle déclaré. En même temps, ses propos n’ont pas apaisé les critiques. Les ambassadeurs d’Ukraine ont exprimé leur profond mécontentement face à la présentation du film, qualifiant cette initiative de « manipulation orwellienne de la vérité« .

 

La réalisatrice Anastasia Trofimova (à droite) et sa mère assistent au photocall du film « Russians at War » présenté hors compétition lors de la 81e édition du Festival international du film de Venise au Lido de Venise, le 5 septembre 2024. @Alberto PIZZOLI / AFP

Liberté d’expression et la responsabilité artistique

 

La suspension de la projection de « Russians at War » au TIFF soulève des sujets plus globaux sur la liberté d’expression et le rôle des festivals de cinéma dans la promotion de films controversés. La controverse qu’il suscite aborde des questions cruciales sur la représentation de la réalité, la responsabilité des artistes et la manière dont les récits de guerre sont construits. La question qui se pose est de savoir si la compréhension et l’empathie peuvent émerger d’un récit qui fait preuve de complaisance envers l’agresseur en négligeant les souffrances des victimes. Dans un monde où les histoires de guerre sont souvent racontées à travers des prismes divergents, il est important de se rappeler que la vérité doit être défendue, même dans l’art.





 



 

Contre-offensive russe à Koursk : Moscou a regagné 10 villages dans la région

Après une contre-attaque lancée mardi dans la région russe de Koursk, Moscou affirme avoir récupéré 10 localités qui étaient passées aux mains des forces ukrainiennes.

Volodymyr Zelensky a confirmé l’information ce jeudi : l’armée russe a lancé une contre-offensive dans la région russe de Koursk, à la frontière du nord est de l’Ukraine. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a affirmé que les unités de la troupe « Nord » avait « libéré, en deux jours, 10 localités » dont les forces ukrainiennes s’étaient emparées.

Le 6 août dernier, environ 8000 soldats de l’armée ukrainienne avaient franchi la frontière russe pour mener une offensive qui avait permis à Kiev de prendre le contrôle d’une centaine de colonies russes et de 1.000 km2 de terrain, rapporte l’AFP.

Une offensive « conforme avec le plan ukrainien »

Le front dans cette région russe était en grande partie gelé ces deux dernières semaines, aucun des belligérants ne revendiquant d’avancées, contrairement à ce qui se passe sur le front dans l’est de l’Ukraine où les troupes russes, à l’offensive, ne se trouvent plus qu’à quelques kilomètres de la ville de Pokrovsk, un important noeud logistique.

De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelenzky a pris la parole ce jeudi pour assurer que cette contre-attaque lancée à Koursk par Moscou était « conforme avec le plan ukrainien », sans toutefois apporter plus de précisions. Il en également profité pour dénoncer le « retard » des Occidentaux sur une potentielle levée des restrictions de leurs armes qui serviraient à frapper en profondeur la Russie.

Sarah-Yasmine Ziani avec AFP