Sobriété énergétique : les universités reverront-elles leurs copies comme Strasbourg ?

Lundi 19 septembre, Michel Deneken, président de l’université de Strasbourg a annoncé une série de mesures pour réduire les coûts de la facture énergétique de l’établissement.  Parmi elles, la fermeture de l’université pendant deux semaines supplémentaires en hiver ou encore une température de 19°C maintenue dans les locaux. D’autres universités s’interrogent sur la stratégie à adopter. 

C’est dans une vidéo publiée sur le site internet de l’université de Strasbourg, lundi 19 septembre, que le président, Michel Deneken, a déclaré que l’établissement baisserait  sa consommation d’énergie de 10 %. De 13 millions d’euros pour l’année 2022, le budget de dépenses en gaz, énergie et chauffage pour 2023 pourrait atteindre 20 millions d’euros.

Bientôt des annonces du côté de Sorbonne Université

« Tous les établissements de l’enseignements supérieur sont confrontés à une augmentation de leur facture énergétique », déclare Cédric Herpson, vice-doyen de la faculté des Sciences et ingénierie de Sorbonne Université. Comme Strasbourg, l’établissement devrait procéder à une baisse de sa consommation d’énergie. « Les arbitrages devraient être arrêtés et communiqués dans les prochaines semaines », ajoute-t-il.

« Pas question de pénaliser les enseignements »

Parmi les différentes mesures annoncées par l’université de Strasbourg, la fermeture de l’établissement est celle qui interroge davantage parmi les syndicats étudiants, les universités et le gouvernement.

Mardi 20 septembre, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, s’est exprimée sur Franceinfo. « Nous mènerons ce plan de sobriété avec les étudiants, jamais à leur détriment ! Il n’y aura pas de retour aux cours en distanciel. » Elle a également annoncée une aide pour les établissements, qui sera évaluée au cas par cas.

À l’instar de la Sorbonne, peu d’établissements se sont exprimés sur les décisions  qu’ils vont prendre pour l’hiver. Les universités de Bourgogne et de Saint-Etienne ont annoncées qu’elles ne fermeront pas leur établissement.

Keisha MOUGANI 

Législatives 2022 : quelle droite pour la 13 ème circonscription des Hauts-de-Seine ?

Du 12 au 19 juin 2022 auront lieu les élections législatives. Dans la 13ème circonscriptions des Hauts-de-Seine (Antony, Sceaux, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry) le prochain scrutin porte surtout la question de l’identité et du poids de la droite dans la circonscription. Par Zino Tissier et Perla Msika.

« C’était un bon maire, il a permis de garder l’esprit village à Antony  » exprime Isabelle, 57 ans et antonienne depuis 24 ans, au sujet de Patrick Devedjian. Dans ce bastion de droite depuis 1988, c’est l’héritage de ce dernier (1944-2020) qui fait autorité. Maire d’Antony pendant près de 18 ans, il fut aussi député de la treizième circonscription des Hauts-de-Seine (92) de 1986 à 2017, d’abord sous l’étiquette du Rassemblement pour la République (RPR), puis sous les couleurs de l’Union du mouvement populaire (UMP), aujourd’hui Les Républicains ( LR )

En 2017, c’est l’une de ses héritières, Frédérique Dumas, qui récupère la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, mais sous l’étiquette de la majorité La République en Marche – aujourd’hui Ensemble. Un revirement pour la circonscription alors que la député sortante, ancienne des Républicains, a été adjointe au maire sous Devedjian.

Aujourd’hui sous le drapeau Libertés et territoires (LT), Frédérique Dumas fait pourtant, le choix de ne pas se représenter. Une décision, somme toute logique, pour Numa Isnard, candidat LR dans la circonscription : « Le but n’est pas de faire son procès, loin de là. Mais le fait qu’elle ne se représente pas montre bien, d’ailleurs, que c’est pas une fonction qui l’intéressait. Elle n’a pas montré d’intérêt très fort pour le terrain.» Plus qu’une question de compétences, la présente élection doit, non seulement couronner l’hériter de la droite, mais aussi définir l’identité de celle-ci dans la circonscription.

Une droite militante et en quête de renouvellement

Avec comme porte étendard, Numa Isnard, le parti Les Républicains souhaite de nouveau prendre la tête de cette 13ème circonscription. Au cœur de sa stratégie de campagne, la revendication d’une identité militante mêlée à la proximité d’un candidat issu de la société civile : « La politique ce n’est pas mon métier. Je suis avocat, mais également conseiller municipal à la mairie de Sceaux. Et à côté de cela il y a un engagement militant fort, je suis délégué jeune républicain pour la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, je travaille avec Véronique Bergerol qui est d’ailleurs ma suppléante. Ma candidature est dans cette logique là, c’est une candidature militante. »

https://twitter.com/numaisnard/status/1523634049696550912?cxt=HHwWgMDSvY_GhKUqAAAA

Au-delà du militantisme, le candidat LR doit faire face à une rupture de la droite dans cette circonscription. Numa Isnard devra notamment affronter le maire de Sceaux, Philippe Laurent (UDI). Un adversaire qu’il ne semble pas craindre : « Le candidat centriste – car je ne vois pas beaucoup la mention UDI sur ses tracts –  a commencé sa campagne avec la notion de  » majorité utile. »  Il a fait le choix de se rallier à des forces en présence et de la jouer stratégique. Je pense que c’est une façon de faire de la politique que les gens rejettent », faisant référence à la majorité présidentielle portée par Maud Bregeon (Ensemble.) 

Avec Maud Bregeon et Philippe Laurent, Numa Isnard est l’un des trois candidats qui peut potentiellement incarner l’héritage de droite républicaine au sein de la circonscription.  Mais le candidat de 35 ans, a conscience que l’histoire ne fait pas tout : « On ne peut pas arriver avec un héritage gaulliste et arriver en disant « nous sommes les seuls candidats légitimes«  ça serait effectivement un peu osé. Ça ne vaudrait pas grand-chose. La tradition gaulliste de la circonscription est un fait, mais on ne peut pas bâtir une reconquête de celle-ci simplement sur cela. » Surtout après l’échec des Républicains aux dernières élections présidentielles.

À Antony, plus grande ville de la circonscription, plusieurs habitants voient d’ailleurs les législatives comme le strict prolongement de leur vote à la présidentielle. «  Pour moi qui me sens  bien à Antony, les législatives incarnent plutôt le prolongement locale de l’élection présidentielle et nationale » confie Valérie Richard, 50 ans. Une position qui ne présage rien de bon pour LR, où la candidate Valérie Pécresse avait obtenu 8,55 % des voix contre 37,29 % pour Emmanuel Macron.

Maintenir la majorité dans la 13ème circonscription

Si Frédérique Dumas ne se représente pas, ses multiples aller-retours entre le parti de la majorité et ceux de la droite historique, font de la nouvelle candidate d’Ensemble, Maud Brégeon, la possible repreneuse, d’un héritage politique local aujourd’hui troublé. Le premier tour des législatives devrait, en effet, servir de curseur à l’identité politique de la circonscription. Pour plusieurs habitants, l’élection de Frédérique Dumas a témoigné d’une position politique moins ancrée à droite. C’est ce que juge  Janine, 72 ans et habitante d’Antony depuis près de 50 ans : « J’ai l’impression qu’on s’approche surtout du parti de la majorité. Ce n’est plus le fief de la droite républicaine d’autrefois » estime celle qui a voté « écolo » aux législatives de 2017.

Maud Brégeon, ingénieure dans le nucléaire et marcheuse de la première heure, s’est engagée depuis longtemps aux cotés du président Emmanuel Macron, elle a fait plusieurs apparitions lors des dernières élections notamment sur les listes des élections sénatoriales de 2017, mais également aux municipales face à Patrick Balkany à Levallois-Perret (92). Elle est, depuis les dernières présidentielles, porte parole de Renaissance, nouveau nom de la majorité. Un parti qui couve la candidate, avec de multiples soutiens  tels que ceux des ministres Bruno Le Maire, Gérald Darmanin ou encore Eric Dupont-Moretti. Quitte ou double, ces soutiens peuvent desservir Maud Bregeon, qui pour se faire une place dans l’identité politique de la circonscription, doit choisir qui sont ses principaux adversaires : la droite historique ou l’union de la gauche incarnée par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES).

https://twitter.com/MaudBregeon/status/1522941167138136070?cxt=HHwWjICzkYa7yaIqAAAA

La gauche en position d’« outsider » autour de la NUPES

Portée par un projet de cohabitation, la NUPES compte, quant à elle, sur sa position « d’outsider » pour équilibrer la balance politique. Représentée dans la 13ème circonscription par Brice Gaillard, elle souhaite mettre en avant l’unité de la gauche. Issu du Parti socialiste (PS), il porte son projet fondé sur trois enjeux ; « l’urgence démocratique autour de la question de la VIème République et du renforcement des pouvoirs du Parlement, le vent social avec l’augmentation des salaires et la fixation des prix des produits de première nécessité et des logements et enfin l’urgence environnementale avec l’interdiction des pesticides » explique-t-il. Brice Gaillard compte sur le succès du parti La France Insoumise aux dernières présidentielles (21,95%) pour présager de la victoire dans la circonscription.

Si la forte présence de la droite peut déstabiliser cette alliance de la gauche, Brice Gaillard a d’ailleurs rappelé que  « le bloc de gauche réalise toujours de bons score lors des élections » faisant référence aux élections départementales à Bourg-la-Reine (55,83 % pour le binôme Union à gauche). Il suppose que « la balance peut pencher », car « beaucoup de gens viennent de quartiers populaires et sont en souffrance ». En 2019, seul 9,1 % de la population de la circonscription a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté – contre 14,5 % en France métropolitaine ( source INSEE ) Pas sûr que la candidat de la NUPES trouve donc les voix sensibles à son programme.

 

 

Croyance en Dieu : l’Eglise ne convainc plus, l’Islam oui

Plus de 51% des Français ne croient plus en Dieu selon un sondage publié ce jeudi par l’Association des journalistes d’information sur les religions (AJIR). Entre société matérialiste, scandales de l’Eglise et nouvelles problématiques sociales, les explications sont multiples. 

 

Qu’on l’appelle Dieu ou Allah, la moitié des Français ne croient plus en lui. Selon un sondage publié ce jeudi par l’Association des journalistes d’information sur les religions (AJIR), plus de 51% des Français ne croient plus en Dieu. Seuls 48% des jeunes y croient encore, contre 68% chez les plus de 65 ans.

Premières mises en causes : les institutions, selon Geneviève Delrue, présidente de l’AJIR. Elles sont selon elle devenues impuissantes face à une technique aujourd’hui omniprésente qui a façonné notre relation à l’inexplicable et donc à la religion : «La technique éloigne ce qu’on ne savait pas expliquer avant, à l’époque où on disait : « C’est Dieu qui l’a voulu ! »»

Pour autant, la spiritualité demeure : «Il n’y a pas de rejet du mystère, la question métaphysique demeure. Le problème, c’est plutôt l’image du dieu véhiculé par les institutions», raconte Geneviève Delrue.

L’Eglise, en particulier, ne convainc plus. Elle manque d’audace et de simplicité selon le père Emmanuel Péteul : «Elle gagnerait à oser dire ce qu’on vit, qui on est et comment notre foi nous aide. Dire que nous sommes heureux dans notre religion.»

 

La croyance, un sujet tabou

«Les Français n’ont plus besoin de Dieu», affirme le prêtre, prêtre de la paroisse Sainte Jeanne d’Arc à Versailles. Pour lui, la raison réside dans une société française à la fois riche et matérialiste, mais aussi une certaine gène qui s’est installée au sein des foyers: «Parler de sa foi, c’est devenu aussi compliqué que de parler de sa sexualité.»

Les personnes interrogées dans le sondage discutent effectivement de moins en moins de religion en famille. Un sujet devenu tabou donc, mais qui fait aussi face à de nouvelles problématiques .

« Les gens sont mal à l’aise parce que le christianisme est mis en péril par les théories du genre ou de sexualité. Si votre fille est homosexuelle, ce n’est pas facile de le concilier avec votre foi. On a peur de perdre ses enfants, alors on finit par se détourner de ce que dit l’Eglise », explique le père Emmanuel Péteul.

Des scandales sexuels à répétition

Et si cette crise de l’Eglise influence autant le taux de croyance en Dieu, c’est parce que la France, longtemps surnommée la fille aînée de l’Eglise, s’est historiquement construite sur cette religion.

«La république s’est fondée contre l’Eglise depuis la révolution française», selon Virginie Larousse, journaliste spécialiste des religions. Plus récemment, ce sont les scandales sexuels «qui contribué à l’éloigner des Français».

Des jeunes en quête de spiritualité

Une crise institutionnelle que ne connaissent pas les autres grandes religions de France comme l’Islam et le judaïsme. «Au contraire, il y a dans ces religions une croyance en Dieu beaucoup plus forte. Les jeunes musulmans ont par exemple un taux de pratique beaucoup plus important», raconte Virginie Larousse.

En France, 97% des musulmans croient en Dieu, contre seulement 62% des catholiques selon le sondage publié par l’AJIR. Bien qu’encore minoritaire en France, la religion musulmane rassemble tout de même 5.43 milliards de fidèles en 2020.

De plus, même si plus de la moitié des Français ne croient aujourd’hui pas en Dieu, la religion n’a pas dit son dernier mot. La question spirituelle connait un rebond chez les plus jeunes, selon la journaliste : «Ils sont en quête de connaissances. La croyance n’est pas amenée à disparaître.»

Lise Cloix

 

 

 

 

 

 

Crise des sous-marins : la situation s’apaise entre les Etats-Unis et la France

Joe Biden et Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone, mercredi, pour calmer la crise diplomatique entre les Etats-Unis et la France et renouer le dialogue, après la rupture du contrat du siècle avec l’Australie.

Après la crise, l’apaisement. Suite à un entretien téléphonique d’une trentaine de minutes, le 22 septembre, le président américain, Joe Biden, et son homologue français, Emmanuel Macron ont dévoilé des engagements pour rétablir la confiance brisée entre les deux pays. Le 16 septembre, la rupture d’un contrat de vente de douze sous-marins à l’Australie avait provoqué un séisme diplomatique entre la France et les Etats-Unis. « Des consultations ouvertes entres alliés » auraient « permis d’éviter cette situation », précise un communiqué commun, publié par l’Elysée et Washington, à l’issu de l’entretien téléphonique. Joe Biden a reconnu un défaut de communication et espère un « retour à la normale ».

Pour rétablir le dialogue, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères français va rencontrer le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, ce jeudi, à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette étape de l’apaisement sera suivie d’une rencontre entre Emmanuel Macron et Joe Biden en Europe, à la fin du mois d’octobre. D’ici cette rencontre, les deux présidents ont également annoncé dans un communiqué le lancement d’ « un processus de consultations approfondies visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance », qui acte le retour de l’ambassadeur français, Philippe Etienne, à Washington, la semaine prochaine.

Une crise diplomatique sans précédent

Philippe Etienne avait été rappelé en France, le 17 septembre. Paris avait ainsi manifesté son mécontentement à cause la signature du pacte de sécurité, Aukus, entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume. Dans le cadre de cette alliance, l’Australie avait rompu le « contrat du siècle », convenu avec la France en 2016 et, ce, sans prévenir l’Hexagone. « Un coup dans le dos », pour Jean-Yves Le Drian. L’Australie n’achètera donc pas douze sous-marins à propulsion conventionnelle à la France et a opté pour des sous-marins à propulsion nucléaire américains. Il s’agit de la pire crise diplomatique entre les Etats-Unis et la France depuis que l’Hexagone a refusé d’épauler son allié dans la guerre d’Irak en 2003.

Malgré le renouement du dialogue, la relation avec les Etats-Unis a été remise en cause par cette crise. Ce jeudi, le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, a affirmé sur Franceinfo que l’Union européenne ne peut « plus compter » sur les Etats-Unis pour sa protection et appelle à « construire son indépendance stratégique ».

Michèle Bargiel