Giro : Fernando Gaviria s’impose au sprint

Elia Viviani (Deceuninck – Quick-Step) s’est imposé au sprint sur cette troisième étape du tour d’Italie. Monotone, cette étape entre Vinci et Orbetello a été rythmée par une météo grise et un vent puissant.
Le peloton prend tout l’espace de la route et aucune échappée ne semble se dessiner. / Crédit : Flickr – Simon Harrod

Le Colombien Fernando Gaviria s’est imposé au sprint lors de cette troisième étape du Giro. C’est la sixième victoire d’étape de sa carrière sur le tour d’Italie. Le Français Arnaud Démare est troisième et il s’est distingué lors des deux sprints intermédiaires de cette étape.

Tout s’est joué sur les cinq derniers kilomètres. A 20 kilomètres de l’arrivée de cette étape rythmée par le vent et une météo maussade, le dénouement était encore indécis. Le peloton roulait à une vitesse moyenne de 40 km/h et aucun coureur ne se détachait encore. Pourtant, les 20 derniers kilomètres, sur le littoral et exposés aux vents sont jugés décisifs.

Les coureurs ont parcouru 220 km lors de cette étape qui reliait Vinci à Orbetello. Une troisième étape sans difficulté particulière, les pentes ne dépassant pas les 5%. Seule une montée, le Poggio L’Apparita au km 162.3 a donné du fil à retordre aux coureurs.

Le Japonais Sho Natsuyama (Nipo) a réalisé une échappée solitaire dès le début de la course. C’est un pari rare et risqué qui n’a pas été payant pour le cycliste. Avec une vitesse moyenne de 36 km/h, il a devancé le peloton pendant les 100 premiers kilomètres de l’étape affichant même parfois une avance de plus de six minutes sur ses adversaires. Mais à près de 80 km de l’arrivée, changement de scénario. Sho Natsuyama a été repris par l’équipe Trek-Segafredo. Le coureur japonais, 172e au classement, n’a pas réussi à suivre le rythme soutenu imposé par l’avant du peloton.

Arnaud Démare appuie sur la pédale

Le Français Arnaud Démare (FDJ) a pris la tête du peloton lors du premier sprint intermédiaire de cette étape. Une avancée qui lui permet d’atteindre la 4e positon du classement par points, avec 14 points au compteur. Il se rapproche ainsi du maillot cyclamen. Le Français a ensuite renouvelé l’expérience en prenant aussi la tête du peloton lors du second sprint intermédiaire du jour. Il prend alors la pole position du classement des sprints intermédiaires avec 12 points.

Course neutralisée

À quelque 70 kilomètres de l’arrivée, le drapeau rouge a été brandi. La course a alors été neutralisée pendant quelques minutes avant de reprendre normalement son cours, sans qu’aucune information officielle n’ait été donnée aux équipes. Le passage d’un train sur un passage à niveau serait à l’origine de cette neutralisation.

Aucune chute spectaculaire pendant cette étape de plaine. Seul Geoghegan Hart (Ineos) a chuté pendant la traversée de la ville de Grosseto. Malgré un genou droit écorché, il n’a pas été contraint à l’arrêt. Raccompagné dans le peloton par deux coéquipiers, il a ensuite continué à rouler.

Plusieurs coureurs se sont également accrochés à 5 kilomètres de l’arrivée. Cette chute groupée a divisé le peloton en deux à quelques minutes de l’arrivée.

Lise Boulesteix

Cyclisme : les adieux émouvants d’un coéquipier de Michael Goolaerts

Le coéquipier de Michael Goolaerts chez Vérandas Willems-Crélan, Wout Van Aert , a écrit une lettre à son ami décédé lors de Paris-Roubaix dimanche.

Le coureur belge de 23 ans Michael Goolaerts s'est éteint dimanche 8 avril à 22h40 des suites d'un arrêt cardiaque.
Le coureur belge de 23 ans Michael Goolaerts s’est éteint dimanche 8 avril à 22h40 des suites d’un arrêt cardiaque.

Le coureur Wout Van Aert a publié sur son site personnel une lettre d’adieu, adressée à son coéquipier. En voici quelques extraits, traduits par un média belge, et repris par nos confrères de L’Equipe.

«Tous mes résultats de cette première partie de saison ont disparu en regard de la mort de notre équipier Michael Goolaerts. Je termine ainsi ma campagne routière avec un goût très amer. Cela reste irréel. Je connais Michael depuis que j’étais aspirant. Nous sommes tous deux nés en 94 et en plus, originaires de la même région. Nous avons donc couru depuis très longtemps ensemble, la plupart du temps comme concurrents. Ce n’est que depuis l’an passé que nous sommes équipiers.

Je me souviens de Michael comme de quelqu’un toujours souriant, jamais négatif et toujours extrêmement motivé. Et très talentueux, même s’il lui a fallu un peu plus de temps que moi pour grandir. Il avait pourtant fait un grand pas en avant cette année. Qu’il se soit totalement dévoué à mon profit tout le printemps en dit long sur sa mentalité. (…) L’Enfer du Nord mène au paradis, dit le slogan de Paris-Roubaix. Je ne sais pas ce que je dois en penser aujourd’hui… (…) S’il vous plaît, gardez en vie le souvenir de Michael ! Souvenez vous de lui comme je vais le faire : un gars espiègle avec un éternel sourire. Il restera toujours une source d’inspiration. Repose en paix là-haut, mon ami !»

Par ailleurs, une minute de silence a été observée en hommage au jeune belge décédé dimanche, par les coureurs au départ de Paris-Camembert.

Imen Mellaz

Tour d’Espagne 2018 : Cofidis convié avec trois équipes espagnoles

L’équipe française Cofidis et les formations espagnoles Caja Rural-RGA, Burgos-BH et Euskadi-Murias ont été invitées pour le Tour d’Espagne 2018, ont annoncé mardi les organisateurs qui ont privilégié la fibre nationale au détriment d’équipes régulièrement conviées, comme les Français de Direct Energie. Pour cette 73e édition de la Vuelta, le peloton sera composé de 22 équipes, les 18 formations de première division (World Tour) étant qualifiées d’office.

Cofidis a l’avantage de pouvoir aligner des leaders espagnols comme Jesus Herrada ou Dani Navarro sur cette Vuelta, qui sera courue du 25 août au 16 septembre entre Malaga et Madrid. Caja Rural est également une habituée de l’épreuve espagnole, tandis que Burgos-BH et Euskadi Murias présentent des profils plus inexpérimentés.

Le Tour d’Espagne 2018 s’élancera de Malaga par un contre-la-montre individuel avant de s’achever trois semaines plus tard à Madrid.

Imen Mellaz avec AFP

 

Décès de Goolaerts et Diop : la mort subite des sportifs est « un vrai sujet d’inquiétude » pour les cardiologues

hospital-1636334_960_720

Le coureur belge Michael Goolaerts, 23 ans, est décédé dimanche des suites d’un arrêt cardiaque. Samedi, Samba Diop, footballeur au Havre (L2), a été retrouvé sans vie à son domicile. Début mars, Thomas Rodriguez, milieu de terrain du centre de formation de Tours (L2), avait trouvé la mort en raison d’une malformation cardiaque. La question de la mort subite des sportifs est « un vrai sujet d’inquiétude », pour le cardiologue du sport Dominique Choquet.

Dimanche soir, à Lille, le coureur belge Michael Goolaerts, âgé de 23 ans, est décédé des suites d’un arrêt cardiaque. Il avait été retrouvé dans l’après-midi inanimé sur le deuxième des vingt-neuf secteurs pavés de la « reine des classiques », à laquelle il participait pour la première fois. Une autopsie du coureur sera pratiquée en France dans les prochains jours, a indiqué lundi le parquet de Cambrai qui a ouvert une enquête afin d’élucider « les circonstances » de ce décès. Samedi 7 avril, c’est le jeune espoir Samba Diop, footballeur du club de L2 du Havre, qui était retrouvé inanimé au domicile de ses parets, dans des circonstances encore inconnues. Début mars, Thomas Rodriguez, un milieu de terrain du centre de formation de Tours (L2) également âgé de 18 ans, avait trouvé la mort, en raison d’une malformation cardiaque. Les décès de ces jeunes sportifs de haut niveau surprennent et inquiètent. Le cardiologue du sport Dominique Choquet a accepté de répondre à nos questions.

Celsa Lab : Quelles peuvent-être les causes des morts subites des sportifs ?

Dominique Choquet : Il y a deux types de cas : les plus de 35 ans, et les moins de 35 ans. Dans le premier cas, on a quasiment toujours à faire à des infarctus. Dans le second, ce sont généralement des maladies du coeur pas faciles à déceler. La plus courante, c’est la cardiomyopathie hypertrophique. C’est une maladie du muscle cardiaque vraiment pas évidente à diagnostiquer, notamment parce qu’elle se confond souvent avec le coeur d’athlète. Quand quelqu’un fait régulièrement du sport, et notamment à haut niveau, il est parfaitement normal que son coeur « grossisse, qu’il y ait une augmentation de sa masse musculaire. L’évolution est similaire, on peut donc mélanger les deux. Toute la difficulté réside dans le fait de pouvoir distinguer la pathologie de la physiologie. Les morts subites peuvent aussi être provoquées par l’utilisation de substances, particulièrement le dopage. Ce n’est pas du tout exhaustif mais ce sont les deux causes principales.

Quels moyens existent-ils pour prévenir ces décès ?

D.C. Les sportifs, notamment de haut niveau, bénéficient d’un suivi très soutenu. Les footballeurs par exemple doivent faire minimum une fois par an une échographie cardiaque pour vérifier leur état de santé. Personnellement je trouve que c’est un peu trop, mais bon. Dans le football, on fait très attention. Globalement, pour prévenir les accidents, il vaut mieux respecter les dix règles d’or publiées par le club des cardiologues du sport.

Est-ce que le rythme demandé aux sportifs est à remettre en cause ?

D.C. Non, pas spécialement. On peut faire du sport de haut niveau. N’oublions pas que quelqu’un qui fait une mort subite, c’est quelqu’un de malade à la base. Le sport peut être une gâchette, un élément déclencheur, mais il n’est pas toxique. Un marathonien ou un cycliste par exemple peuvent déclencher une insuffisance respiratoire s’ils ne sont pas bien nourris, ou bien hydratés. Après, c’est une réalité que le sport est bon pour la santé mais surtout pratiqué à intensité légère à modérée, et de façon régulière. A plus haute intensité, le bénéfice diminue. Quoiqu’il en soit, cette question de la mort subite des sportifs est très importante pour les médecins du sport. Tous les ans, les cardiologues du sport se réunissent en congrès, et les meilleurs spécialistes de la question échangent autour de cette question, vrai sujet d’inquiétude.

Imen Mellaz