“Une personne dans l’urgence permanente ne peut pas reprendre le contrôle sur sa vie”, explique Cécile Tarchini, bénévole au Filon. L’association, créée en 2017 par Perrine Boyer, diplômée en management, offre aux femmes SDF un accompagnement sur le long terme afin de faciliter leur réinsertion. Le Filon, situé dans un petit local du 17e arrondissement de Paris, propose un accueil de jour où les bénéficiaires peuvent se reposer, cuisiner ou faire leur lessive. En tout, soixante-dix bénévoles viennent en aide à une quinzaine de femmes pendant plusieurs mois. Par des ateliers de couture, de jardinage ou de décoration, les membres de l’association espèrent rétablir la confiance en leurs capacités des femmes non-domiciliées. Une fois par mois, les “filondors” -comme sont appelées les bénéficiaires de l’association- et les bénévoles organisent un repas où chacun peut inviter un membre de sa famille ou un ami. Un accompagnateur social les aide dans leurs démarches pour trouver des solutions à long terme, en matière de logement ou d’emploi.
Dans l’actualité de ce mardi à Paris
Plan de rénovation des logements sociaux de la mairie de Paris, des cours en Facebook Live ou encore une campagne contre les animaux sauvages dans les cirques… Voici un récapitulatif de l’actualité 100% Paris de ce mardi 10 avril.

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La Mairie de Paris présente son plan « Réparer et embellir »
Anne Hidalgo se rend cet après-midi, à 16 heures, dans le 19e arrondissement pour présenter le plan de la ville de Paris « Réparer et embellir ». Destiné aux familles en logement social, le plan est doté de 20 millions d’euros permettant la rénovation des parties communes, la réfection des cages d’escaliers, ou encore l’amélioration des espaces extérieurs. Anne Hidalgo a fait du bien-être des habitants en logement social l’une des priorités de sa mandature. Le plan cible en priorité les immeubles des quartiers populaires. Les 20 millions d’euros bénéficieront à 30 000 logements.
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Dernier jour de campagne pour l’association « Paris Animaux Zoopolis »
L’association de défense des intérêts des animaux mènent depuis le 3 avril une campagne d’affichage dans le métro parisien en faveur des cirques sans animaux. 130 affiches, montrant notamment un petit singe vêtu d’un costume d’arlequin, corde autour du coup, avec le slogan « exigeons une loi », ont été réparties dans les couloirs du métro. Lundi, les bénévoles de l’association ont mené un happening devant le ministère de la Transition écologique et solidaire. Cette action se termine aujourd’hui.
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Blocus des Universités : des cours en Facebook Live
Lundi, le CelsaLab vous a proposé un reportage aux côtés des étudiants de Nanterre, bloquant l’accès à leur université pour protester contre la loi Vidal, qui impose la sélection à l’entrée des universités. Le site Tolbiac de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a voté le blocage illimité jusqu’au retrait de la loi. Cette dernière propose d’ailleurs de suivre les cours avec des Facebook Live afin de palier le blocage de l’université. Lundi, la professeure Laurence Dubin a entamé son cours de « Relations internationales et introduction au droit international public » non pas en amphithéâtre, mais face à son écran d’ordinateur. L’expérience est renouvelée aujourd’hui.
Demain matin à 10h ma collègue Laurence Amiel-Cosme, maître de conférences à @SorbonneParis1, assurera en #FacebookLive son cours de #Droit des affaires de L2 !
— Bruno Dondero (@BrDondero) 9 avril 2018
Noémie Gobron
Sans contrats aidés, le Troisième café risque de fermer
Le Troisième café, lieu associatif et solidaire du troisième arrondissement de Paris, risque de mettre la clé sous la porte. La raison : le non-renouvellement de contrats aidés, annoncé cet été par le gouvernement.
« Ici, on ne peut pas rester seul. Tout le monde se mêle des conversations des autres. » Voilà comment une bénévole résume le Troisième café après avoir déjeuné sur place. Dans ce troquet associatif au cœur du quartier du Marais à Paris, règne une ambiance familiale. Tous les adhérents, seuls à pouvoir consommer sur place, s’y sont déjà croisés au moins une fois. Certains y mangent tous les jours. D’autres laissent des pourboires pour nourrir un démuni de passage. Mais leurs habitudes risquent de changer.
Depuis la rentrée, le non-renouvellement de trois contrats aidés remet en cause la pérennité du bistrot. L’annonce a été faite cet été par le gouvernement. « Sur cinq salariés, quatre sont en contrats-aidés. Ils nous sont indispensables. Sans leur renouvellement, on ne peut pas continuer la même activité », regrette Anne Esambert, présidente de l’association.
Une aide annuelle d’environ 30 000 euros
Ces contrats aidés – 26 heures par semaine maximum – réservés notamment aux chômeurs de longue durée et aux titulaires du RSA, sont financés par l’État, à hauteur de 50 à 80% du SMIC selon plusieurs critères comme l’âge du bénéficiaire. « Notre café perçoit 2 000 euros par mois pour payer une partie des contrats aidés. Par an, on reçoit une aide d’environ 30 000 euros », résume Anne Esambert. Le quatrième contrat aidé du café se termine le 30 octobre. « L’association perdurera, espère la présidente, mais sans le café, ça n’a plus de sens… »
Nathalie C., 53 ans, a travaillé pendant deux ans au Troisième café. Son contrat aidé est arrivé à terme. Mais ce jeudi midi, elle est naturellement venue donner un coup de main. « Je me sens bien ici. Ce lieu permet à des gens de tous les horizons de se rencontrer et à d’autres de trouver du boulot, confie-t-elle entre deux gorgées de café, à la fin de son service. Quand j’ai appris la nouvelle, je me suis dit que ça allait être compliqué pour le Troisième café et pour tous les autres bistrots solidaires (une dizaine à Paris, ndlr). Il va falloir que je songe à autre chose. »
Si l’association ne trouve pas de solution, elle se verra obligée dans un premier temps de fermer le soir. Faute d’aide financière, le bistrot pourrait mettre la clé sous la porte. Empêchant alors les 5 000 adhérents de profiter des spécialités syriennes de Mahassen, la cuisinière en CDI, et des nombreuses autres activités proposées. En attendant, l’esprit est aux préparatifs : vendredi soir, l’association fêtera son troisième anniversaire.
Lou Portelli
Le mouvement politique Sens Commun a désormais son association étudiante à Sciences Po

Le mouvement politique issu de la Manif pour Tous a son groupement étudiant au sein de la célèbre école parisienne depuis lundi. Pour la majeure partie des étudiants et du personnel, toute tentative pour limiter l’expression de ce groupe est vaine.
A midi, les étudiants sont nombreux devant l’entrée de Sciences Po. Devant cette grande école, par laquelle sont passées de nombreuses personnalités politiques et médiatiques, la même nouvelle est sur toutes les lèvres : L’association Sens Commun – Sciences Po a été acceptée lundi 9 octobre comme association étudiante. Auparavant simple « initiative étudiante », le groupe a réussi à recueillir les 120 voix nécessaires parmi les étudiants, qui votent chaque année pour les mouvements qu’ils souhaitent voir se pérenniser. Le mouvement politique issu de la Manif pour Tous représentait le noyau dur des partisans de François Fillon lors de la campagne pour l’élection présidentielle. L’interdiction de la PMA (Procréation Médicalement Assistée), l’interdiction de l’adoption pour les couples de même sexe et l’annulation de la loi sur le mariage pour tous figurent parmi leurs principaux combats.
Pour un petit groupe d’étudiants en première année, le débat sur cette nouvelle n’a pas lieu d’être. « Bon, en vrai, tout ça c’était ridicule. Ils ont leur association, et c’est bien, ça va susciter le débat. C’était nul d’en faire tout un plat », affirme Juliette, 23 ans, étudiante en Affaires Européennes.
Flore a 24 ans et suit une préparation pour les concours de la fonction publique. Elle accuse certains étudiants d’avoir fait beaucoup de bruit pour rien contre le groupe Sens Commun – Sciences Po : » Je ne suis pas contre Sens Commun dans notre école parce que c’est un lieu de débat et de démocratie. On ne peut pas leur retirer la liberté d’association et d’expression juste parce que l’on ne cautionne pas leurs opinions « .
« Il ne faut juste pas que ça tourne mal, avec des discours de haine « , précise Anthony, 23 ans, qui étudie en Affaires Publiques. Inutile également d’essayer de dissoudre le mouvement : » la procédure du vote a été respectée, il n’y a rien à dire. Les étudiants ont choisi, et il faut respecter ce choix « .
Interrogé à ce sujet par la télévision de Sciences Po, le directeur de l’école Frédéric Mion a affirmé que l’existence de Sens Commun en tant qu’association étudiante était parfaitement justifié.
L’arrivée de Sens Commun fait suite à celle d’un groupement Front national au sein de l’école il y a quelques années. L’an dernier, l’annulation de la venue de Florian Philippot pour une conférence par un petit groupe d’élèves avait divisée les étudiants.
L’implantation réussie de Sens Commun
Pour les membres de l’association, c’est une véritable victoire : Ils ont partagé sur les réseaux sociaux leur joie d’avoir été reconnus, notamment dans un post Facebook :

De nombreux étudiants avaient fait part de leur mécontentement dans des tweets à l’annonce de la nouvelle. D’autres associations de l’école de la rue Saint-Guillaume ont rédigé un communiqué également signé par le syndicat étudiant Unef pour alerter les élèves et l’administration sur les positions prises par le parti politique Sens Commun : « la présentation de Sens Commun sur le site des initiatives étudiantes n’est qu’un subterfuge visant à donner une plateforme légitime aux discours homophobes au sein de notre école », peut-on lire sur le document.
Le mouvement politique Sens Commun s’implante petit à petit dans le milieu universitaire. Des sections existent déjà à Sciences Po Bordeaux, l’université de Rennes 1 et les universités de Paris-Dauphine et Panthéon-Assas (Paris 2).
Asmaa Boussaha


