La présidente du Front national a appelé les cheminots a une « grève de la gratuité » à la place du mouvement social de deux jours sur cinq actuellement en cours.
Marine Le Pen a suggéré ce mardi 10 avril sur RTL que les cheminots rendent « gratuits » les transports au lieu de faire grève. Le Front national avait auparavant critiqué le choix des syndicats de la SNCF de mettre en place une grève « perlée », de deux jours sur cinq pendant trois mois. « Je leur demande de réfléchir à une autre forme d’action qui permettrait (…) d’exprimer leur mécontentement, que je partage, et en même temps de ne pas avoir de conséquences trop lourdes pour nos compatriotes les plus modestes », a déclaré la présidente du Front national. « Je comprends tout à fait la position des cheminots, et je défends la vision qu’ils portent de la SNCF, service public au sens plein et entier. Mais il est évident qu’il y a aujourd’hui des gens qui ont des pertes de salaires liées à cette grève ».
#SNCF : « Je comprends tout à fait la position des cheminots. Je défends la vision qu’ils portent de la SNCF : service public au sens plein et entier », dit @MLP_officiel invitée de #RTLMatin avec Yves Calvi pic.twitter.com/O5PsNzQX2l
La dirigeante frontiste n’est pas la première à émettre l’idée d’une « grève de la gratuité ». Mais, interrogé sur LCI le 4 avril, David Wehrli, secrétaire fédéral de SUD-Rail – syndicat qui prend part au mouvement social – avait expliqué qu’elle était impossible : « Nous sommes pour la grève de la gratuité, mais légalement, nous n’avons pas le droit. Cela nous a été rappelé par l’entreprise à plusieurs reprises. Les contrôleurs ont notamment l’obligation de faire leur ronde. Sinon, nous ferions une grève de la gratuité dans les minutes qui viennent. »
Les suspects, dont deux femmes, sont âgés de 16 à 20 ans. Ils ont été placés en garde à vue pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec une interruption de travail supérieure à huit jours », ce qui peut leur valoir jusqu’à sept ans de prison. Ces arrestations font suite à quatre mois d’enquête de la Sûreté départementale du Val-de-Marne et de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité.
Une scène filmée
Pour rappel, les deux policiers avaient été pris à partie en marge d’une soirée privée. La policière avait été rouée de coups au sol. La scène aurait été filmée. Le policier, quant à lui, a eu le nez fracturé. Les deux policiers ont eu une semaine d’ITT chacun.
Le procès de cinq Lunellois soupçonnés d’être au coeur d’une filière djihadiste s’est ouvert jeudi dernier à la 16ème chambre correctionnelle de Paris. Ce lundi, Jawad S a reconnu un lien entre son discours et la radicalisation des jeunes partis en Syrie.
Le hall du tribunal correctionnel de Paris, où se déroule le 3ème jour du procès de la filiale djihadiste de Lunel.
Cinq hommes décrits dans le dossier d’instruction comme ayant, « créé les conditions d’une émulation djihadiste collective » comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris depuis jeudi pour association de malfaiteurs terroriste : Hamza Mosli, Adil Barki, Ali Abdoumi, Jawad S. et Saad B (les deux derniers comparaissent libres). Âgés de 29 à 47 ans, ils avaient été interpellés fin janvier 2015.
Le procès s’est concentré lundi après-midi sur la personnalité de Jawad S, qui disposait d’une certaine aura auprès des jeunes Lunellois. Le tribunal a tenté de déterminer son rôle dans le départ en Syrie de 20 jeunes entre 2013 et 2014. Son implication au sein de la communauté musulmane de Lunel, ses prises de positions outrancières – qu’il dit derrière lui – font de lui un élément central du dossier.
Radicalisé en 2014
Élevé suivant les préceptes de la religion musulmane, Jawad S déclare s’y être plus particulièrement intéressé à partir de 22 ans. Il se rend alors deux à trois fois par semaine à la mosquée et affirme avoir mené des campagnes de sensibilisation contre la radicalisation. Lors de l’audience, Jawad S admet avoir présidé des assises sur l’Islam en 2013 à Lunel. La présidente du tribunal dévoile certains témoignages de Lunellois affirmant qu’il se positionnait en faveur du Djihad en Syrie. « C’est faux! » a récusé l’intéressé. Avant d’admettre s’être radicalisé en 2014.
Jawad S, ému, explique que son divorce est à l’origine de sa radicalisation. « J’étais perturbé. Je suis passé d’un Islam du juste milieu à un islam littéraliste ». Quand la présidente poursuit « Je suis navrée d’insister mais comment expliquer vous ce basculement aussi brutal? », Jawad S répond : « Au contact d’Hamza Mosli et d’Internet« . La présidente lit ensuite de longues conversations entre Jawad et ses interlocuteurs. Antisémitisme, soutien aux ambitions conquérantes et mortifères de l’EI, haine de l’Occident etc… « J’étais dans la radicalité » admet-il.
Après avoir minimisé son implication pendant deux heures, Jawad, bousculé par son conseil, reconnaît avoir joué un rôle dans la radicalisation des jeunes. Il nie cependant les avoir formellement incités à partir en Syrie. « Nous avons besoin de réponses. Est-il possible qu’il y ait un lien entre le discours que vous avez pu tenir et la radicalisation de certains jeunes partis en Syrie? » Jawad S acquiesce timidement : « Oui ». « J’admets avoir tenu des propos obscurs mais je n’ai jamais incité les jeunes au djihad » ajoute-t-il. Il ne nie pas sa radicalité d’alors ni sa propension au prosélytisme mais se défend d’avoir facilité le départ des jeunes Lunellois.
Le procès des cinq hommes doit se poursuivre jusqu’au mercredi 11 avril.
Ouverte depuis 15 mois, la Maison Felippa est le premier centre d’accueil à la journée pour les personnes âgées qui existe en France. Et il se situe à Paris, rue George Sand, dans le 16e arrondissement.
Plus de 70 ans séparent le jeune Alexandre à l’octogénaire Henriette. Et pourtant, ils partagent une même passion pour les loisirs créatifs (Crédit Photo : Noémie Gobron).
Des fleurs en papier crépon, taillées à coups de ciseaux. Lundi après-midi, une dizaine d’élèves de l’Ecole internationale de Paris sont venus participer à un atelier créatif aux côtés de quatre seniors, dans le cadre d’un projet intergénérationnel mené depuis octobre par la professeure de français Louise Elliott. « Nous avons décidé de nous lancer dans ce projet pour recréer du lien social avec la communauté locale, un lien intergénérationnel et faire profiter nos élèves de ce moment d’échange », précise la professeure. Un échange qui se fait dans la langue de Shakespeare. Car ces élèves de CM2 sont américains, puerto ricans ou encore portugais. « Nos élèves sont internationaux. Et souvent, ils ont de la famille, leurs parents et même leurs grands-parents, qui sont à l’étranger. Rencontrer, ici, des seniors, c’est un peu trouver une nouvelle famille », renchérit Louise Elliott.
« Soit le domicile, soit la maison de retraite »
D’ailleurs, ce centre d’accueil porte le nom de la grand-mère d’une des deux fondatrices, Regina Hernanz de Benoist. « Ma grand-mère Felippa est morte en 2012. Elle avait 86 ans. Quand elle a commencé à être de plus en plus lente et à avoir des difficultés cognitives, j’ai eu l’impression que la société l’oubliait », souligne la co-fondatrice.
Vint alors l’idée de créer cette structure, qui accueille une soixante de personnes, âgées de 80 ans en moyenne. « Nous avons voulu créer un nouveau concept. Car, en France, lorsque l’on perd de l’autonomie, nous restons soit au domicile, soit à la maison de retraite. Ici, nous faisons sortir les gens à l’extérieur et leur proposons des activités de vie », précise Célia Abita, co-fondatrice. La Maison Felippa accueille exclusivement des personnes en perte d’autonomie non médicalisées de plus de 60 ans, avec l’objectif d’épauler non seulement le senior lui-même, mais également sa famille. Grâce à la prise en charge complète (transport, parcours de santé et repas), la structure se veut aussi être une alternative à l’EHPAD.
Marie-Anne Dufeu, aromathérapeute, est venue faire découvrir les huiles essentielles et leurs bienfaits aux seniors de la Maison, au côté de Kevin, stagiaire (Crédit photo : Noémie Gobron).
Coups de ciseaux et effluves d’huiles essentielles
Lundi après-midi, Henriette, 80 ans et ancienne conservatrice au musée du Louvre, a pu s’essayer à la confection de fleurs en papier mais également à l’aromathérapie, aux côtés de Jean-Charles, Suzanne et Michelle, trois autres bénéficiaires des services de la Maison. Marie-Anne Dufeu est venue avec sa dizaine de fioles emplies d’huiles essentielles, disposées sur une petite table blanche de la plus douce à la plus forte. « C’est pour se faire les ongles ? », s’interroge Henriette. Géranium rose, benjoin, lavande ou encore pruche. Ces odeurs activent l’odorat et éveillent les sens, parfois oubliés. « La lavande, c’est très bon quand vous avez mal partout, c’est relaxant », affirme l’aromathérapeute. Quelques conseils et recommandations en fonction des maux de chacun, mais surtout « une stimulation intellectuelle et sensorielle ».
Myriam Martino, aide médico-psychiatrique, est accompagnée de trois stagiaires, Anasthasie, John et Kévin, âgés de 18 à 29 ans. « Nous restons à l’écoute des personnes âgées, nous sommes à leur service. On les accompagne dans leur déplacement », sourit la jeune stagiaire Anasthasie, arrivée fin janvier.
D’après la ville de Paris, en 2015, 465 000 personnes de plus de 60 ans habitaient la capitale, soit 20,8% de la population totale de la ville.
Des activités du lundi au vendredi
L’accueil se fait à la journée (50€ la demi-journée) mais il est possible de souscrire à un abonnement (tarif sur demande) pour profiter des activités quotidiennes. Échauffement sportif, stimulation mémoire, énigme sur écran… « plus on utilise sa mémoire, plus on l’entretien », lance Myriam Martino. « On leur propose des jeux, manuels ou intellectuels, pour faire de la prévention sur la maladie d’Alzheimer. On les stimule aux niveaux cognitif, moteur et social. » Pour la création et la prévention. Mais au sein de la Maison Felippa, l’adage est tout autre : « Le partage n’a pas d’âge ».